La tolérance : terreau de la prospérité

L’esclavage n’a pas seulement accru la pauvreté chez les esclaves, il l’a aussi accrue chez les Blancs non-esclaves.

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La tolérance : terreau de la prospérité

Publié le 20 septembre 2019
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Par James Peron.
Un article de Libre Afrique

Une thèse de plus en plus répandue affirme que c’est l’esclavage qui a rendu l’Amérique prospère. Cela amène à réfléchir au lien entre l’esclavage, l’intolérance, le fanatisme en général et la prospérité économique.

En réalité ces vices augmentent la pauvreté et non la prospérité. Alors que les propriétaires d’esclaves prospéraient, la plupart des gens étaient lésés, y compris ceux qui n’avaient jamais été esclaves.

Plus généralement, les États esclavagistes étaient économiquement en retard sur les États non-esclavagistes.

Encore aujourd’hui, l’un des héritages de l’esclavage est que ces régions d’Amérique restent économiquement en retard par rapport au reste du pays et cela un siècle et demi après l’abolition de l’esclavage.

L’impact négatif de l’esclavage

En 1837, les États-Unis comptaient 13 États esclavagistes et 13 États non-esclavagistes. Quel est l’héritage à long terme de l’esclavage dans ces États aujourd’hui ?

Le taux de pauvreté moyen pour l’ensemble du pays est de 12,3 % en 2017. Les 13 États esclavagistes ont un taux de pauvreté supérieur à la moyenne (15,15 %), tandis que les 13 États non-esclavagistes ont un taux de pauvreté inférieur (11,75 %).

L’esclavage n’a pas seulement accru la pauvreté chez les esclaves, il l’a aussi accrue chez les Blancs non-esclaves.

En fait, l’esclavage n’a profité qu’à une poignée de riches esclavagistes qui contrôlait les leviers du pouvoir dans le sud des États-Unis et qui ne constituait qu’une minorité de la population. Dans les États esclavagistes, qui représentent environ un tiers de la population américaine, c’est seulement 4,9 % des populations qui possédaient des esclaves.

Notons que 20 000 esclaves appartenaient à des Noirs libres. En effet, l’historien Henry Gates Jr. de Harvard a découvert que 3776 propriétaires d’esclaves étaient eux-mêmes des Noirs et ils possédaient près de 13 000 esclaves en 1830.

Même si l’esclavage était avantageux pour certains, il ne l’était pas pour la grande majorité de la population. Ce n’est donc pas une coïncidence si encore aujourd’hui, les régions du monde esclavagistes restent parmi les plus pauvres de la planète.

Keri Leigh Merritt, auteure de Hommes sans maîtres : les Blancs pauvres et l’esclavage dans l’Antebellum South écrivait :

« Bien que les conséquences aient certainement été beaucoup plus graves et durables pour les Noirs américains, il est important de reconnaître que les répercussions économiques de l’esclavage ont également affecté grandement les Blancs de la classe inférieure ».

Selon elle, avec l’augmentation de la détention d’esclaves,

« … Dans les années 1840 et 1850, le besoin en travailleurs blancs dans le sud des États-Unis a considérablement baissé, créant une vaste sous-classe sans emploi ou sous-employée. Ces pauvres Blancs sans terres ne pouvaient tout simplement pas rivaliser, pour des emplois ou des salaires décents, avec une main-d’œuvre rentable. Bien que les Blancs appauvris n’aient jamais été soumis à la violence quotidienne et aux humiliations dégradantes de l’esclavage racial, ils ont néanmoins subi des conséquences socio-économiques tangibles du fait de leur vie dans une société esclavagiste. Ces hommes et ces femmes « sans maître » ont menacé la hiérarchie méridionale existante et ont finalement contribué à pousser les propriétaires d’esclaves du Sud à la sécession et à la guerre civile ».

Sortir des idées reçues

Ainsi, contrairement aux idées reçues, l’esclavage est la dernière forme d’intolérance qui, selon l’Histoire, aggrave la pauvreté.

Des études économiques montrent d’ailleurs que les régions d’Europe qui ont souffert de pogroms antijuifs sont, à ce jour, économiquement en retard sur des régions qui n’en ont pas souffert.

Une étude de Yale, intitulée « La méfiance à l’égard de la finance : persécution des juifs et investissements des ménages », conclut :

« La persécution des minorités réduit non seulement la richesse à long terme des persécutés, mais également celle des persécuteurs ».

Maltraiter des classes entières de personnes favorise la pauvreté et non la prospérité. Le Williams Institute de la UCLA School of Law a publié l’étude sur la relation entre l’intégration des personnes LGBT (lesbien, gay, bisexuel et transgenre) et le développement économique, qui indique un lien direct entre la tolérance sociale des personnes LGBT et le développement économique :

« Nous ne tirons pas de conclusion définitive quant à l’orientation du lien de causalité, à savoir si davantage de droits entraînent des niveaux de développement plus élevés ou si les pays plus développés ont tendance à avoir plus de droits. Les perspectives théoriques suggèrent que ladite relation est à double sens. »

La tolérance crée de la richesse

La revue Sociological Science a publié un article du professeur Devah Pager du département de sociologie de Harvard intitulé : « Les entreprises discriminantes risquent-elles davantage de quitter le marché ? ».

Mme Pager souhaitait mettre à l’épreuve la thèse bien connue de Gary Becker selon laquelle les marchés concurrentiels tendent à réduire la discrimination en poussant des employeurs intolérants à la faillite.

