Le chantage aux services publics, cela ne marche pas partout

Le chantage aux services publics masque de moins en moins bien l’évidence : de nombreux pays font mieux que la France, avec des prélèvements nettement moindres.

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Le chantage aux services publics, cela ne marche pas partout

Publié le 1 juin 2019
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Par Stéphane Erler, depuis Taiwan.

Depuis 40 ans, chaque fois qu’il s’agit d’augmenter un peu les taxes ou les impôts en France, les politiques et les médias font le même chantage. Si vous êtes opposés à ces prélèvements, vous êtes contre l’accès aux soins, l’école gratuite, les routes, le logement social, l’aide aux pauvres, les retraites… Tout le « modèle social français » va s’écrouler si l’on ne fait pas un petit effort de plus. Si bien que nous sommes progressivement passés d’un État qui pesait un tiers de l’économie, et sans déficit, durant les 30 glorieuses, à un État qui pèse environ de 50 % du PIB, en déficit et en crise continus.

La France est championne des prélèvements obligatoires en Europe et dans l’OCDE, mais le chantage aux services publics et à l’environnement continue. Heureusement, au lieu de se laisser faire comme des grenouilles dans une casserole dont l’eau chauffe lentement, les Gilets jaunes ont fini par faire entendre leur voix. La taxe verte sur le carburant, ils n’en veulent plus et ils ont bien raison !

Mais le chantage aux services publics va continuer de plus en plus fort pour montrer aux Gilets jaunes qu’ils ont tort de ne pas payer un peu plus à un État-providence qui leur veut tant de bien ! Or, rien qu’en prenant exemple sur l’Allemagne, on voit que l’État français prélève 35 % plus d’impôts !

L’Asie fait moins… et mieux

Mais regardons un peu vers l’Asie, cette partie émergente du monde où la croissance va bon train, où le niveau de vie est en passe de dépasser celui des Européens. Choisissons de nous pencher sur Taïwan, pays où je réside depuis 22 ans.
L’État y a construit de bonnes infrastructures routières et ferroviaires. Les écoliers ont le choix entre une école publique quasi gratuite et des écoles privées. L’accès aux soins fonctionne par une Sécu publique bon marché qui couvre le minimum, mais avec des franchises pour chaque acte. (Pour 125 euros par mois, toute ma famille est couverte !) Si l’on veut de meilleurs services, il faut soit payer des suppléments, soit avoir une assurance complémentaire. Ce système qui mêle public et privé n’est pas parfait, mais il fonctionne plutôt bien et ne coûte pas cher.
Tout comme la France, Taïwan dépense environ 2 % de son PIB pour sa défense militaire. Par contre, n’ayant pratiquement pas de chômage (4 % environ) car le revenu minimum est proche du point d’équilibre naturel de l’offre et de la demande de travail, Taïwan dépense très peu dans le social. L’État taïwanais paie des retraites (trop) généreuses à ses fonctionnaires, mais le système de retraite dans le privé fonctionne de manière autonome, surtout par capitalisation. Il n’est donc pas étonnant que les salariés aient un fort taux d’épargne en vue de leur retraite. Cette épargne privée s’investit dans l’économie et contribue à la croissance.
Bref, l’État taïwanais fait autant que l’État français sauf dans le domaine de la santé où il en fait un peu moins. Par contre il ne dépense quasiment rien pour le sport ou la culture. Il fait peu pour le traitement de la pauvreté et du chômage, car il y en a peu et car des associations caritatives ou religieuses privées font déjà le boulot. Et à part la retraite des fonctionnaires peu nombreux, l’État taïwanais ne paie pratiquement rien aux personnes âgées. Et la plupart d’entre elles vivent bien de leurs économies.
Pour assurer tous ces services, l’État ne prélève que 15 % du PIB. C’est trois fois moins qu’en France ! Et c’est à un niveau de services publics pas si éloigné de la France. Si on parvenait à diminuer les dépenses publiques au niveau de Taïwan, on pourrait supprimer la plupart des cotisations sociales et augmenter les revenus nets de 50 % au moins. La contrepartie serait que les salariés épargnent pour leur retraite. Quand on voit l’injustice dans les systèmes de retraite en France actuellement, cela permettrait de résoudre plusieurs problèmes d’un coup !
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  • le problème , c’est que les politiciens , chez nous , achètent les électeurs ; l’autre problème , c’est qu’il y a en France , des gens qui se laissent acheter dans le seul but de vivre sur le dos des autres ;

  • La Ponction publique sers a nourrir une administration de mafieux , inféodée a une seule doxa: Bien vivre sur le dos des contribuables!

