Le défaitisme de l’État est un vrai scandale

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Le défaitisme de l’État est un vrai scandale

Publié le 5 novembre 2018
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Par Philippe Bilger.

Le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner nous déclare « qu’il y a eu une centaine d’interpellations pour la nuit d’Halloween avec un nombre d’incidents largement inférieur à celui des années précédentes et des dégâts bien moindres même s’ils demeurent totalement anormaux et scandaleux » (Le HuffPost).

Et je parie qu’il nous tiendra les mêmes propos pour la nuit de la Saint-Sylvestre à venir.

Pourquoi s’accommode-t-on du pire au prétexte qu’on a connu pire ?

À cause du défaitisme de l’État qui n’envisage même plus que les atmosphères festives puissent se dérouler paisiblement, normalement.

Dans l’univers pénitentiaire, le grand débat porte sur l’installation et l’usage de téléphones alors que la condition des personnels et les violences qu’ils subissent sont préoccupantes au plus haut point et que les condamnés n’ont pas à être consolés pour leur enfermement.

Pourquoi se détourne-t-on du pire au prétexte qu’il y aurait mieux, et du plus facile, à faire ?

À cause du défaitisme de l’État qui n’a même plus le courage d’assumer les légitimes conséquences d’une justice pénale qui n’est de loin pas la plus sévère en Europe.

Depuis plusieurs années, un basculement grave s’est opéré qui ne confronte plus seulement la société à des transgressions et malfaisances délictuelles ou criminelles mais à d’insupportables violences contre ceux qui ont pour mission d’assurer l’ordre, de relayer l’autorité des pouvoirs publics et de veiller à la tranquillité de tous. Auparavant on frappait, on blessait, on tuait bien sûr hélas mais le nouveau sport national est de frapper, blesser et tuer les gardiens de notre paix. De s’en prendre à la police.

Pourquoi accepte-t-on le pire au point de favoriser, dans certains lieux et certaines cités, une appropriation, par des minorités sûres de leur impunité, de l’espace et du sort des honnêtes gens impuissants et désarmés ?

À cause du défaitisme de l’État qui n’ose même plus rêver d’une France vigoureuse et redressée parce qu’il serait épuisant d’exercer son autorité partout et toujours.

Pourquoi ne s’émeut-on qu’à la suite d’un incident plus grave que d’autres de ce qui se déroule dans les établissements scolaires, de ce qui mine l’enseignement, et parfois le fait ressembler à un parcours du combattant, et de la lâcheté des hiérarchies ?

À cause du défaitisme de l’État qui a abandonné sa mission et ainsi amplifié une culture de l’irresponsabilité générale consistant, pour les familles défaillantes, à tout attendre de l’école, elle-même espérant en l’institution judiciaire, clairement en crise de légitimité et d’autorité, pour en définitive incriminer la société, ce qui revient à ne plus rien faire.

Pourquoi, contre l’exigence de la morale publique qui appellerait impartialité et efficacité, trop souvent le pouvoir donne-t-il l’impression de faire preuve d’indulgence pour ses amis et de sévérité pour ceux qui ne le sont pas ?

À cause du défaitisme de l’État qui s’est résigné à ne percevoir l’éthique politique et ses dérives plus comme un thème de discours et une dénonciation opportuniste que pour un combat sans merci à mener au nom de la démocratie.

Je pourrais continuer sur cette veine et il me serait facile d’égrener tout ce qui dans notre République transmet aux citoyens un message délétère : l’État ne croit plus à ce qu’il raconte puisqu’il se garde bien, avec une énergie paradoxale, de tenter d’incarner ces valeurs et ces principes d’ordre, d’autorité et de justice.

Ce serait tellement compliqué. Et il faut dire que de tous les côtés on avalise son incurie.

Les sociologues patentés nous affirment que c’était beaucoup plus grave avant et donc il ne faut surtout pas se plaindre.

Les humanistes compulsifs alertent sur le fait qu’une démocratie vigoureuse et se faisant respecter deviendrait du fascisme, du populisme à la mode française. Comme paraît-il le choix ne serait qu’entre une République molle et un Rassemblement national « non républicain », il serait seulement décent de prendre parti pour la première sans s’aventurer à rêver d’une démocratie miraculeusement vertébrée pour tous et à tout instant.

Le défaitisme de l’État est en effet le premier scandale mais qu’importe puisque rien ne viendra rompre le cours de notre chute, aussi accablés que nous soyons mais ceux qui nous gouvernent étant tellement résignés qu’ils s’accommodent tristement, pour la France, du moins pire.

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  • Ce défaitisme trouve sa source dans la disparition de la notion d’intérêt général qui est la quintessence de l’État. Les grands corps ont ainsi migré vers la notion d’intérêt corporatiste et individuel. Cette dernière est fort bien décrite dans l’enquête de Vincent Jauvert « Les Intouchables d’Etat ». On est au-delà du scandale, cela relève plutôt du crime d’État.

