Ils avaient tout faux sur Cesare Battisti !

Les donneurs de leçons judiciaires et humanistes avaient tout faux sur Cesare Battisti !

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Ils avaient tout faux sur Cesare Battisti !

Publié le 27 mars 2019
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Par Philippe Bilger.

L’aveuglement a sa hiérarchie.

De la monstruosité et du tragique historiques jusqu’aux délires de la banalité quotidienne.

De la complaisance honteuse jusqu’à la multitude des Zola au petit pied qui encombrent notre espace politique, judiciaire et médiatique.

Je rejoins totalement ceux qui expliquent la mansuétude durable dont continuent à bénéficier le communisme et ses crimes par le fait qu’ils n’ont pas eu leur procès de Nuremberg qui, à l’exception de quelques négationnistes entêtés et compulsifs, a su mettre le nazisme au ban de l’humanité. Il aurait fallu que l’horreur, sous son double visage apparemment contradictoire mais si ressemblante par sa perversion totalitaire, soit traitée de la même manière mais ç’aurait été beaucoup demander : oublier le prétendu avenir radieux pour condamner les ignominies qui s’abritaient derrière lui.

L’aveuglement, en effet, a sa hiérarchie.

Je n’ai pas pu m’empêcher de remercier en mon for intérieur Cesare Battisti parce qu’il avait enfin cessé de fuir dans tous les sens du mot. Les pays comme ses responsabilités.

En Italie, qui paraît-il n’était pas une démocratie et ne lui assurerait pas un procès équitable, il a admis avoir commis tous les crimes qui lui étaient imputés depuis tant d’années, les uns comme auteur, les autres comme complice. Des assassinats que, pour concéder à la nostalgie révolutionnaire, il a inscrit dans une guerre juste à l’époque. Il n’est pas à proprement parler un « repenti » puisqu’il n’a « donné » personne (Mediapart).

Mais je n’ai entendu personne se repentir véritablement d’un aveuglement, d’un soutien et d’une solidarité qui ont trop longtemps bénéficié d’une aura médiatique et politique parce qu’ils émanaient évidemment de personnalités qui ne pouvaient pas s’égarer, par exemple Bernard-Henri Lévy et Fred Vargas !

Je suis persuadé qu’on n’entendra jamais de leur bouche l’aveu de leur très grave erreur parce que ce serait trop leur demander que les contraindre à revenir sur un passé indécent et des convictions qu’ils n’appuyaient que sur la certitude d’être tellement indiscutables que la vérité était quasiment leur propriété privée.

Avec quelle arrogance ceux que j’ai cités, soutenus par des politiques d’habitude plus avisés, ont pris parti pour un assassin dont le comportement de lâcheté constante aurait dû les alerter mais ils étaient trop pris par leur rôle de justiciers universels pour se remettre en question !

D’ailleurs pourquoi auraient-ils éprouvé le plus infime regret puisque hier comme aujourd’hui on les tient quitte de tout et que demain ils seront fêtés et encensés, eux, leurs livres et leur propos le plus anodin, comme si rien ne s’était passé, comme s’ils ne s’étaient pas lourdement trompés au sujet d’un homme absurdement sublimé et d’un pays caricaturé de manière indigne ? Pourquoi battre sa coulpe quand non seulement rien ne vous y oblige mais qu’au contraire la France semble reconnaissante à l’égard de tous ceux qui ont validé le pire avec une constance qui n’a d’égale que leur amnésie ? Pourquoi suivre l’aveu de sa culpabilité par Cesare Battisti avec celui de la leur puisque, toujours et par principe, ils seront perçus comme innocents ?

Ils ne viendront pas exprimer leur regret sur les plateaux de télévision alors que ce serait leur honneur et que beaucoup alors leur serait pardonné. Que Cesare Battisti les ait ridiculisés n’enlèverait rien à leur courage de tout dire !

Faut-il rappeler par ailleurs ces visites intempestives, démagogiques et imprudentes de hauts responsables à des victimes pour le moins équivoques, pour rester aimable, et en soutien à des causes douteuses !

