Les bienfaits de la concurrence : une facture de mobile divisée par 3 en moins de quinze ans

Le nombre de concurrents, la multiplicité des offres, les innovations permanentes ont fait de ce marché un espace concurrentiel permanent qui profite largement aux consommateurs.

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Cell phones by David Wilson (CC BY 2.0)

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Les bienfaits de la concurrence : une facture de mobile divisée par 3 en moins de quinze ans

Publié le 22 octobre 2018
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Par Yves Buchsenschutz.

La concurrence est indispensable au bon fonctionnement de l’économie du marché. Elle permet son développement grâce à la création d’entreprises et d’emplois. Mais elle permet également d’équilibrer les prix et de préserver une certaine qualité des produits, ce qui profite finalement au consommateur.

Il existe de nombreux exemples des bienfaits de la concurrence sur l’économie du marché. Nous prenons ici celui de la téléphonie mobile, plus précisément de l’évolution des tarifs de consommation téléphonique. Le coût de la téléphonie mobile a baissé significativement au cours des années, alors que les services proposés au même tarif se sont beaucoup développés en même temps.

Historique du téléphone mobile

En 1983, le Motorola DynaTAC 8000X arrive sur le marché et coûte la somme astronomique de 3 000 € (équivalent de 9 000 € d’aujourd’hui). C’était le premier téléphone mobile offrant 30 minutes de conversation, avec une installation pour stocker 30 numéros et une période en veille de 6 heures. Dimensions et poids le font appeler « la brique ».

Mis à la disposition du public en 1989, Nokia offre son Mobira Cityman900, un combiné pesant à peine 800g, ce qui représente une énorme amélioration par rapport aux anciens modèles (coût équivalent 9 500 €).

En 1997, le Nokia 6110 est l’appareil de choix pour beaucoup de gens. Les principales améliorations par rapport aux modèles précédents sont la réduction de la taille, l’augmentation du temps de conversation et le prix (coût équivalent 1 000 €)

En 2007, Apple lance le premier smartphone à écran tactile, l’iPhone, (au demeurant, et pour l’histoire, IBM en avait développé un dès 1994, mais n’y a pas cru) téléphone qui va progressivement devenir appareil photo, télévision, terminal, voire mini-ordinateur (coût : entre 500 € et 1 000 € voire inclus dans les abonnements).

Les différents opérateurs actuels du marché français se sont créés progressivement :

  • SFR en 1987, mais ne deviendra réellement intervenant dans le GSM qu’en 1993 ; il sera repris par Numéricable en 2014 lequel réutilisera la marque SFR ; il est numéro deux du marché à date. Son exploit : le gratuit de nuit et le week-end. Part de marché : environ 25 %.
  • Orange, issu de l’ancien France Telecom, sera réellement opérationnel sous son nom en 1994 d’abord en Angleterre puis en 2000 en France. Il absorbe en 2005 « Neuf téléphone » et s’implante dans de nombreux pays étrangers. La marque Orange devient multi « TIC » en 2006 ; reste numéro un du marché à date ; sa force : l’antériorité de France Telecom. Part de Marché : environ 40 %.
  • Bouygues Télécom est créé en 1996. Il atteindra 1 million de clients dès 1998, proposera un tarif à la seconde en 2002 et la portabilité des numéros en 2003. Il se mettra rapidement à l’offre multiple couplée avec les box, Internet et la TV. Part de marché environ 17 %.
  • Free, lui, date de 1999 mais mettra les bouchées doubles pour s’imposer par une offre low cost et des passerelles techniques multiples entre ordinateurs et la télévision. Part de marché environ 17 %.

La désescalade permanente des tarifs

Du fait d’une situation de départ en duopole où il régnait un manque relatif de concurrence (de fait Orange et SFR) on constate des prix élevés oscillant entre 180 € en 1992 et 120 € en 1996 pour 4 heures de communication ; ou entre 80 € et 90 € les 2 heures, soit plus du double des tarifs pratiqués actuellement, le tarif d’1 heure de communication coûtait 60 € ; le triple du tarif actuel.

À son entrée en 1996, Bouygues Télécom a proposé les 2 heures de communication pour seulement 40 € soit la moitié des tarifs de ses concurrents. Opération répétée sous une forme un peu différente par Free plus tard.

Une méthode encore plus simple est de comparer la facture mensuelle (ou annuelle) d’un auto-entrepreneur à l’activité stable (ce qui n’est pas tout à fait exact : sur la période 2005 / 2018 la consommation a certainement été plus que doublée), elle a été divisée par 3.

Les bienfaits spontanés de la concurrence

En fait, le nombre de concurrents, la multiplicité des offres, les innovations permanentes ont fait de ce marché un espace concurrentiel permanent qui profite largement aux consommateurs et à la consommation.

