La France au fond, la France irréformable

Vous cherchez une économie sclérosée ? Ne cherchez pas très loin. La France est un (mauvais) exemple.

Par Ludovic Delory.

Un nouveau classement vient placer la France en tête… des économies les moins compétitives fiscalement parmi 35 États de l’OCDE.

Comme l’écrit Henri Dumas, dans la foulée de l’analyse de l’IREF :

L’Index classe la France à la dernière place et cela pour la cinquième année consécutive ! Son taux de l’IS dont la baisse est repoussée, la progressivité de l’IR, l’impôt foncier, l’impôt sur les transactions financières et sur les successions, font de notre pays un véritable enfer fiscal. Quand on pense que certains demandent encore plus d’État et plus d’impôts !

D’index en index, la France stagne ou recule. Nous la retrouvons 71e mondiale en termes de libertés économiques. En termes de liberté de la presse : une 33e place qui la situe bien loin derrière les exemplaires pays du Nord de l’Europe.

Récemment, le Défenseur des droits s’inquiétait du recul de l’accessibilité des services publics. Moins de justice, moins de défense, moins de protection pour des Français pourtant submergés d’impôts. Et qui en paient aujourd’hui les conséquences. Les Gilets jaunes ont compris, dès l’entame de leur mouvement, que le changement ne passerait pas sans une certaine forme de violence. Ils en apportent la triste preuve : les atteintes aux biens privés se multiplient, la police n’est plus en mesure de protéger des manifestants débordés par les groupes « ultras » professionnels. Le tout sur fond de débandade des services régaliens. Ce cocktail explosif fait entendre son tic-tac jusque dans les instances internationales.

Tous les indicateurs sont au rouge

Il n’existe qu’une seule recette pour guérir de l’étatisme forcené, cette maladie qui gangrène la France : une baisse des prélèvements, assortie d’un soulagement massif des fonctions dans lesquelles les pouvoirs publics se sont engouffrés depuis des lustres. Des exemples ? En un an, durant le mois de février, les recettes fiscales ont augmenté de 10 % aux États-Unis grâce… à une baisse des impôts. Chez nos voisins plus proches, l’instauration d’une flat tax a permis une amélioration du niveau de vie. La fin définitive de la progressivité de l’impôt serait, en outre, profitable à tous les épargnants français en quête de bons rendements (et l’on ne parle pas que des riches).

L’inculture économique des principaux politiciens français joue, hélas, un rôle contre-productif. Lorsque Marine Le Pen trébuche sur le montant du Smic :

… lorsque le ministre de l’Économie, lui-même, se prend les pieds dans le tapis sur des questions de CM2, qui peut encore s’imaginer que la France soit réformable ? Qui peut encore penser que ces gens, inaptes à comprendre l’effet Laffer, puissent un jour adhérer à une massive baisse de l’imposition ?

La politique française repose sur les mêmes bases qu’il y a cinquante ans, sans perspective notable d’évolution. Et les prochains index ne promettent aucune amélioration.

Les pays les plus adaptés au monde actuel sont ceux qui ont compris qu’une dynamique puissante était en marche, qui n’avait rien à voir avec l’ancien monde. Cette dynamique doit reposer sur des leviers qu’aucune des composantes de l’administration française n’est, aujourd’hui, en mesure d’actionner sans paralyser les autres.