Les menaces contre l’hacktivisme

L’hacktivisme est en construction, il a besoin de trouver ses marques, de mieux s’auto-réguler pour gagner en crédibilité et en puissance.

Partager sur:
Sauvegarder cet article
Aimer cet article 0
Rebecca Stewart By: Thomas Bonte - CC BY 2.0

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

Les menaces contre l’hacktivisme

Publié le 15 novembre 2018
- A +

Par Yannick Chatelain.
Un article de The Conversation

Après avoir identifié un certain nombre de forces et faiblesses de l’hactivisme (cf. Partie 1 : Hacktivisme et Cause À Défendre (CAD) : Forces, faiblesses, opportunités et menaces !)), poursuivons son analyse SWOT en abordant dans cette seconde partie les opportunités et les menaces qui le concernent.

Opportunités

Dans certains pays, la loi protège celles et ceux qui, pour le bien collectif, dénoncent des abus, quel que soit le type d’organisation dont ils émanent (collectivité, entreprise…). Si l’aide apportée aux lanceurs d’alertes (hacktivistes à part entière) existe au travers d’organisation comme transparency france depuis plus de dix ans, leur défense a été renforcée par la loi depuis peu. Le dispositif « Lanceurs d’alerte » mis en place le 1ᵉʳ janvier 2018) par le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères peut être consulté à titre d’exemple. La réalité de la protection légale du lanceur d’alerte devra être validée par la preuve. Cette évolution est porteuse d’espoir.

Menaces

“L’insincérité” éventuelle des gouvernances quant à leur réelle volonté de protection d’hacktivistes spécifiques tels que les lanceurs d’alertes peut conduire à la mort sociale de ces derniers. Cette mort sociale demeure un risque fort.

Des lois qui peuvent transformer des actions légitimes en actions illégales et rendre délictueux ce qui ne l’était pas. Le pouvoir peut avoir la tentation de criminaliser ce qui est juste, à seule fin de défendre et couvrir des pratiques déloyales qui lui sont profitables. C’est là, à mon sens, l’un des risques majeurs du projet de loi fake news.

L’absence de modus vivendi établi et clair (par exemple le nombre de signataires minimum, la validité des signatures lors de pétitions… ) conduit à la non prise en compte et au non au traitement par les gouvernements « démocratiques » des actions citoyennes massives effectuées via Internet.

L’obscurantisme technologique intentionnel : le déficit de vulgarisation et d’information sur certains choix technologiques qui s’opèrent dans notre société surinformatisée empêche le citoyen d’avoir un avis suffisamment éclairé pour prendre position sur des décisions prises qui le concernent directement. Les machines à voter sont un exemple parmi d’autres.

Le désintérêt des citoyens qui, pris dans un quotidien difficile peuvent ne pas se sentir concernés par la chose publique. Il peut entretenir l’idée que s’impliquer dans les débats publics sur Internet est sans utilité ou pas à sa portée.

Trouver ses marques

L’hacktivisme est en construction, il a besoin de trouver ses marques, de mieux s’auto-réguler pour gagner en crédibilité et en puissance. Il pourra s’inspirer, dans l’action, de ce type d’analyse SWOT, pour évoluer et devenir à moyen terme un mode d’action et d’expression citoyenne pris en considération par les gouvernances du « monde libre ».

Tout le monde veut gouverner, personne ne veut être citoyen. Où est donc la cité ? Louis Antoine de Saint-Just


À suivre

Yannick Chatelain, Enseignant Chercheur. Head of Development. Digital I IT, Grenoble École de Management (GEM)

Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’article original.

The Conversation

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

La France est un des pays les plus corsetés, les plus sclérosés du monde. Les droits naturels, liberté, propriété, personnalité, sont mis à mal par 483 impôts, prélèvements, et par 78 codes.

Leur objectif n’est pas de financer, ou d’organiser des services utiles à la population.

Il est l’achat de voix. Il est de modifier les comportements de chacun dans le sens souhaité par les politiciens. Le libre arbitre disparaît, les individus sont contrôlés.

Non pas contrôlés au sens surveillés. Depuis l’arrivée massive du numérique... Poursuivre la lecture

Par Paul Cwik.

Ordres exécutifs ! Masques obligatoires ! Confinement ! Allons-nous perdre notre pays ? Dans quelques années, le reconnaîtrons-nous ? Beaucoup de gens sont inquiets que la gauche soit en mouvement et qu'elle prenne le pouvoir.

Que pouvons-nous faire ?

C'est cette dernière question que l'on me pose le plus souvent et, honnêtement, je me la pose aussi assez souvent. Que pouvons-nous faire ? Parfois, en replaçant un problème plus important dans le contexte d'une situation plus petite, je peux trouver un peu de... Poursuivre la lecture

Par Carlos Martinez.

Dans son livre Anarchie, État et Utopie, Robert Nozick consacre un chapitre intitulé "Le conte de l'esclave" aux neuf phases de l'esclavage, des plus restrictives aux plus libératrices. Il écrit que même si les personnes asservies disposent de certaines formes d'autonomie, elles sont toujours asservies et il pose la question suivante : "Quelle transition du cas 1 au cas 9 fait que ce n'est plus le récit d'un esclave ?"

La question de Nozick souligne qu'il n'y a pas de différence entre la personne soumise à l... Poursuivre la lecture

Voir plus d'articles