Un bref contrôle dans les pays étrangers confirme la position en pointe de la France. À peu près égale dans la mesure où cela est comparable à l’Angleterre entre 25 et 30 € d’abonnement standard pour le téléphone, comparable à 64 € en Allemagne, et pour des abonnements de box de 40 € en France pour 67 en Belgique et 82 aux Pays Bas. À ce propos nous devons d’ailleurs signaler le rôle positif de la Commission européenne qui a imposé des règles dans les communications inter-pays qui restaient très protégées et coûteuses jusqu’à un passé récent1. Par contre, le marché français a pris un certain retard dans les investissements (4G, 5G dans d’autre pays).

Nous pouvons également observer un effet collatéral positif : l’extension de l’utilisation du téléphone portable et du rôle des opérateurs, cette compétition s’est diffusée sur l’ensemble de ce marché : téléphones, mais aussi téléviseurs et ordinateurs, en fait l’ensemble des technologies de l’information et de la communication (TIC) ont vu le prix de leur utilisation baisser dans des proportions drastiques (comme on l’a vu dans l’exemple ci-dessus les courbes continuent après 2011) tout en accumulant les améliorations d’utilisation dans les différents domaines.

On ne peut que souhaiter que l’arrivée de la concurrence dans d’autres domaines permette là aussi, d’importants progrès (voir graphique 3). Rien que sur les téléphones, ce consommateur a gagné 1 500 € par an.

Sur  le web

  1. Source : Analyse économique du marché de la téléphonie mobile, Thierry Penard.
Voir les commentaires (12)

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  • Bonjour,
    Il y a eu aussi des progrès technologiques.

    • et pendant ce temps, l’accès ADSL qui était a 130F (20€) en 1999 est maintenant à … 30€ ? 35€ ? Concurrence aussi ?

      • 130F ? Vous étiez chez qui ? Je n’avais pas d’opérateur ADSL chez moi du temps du franc, mais mon premier abonnement, via la raie manta de l’opérateur historique, me coûtait 45€ en 2001, en plus de l’abonnement obligatoire pour la ligne fixe (13€ de mémoire). Plus tard je suis passé chez Free, en dégroupage total pour 30€/mois en triple play. Depuis, les tarifs sont effectivement remontés. Les débits aussi…

  • La concurrence, oui. Mais sans le capitalisme de connivence et avec, éventuellement, une loi anti-trusts.
    Lors du premier forum de Davos en 1971, avait été affiché un objectif: que toute l’économie mondiale soit aux mains de très grosses entreprises multinationales.
    Assez loin du libéralisme classique…

    • Il n’y a que 4 prestaires sur le « marché », un oligopole. Avant l’arrivée de free, la commission européenne a démantelé une entente sur les prix des 3 autres entités. Il n’y a pas assez de concurrents pour parler de marché. Rien avoir avec l’automobile par exemple. Les prix pourraient être encore plus bas.

  • Aïe aïe aïe …

    Voila ce qui arrive quand on parle d’un sujet que l’on ne maîtrise manifestement pas.

    L’auteur passe totalement à côté du sujet de la régulation concurrentielle.

    En effet, sans les multiples condamnations pour entente, pratiques anti-concurrentielles, tout ce qu’il écrit n’aurait jamais existé et ne ce serait pas produit. Les conclusions qu’ils tirent de son raisonnement ne tiennent pas, c’est un raccourci simpliste.

    En l’occurence, les condamnations des acteurs cités sont si nombreuses qu’elles démontrent que la concurrence, sans régulation, ne fonctionne pas.

    Et pour être précis, il faudrait aussi évoquer la régulation sectorielle (ARCEP) qui fût très riche et nourrie pendant cette période.

    • A sa décharge, il fait quand même une allusion au rôle de la Commission européenne (roaming).
      Vous avez cependant raison de souligner que la concurrence réelle et non faussée est toujours fragile lorsque le nombre d’acteurs est réduit. A 100 sur un marché, il est impossible de s’entendre. A trois, c’est jouable.

    • À quel moment, exactement, le marché des télécoms aurait-il pu être considéré comme libre (cad sans régulation)? les licences d’exploitation ça vous parle?

      Au contraire, les multiples condamnations pour ententes sont la conséquence d’un marché très fortement régulé avec très peu d’acteurs présents et de grosses barrières d’entrée. Acteurs qui, de ce fait, peuvent aisément s’entendre.

      Combien de temps Iliad a-t-elle dû batailler pour obtenir ses autorisations? Pourquoi les acteurs présents ont-ils tout fait pour l’en empêcher? Une entreprise quelconque peut-elle entrer facilement sur le marché pour casser une éventuelle entente?

      Voilà ce qui arrive quand on… bref, aïe aïe aïe!

      • Et de fait c’est l’arrivée d’un 4ème larron, à savoir Free, qui a fait baisser les tarifs. Comme quoi l’entente ne fonctionne que dans un marché fortement régulé avec de fortes barrières à l’entrée, et donc peu de concurrents…

        • Free n’a pu faire baisser les tarifs que grâce à une « aimable pression » de l’ARCEP sur Orange, invitant ce dernier a accueillir Free sur son réseau à des conditions tarifaires même pas offertes à ses propres MVNOs. Sans cela, pas de Free Mobile.

          • Sans doute, mais le marché était (et est toujours) tout sauf libre (cf. le post de puce à l’orteil qui a tout dit au-dessus)

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