Après les soulèvements populaires, la religion recule dans le monde musulman

Du Maghreb au Moyen-Orient, les pays connaissent de graves difficultés économiques. Un point commun commence à apparaître : la mise en cause de la religion.
Partager sur:
Sauvegarder cet article
Aimer cet article 0
By: Tim Green - CC BY 2.0

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

Après les soulèvements populaires, la religion recule dans le monde musulman

Publié le 27 décembre 2019
- A +

Par Yves Montenay.

Nous nous bornerons ici aux pays les mieux – ou les moins mal – connus des Français et qui jouent un certain rôle dans notre environnement géopolitique, c’est-à-dire dans la région qui va du Maroc à l’Iran. Pour presque tous les pays cités, vous avez un lien menant à un article sur eux.

Ces pays sont en grande difficulté : guerre totale en Syrie, guerre civile en Libye, soulèvement en Iran, émeutes « anti confessionnelles » en Irak et au Liban, remous en Arabie et en Algérie, fond de décor trouble au Maroc, en Turquie, en Égypte et en Tunisie.

Cette région connaît de graves difficultés économiques, voire de véritables catastrophes auxquelles s’ajoutent des problèmes spécifiques à chaque pays. Et voici qu’un point commun commence à apparaître : la mise en cause de l’islam. Du moins tel qu’il est encadré voire instrumentalisé.

L’autoritarisme et l’échec économique des gouvernants

La quasi-totalité du monde arabe ainsi que ses voisins immédiats la Turquie et l’Iran sont en difficulté sur le plan économique, et l’autoritarisme n’a même plus l’excuse de l’efficacité, contrairement, par exemple, à la Chine. Il n’y a guère que le Maroc qui soit en croissance, insuffisante certes pour résoudre ses problèmes, ce qui le met néanmoins largement en tête. Ensuite vient la Turquie, pays le plus développé de la région, actuellement en stagnation, tandis que la Syrie détruite et l’Iran boycotté sont les derniers de la liste.

Le Maroc part de très bas, progresse honorablement, mais insuffisamment pour employer l’ensemble de sa jeunesse, diplômée ou non, notamment du fait des déficiences du système scolaire, aggravées par l’arabisation maladroite et, à mon avis, par la non reconnaissance du français qui est une des langues de fait du pays.

J’exagérerais à peine en disant que l’Algérie a été sciemment empêchée de se développer par ses gouvernants. En effet, ces derniers ont considérablement freiné la production intérieure de manière à la remplacer par des importations payées par l’argent du pétrole et sur lesquelles le groupe au pouvoir prélevait une dîme, s’ajoutant aux autres sources de corruption. Or le maintien du prix du pétrole autour de 60 dollars le baril depuis un certain temps ne suffit pas à financer la vie quotidienne du pays.

La corruption généralisée a généré le soulèvement actuel, le hirak, qui aboutit à l’élimination du clan Bouteflika par les militaires, dont le candidat, Abdelmadjik Tebboune, vient d’être élu président, ce qui ne résout pour l’instant aucun problème. Par ailleurs les déficiences de la scolarisation sont les mêmes qu’au Maroc.

La Tunisie, dont le développement passé a été honorable, est engluée dans des difficultés économiques découlant en partie de « l’ancien régime » clanique et corrompu et en partie de l’impact des attentats sur le tourisme.

La Libye est en pleine guerre civile : le gouvernement plus ou moins légal et reconnu par l’ONU du président Fayez el-Sarraj ne contrôle qu’une petite partie du territoire, le reste, dont les zones pétrolières, est contrôlé par le général Haftar soutenu notamment par l’Égypte et la Russie (et, disent certains, par la France) qui essaye de prendre la capitale Tripoli, alors que la Turquie annonce voler au secours du président Sarraj. Cette rivalité masque une multitude de clans et de milices locales, dont des islamistes.

Le pays le plus peuplé de la région, l’Égypte, voit son développement freiné par le poids de l’armée et son contrôle de la vie économique sous la poigne du président, l’ex-général Sissi. Le gouvernement des Frères musulmans avait exaspéré les Égyptiens qui ont été dans un premier temps heureux que l’armée reprenne le pouvoir.

