Climat : des météorites pour sauver la planète

Asteroid by Ramon Orom (CC BY-NC-ND 2.0) i — Ramon Orom, CC-BY

La météorisation semble être une voie prometteuse pour lutter contre le réchauffement climatique, en parallèle avec d’autres méthodes.

Par Michel Gay.

La « météorisation » (ou enhanced weathering en anglais) consiste à broyer des météorites pour lutter contre le réchauffement climatique.  Le silicate et l’olivine contenus dans la poudre ainsi obtenue absorbent le dioxyde de carbone (CO2) de l’atmosphère, et donc une partie des gaz à effet de serre.

Que faire de ces poussières ?

Selon Elisabeth Kisspath, chercheuse à « l’Advanced Vegetable Research Institute of Liverpool » (AVRIL), « répandre cette poudre sur les terres agricoles humides leur permettra de réagir plus vite avec le CO2 de l’atmosphère ».

Cet épandage permettrait en plus de réduire l’acidité des sols, d’y introduire du carbone (fixé directement sous forme de carbonate de calcium), d’augmenter leur fertilité, et de limiter l’apport d’engrais artificiels dans les champs et les jardins.

Mais il y a un inconvénient : « la météorisation est un processus naturel qui se déroule sur période  d’une centaine de milliers d’années ».

Pour résoudre cet important problème temporel, un groupe de travail constitué d’experts internationaux sera mis en place afin d’accélérer ce phénomène pour tenter de le réduire à moins d’une décennie, dès que les subventions demandées seront accordées.

Une autre difficulté est la grande quantité d’énergie nécessaire pour collecter ces roches de météorites et les broyer. « Il n’y a pas encore eu d’évaluation du potentiel énergétique de cette technique » ajoute Elisabeth Kisspath.

Afin de limiter les constructions de centres de broyage, les cimenteries du monde entier pourraient être réquisitionnées plusieurs jours par semaine. Les professionnels du secteur se sont d’abord inquiétés mais l’action Lafarge a bondi après cette annonce.

Dommage que la main d’œuvre gratuite constituée par les casseurs de cailloux de l’ancien bagne de Cayenne ne puisse plus participer à cette grande œuvre salutaire sous la houlette d’Elisabeth.

Quid de la sécurité sanitaire ?

Une question reste cependant en suspens : l’olivine contient des métaux lourds qui pourraient passer dans la chaîne alimentaire.

« Des études sont en cours pour déterminer si les métaux lourds ainsi dispersés dans la nature présentent un risque pour la santé des animaux et des populations. Si c’est le cas, il faudrait alors utiliser davantage de basalte et moins d’olivine, ou peser les avantages et les inconvénients » indique l’institut AVRIL.

La communauté scientifique estime que ce processus innovant permettrait de retirer de l’atmosphère un milliard de tonnes de CO2 par an, sur les 42 milliards émis chaque année.

La météorisation semble être une voie prometteuse pour lutter contre le réchauffement climatique, en parallèle avec d’autres méthodes.

Ainsi, la technique de la dilatation zygomatique par laser du professeur français Pierre Dac (à ne pas confondre avec la météorisation des ruminants qui est la dilatation de la panse des bovins par des gaz) semble également prometteuse. Elle pourrait aussi apporter quelques bénéfices à la préservation de l’humanité et de la planète.

UPDATE 2 AVRIL : Il n’aura échappé à aucun des lecteurs de Contrepoints que cet article de Michel Gay avait été publié, non sans raison, un 1er avril.