Les entreprises et le bien commun

Partenariat - Entreprise - Personnel (image libre de droits)

La fidélité dans un monde de concurrence permet de faire converger les intérêts particuliers vers ce qu’on ne peut appeler autrement que l’intérêt général.

Par Xavier Fontanet.

Quelques signaux convergents sont peut-être l’annonce que l’attitude des Français par rapport à l’entreprise est en train de changer. En introduction d’un débat sur le don, à l’université d’été du Medef, le secrétaire d’État Gabriel Attal a déclaré que le monopole de l’intérêt général n’était pas entre les mains de l’État, les entreprises pouvant très bien y contribuer. Parallèlement, un certain nombre de grands groupes, entraînés par Emmanuel Faber, le PDG de Danone, réfléchissent à la façon d’adopter des mesures plus inclusives, car les économies de marché doivent évoluer si elles veulent perdurer.

Il est utile d’expliquer pourquoi une entreprise respectueuse des personnes, tout en défendant les intérêts de ses employés et de ses actionnaires, contribue à l’intérêt général. On n’aime pas la concurrence (le fort écrase le faible), on n’aime pas le concept d’intérêt particulier (synonyme d’égoïsme), la fidélité a quelque chose de ringard (forme de captivité).

Intérêt général et intérêts particuliers

Pourtant, quand on les réunit, ils se bonifient mutuellement. Quand une entreprise a une relation de long terme avec un fournisseur, alors que chacun des partenaires peut, grâce à la concurrence, cesser la relation à tout moment, c’est bien que les intérêts particuliers du fournisseur et de l’entreprise convergent ; cela est tout aussi vrai pour les employés et les actionnaires.

Rappelons que les grands leaders ont pu atteindre des positions fortes parce qu’ils ont su créer des relations stables. Perdre ses clients empêche de croître, perdre ses employés entraîne des chutes de productivité et l’explosion des coûts de formation, l’instabilité actionnariale interdit d’avoir une stratégie long terme. Autrement dit, la fidélité dans un monde de concurrence permet de faire converger les intérêts particuliers vers ce qu’on ne peut appeler autrement que l’intérêt général.

Les Français vont-ils adopter ces vérités simples qui sont vécues par de nombreuses entreprises ? Le bien ne fait pas de bruit et on a tendance à communiquer en priorité sur ce qui ne marche pas. Le chemin est encore long, mais tout peut arriver. Ce serait une manière de sortir, à la française, du concept de lutte des classes et… une excellente nouvelle !

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