Espagne : Manuel Valls et Albert Rivera fusionnent les européismes

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manuel-valls By: Anton Nossik - CC BY 2.0

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Espagne : Manuel Valls et Albert Rivera fusionnent les européismes

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 17 janvier 2019
- A +

Par Marc Crapez.

La jonction opérée entre le centre-droit espagnol d’Albert Rivera et le centre-gauche français de M. Valls est un phénomène significatif. Il annonce un changement de personnel politique, non pas seulement plus jeune, réformateur et réaliste -c’est chose faite depuis Tony Blair et Gerhard Schröder- mais moderniste et europhile.

En effet, à l’instar de l’homme politique du XIXe  siècle Juan Prim y Prats, Rivera a fondé une forme de libéralisme résolument ou agressivement progressiste. Pendant ce temps, en France, Valls qui était ministre de l’Intérieur a fait beaucoup de mécontents, qui ont dénoncé chez lui un côté psychorigide et autoritaire à la Primo de Riveira. Par-delà ce rapprochement cavalier, l’un et l’autre présentent de nombreuses similitudes.

Derrière une allure libertaire, ce sont des hommes d’appareil entrés tôt dans la carrière politique. Ils sont issus d’un milieu familial pas franchement de gauche. Ils ont à peu près le même niveau d’études. Titulaire d’une maîtrise en droit d’une université  peu cotée à 23 ans, Rivera est au même niveau que la licence en histoire, obtenue à la Sorbonne à 24 ans par Valls, après son service militaire.

Bardés de diplômes

D’autant que dans son université, Rivera a plausiblement bénéficié d’une prime au sportif de haut niveau. C’est un point commun, cette fois, avec Sanchez qui, sans avoir remporté de trophée en natation, jouait au basket. De plus, Sanchez est, lui aussi, diplômé d’une université récente pour étudiants de bons milieux socio-culturels. En revanche, il est, comme Macron, bardé de diplômes (avec cursus européen et anglais courant). Les deux chefs d’État sont même réputés brillants en économie. Sanchez est toutefois accusé d’avoir plagié certains passages de sa thèse de doctorat, devenue un livre.

Tous quatre bénéficient d’un physique avenant. Trois d’entre eux, ainsi que le père de Manuel Valls, ont fait carrière dans le secteur bancaire. Rivera comme Macron ont publié des livres dont les titres peuvent paraître tactiques ou démagogiques : l’un contenant le mot podemos ; l’autre le mot révolution. Réputé philosophe, Macron n’a publié que quelques articles de revues consignés avec d’autres auteurs. Ce serait plutôt Valls le plus charpenté, montrant dans son livre Pour en finir avec le vieux socialisme une parfaite compréhension des thèses de François Furet.

Rivera, a quant à lui consigné l’été dernier une tribune, en compagnie notamment de Matteo Renzi et Christophe Castaner, où il accuse Orban, Salvini et le populisme de vouloir « muzzle the justice system ». Proche de Macron, Castaner est, lui aussi, titulaire d’un diplôme à connotation européiste.

L’argument de la légalité menacée est une rhétorique vieille comme le monde : Franco se prétendit ainsi défenseur de « la magistratura, cuya independencia garantiza la constitucion ». La génération des diplômés à la faveur de bourses ou de labels européens n’est pas toujours impartiale. En écrivant ces lignes, le correcteur d’orthographe m’a refusé les termes europhile et européiste.

Voir les commentaires (10)

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  • claude henry de chasne
    17 janvier 2019 at 7 h 07 min

    si valls n’est pas élu reviendra t il en france pour toucher les assedics?

    • partant du principe que ces gens là sont incapables de faire autre chose que de la politique il y a de forte chance qu’il vienne quémander sa pitance dans notre  » douce France  » ;

  • Attention aux imprécisions linguistiques en ce qui concerne les questions européennes :

    – le terme « européiste » a l’avantage d’avoir une signification claire : l’européisme, c’est une vision supranationaliste et fédéraliste des institutions et coopérations en Europe qui a pour ambition de faire de l’UE une grande puissance ayant pour vocation de se substituer aux États membres ; on aime ou on conteste mais, au moins, le terme « européiste » est clair et intellectuellement honnête ;

    – inversement, les termes « européen », « anti-européen », « europhile » ou « europhobe » sont équivoques et souvent intellectuellement malhonnêtes, que ce soit voulu ou non par ceux qui les utilisent. En effet, ils sous-entendent qu’il n’y a qu’une conception acceptable de la coopération entre pays européens et que celle-ci s’incarne essentiellement dans la vision intégrationniste et supranationale de l’UE, la subsidiarité étant vraiment… subsidiaire ; toute autre vision des relations entre états et nations européens ne peut dès lors être que « anti-européenne », « europhobe », etc. ; un souverainiste ne peut être que « populiste », « nationaliste », donc plus ou moins antidémocratique. En gros, si on n’approuve pas M. Juncker et ses épigones, on est un sectateur de M. Orban ou de Mme Le Pen.

