Alex Jones banni du web. Une liberté d’expression à sens unique

Le banissement d'Alex Jones sur plusieurs plateformes médiatiques américaines relance la question de la liberté d'expression et du pouvoir des GAFA...
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Alex Jones banni du web. Une liberté d’expression à sens unique

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 13 août 2018
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Dans un billet de janvier dernier, je notais que la France en particulier et le monde occidental en général offraient une vision déprimante avec des États omniprésents, des ponctions tous azimuts, une société totalement crispée, des intellectuels perdus et une génération future complètement fichue qui permettent, lentement mais sûrement, un glissement lent mais décidé vers une société typiquement orwellienne.

J’insistais notamment sur la pression sociale qui, orientée par des médias et des intellectuels autoproclamés totalement biaisés et acquis aux causes gauchistes les plus consternantes, a fini par s’exprimer au travers des réseaux sociaux en favorisant outrageusement une société où l’on piste et traque tout le monde, où l’on érige la dénonciation en vertu, où l’on s’offusque de l’utilisation de la liberté d’expression surtout lorsqu’elle n’est pas employée pour discuter de la météo, et où celui qui sort du rang sera ostracisé et vilipendé avec la plus grande fermeté.

À l’époque, on pouvait penser à une exagération (au moins stylistique) dans mon billet : tout le monde sait que les démocraties occidentales ne peuvent pas se laisser aller aux pires dérives dictatoriales et que leurs principes fondateurs assurent aux citoyens une société ouverte et paisible.

Dès lors, depuis ce billet de janvier, les choses ont heureusement beaucoup évolué et la liberté d’expression a reconquis le terrain… Ah mais non, en fait, pas du tout ! La catastrophe continue, sous les applaudissements de la foule.

Et pour illustrer mon propos, il me suffira d’exhiber une affaire récente qui donne une bonne idée de la société qui nous attend tous dans un avenir proche.

Cette semaine, dans une manœuvre qu’on ne pourra pas qualifier autrement que purement politique et coordonnée, ont été fermés les comptes Facebook, Youtube, Spotify, LinkedIn, iTunes ou Mailchimp de Infowars, le site tenu par le sulfureux Alex Jones.

Alex Jones est le responsable du site Infowars dans lequel il expose régulièrement ses opinions ainsi que ses différentes théories que beaucoup qualifient sans mal de conspirationnistes. Il fut un temps écouté par Trump, qui voit probablement en lui un moyen de toucher une partie de son électorat. Cette proximité avec le candidat républicain, devenu président des États-Unis, lui aura apporté une notoriété lui permettant de faire connaître ses émissions au-delà du cercle restreint de ses auditeurs.

Conspirations diverses, soutien de Trump, affichage clair de thèses conservatrices, de droite et d’extrême-droite : il était presque certain qu’un jour ou l’autre, le bonhomme s’attirerait les foudres des grandes plateformes médiatiques actuelles, qui culminent maintenant avec son bannissement clair et net.

Se posent alors plusieurs questions.

Tout d’abord, évidemment, est-il réellement sain et souhaitable que ce type ne dispose plus de plateformes pour s’exprimer ? Certes, il débite un nombre assez impressionnant de bêtises, mais on pourra trouver aisément d’autres hurluberlus du même acabit qui ont encore leurs comptes, tout en produisant eux aussi des âneries à cadence industrielle. La différence réside dans leur classement politique.

Facebook, Apple et les autres sont des sociétés privées qui font effectivement ce qu’elles veulent des ressources qu’elles mettent à disposition et il n’y a pas lieu de réclamer l’intervention de l’État pour garantir, par exemple, un hypothétique droit à déposer des vidéos conspirationnistes sur Youtube.

Mais les moyens employés par ces firmes pour garantir un espace de débat sain sont-ils bons ? Agissant comme elles le font, le risque est grand que ce genre d’individus se retrouve sur des sites moins neutres et moins visibles, qui l’accueilleront à bras ouverts et desquels aucune voix dissidente ne pourra se faire entendre. Car bien moins accessible à ses détracteurs.

Agissant ainsi, Facebook et les autres prennent clairement le parti de concentrer en leur sein une certaine catégorie de la population, classée à gauche et seulement là. D’ailleurs, après Alex Jones, on assiste maintenant à la disparition de comptes nettement moins sulfureux, mais politiquement pas dans le « bon camp »…

Cela veut dire qu’un autre site, une autre partie de l’Internet concentrera a contrario d’autres parties de la population, plutôt classées à droite, ou conservatrice, ou libertarienne, chassée des plateformes occidentales. L’effet de bulle médiatique filtrante, que Facebook prétendait combattre, en ressortira encore renforcé. Pire : les discours idiots, présents de part et d’autre, ne trouveront plus aucun endroit où se confronter…

D’autre part, le consommateur lambda et client de ces plateformes se retrouve à devoir prendre parti d’une façon insidieuse : continuer à utiliser Apple, Facebook ou d’autres revient à cautionner des actes que ces consommateurs pourraient trouver contraire à leurs propres standards. Au-delà de l’effet temporaire que cela pourrait avoir sur les profits de ces sociétés, le risque existe aussi de fragmenter encore un peu plus la société en politisant des plateformes. Le marché tranchera peut-être, mais à quel prix ?