Le Soudan sort de décennies sanglantes de guerre civile et de répression et a perdu le pétrole de son voisin du Sud, qui a fait sécession. La population espère que le nouveau gouvernement mixte civil–militaire sera plus efficace que le pouvoir islamiste du président Béchir.

En Asie, à part la Jordanie toujours en équilibre précaire du fait des réfugiés palestiniens et maintenant syriens, qui résiste honorablement grâce à l’aide financière internationale, la situation est catastrophique.

La Syrie est détruite matériellement et humainement par des années d’une guerre particulièrement féroce. D’un côté se trouve le gouvernement contrôlé par la petite minorité alaouite (une variante du chiisme) et soutenu par l’Iran et la Russie. Après avoir frôlé la défaite, le président Assad a repris le contrôle de presque tout le territoire, probablement au prix d’une vassalisation envers la Russie et l’Iran.

Dans l’autre camp se trouvaient des démocrates puis des mouvements islamistes variés, dont l’État islamique. Ce dernier a été vaincu par les Kurdes qui viennent d’être lâchés par les Américains. Ils sont maintenant attaqués par l’armée turque et donc obligés de se rallier au pouvoir alaouite. L’ensemble du pays est largement détruit, et les zones encore contrôlées par l’armée turque et ses supplétifs font encore l’objet de combats et d’épuration ethnique.

L’Irak a été dévasté par la lutte contre l’État islamique et le nord du pays est largement détruit. Le gouvernement en place semble incapable de redresser le pays et la population s’est donc là aussi soulevée. Avec un reproche supplémentaire aux politiciens : leur soumission à l’Iran.

L’Irak est parsemé de lieux de culte chiites attirant des foules de pèlerins iraniens, mais ces derniers sont de moins en moins reçus comme des clients et de plus en plus comme des occupants.

L’Iran, dont le peuple vient de subir une répression sanglante, est ruiné de plusieurs façons par ses dirigeants. La corruption est aggravée par le contrôle par les « gardiens de la révolution » des circuits commerciaux avec l’extérieur, et notamment celui de l’énorme contrebande contournant les sanctions américaines.

Ces sanctions sont elles-mêmes la conséquence de décisions gouvernementales iraniennes : la poursuite de la construction d’armes nucléaires assortie de menaces contre Israël alliée des États-Unis, et la poursuite d’une politique étrangère expansionniste tentant d’annexer de fait l’Irak, la Syrie et le Liban (via le Hezbollah chiite) et de piloter le Hamas à Gaza. Bref « d’assiéger Israël » ce qui est une façon supplémentaire d’attirer l’hostilité américaine.

Et cette politique étrangère coûte très cher en subsides aux « clients », en fourniture d’armes et en présence militaire, ce qui appauvrit encore les citoyens et leur donne une raison de plus de révolte : « donnez-nous à manger au lieu de dépenser des fortunes pour vous implanter chez nos voisins ».

Les observateurs de l’Iran soulignent que le mécontentement économique ne fait qu’aggraver une opposition plus profonde au régime, considéré comme favorisant abusivement le clergé musulman et son soutien par les « gardiens de la révolution ».  Cette opposition a gagné la partie déshéritée de la population qui avait pourtant initialement soutenu cette « révolution islamique ».

La Turquie paie cher le comportement de plus en plus clanique de son président de plus en plus ouvertement islamiste. Ce dernier fait un effort très important de ré-islamisation de ce pays en principe laïque, avec notamment la multiplication des écoles religieuses.

Mais la répression a décapité de nombreuses entreprises et découragé les investisseurs étrangers, tandis que la politique monétaire suit les caprices du président. La grogne économique pourrait surgir là aussi.

Le Liban pose ouvertement le problème religieux : chrétiens de toutes obédiences, druzes, sunnites et chiites veulent pouvoir bénéficier d’une vraie citoyenneté libanaise et non pas être rattachés par leur naissance à des systèmes juridiques et sociaux religieux contradictoires, voire ennemis. Et là aussi l’échec économique et la corruption des politiques nourrissent la contestation.