    • Qu’est ce que l’intérêt général? Et même si on le connait, devrait on l’appliquer? Je pense toujours à la proposition suivante: « Tuer les 1% les plus riches et répartir leur fortune sur les 99% autres ». Il me semble que c’est dans l’intérêt de la majorité, donc dans un certain sens « l’intérêt général », donc on devrait le faire… Au contraire, je pense que le rôle de l’état est la défense des libertés individuelles, et en général ces libertés sont contraires à « l’intérêt général ».
      En particulier défendre les libertés du faible contre le fort. Et cela ne consiste pas à voler les riches (mais souvent pas les forts…) pour aider les faibles comme l’interprètent les socialistes.

  • raison de plus pour se prendre en mains ; l’état est moribond , il devient inutile puisque il est incapable de protéger la population et pire , baisse les bras face à l’insécurité qui elle s’étale comme une nappe d’huile ; et ça vient gesticuler parce que le RN est en tête pour les européennes …..

  • C’est clair que le macronisme est à l’origine de l’accroissement du populisme : quand Macron dénonce le populisme, on rigole ! c’est comme si un père engueulait son enfant pour l’unique raison qu’il en est le père !

  • Défaitisme ou défaite ! Je pencherai pour la seconde..

  • Ce n’est que le résultat d’une idéologie qui vise à saper toute autorité qu’elle soit politique, religieuse ou morale. C’est cette idéologie qui a produit 1793 en France, 1917 en Russie, et qui entend vider les démocraties de leur squelette pour reprendre une image de cet article.

    • l effondrement date d une Ideologie qui a plus de 200 ans ? n importe quoi.
      Surtout que les revolutionnaires francais ou les blocheviques n etaient pas vraiment des bisounours qui auraient accepte une rebellion face a leur pouvoir. Lenine n aurait pas hesite a envoyer la troupe mater les fauteurs de trouble. Je vous deconseille d ailleurs d adopter un comportement de racaille francaise dans un pays communiste (chine, coree du nord ou cuba). Vous allez vite vous retrouver a subir un interrogatoire muscle et un sejour dans une prison bien moins sympatique que chez nous

      Ce qui nous mine c est le « pas de vague », le politiquement correct qui empeche d appeler un chat un chat.

  • claude henry de chasne
    5 novembre 2018 at 11 h 05 min

    c’est tout simplement le resultat d’une politique jacobine combinée avec une idéologie socialiste..
    On créé un lumpen prolétariat assujetti aux aides , qu’on fait payer
    par ls autres qui payent l’impot
    plus de gens qui sont aidés = plus de vote pour le socialisme(qu’on appelle plus comme çà maintenant car il a trouvé une autre doxa la defense de la planete)
    la population étant absolument dépendante des aides , elles ne risquera pas de voter pour la liberté , elle a vendu sa liberté pour travailler moins et se payer des vacances a crédit..
    que les taux montent, ou que le pays bascule a droite et ce sera la curée..
    la perestroïka d macron ne marchera pas plus que celle de Gorbatchev.. ce sera l’implosion

    • Voilà un condensé simple, glacial et effrayant de la situation ( quelqu’un a eu tellement peur qu’il a mis -1).
      J’aimerais le comparer à cet écrit d’ Alain Besançon:
       » Le communisme fournit aux individus des plaisirs inférieurs, mais qui n’en sont pas moins des plaisirs.
      Si, préalablement avilis, les hommes finissent par se plaire dans la paresse et l’irresponsabilité crasses, s’ils finissent par aimer une vie végétative de clochard, d’asilaire ou de relégué, le socialisme leur donne d’infinies possibilités de les réaliser.
      La loi du moindre effort qui aboutit au socialisme règle aussi le socialisme. Une fois qu’on y est, on n’a plus envie d’en sortir et l’on tâche seulement d’aménager sa bauge confortablement. « 

      • Joli.
        Et pourtant, l’URSS a fini par s’effondrer. Il nous faut donc imaginer que le mur de Bercy finira bien par tomber lui aussi.

    • Yup. Quand on a tout fait pour créer des Morlocks, il ne faut pas s’étonner de se faire mordre les doigts.

  • Ah Monsieur Bilger, évoquant le défaitisme d’État vous parlez de « ….s’aventurer à rêver d’une démocratie miraculeusement vertébrée pour tout à tout instant ».
    Mais, du rêve à la réalité il y a un abime qui est en train de se creuser entre la caste dirigeante hors sol de ce pays et la France laborieuse victime, à la fois, d’une hystérie fiscale grandissante et d’une immigration illégale qui est en train d’envahir nos cités; une immigration qui ne respecte pas notre pays et qui pose de graves problèmes sécuritaires.
    Dans la réalité, notre pays a un besoin profond de changement de paradigme avec l’adoption de nouvelles institutions permettant une représentation nationale élue à la proportionnelle avec possibilité, pour les électeurs, de contrôler et, éventuellement, de sanctionner les élus en cours de mandature?
    N’oublions pas que la vie publique en Suisse est basée sur de telles principes….

  • Le socialisme, c’est l’éloge de la médiocrité, du moindre effort et de la déresponsabilisation. Quand le cancer est trop avancé, c’est la mort. Ce pays est foutu.

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