Le point sur l’élection 2020 aux États-Unis : le Parti Républicain

Trump, Pentagon leaders honor 9/11 victims By: Chairman of the Joint Chiefs of Staff - CC BY 2.0

Si les sondages ont tendance à être légèrement en faveur des démocrates à l’heure actuelle, il reste beaucoup de temps avant l’élection à proprement parler.

Par Aurélien Chartier, depuis les États-Unis.

Du côté du GOP, il n’y a guère de suspense sur l’identité du candidat qui représentera le parti aux élections de novembre 2020. En tant que président actuel et large vainqueur des primaires de 2016, Donald Trump sera au rendez-vous, sauf surprise énorme.

Une fois le choc de sa nomination passé, les Républicains ont eu l’heureuse surprise de gagner l’élection générale, lui donnant les pleins pouvoirs avec le Congrès et le Sénat. Petit à petit, les différentes personnalités du parti se sont rangées derrière leur nouveau leader, conscientes qu’il valait mieux profiter de sa popularité auprès de l’électorat conservateur. En effet, les rares à s’opposer à Trump voient leur avenir politique s’obscurcir. Paul Ryan renonce à se représenter aux élections de mi-mandat 2018. Justin Amash finit par quitter le parti le 4 juillet dernier après une énième querelle avec Trump sur Twitter.

Malgré cet état des choses, Trump ne sera pas le seul candidat à l’investiture du GOP. Après un nouveau retournement de veste, l’ancien gouverneur du Massachussetts Bill Weld décide en avril dernier de quitter le Parti Libertarien qu’il avait rejoint en 2016 pour se lancer dans la primaire républicaine. La rude réalité financière le rejoint rapidement. Après trois mois de campagne, il a rassemblé la modeste somme de 688 000 dollars venant de 7000 donateurs. Au niveau des sondages, il peine à dépasser les 5 % contre plus de 80 % pour Trump. Difficile de se présenter contre un candidat qui affiche un taux de satisfaction de près de 90 % au sein de son parti.

Face au candidat démocrate

Passé cet obstacle, Donald Trump aura ensuite à affronter le candidat démocrate. Quel thème de campagne va-t-il privilégier ? À première vue, il semblerait logique de se baser sur son bilan économique. Taux de chômage au plus bas, marchés boursiers aux plus haut, tous les indicateurs sont au vert. La baisse des taux d’imposition de fin 2017 semble avoir porté ses fruits. Au point que les répercussions négatives de la guerre commerciale avec la Chine passent relativement inaperçues.

Mais parier sur la situation économique reste un pari compliqué. La dette des États-Unis a atteint de nouveaux records, plombée par les déficits additionnels introduits par les Républicains qui se déclaraient conservateurs fiscaux il y a peu de temps. La dette des étudiants atteint aussi des records et il plane le risque d’un défaut généralisé si trop de jeunes venaient à perdre leur emploi. Les prix immobiliers sont repartis sur une hausse vertigineuse, rappelant la période précédant la crise de 2008. Donald Trump se montre notamment nerveux sur la politique monétaire de la réserve fédérale, dont une hausse des taux pourrait avoir de sérieuses répercussions.

Comme nous le rappelle J.D. Vance, l’auteur de Hillbilly Elegy, la situation économique n’est peut-être pas si importante aux yeux des électeurs de Trump. Son positionnement populiste et anti-élite en fait leur candidat de choix par rapport aux autres candidats vus comme condescendants. Les démocrates n’ayant pas appris de leurs erreurs de 2016, Trump n’aura guère de soucis à pointer leur décalage avec la réalité. En témoigne son interaction avec Elizabeth Warren qui pousse cette dernière à faire un test ADN pour prouver qu’elle a bien du sang indien… dans une proportion de 1/1054.

Les élections de mi-mandat de 2018 contiennent peut-être une partie de la réponse ici. Ignorant quasi totalement l’aspect économique, la campagne des Républicains se concentre sur l’immigration avec les images de la caravane de migrants tournant en boucle sur Fox News. Les raids récents organisés par l’ICE et les remarques du président sur les démocrates à la couleur de peau trop foncée semblent confirmer cette stratégie. Les résultats de ces élections étant mitigés (gain de sièges au Sénat, mais perte du Congrès), difficile de tirer des conclusions sur la viabilité de cette stratégie.

Si les sondages ont tendance à être légèrement en faveur des démocrates à l’heure actuelle, il reste beaucoup de temps avant l’élection à proprement parler. D’ici là, beaucoup d’éléments pouvant impacter les chances de Donald Trump peuvent se produire. À commencer par le choix du candidat démocrate que nous évoquerons dans un autre article.

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