La péninsule arabique, elle, n’a en principe pas de problèmes économiques, croulant sous l’argent du pétrole. Les pays qui la composent compliquent la géopolitique mondiale en finançant des mouvements islamistes, souvent d’ailleurs ennemis entre eux : les Frères musulmans sont par exemple honnis par l’Arabie, mais favorisés par le Qatar.

La richesse donne des esclaves étrangers à la population « de souche ». On a vu néanmoins le prince héritier d’Arabie contraint de faire quelques concessions à « la modernité » : droit de conduire pour les femmes, ouverture de quelques cinémas…

Conséquence : un recul de l’islam ?

Dans tous ces pays, l’islam est une composante importante de l’autorité, soit directement dans les pays islamistes (Iran, Turquie) soit indirectement du fait du comportement ostensiblement religieux du dirigeant (Égypte) ou du fait de l’influence de partis politiques islamistes (Algérie, Tunisie, Maroc, Libye). De plus l’islam a une autorité morale et sociale reconnue dans toute la région.

Or les autorités de ces pays sont remises en cause. Cela a fatalement des répercussions sur l’islam qui leur est associé.

Ainsi, The Economist du 7 décembre a publié un sondage du « Baromètre arabe » qui montre un recul de plusieurs indicateurs dans ce domaine de 2012 à 2018. Malheureusement, il ne concerne que les pays arabes et laisse de côté la Turquie et l’Iran.

Ce sondage indique que la confiance envers les partis islamistes diminue partout et la chute est particulièrement forte en Algérie et en Irak. Le nombre de ceux qui s’avouent « non religieux » augmente partout, particulièrement en Tunisie (35 %), même s’ils restent minoritaires. La confiance dans les chefs religieux est également en recul général, particulièrement en Irak où elle passe de 65 à 40 %, et est maintenant minoritaire dans tous les pays.

Enfin le pourcentage de ceux qui vont à la mosquée même épisodiquement est également en recul général et devient minoritaire au Liban (où les musulmans sont maintenant très largement majoritaires du fait de l’exode des chrétiens). Ce pourcentage est tombé à 35 % en Irak et 25 % en Tunisie. C’est en Égypte qu’il reste plus élevé avec environ 70 % mais venant de 88 %.

Rappelons que toutes ces évolutions ont eu lieu en six ans seulement.

En Turquie et en Iran, une fraction importante de la population n’était plus vraiment musulmane depuis longtemps, avec toutes les nuances entre un athéisme affirmé, l’agnosticisme et une religiosité vague censée être « commune à toutes les religions ». Néanmoins les couches populaires, notamment rurales, restent attachées à un islam traditionnel.

Le basculement est possible en Turquie où le mécontentement économique s’ajoute à l’agacement, voire la fureur, de la partie laïque ou tout simplement politiquement libérale de la population et où le président et son parti au pouvoir n’ont qu’autour de 50 % des voix lors des élections, grâce aux campagnes. Il est maintenant minoritaire dans les trois grandes villes du pays : Istanbul, Ankara, Smyrne.

En Iran la situation est plus dramatique : la répression est sanglante, alors qu’en Turquie on ne risque « que » le licenciement et la prison. Cette répression permet de garder le contrôle du pays, mais accentue la haine envers le « régime des mollahs ». Une partie des religieux a d’ailleurs toujours dit – et je l’ai entendu de mes oreilles – que donner à l’islam le pouvoir politique se retournerait contre la religion qui deviendrait tout aussi détestée que lui.

Les autres raisons de l’évolution musulmane

À ce recul des convictions musulmanes pour des raisons politiques et économiques qui semblent durables s’ajoutent à mon avis des évolutions de fond.

Il y a tout d’abord la connaissance du français et de l’anglais pour les couches sociales supérieures, qui les met en contact d’une part avec les non-musulmans, d’autre part avec des musulmans « occidentalisés ».

Une autre évolution de fond est ce que j’appelle « la protestantisation » : l’enseignement public a beau être de mauvaise qualité dans les pays arabes, le fait de savoir lire permet de comprendre les textes sacrés, et donc de les interpréter à sa façon : psalmodier par cœur certains passages du Coran est une chose, le lire tranquillement en arabe, turc ou farsi est autre chose.