  • Taiwan .. c’est des asiatiques , ils ont l’esprit de competition tout en ayant l’esprit de famille….en france , ca n’existe plus chez le francais « normal » seulement dans la classe dirigeante qui se partage le fromage. Le social ne sert que de fil barbelé entourant le peuple.
    Pour supprimer ce fil ,il faut anneantir cette bourgeoisie ayant echappée aux fourches de la revolution francaise, 1789 , c’est loin , tres loin….cette bourgoisie a survecu a toutes les guerres en retournant leur veste du bon cote et au bon moment…et pour se sauver une fois de plus a invente l’écologie….et oui le barbelé coute de plus en plus cher !

  • Sauf qu’en France, l’impôt sert plus à punir les inégalités qu’à payer les services publics.
    François Boulot, avocat et un des porte-parole des GJ, parle d’une lutte contre le modèle neoliberal qui s’est installé depuis longtemps en France (facepalm).
    Donc ils préconisent le retour de l’isf, une tva plus forte sur les produits de luxe, un augmentation des salaires (mais pas le salaire complet), etc.

    Bref, rien de nouveau. Si même les représentants des GJ sortent un programme étatiste, pas étonnant que seuls des partis etatistes poussent.

    • Rappelez-vous tout de même que les GJ au déoart, c’est une révolte fiscale et pour davantage de démocratie.
      Ce n’est pas parce que Macron a réussi habilement à détourner l’objet de la révolte et à la faire récupérer par l’extrême gauche (d’abord en interdisant aux médias de recevoir ces GJ très gênants) que ces questions sont résolues.
      Sur les services publics, c’est lié. Il faut habiter en province pour se rendre compte que, malgré une somme d’impôts faramineuse, on est de moins en moins bien loti. Même Macron s’en rend compte quand il dit qu’il ne fermera plus d’écoles ou d’hôpitaux d’ici 2022… En résumé, je dirais: on ferme les hôpitaux et on plante des éoliennes. La question essentielle reste: où et quand les Français ont-ils voté consciemment pour cette situation?
      Je suis d’accord sur le fait que l’Etat n’a pas toujours été un bon gestionnaire des services publics (Poste, énergie etc…). Le fait que ces services résultent d’un monopole public ou d’un marché concurrentiel devrait résulter d’un choix collectif, pas d’une décision qui vient, de surcroît d’un pouvoir non démocratique extérieur au pays. On aurait pu aussi faire le choix d’une bonne gestion, en particulier en réservant le statut d’agent public au domaine régalien.

      • Les gilets jaunes dès le départ c’était des gens qui demandaient le retour de l’ISF. Ils voulaient moins d’impôts pour EUX mais plus de service publics. Ils répétaient l’idée répandue dans la peuple que l’origine de ses malheurs est le grand Kapital, les puissances d’argent, le patronat qui organise l’immigration, les riches, les grandes entreprises etc…
        Tant que nous n’arriveront pas à faire prendre conscience aux gens que c’est l’héritage légué par De Gaulle et le CNR qui organise toute notre société autour de l’état et qui s’avère en fin de compte beaucoup moins efficace que le modèle anglo saxon, notre pays continuera son chemin sur la route de la servitude.

  • Les gauchiards revendiquent la liberté à tout bout de champs, mais si un citoyen la veut pour lui-même, on lui oppose le bien de l’état qui comme chacun sait est totalement exempt de troupes et de toutes influences marxistes.

  • La France a atteint un point de non retour. Mauvaise éducation , instruction au plus bas, travail insuffisant, sans parler du reste , aucun pays ne peut survivre à un tel handicap. E Macron ne peut que rafistoler un système qui ne marche pas, mais en aucun cas il ne veut le changer. Juste le faire tenir encore un peu. De mémoire aucun pays socialiste n’a produit de la richesse pour la population.Au contraire. Le mécontentement va continuer et la fin du quinquennat va être difficile, même si les oppositions sont faibles.

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