    Cette question de vocabulaire est très importante car elle conditionne et oriente fortement les débats et réflexions sur « la question européenne ». Ceci a notamment été voulu et intensément pratiqué par les européistes afin de faire taire toute opposition à leur point de vue : « Les anti-européens », « Il est contre l’Europe », … et la messe est dite ! C’est une transposition cynique des « bonnes » vieilles méthodes du terrorisme intellectuel notamment mises au point, perfectionnées et pratiquées ad nauseam par des extrémistes rêvant de totalitarisme, comme les marxistes durs ou les nazis :
    – « Traitez vos adversaires de fascistes : le temps qu’ils se défendent, vous aurez tout loisir de leur porter de nouveaux coups ! » (Dimitri Zakharovitch MANOUÏLSKI, 1883-1959 ; militant communiste russe qui exerça une influence importante dans l’Internationale communiste dans les années 1920 et 1930.)
    – « Je compris l’infâme terreur spirituelle exercée par ce mouvement [les sociaux-démocrates autrichiens… vus par Hitler avant 1914], particulièrement sur la bourgeoisie, qui est en état ni moral, ni mental de supporter de telles attaques. À un signal donné, il déchaîne un véritable torrent de mensonges et de calomnies contre l’adversaire qui lui semble le plus dangereux, jusqu’à ce que les nerfs de la victime cèdent complètement… La tactique a pour base une estimation précise de toutes les faiblesses humaines, et sa réussite est d’une certitude presque mathématique. » (Adolf HITLER) : « Jamais on n’a plus précisément analysé les tactiques nazies, telles que Hitler devait les appliquer. » écrivit fort justement William SHIRER dans son ouvrage de référence Le IIIe Reich.

    Le « problème » pour les européistes est que cette tactique d’intimidation ne fonctionne plus beaucoup sauf dans les médias dont le courage et l’indépendance d’esprit ne sont pas les caractéristiques essentielles. Nombre de ceux qui, pour une raison ou pour une autre, ne partagent pas cette vision européiste des relations intereuropéennes ne supportent plus d’être ainsi caricaturés ou salis et se révoltent : année après année, les sondages et les études effectués honnêtement montrent le rejet croissant de cette pensée unique qui s’exprime en propos lénifiants tant qu’on ne la contredit pas mais qui passe au déchaînement agressif, à l’insulte, à la calomnie, voire à la fraude en cas de contestation : qu’on se souvienne par exemple du ton comminatoire adopté par les zélateurs du traité de Maastricht en 1992 ou de la soi-disant constitution européenne en 2005 ; et j’écris fraude car, par un tour de passe-passe formellement légal mais moralement indéfendable, M. Sarkozy et sa majorité ont fait adopter un texte identique à 99,99% à celui que le peuple français avait clairement rejeté en 2005 par un vote avec presque 70% de participation. Et on s’étonne ensuite de la défiance des citoyens envers les institutions et les procédures consacrées !

    Ce n’est donc pas une « simple question de vocabulaire » : il s’agit du fonctionnement de notre démocratie qui est menacé par ces trucages et ce terrorisme intellectuel voulant nous laisser comme seul choix M. Juncker ou M. Orban. Les cyniques européistes sont devenus de dangereux apprentis sorciers et ce sont leurs mots qui en témoignent.

    « Mal nommer un objet, c’est ajouter au malheur de ce monde. » (Albert CAMUS)

    • claude henry de chasne
      17 janvier 2019 at 11 h 26 min

      Pour faire passer le traité de Lisbonne sarkosy a réuni les parlementaires en congrès pour avoir les 4/5 eme de la représentation nationale.comme l’exige la constitution. On ne peut pas dire donc qu’il l’a fait avec « sa majorité » mais avec une large majorité des parlementaires ..
      De plus ce nouveau traité était chargé de remplacer le traité de Nice car les nouveaux entrants des pays de l’est s’étaient retrouvés a égalité de voix avec la france..
      Comme on peut le voir il est facile de manipuler l’opinion en lui faisant croire que le refus au referendum sur la constitution européenne a été détourné.
      Il n’y a pas de constitution européenne.

      • @ claude henry de chasne
        Beaucoup de Français sont anti-U.E. depuis que les politiciens se sont déchargés de leur responsabilité sous le prétexte que « c’est à cause de Bruxelles ». Ça a duré des années. C’est évidemment absurde puisque les décisions de l’U.E. se prennent le plus souvent à l’unanimité avec droit de veto, entre autres par le conseil des chefs d’état et de gouvernement et après ratification des parlements nationaux!
        Mais quand on peut décharger la responsabilité de la France en critiquant « les autres », c’est évidemment tentant!

        • Droit de veto ???
          Comme lors du vote sur l’obligation de répartir les migrants (que seule Merkel a voulu) ad vitam aeternam malgré l’opposition de la plupart des pays de l’Est ?
          N’importe nawak !

        • Que demander à une Europe qui a poussé sur le fumier de la Mitterandie, dont les pages blanches ont été remplies des certitudes de Delors et ses énarques, avec par la suite une bonne dose de la constitution pourtant refusée de Giscard.
          Les élites allemandes et autres, médusées par tant de culot et de pouvoirs confisqués aux peuples, ne pouvaient qu’approuver cette nouvelle puissance auto-attribuée sans contrepartie.
          La France a mauvaise grâce à se plaindre le l’Europe, qui n’est que le clone de notre propre incurie…

      • 1. C’est le 3/5 dont il avait besoin. Pour rappel, à part Fabius, à peu près tous les politiques « républicains » avaient fait campagne pour le « oui », c’était « normal » qu’ils soutiennent Sarkozy.
        2. Sarkozy avait même fait campagne sur l’idée de faire voter en Congrès un traité pour débloquer le fonctionnement de l’UE.
        3. Il n’a pas dit, par contre, que le traité qu’il aura signé sera la copie conforme du TCE refusé lors du référendum, sauf quelques détails que personne n’avait combattu lors de la campagne du référendum.
        La manipulation de l’opinion c’est d’affirmer qu’il y a une feuille de papier entre le texte rejeté par référendum et celui accepté en Congrès. Les élus ont trahi la confiance de leurs électeurs, c’est une évidence.

  • la voie du milieu
    17 janvier 2019 at 17 h 34 min

    Valls un libéral ?
    vous voulez rire ?

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