C’est ce qui s’est passé en Allemagne lors de la naissance du protestantisme puis de la modernisation du catholicisme, Internet étant l’équivalent de l’imprimerie d’alors.

En Turquie et en Iran, où l’éducation de base est meilleure mais n’est pas en arabe, l’évolution est probablement plus avancée.

Cette protestantisation mène au meilleur comme au pire, et en tout cas à des divisions infinies. C’est une raison de plus ne pas considérer l’islam comme un bloc comme on a souvent tendance à le faire, mais comme des idées de plus en plus diverses d’une personne à l’autre.

Dans les cas extrêmes on constate le passage de certains musulmans à l’athéisme ou au christianisme, notamment par réaction à la cruauté de l’État islamique. Plus nombreux sont ceux qui se « sécularisent » c’est-à-dire cantonnent la religion au domaine privé par opposition au politique, voire aux comportements sociaux, quitte à se faire violemment critiquer par les traditionalistes. C’est du moins le résultat d’enquêtes marocaines.

Dans ce contexte, d’un point de vue occidental, et probablement aussi du point de vue de la majorité des musulmans, la stratégie devrait être d’éviter de pousser des musulmans vers les djihadistes (avant-hier Al Qaïda, hier l’État islamique, aujourd’hui les groupes du Sahel, Boko Aram… et bien d’autres).

Malheureusement, au Nord certains ont le réflexe inverse de diaboliser l’islam, ce qui renvoie les musulmans vers les activistes. On peut penser ce que l’on veut de l’islam, mais il est contre-productif d’insulter des croyants.

Heureusement les opinions publiques du Sud semblent être en avance sur leurs gouvernements qui, à force de s’appuyer sur l’islam, finissent par lui nuire.

Sur le web

Voir les commentaires (24)

Laisser un commentaire

Créer un compte Tous les commentaires (24)
  • « d’un point de vue occidental la stratégie devrait être d’éviter de pousser des musulmans vers les djihadistes. Malheureusement, en Occident certains ont le réflexe inverse de diaboliser l’islam, ce qui renvoie les musulmans vers les activistes. On peut penser ce que l’on veut de l’islam, mais il est contre-productif d’insulter des croyants. »


    Le problème c’est pas vraiment de « diaboliser » l’islam ou d’ « insulter » les musulmans. Le vrai problème c’est les droitards qui, en réaction au politiquement correct des gauchistes régressistes, en viennent à approuver/cautionner les violations à la liberté religieuse des musulmans.

    Ou pour le dire plus simplement : le problème c’est pas de se moquer de l’islam comme par exemple Charlie Hebdo, le problème c’est par exemple de vouloir reproduire en Occident les lois liberticides instaurées par le gouvernement Chinois contre les Ouighours.

    • Vous reproduisez avec une parfaite exactitude l’attitude des pseudo-intellectuels Français vis-à-vis des communistes. Au moment ou ces derniers massacraient en Chine, en URSS au Cambodge, des humanistes en carton comme sartre (avec minuscule) expliquaient que « le problème » était « les anticommunistes ».
      Votre « répression contre les musulmans » c’est de la science-fiction, sauf en Chine et ce ne sont pas les seuls à la subir, par contre les massacres de minorités ethnique, religieuses, sociales, les guerres civiles, les viols, la pédophilie généralisée dans les pays musulmans et même l’esclavage sont des réalités.

      • En plus ils mangent les enfants’

        • La maladie de Kuru a été diagnostiquée sur une vingtaine de personnes en Syrie au cours de la guerre et la seule possibilité selon les médecins est qu’elle proviendrait du cannibalisme et de la consommation de cervelles humaines comme l’avait déjà rapporté une source d’information arabe – Zaman al-Wasal – et confirmée par Orient News Television.

