Pas de priorité climatique selon les leaders mondiaux

Contrairement aux affirmations du GIEC, une nouvelle étude démontre que l’action climatique n’est absolument pas une priorité de développement pour les responsables locaux de tous les continents.

Par Cédric Moro.

Alors que nos médias anxiogènes répercutent une fois de plus les conclusions alarmistes du dernier rapport du Groupe intergouvernemental d’experts sur le climat, une nouvelle étude démontre que l’action climatique n’est absolument pas une priorité de développement pour les responsables locaux de tous les continents, confrontés à d’autres enjeux, bien plus réels et tangibles.

L’action climatique : le cadet des soucis des leaders mondiaux

L’initiative « Global goals »,  lancée en 2015 par le « Project everyone » (partenariat entre les Nations Unies, des entreprises, des personnalités américaines du spectacle et des fondations), vise à promouvoir 16 objectifs de développement durable pour 2030 auprès des dirigeants mondiaux, qu’ils appartiennent à des organisations publiques, privées, intergouvernementales ou associatives.

En 2017, une enquête a donc été réalisée auprès de 2435 responsables dans le monde où il leur a été demandé de choisir leurs 6 priorités pour 2030 parmi 16 objectifs de développement durable. Le point qui donne de l’intérêt à cette étude est que cet objectif de 2030 est tangible car assez proche dans le temps. En effet, beaucoup des leaders de cette enquête seront encore là en 2030, probablement toujours à un poste de responsabilité et qu’un certains nombre de leurs actions en cours aujourd’hui auront un impact à cette échéance.

Les résultats de cette étude ont été publiés en mai 2018 par le laboratoire de recherche AidData du College William & Mary aux États-Unis (Virginie). Il résulte le classement suivant au regard de leurs priorités en termes de développement pour 2030 :

À la lecture de ce graphique, on ne peut pas dire que les dirigeants dans le monde s’empressent de sauver leurs territoires du cataclysme climatique que certains leur promettent. En effet, arrivant en antépénultième position (14ème sur 16), l’action climatique n’est pas du tout perçue et considérée comme prioritaire par ces responsables.

Si ce résultat est sans appel, on peut tout de même le pondérer. En effet, le terme d’« action climatique » semble un peu flou et on ne sait pas vraiment quelles définitions en ont les leaders. Par exemple, si certains décideurs mettent dans la rubrique « action climatique », leurs actions en termes de prévention et de préparation aux catastrophes d’origine météorologique, qui a été une nécessité de tout temps, on pourrait être amené à se demander si ce sujet ne serait pas en réalité encore moins prégnant dans leurs priorités. D’autant plus que dans le questionnaire de l’enquête, le choix de l’activité « gestion des risques de désastre » est proposé suite au choix du domaine d’activité « Développement humain et genre », à côté de la protection du patrimoine et des problèmes démographiques ; ce qui est pour le moins incongru.

De même, quelle est la part dans cette étude des leaders d’opinion qui profitent plus ou moins directement des financements autour de l’action climatique et qui les pousseraient à en faire une priorité compte tenu des retombées financières qu’elles engendrent ?

L’étude dresse tout de même le constat suivant :

Comparativement, les leaders font la sourde oreille face au changement climatique et aux autres objectifs environnementaux, [en] dépit d’une attention internationale considérable ces dernières années.

Autrement dit, en dépit des sommes faramineuses dépensées dans ce domaine et d’un alarmisme climatique toujours plus fort des instances internationales et des médias, les leaders mondiaux ne croient pas en la supposée catastrophe climatique qu’il faudrait prévenir.

La cause de ce désintérêt pour l’action climatique : des investissements très lourds, trop d’incertitudes et des populations réfractaires

L’étude évoque assez rarement l’action climatique en tant que telle mais elle note tout de même que les leaders mondiaux « répugnent à s’attaquer à ce problème car cela nécessite des coûts initiaux élevés pour des bénéfices incertains dans le futur ».

En effet, comme le dit l’étude, pour parvenir à un meilleur développement durable en 2030, les leaders considèrent à l’échelle mondiale que les priorités doivent porter sur l’éducation, l’emploi et des institutions fortes et, dans les pays les plus pauvres d’entre eux, sur les services et besoins de base (santé, eau, nourriture et accès à l’énergie).

De plus, si l’action climatique est le cadet des soucis pour les responsables, cela l’est également pour les citoyens dans le monde entier.

Les conclusions de ce graphique sur le caractère non prioritaire de la question climatique chez les citoyens ne nous surprennent pas puisque Benoît Rittaud avait déjà relaté les résultats d’études similaires sur son blog dans son article « Les Européens n’ont pas peur du changement climatique ».

Des conclusions allant globalement contre les intérêts de ceux qui ont financé cette étude

On pourrait naturellement objecter que cette étude a été commandée et financée par des intérêts privés, laissant planer le doute sur ses méthodes et ses conclusions ; sauf que les conclusions de cette étude vont globalement à l’encontre des objectifs des organisations qui ont commandé et financé cette enquête : la Fondation Hewlett, la Fondation Bill et Melinda Gates et le ministère allemand de la Coopération économique et du développement.

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Pour la fondation Hewlett, l’action climatique est au cœur de ses projets :

La Fondation Hewlett a investi depuis de nombreuses années dans diverses stratégies pour réduire les effets les plus néfastes du changement climatique et épargner des vies humaines en réduisant les gaz à effets de serre.

Elle supporte des projets de réduction des émissions de gaz à effet de serre dans les pays les plus émetteurs.

Au sujet de la fondation Bill et Mélinda Gates, Bill Gates indiquait lors du « One planet sumit » sa vision du réchauffement climatique.

Si nous faisons beaucoup de découvertes et que nous les déployons très rapidement, il sera possible de limiter le réchauffement à 1,5 degré de plus, pas de le stopper. Mais sans innovation, le réchauffement pourrait atteindre 3 degrés. C’est là l’enjeu de notre combat pour l’innovation.

A priori, ils ne peuvent donc pas être soupçonnés d’être  du côté des climato-réalistes dans ce domaine.

L’action climatique de l’Allemagne est quant à elle soutenue par l’Organisation des Nations-Unies sur le changement climatique  et ses émissions de CO2  sont en diminution constante depuis les années 90 selon l’UE (choisir « Germany » dans « Geographic entity »).

Donc, a priori nul lobby de l’industrie pétrolière derrière cette enquête qui pousserait à des résultats biaisés, disons-le nous bien.

La lutte contre le réchauffement climatique est non démocratique et représente un frein au développement mondial

Résumons, on a une techno-structure politisée et non démocratique, le GIEC, qui alarme la planète entière de la catastrophe climatique en cours et à venir et des décideurs locaux, pas toujours en phase avec leur population mais où le point de consensus entre eux et leur base est justement l’absence de priorité à donner à l’action climatique pour le développement durable de leurs territoires.

De cette étude, il ressort in fine qu’un passage en force des politiques climatiques tendrait à fragiliser les piliers même du développement que sont l’éducation, l’emploi, le pouvoir d’achat, la sécurité publique et la santé ; priorités pourtant plébiscitées par la population et leurs représentants.

Dépenser autant d’argent et de moyens dans la lutte contre le réchauffement climatique et en particulier dans la réduction des gaz à effet de serre, implique donc une vision non démocratique puisque les citoyens des pays du monde ne la trouve absolument pas prioritaire. Enfin, cette action pourrait être perçue comme une ingérence par des leaders locaux réfractaires et renforcer un peu plus le sentiment de défiance envers les instances multilatérales mondiales.

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