Enfin, comment interpréter la synchronicité de ce bannissement si ce n’est en observant que la pression sociale force ces entreprises à choisir un camp et à se coordonner pour obtenir l’effet recherché ? Si cette pression sociale parvient à cela, n’est-il pas temps de s’inquiéter sur ce que cette même pression pousse tout un chacun à faire, voire à réclamer aussi vocalement que possible à ses représentants élus ? Si cette pression impose à des entreprises multi-milliardaires un comportement moralement ouvert à débat, n’est-il pas temps de s’inquiéter de ce qu’elle poussera à faire des politiciens, bien plus malléables et finalement bien plus hypocrites que ces entreprises, lorsqu’il s’agira de « museler » des opposants ?

Devant ces constats et au-delà de l’inquiétude, saluons l’existence de plateformes alternatives, en mentionnant notamment celles qui garantissent par construction toute absence de censure et une liberté d’expression totale, comme memo.cash ou blockpress.com qui tirent parti de la technologie blockchain pour garantir à la fois l’inaltérabilité des messages émis et leur diffusion partout dans le monde sans possibilité d’interdiction.

Ces technologies et ces plateformes existent. Souhaitons qu’elles remportent rapidement du succès, avant que certaines pensées ne deviennent carrément des crimes.

—-
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  • L’URSS a changé de camp, et c’est bien dommage.

  • « Enfin, comment interpréter la synchronicité de ce bannissement si ce n’est en observant que la pression sociale force ces entreprises à choisir un camp et à se coordonner pour obtenir l’effet recherché ? »

    Probablement les prémices d’une dictature internationale beaucoup plus liberticide, reléguée par les gouvernants locaux issus de la même idéologie.

  • C’est la suite logique de la social démocratie: on protège les citoyens de tout, y compris des opinions dangereuses.
    On mourra étouffés par les bisous.

  • La gauche cherche donc à faire interdire la droite…
    Déjà vu en 1917…

  • La pression sociale est un argument bidon en réalité, personne ne force qui que ce soit à publier des messages ou à ne pas publier.

    Ce site modère également les propos de ses utilisateurs, chercher un problème là où il n’y en a pas tout simplement.

    Que cette personne n’ai pas tribune sur facebook ne m’émeut pas du tout, des propos du même accabit, il y en a plein les murs facebook.

    « Le risque est grand que ce genre d’individus se retrouve sur des sites moins neutres et moins visibles, qui l’accueilleront à bras ouverts et desquels aucune voix dissidente ne pourra se faire entendre. »

    La neutralité d’un site n’existe pas.

    Faire de la dissidence face à ce genre de type est lui donner une importance qu’il n’a pas.

    • @RKA
      Bonjour,
      « Modération n’est pas censure ».
      Ici nous sommes chez Contrepoints. Si ce que nous disons ne lui plaît pas, il peut nous faire changer la forme, nous modérer en supprimant les contenus dont le fond l’horripile, et/ou nous bannir. Comme tout un chacun peut faire chez soi. « Chacun est maître chez soi ».
      Je suis pour la liberté d’expression totale, sur l’espace public, ou en pubilcation. Par contre chez moi, je ne tolèrerais pas qu’un guignol me dise que Staline (par exemple) est le plus grand homme que la Terre n’ait jamais porté. Et je le ferai sans discussion. A l’extérieur, en place publique ou sur un lieu ouvert au débat, je me plierai à la discussion.
      Su un jour CP me modérait ou me bannissait, je comprendrai pourquoi et je prendrai sur moi.
      Sur Youtube, les possesseurs de chaînes sont responsables du contenu des commentaires. Ceux qui les écrivent n’en sont pas responsables. Cela peut coûter, outre le contenu même des vidéos, un strike, une suppression de la vidéo ou de la chaîne. Youtube bloque les compteurs de vues pendant quelques heures et remet à zéro les « like » de certaines chaînes. (celle de Virginia Vota par exemple).

    • Je me RÉJOUIS d’avance de ce que la censure du campdubien tentera face à blockpress par exemple.

      Rigolons donc un bon coup à l’avance, sur ce spectacle à venir 🙂 🙂 🙂

    • Et puis pour se faire bannir sur ce site, il faut quand même insister lourdement… GOODMAN… un parmi d’autres… :mrgreen:

  • En se coordonnant de cette façon et en ciblant constamment les mêmes, ces plateformes sont en train d’appliquer de facto une ligne éditoriale, ce qui le ferait passer du statut d’hébergeur (sans responsabilités sur le contenu) au statut d’éditeur (responsable de tout contenus postés par les utilisateurs).
    Le retour de bâton risque d’être amusant !

    • @Robert Leponge
      Bonsoir,
      En fait, cela ne montrerait-il pas justement que ce passage est déjà consommé ?
      « passer du statut d’hébergeur (sans responsabilités sur le contenu) au statut d’éditeur (responsable de tout contenus postés par les utilisateurs). »
      C’est déjà la cas sur Yotube.

  • Je me RÉJOUIS d’avance de ce que la censure du campdubien tentera face à blockpress par exemple.

    Assez amusant de se remémorer la fin du film Circle, qui finalement n’est qu’une anticipation/description de ce qui nous attend ! ? ? ?

  • Les commentaires sont fermés.

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