Elle a conclu que « les employeurs qui s’engagent dans une discrimination à l’embauche ont moins de chances de rester en affaires six ans plus tard ».

Elle a souscrit à la conclusion de l’économiste Kenneth Arrow : « À long terme, seules les entreprises les moins discriminantes survivent ».

Cela vaut également pour le traitement des femmes, abordé dans « Les forces du marché et la discrimination sexuelle » (Journal of Human Resources). Pager résume les résultats ainsi :

« En utilisant des données transversales sur les usines de fabrication et leurs employés, les auteurs ont découvert que les usines qui emploient un pourcentage plus élevé de femmes sont plus rentables ».

Essayer la liberté !

Le professeur Deirdre McCloskey affirme que :

« La vertu de la liberté est très importante. L’environnement assurant le meilleur bien-être est le libéralisme, celui d’Adam Smith, de Mary Wollstonecraft et de Henry David Thoreau. L’explosion d’ingéniosité en 1800 a été construite sur fond de liberté,  par l’inspiration progressive de millions de personnes libérées qui ont pu tenter leur chance. Thoreau dirigeait l’usine à crayons de son père et l’a faite prospérer. Le libéralisme a libéré d’abord des Hommes blancs pauvres, puis d’anciens esclaves, puis des femmes, puis des immigrés, puis des colonisateurs, puis des homosexuels. La libération et l’innovation vont ensemble ».

Une plus grande tolérance et une plus grande liberté économique vont de pair.

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  • le taux de pauvreté n’est pas une mesure de la prospérité mais des inégalités de richesse…

    il ne faut pas raisonner ainsi à mon opinion..
    car si jamais on découvre que l’esclavage accroît la prospérité générale ou plus justement on choisit une métrique qui permet de l’affirmer….on « justifiera l’esclavage aux yeux de certains..

    l’esclavage est un crime . point.

    la majeure partie des gens qui militent pour plus de redistribution avance l’argument d’une plus grande prospérité.

    on a le droit de se contenter de ce qu’on a .. de ne pas vouloir être plus prospère…la pauvreté est l’etat naturel de l’homme.. être plus riche a des avantages mais ça ne rend pas plus heureux non plus…

  • 1/ les états du sud confédérés étaient essentiellement agricoles et donc moins prospères que ceux de l’union industriels.
    2/ La concurrence des immigrés aujourd’hui sous payés met les « petits blancs » sur la touche et cela profite uniquement à des grands financiers.

    • En effet les Etats confederes etaient agricole et libre echangistes alors que le nord etait industriel et protectionniste (a l epoque pour proteger leur industrie des anglais)

      Mais la guerre de secession c est terminee il y a plus de 100 anset on pourrait penser que c ets pas parce que vous eteiz agricole a l epoque que vous etes condamne a la pauvrete aujourd hui. La baviere etait agricole et pauvre en 1950. C est aujourd hui uen des partie les plus prospere de la RFA …

    • Sur le point 2. Les immigrés sont magiques. Ils passent leur temps à ne rien foutre et en même temps ils nous piquent notre travail.
      Le « petit blanc » ( le français est blanc c’est évident, l’immigré ne peut l’être ) qui a peur de la concurrence d’un immigré devrait se poser des questions sur ses propres talents et compétences.

      • C’est bien ce j’ai dit: le petit blanc ( avec peu de qualification en général) est concurrencé par l’immigré sans qualification du tout.

      • Les immigrés ne sont pas sous-payés. C’est un échange gagnant-gagnant.

        • Dans le film « 1900 » de Bertolucci une scène montre un patron qui va chercher dans d’autres villages des ouvriers qui acceptent d’êtres payés moins cher pour prendre la place des grévistes. Ce procédé reste d’actualité.

  • Esclavage ou immigration même topo, il y a plus de pauvreté chez les autochtones depuis l’immigration incontrôlée, c’est cohérent…
    Par contre, les effets néfastes des politiques de « discriminations » à l’embauche sont elles objectives ou ces entreprises ne sont elles pas surtout l’objet de représailles des lobbies de la diversité si puissants, on aimerait bien savoir…Au Japon, où il n’y a ni immigration ni politiques politiquement correctes imposées à tous, il y eut une prospérité incroyable des années durant et seule la baisse démographique explique les difficultés actuelles….

  • Que vont dire les contributeurs habituels défendant la non-égalité, la discrimination, comme étant indissociables de la prospérité et la liberté ?
    Personnellement, je fais un parallèle avec la situation actuelle :
    Remplaçons les esclaves par des gens prêts à travailler pour des salaires trèèès bas, juste assez pour se nourrir (et encore.. on a la chance d’avoir un salaire minimum). Les gens qui aimeraient se nourrir et peut-être économiser un peu, ben ils se retrouvent en concurrence avec des gens qui en demandent encore moins. Donc ni les premiers ni les deuxièmes ne s’enrichissent. Les seuls qui s’enrichissent dans ce cas, c’est… le patron ! (je n’aime pas ce mot, ça fait socialiste, et je ne suis pas socialiste). « Patron » qui adore ces gens prêt à tout pour gagner de quoi manger et vivre un jour de plus dans la misère.
    C’est caricatural, je sais bien. Mais ça se passe bien ainsi dans certains secteurs, dans certains cas, etc. Sans quelques garde-fous étatiques (non, je ne suis pas étatiste), il y aurait encore plus de travailleurs pauvres ! (chose qui serait impossible si le Saint-Marché était réellement « efficace »)

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