      • On résume :
        commando dit : « Chine = méchante. »
        GuillaumeP répond : « Faux ! Chine = pas gentille. »
        .
        J’ai expliqué qu’il n’y a pas assez de liberté religieuse en Chine et qu’il ne faudrait pas que l’Occident suive ce chemin. Vous me rétorquez que j’ai tort, puis vous expliquez que, je cite, la « répression contre les musulmans c’est de la science-fiction, SAUF EN CHINE et ce ne sont pas les seuls à la subir » Autrement dit : vous constatez comme moi qu’il n’y a pas assez de liberté religieuse en Chine.
        .
        D’autre part, mon précédent message critiquait les « gauchistes régressistes », c’est-à-dire en l’occurence les gens qui, sous prétexte de lutter contre l’ « islamophobie », veulent par exemple que l’État porte atteinte à la liberté d’expression en censurant de simples caricaturistes se moquant de l’islam. Ce sont ces « gauchistes régressistes » (et non pas les libéraux athées comme moi) qui font preuve vis-à-vis de l’islam du même déni de la réalité que certains intellectuels Français du XXe siècle vis-à-vis du communisme.

        • Non, le vrai résumé est:
          commando monte des hommes de paille qu’il s’emploie consciencieusement à démolir. Je n’ai pas à défendre des positions que vous inventez grossièrement.
          D’autre part, votre « libéralisme » comme votre « athéisme » sont comme « l’humanisme » de sartre : à géométrie variable.

          • @GuillaumeP : Il y a t-il oui ou non assez de liberté religieuse en Chine ? Si votre réponse est non, êtes vous d’accord avec le fait de s’opposer à ce que l’Occident imite la Chine sur ce sujet précis ? Si votre réponse est oui, vous êtes un libéral, si votre réponse est non, vous êtes un étatiste déguisé en libéral, c’est-à-dire un imposteur.

      •  » Votre « répression contre les musulmans » c’est de la science-fiction,  »

        Les massacres des chiites et des kurdes par le pouvoir Sunnite en Irak sous Saddam c’était aussi de la science fiction? C’est aussi de la science fiction de dire que la majorité des victimes du terrorisme djhadistes sont musulmanes?

        Ne faites pas celui qui ne veut pas comprendre en sortant vos exemples du communisme. Parmi les victimes politiques du communisme bolcheviks il y avait beaucoup de communistes ( les mancheviks ) et des socialistes comme les socialistes-révolutionnaires.

    • Où donc avez vous vu des lois interdisant la religion islamique en Occident?

      • @Virgile : Premièrement, gardez à l’esprit que le 7 décembre 2015 votre chouchou Trump a proposé « l’arrêt total et complet de l’entrée des musulmans aux Etats-Unis. » Si cela n’avait tenu qu’aux partisans de Trump comme vous (capables de le féliciter lorsqu’il dit ou accomplit des bonnes choses mais incapables d’émettre à son égard la moindre critique quand il raconte ou fait des conneries) Trump n’aurait jamais abandonné aussi rapidement cette idée grotesquement collectiviste et liberticide.
        .
        Deuxièmement, pour répondre concrètement à votre question : tout comme aucun libéral digne de ce nom ne peut défendre un État musulman lorsque, par exemple, il empêche à des chrétiens de construire une église ou force des femmes à se voiler (carte indiquant les pays musulmans qui imposent le plus arbitrairement un code vestimentaire aux femmes : https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/c/cd/Map3.10RequiredDressCodesforWomen_compressed.jpg ) aucun libéral digne de ce nom ne peut défendre un État lorsque, par exemple, il empêche à des musulmans de construire des minarets (modification de la Constitution Suisse en 2009) ou force des femmes – tel le Parti communiste Chinois dans la région du Xinjiang – à ne pas se voiler (cartes de pays interdisant entièrement ou partiellement le voile islamique : https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/1/14/Full-face_veils_ban_in_Europe.svg )
        .
        Pour les libéraux digne de ce nom la seule position cohérente est la suivante : les chrétiens ont le droit de construire des églises, les musulmans ont le droit de construire des minarets, les femmes ont le droit de porter le voile, les femmes ont le droit de refuser de porter le voile.
        .
        Toute position du type « les chrétiens ont le droit de faire ceci mais pas les musulmans » ou, inversement, « les musulmans ont le droit de faire ceci mais pas les chrétiens » est une position anti-libérale qui entre en contradiction avec le principe d’égalité devant la loi.

  • Les musulmans instruits de la taqiya vis à vis des mécréants se sont aperçu qu’ils peuvent tout autant jouer la piété à la mosquée pour qu’on leur « foute la paix », bel exemple de retournement 🙂

  • On est donc en train de se faire grand-remplacer par des futurs ex-musulmans.

