Il n’y a rien de moral à augmenter les impôts

Nous devons nous opposer à la fiscalité confiscatoire, car elle limite la capacité de l’individu de choisir ce qui est bon pour lui.

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Pourquoi me tentez-vous, hypocrites? Montrez-moi la monnaie du tribut ... (Matthieu 22:18-22:19)

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Il n’y a rien de moral à augmenter les impôts

Publié le 27 décembre 2018
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Par Daniel Hannan, depuis Oxford, Royaume-Uni.

Il y a six mois, l’Église d’Angleterre a été forcée de vendre l’un de ses trésors : un ensemble de 13 peintures de Francisco de Zurbaran représentant Jacob et ses fils. Elles ont été achetées pour 15 millions de livres par un chrétien évangélique du nom de Jonathan Ruffer. Il les a rapidement rendues à leur vendeur (voir ici).

Jésus a donné quelques conseils sans concession pour les gens riches qui veulent faire le bien :

Si tu veux être parfait, va, vends ce que tu possèdes, donne-le aux pauvres, et tu auras un trésor dans le ciel. Puis viens, et suis-moi. (Matthieu 19:21)

Presque personne ne peut suivre ces instructions à la lettre, mais Jonathan Ruffer m’apparaît comme s’en étant rapproché, bien plus que d’autres. Et comment cet homme extrêmement généreux, effacé et peu enclin à la publicité gagne-t-il sa vie ? Comment fait-il pour se trouver en possession de 15 millions de livres ? La raison, c’est qu’il est gestionnaire de fonds — l’un de ces méchants parasites qui ont été hués, non seulement par la foule du mouvement Occupy regroupée devant la cathédrale St Paul, mais encore par celle de ses alliés membres du clergé.

Maintenant que Rowan Williams [Archevêque de Canterbury] s’est immiscé dans le débat sur une taxe sur les transactions financières, j’aimerais lui poser une question. Que considère-t-il comme étant le plus méritoire : donner son propre argent à de bonnes causes, comme Ruffer l’a fait, ou forcer clients et actionnaires à faire de même au nom de la « responsabilité sociale des entreprises » ? Quelle option a le plus de vertu : « vends ce que tu possèdes, donne-le aux pauvres » ou se faire exproprier par le système fiscal ?

Bon, c’est une question rhétorique : en effet, un Archevêque y a répondu avec éloquence :

L’intégrité est la valeur que nous portons en nous ou dans notre travail pour elle-même — ce qui vaut de faire des sacrifices, ce dont nous sommes heureux d’avoir fait tout simplement pour l’acte lui-même. On ne parle pas de la même chose si d’un côté je fais quelque chose de juste parce qu’on me le demande ou si de l’autre je me retiens de faire quelque chose simplement par peur d’être pris en défaut.

Selon cette logique, nous devons nous opposer à la fiscalité confiscatoire, car elle limite la capacité de l’individu à choisir ce qui est bon pour lui. Il s’ensuit aussi que le seul but de la fiscalité devrait être de mobiliser des ressources. Le ministère des Finances publiques se trouve être la mauvaise administration pour ce qui est d’encourager un comportement moral.

L’argument légitime est de savoir si la taxe Tobin est en mesure de rapporter de l’argent en net. Je ne crois pas que ce serait le cas : l’effet négatif sur l’un des rares secteurs où la Grande-Bretagne possède encore un avantage en coûterait davantage au gouvernement que le prélèvement opéré. Cela finirait par augmenter les taxes de tout le monde, y compris des pauvres. C’est une question sur laquelle les gens peuvent sincèrement se trouver en désaccord.

Le problème est que le Dr Williams n’aborde pas la question en termes de coûts et de revenus. Il le considère comme un problème moral, et est heureux de pourvoir à une sanction archi-épiscopale qui ne s’applique qu’à un seul élément de l’équation. Et pourtant, le raisonnement sur lequel il fonde sa décision demeure vague. Je ne peux penser qu’à une seule occasion où Jésus lui-même s’est exprimé directement sur la question du paiement de l’impôt. Interrogé pour savoir s’il était bon de donner le tribut à César, il se mit en colère : « Pourquoi me tentez-vous, hypocrites ? » demanda-t-il, avant de demander à ses interlocuteurs : « Rendez donc à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu » (Matthieu 22:21).

Il y a bien sûr plusieurs types d’interprétations que l’on puisse tirer de cet échange, mais le Dr Williams pourrait n’envisager qu’une seule d’entre elles : que Jésus était plus intéressé par notre relation avec le Créateur que par les questions touchant notre système fiscal. Si chaque pasteur anglican pouvait se dire la même chose, ce serait parfait.

L’Archevêque a écrit quelques analyses de première qualité à propos du travail de CS Lewis, et n’aura pas besoin qu’on lui remémore ce fameux passage. Le Dr Williams n’a pas d’expérience particulière en matière de politique fiscale, ni aucun mandat électoral. Ce qui ne veut pas dire qu’il ne devrait pas avoir d’opinion. Sa mission principale est d’administrer cette part de nous qui vit éternellement, et non celle de modifier le code des impôts.

C’est une chose que de débattre, puis de rejeter, les points de vue moraux opposés à l’augmentation des impôts ; c’en est une autre que de rejeter vos adversaires en les qualifiant paresseusement d’égoïstes. Les Archevêques devraient vraiment être plus éclairés.

Article initialement publié en novembre 2011.

—-
Sur le web
Traduction: JATW pour Contrepoints.

Voir les commentaires (8)

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Créer un compte Tous les commentaires (8)
  • Très bon rappel.
    Je remarque également dans les milieux catholiques la tendance à confondre charité et fiscalité, la seconde étant son double maléfique puisqu’elle implique un rançonnement sous la menace alors que la première est un acte d’amour gratuit.
    Saint Matthieu n’était-il pas lui-même honnis, méprisé et infréquentable en sa qualité de publicain avant de suivre le Christ ?
    Beaucoup confondent aussi la fraternité avec l’égalité sans voir que l’égalité avilit les humbles.

    • « Si tu veux être parfait, va, vends ce que tu possèdes, donne-le au parti , et tu sauvera la planete . Puis viens, et suis-moi »
      Nicolas hulot

  • Petit problème:
    la seule chose que je trouve dans (voir ici), c’est une 404…

  • Les Églises sont comme tous les usuriers, leur sentence la plus appliquée c’est « Prends aux pauvres, ils n’ont pas beaucoup mais ils sont beaucoup ». La lutte pour la garde des âmes est dure et on prend beaucoup pour redonner un peu.

  • ça tombe bien nos politiques n’ont aucune morale.

  • Les commentaires sont fermés.

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