Le jour de la caisse vide

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L’Italie inquiète les marchés, mais la crise budgétaire couve également en France. Nous sommes en marche vers la ruine, conduits par une classe politique aveugle et lâche.

Par Simone Wapler.

Depuis le 15 novembre, l’État n’a plus un sou en caisse.

C’est cela le déficit.

Malgré tous les impôts que nous payons, il faut que l’État emprunte pour financer ses dépenses courantes, dont les intérêts sur sa dette. Et il faut que l’État emprunte pour rembourser ses emprunts qui arrivent à échéance.

Voici l’illustration du journal L’Opinion qui reprend l’étude de l’Institut Molinari « Le jour où les États de l’Union européenne ont dépensé toutes leurs recettes annuelles ».

Je le radote presque tous les jours : nous courons à la crise budgétaire.

La seule chose qui sauve notre pays, ce sont les taux d’intérêt trafiqués à la baisse par Mario Draghi.

Toute cette dépense publique et cette mainmise de l’État sur l’économie crée-t-elle de la richesse ?

Absolument pas. Depuis 20 ans ou même depuis 10 ans, la France arrive en queue de peloton des pays de l’Union européenne en termes de création de richesse par habitant.

Derrière nous se trouvent le Royaume-Uni, l’Italie et la Grèce…

Tiens l’Italie, parlons-en. Il est probable que la crise budgétaire s’y produise avant la nôtre, même si en Italie ce n’est que le 22 novembre que les caisses seront vides. Mais les taux d’intérêt demandés à l’Italie montent — ce qui n’est pas encore le cas pour la France.

Pour faire face à la situation, Matteo Salvini a eu une brillante idée. Puisque les investisseurs étrangers ne veulent plus de la dette italienne, les Italiens l’achèteront, investiront leur épargne pour soutenir l’effort national et lutter contre les « spéculateurs ». En résumé, l’idée éculée d’un emprunt d’État à souscription obligatoire. Rappelons que l’Italie doit lever l’année prochaine 260 Mds€ dont Mds€ de refinancement de sa dette existante.

C’est tout à fait le genre d’idée qu’auront nos énarques du Trésor lorsqu’ils seront acculés.

Mais ce n’est pas tout…

Toutes les banques qui détiennent de la dette italienne sont confrontées à une érosion de leurs fonds propres. L’exposition des banques françaises est de 12% du PIB, plus de 250 Mds€ (50 kerviels, l’unité de compte qui a semé la panique en 2008, si vous vous souvenez bien). Pour les banques françaises, c’est six fois la Grèce

« Le risque de contagion est énorme. L’Italie est si grosse qu’elle représente une menace systémique pour l’ensemble de la Zone euro », analyse Eric Dor, directeur des études économiques à l’IESEG.

Face à cela, la vraie question n’est pas de savoir qui on taxe, s’il faut un emprunt national, etc. La vraie question – soigneusement éludée, ce qui arrange bien le personnel politique – est celle du rôle de l’État.

Doit-il régenter l’économie ? Visiblement, ce n’est pas la voie de la prospérité.

Qu’attendez-vous de l’État : qu’il règle tous vos problèmes ou bien qu’il assure la stricte égalité de chacun devant la loi ? Vous me direz, encore faut-il que la loi soit consacrée à protéger la liberté et la propriété des individus même les plus modestes. Les lois d’aujourd’hui se consacrent plutôt à organiser les prébendes des uns au détriment des autres.

En attendant que le jour de la faillite oblige la classe politique à répondre à ces questions, évitez de confier votre épargne à l’État et acharnez-vous à vous créer des sources de revenus qui n’en dépendent pas et qui ne dépendent pas des impôts des autres.

Pour plus d’informations, c’est ici.