  • Le problème, M. Montenay, dans les pays « du Nord » comme la France, c’est que c’est l’islam, sous l’influence en particulier des Frères Musulmans, qui se radicalise et agresse la population d’origine. Cela, parce que les Frères Musulmans ont échafaudé (cela ne date pas d’hier), un plan très précis de conquête et de soumission de l’Occident. La « diabolisation » de l’islam est une réaction à cette agression, il s’agirait de ne pas inverser les rôles. Car l’islam, pris à la lettre (par les F.M., les mollahs iraniens ou les wahhabites saoudiens ou autres), est agressif, par nature.
    Qu’il y ait des musulmans, en nombre important, ici ou ailleurs dans le monde, qui ne partagent pas la vision littérale des fondamentalistes, et veulent respecter les non-musulmans, est une chose ; que parce que ces musulmans sont une réalité, il faille s’abstenir de critiquer l’islam et ceux qui en prônent l’application littérale, y compris et surtout chez nous, en est une autre.

    PS : cela dit, merci pour le panorama d’ensemble, qui confirme ce que disent d’autres sources : beaucoup de ceux qui voient de près l’islam fondamentaliste en œuvre se détournent de ce système politico-religieux puissamment liberticide.

  • C’est du wishful thinking au mieux.
    L’islam va gagner 300 millions d’adeptes d’ici 2030 du simple fait de la natalité, les oppositions crédibles aux partis de pouvoir sont des partis religieux, les quelques voix qui critiquent l’islam dans le monde musulmans sont anecdotiques, voir sous protection policière, et ce n’est pas la « diabolisation » des adeptes d’un extrémisme qui fait monter l’extrémisme.
    .
    Ce n’est quand même pas l’opposition au nazisme en 1930 qui a fait monter le parti, cette idée est parfaitement loufoque.
    .
    En France, la fréquentation des mosquées par les jeunes musulmans est passée de 7% en 1989 à 40% actuellement, 27% des musulmans pensent que la charia est supérieure aux lois de la république (40% chez les étrangers) et si 63% déclarent que l’homosexualité est une maladie ce n’est certainement pas en réaction aux propos de Zemmour.

    • « ce n’est pas la « diabolisation » des adeptes d’un extrémisme qui fait monter l’extrémisme. Ce n’est quand même pas l’opposition au nazisme en 1930 qui a fait monter le parti, cette idée est parfaitement loufoque. »
      .
      .
      @GuillaumeP : Tout à fait d’accord avec vous (du moins tant qu’il ne s’agit pas d’une «opposition au nazisme» qui tombe dans le piège de confondre le fait d’être Allemand avec le fait d’être nazi…)
      .
      C’est dommage que vous ayez précipitamment fustigé mon tout premier message étant donné qu’il reprochait la même chose que vous à l’article, à savoir : laisser entendre que c’est le fait de critiquer ( « diaboliser » ) l’islam qui pousse des musulmans modérés vers les musulmans extrémistes, alors qu’en réalité c’est le refus de critiquer l’islam qui engendre ce problème

  • Un seul constat.
    Regardez ce que les Arabes au sens large du mot ont apporté au monde dans le domaine des mathématiques, de l’astrologie, de la navigation, de la création des routes commerciales.
    ça s’était avant le développement de l’islam. Depuis ils ne cessent de régresser. Citez moi un pays musulman en pointe dans la recherche scientifique, aérienne, aérospatiale, médicale……
    Excepté le bakchich, les trafics en tous genres perso je ne vois pas grand chose. Si: passer leur temps a tergiverser sur la lecture ou l’interprétation d’une ligne du coran. Ou à se déchirer entre chiites et sunnites. Remarquez cela les occupe .

    • Tout à fait exact, sauf que ce n’est pas le fait des Arabes! Ce sont les pays conquis qui avaient des civilisations avancées à l’époque. Les égyptiens, Alexandrie était la capitale scientifique de l’empire romain, les perses pour l’astrologie, les indiens pour les mathématiques (les chiffres dit arabes sont indiens en fait). Seules les moeurs musulmanes sont typiquement arabes et cela dénonce l’obscurantisme et la barbarie des bédouins de l’époque. C’est l’arabisation par cette religion qui a provoqué la déchéance des régions envahies par les Arabes!
      Voir l’Egypte qui avait une civilisation splendide dans un état obscurantiste de nos jours est malheureux, et tout ça à cause d’une religion barbare!