J’ai envie d’une note moins morose. De rendre hommage — ce n’est pas mon habitude — à des journalistes qui ont su ouvrir, eux, les portes de la vérité et tenir bon ! Guillaume Perrault et Karl Laske notamment.

Les donneurs de leçons judiciaires et humanistes avaient tout faux sur Cesare Battisti !

Cela n’évitera pas, de leur part, j’en suis sûr, des rechutes.

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  • J’ai toujours été surpris par le grand écart de ces gens qui présentent leurs excuses pour des faits qu’ils n’ont pas commis ( la traite des esclaves, par exemple ), mais jamais pour leurs propres aveuglements ( peut-être Vargas fera-t-elle exception, qui sait ? )

  • BHL , BHL…..ha oui , c’est lui qui dernièrement à proposer que les votes extrémistes ne soient plus comptabilisés lors des élections…..plus con que ce type , tu meurs ;

  • véra, le ridicule ne tue pas et c’est regretable !..

  • Est ce que les BHL, Sollers, Miou Miou et autres consorts présenteront leurs excuses, j’en doute, ils sont trop orgueilleux pour cela, ils se croient être les seuls à détenir la Vérité, le politiquement correct, la pensée unique!!!
    Cesare Battisti a déclaré ‘’je n’ai jamais été victime d’une injustice, je me suis moqué de tous ceux qui m’ont aidé et je n’ai même pas eu besoin de mentir à certains d’entre eux’’.
    Qui étaient les intellectuels qui ont lutté pour la liberté de Cesare Battisti ?

    Il faut comprendre que Battisti avait refait sa vie comme auteur de polars. Il était devenu une personnalité parisienne. Il était accueilli dans des émissions de radios publiques et avait pignon sur rue. Ce n’était pas une star, mais quelqu’un qui existait et qui avait une visibilité médiatique. Ces romans étaient salués par Le Monde et Libération en des termes extrêmement élogieux. Il vivait tout à fait ouvertement et participait à des festivals du livre. Cela explique l’ampleur de la mobilisation.
    Par ailleurs, il avait refait sa vie et avait femme et enfants. C’est à partir de 1990 qu’il s’installe vraiment en France. Il avait fait un premier saut en France au tout début des années 80, mais n’était pas resté. Il était allé au Mexique et il est ensuite revenu.
    En 2004, sa demande d’extradition est acceptée par la France. C’est à ce moment-là que l’affaire devient un scandale d’ampleur nationale. Lorsqu’il est arrêté, il y a une intense mobilisation en sa faveur d’intellectuels, d’écrivains, d’hommes politiques et d’artistes de gauche.
    Il y a différents types de soutiens à distinguer. Vous aviez d’un côté les convaincus et les croyants qui considéraient qu’il était innocent et qu’il était un héros; exemple type, Fred Vargas, la romancière à succès.
    Et de l’autre, les gens qui étaient en empathie idéologique totale avec sa vision des années de plomb et du terrorisme. Il se refusait d’ailleurs à employer ce terme pour désigner ce qu’il avait fait. Les gens le considéraient comme un combattant de la liberté. Pour eux, l’Italie d’Aldo Moro était la même chose que le Chili du Général Pinochet. Ils étaient dans ce délire-là.

  • Il semble que l’Italie n’ait jamais demandé l’extradition de Battisti à la France.

  • Communisme ou Nazisme c’est la même chose. Seule,la mort des humains traités comme de la matère première dans les 2 cas diffère.

  • BHL LA PENSÉE JETABLE!!!

  • Voir le texte de Régis de Castelnau…

  • Dire que cette ordure de Boudarel n’a jamais été inquiétée.

    Faut jamais oublier que les socialistes fonctionnent sur le mode tribal sectaire.

  • Mitterand fit tout pour le protéger. Ce fut un président indigne, un ancien collaborateur pendant la guerre, et on constate maintenant qu’il fut une ordure politique. L’affaire Battisti est la partie émergée de l’iceberg hélas

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