      • @ Virgile,

         » Tout à fait exact, sauf que ce n’est pas le fait des Arabes! Ce sont les pays conquis qui avaient des civilisations avancées à l’époque. Les égyptiens, Alexandrie était la capitale scientifique de l’empire romain, les perses pour l’astrologie, les indiens pour les mathématiques (les chiffres dit arabes sont indiens en fait).  »

        Si l’islam arabe était de nature obscurantiste elle aurait dans les pays conquis directement rejeté tous les préceptes de l’astronomie, des mathématiques, des échanges commerciaux, les arts et la culture. Cela a duré quand même plusieurs siècles.

         » Voir l’Egypte qui avait une civilisation splendide dans un état obscurantiste de nos jours est malheureux, et tout ça à cause d’une religion barbare!  »

        L’état de l’Egypte de nos jours est surtout une victime du socialisme arabe qui a duré plusieurs décennies. Pendant cette période les religieux comme les frères musulmans faisaient profil bas. La dictature socialiste égyptienne ne pouvait pas les blairer.

        • Le nouveau a écrit: « L’état de l’Egypte de nos jours est surtout une victime du socialisme arabe qui a duré plusieurs décennies. »

          Ça remonte bien plus loin. Dès la fin du 12e siècle, la primauté de la tradition (taqlid) aux dépens de l’ijtihad (libre-arbitre) consacre la fin de l’extraordinaire dynamisme des sociétés islamiques.
          Sur tous les plans, démographique, scientifique, technologique elles prendront de plus en plus de retard par rapport à l’occident.

    • Un seul constat.
       » Regardez ce que les Arabes au sens large du mot ont apporté au monde dans le domaine des mathématiques, de l’astrologie, de la navigation, de la création des routes commerciales.
      ça s’était avant le développement de l’islam.  »

      L’islam était déjà bien présent pendant ces siècles de domination arabe. C’est par la suite avec l’obscurantisme religieux et le socialisme arabe qui a freiné le développement du monde arabe,

  • Recul de l’islam pour difficultés économiques?Pas en France en tout cas,ce doit être un conte de Noël!

  • Les commentaires sont fermés.

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don
0
Sauvegarder cet article

Par Lipton Matthews. Un article du Mises Institute

Les réformes du marché en Afrique peuvent être contrecarrées par une propagande affirmant que les marchés sont une importation occidentale. Bien que cette croyance soit courante, elle est manifestement absurde. Les marchés étaient florissants en Afrique avant le colonialisme, et partout où ils sont réprimés, il en résulte une paupérisation sociale, comme le souligne l'économiste William Hutt dans son étude révolutionnaire intitulée The Economics of the Colour Bar. Les marchands de l'Af... Poursuivre la lecture

Par Lina Kennouche. Un article de The Conversation.

À l’heure où la prise de conscience du déclin relatif de la puissance des États-Unis s’impose peu à peu, les acteurs régionaux du Moyen-Orient s’apprêtent à remplir le vide stratégique laissé par le départ des forces américaines.

Deux facteurs majeurs ont contribué au recul des États-Unis dans la région.

D’un côté, la rivalité de puissance engagée entre Washington et Pékin s’est exacerbée ces dernières années. Depuis 2008 et l’annonce du pivot vers l’Asie par Barack Obam... Poursuivre la lecture

Par Yves Montenay.

Parler aujourd’hui de l’utilité de l’immigration suscite souvent une réaction violente : ce serait, au mieux, de l’inconscience, une "trahison de l’identité nationale" ou, au pire, une complicité avec l’islamisme ! Pourtant l’histoire a prouvé l’utilité économique et démographique de l’immigration et une récente étude de l'OCDE vient d'en confirmer l'impact positif pour les finances publiques des pays concernés.

Les sentiments anti-immigration sont largement utilisés dans l’actuelle début de campagne président... Poursuivre la lecture

Voir plus d'articles