Bac général : pas si facile que ça !

Élèves sortant des épreuves du baccalauréat au Lycée Charles de Gaulle à Caen (Crédits Valenting Mangnan, licence Creative Commons)

À quoi sert le bac aujourd’hui ?

Par Jean-Baptiste Noé.

Évolution de la proportion de bacheliers dans une génération (série générale)

1980 : 18,6%
1990 : 27,9%
2000 : 32,9%
2005 : 32,8%
2010 : 34,3%
2013 : 38%

Évolution des taux de réussite au baccalauréat depuis 1995 (bac général)

1995 : 75,1%
2000 : 79,9%
2005 : 84,1%
2010 : 87,3%
2013 : 92%

Évolution des effectifs d’admis au baccalauréat depuis 1995 (bac général)

1995 : 287 046
2000 : 271 155
2005 : 272 512
2010 : 279 751
2013 : 305 316

Part des admis au bac général par rapport à l’ensemble des bacheliers

1995 : 58,3%
2000 : 52,5%
2005 : 53,8%
2010 : 52,6%
2013 : 51,8%

Source : Repères et références statistiques de l’Éducation nationale, 2014.

Quelques commentaires

rené le honzec bac généralContrairement à ce que l’on peut lire, le bac n’est pas donné, et tout le monde ne l’a pas. Seule 38% d’une classe d’âge obtient un bac général. Ce chiffre est certes en augmentation depuis les années 1980, mais doit-on vraiment s’en plaindre ?

On pourra arguer que le niveau des exigences diminue. C’est vrai, mais le bac reste encore un exercice présentant une certaine difficulté, et qui nécessite d’être travaillé sérieusement. C’est surtout sa pluridisciplinarité qui est particulière. Même avec le jeu des coefficients, les élèves doivent être bons partout s’ils veulent avoir de bons résultats.

La vraie question porte sur la fonction du bac. En tant que tel, c’est le premier diplôme universitaire, qui permet de s’inscrire en licence, deuxième grade de l’université. Que 38% d’une classe d’âge puisse prétendre accéder au deuxième niveau d’étude supérieure est finalement assez faible.

Parmi les pistes de réformes possibles, il faudrait encourager les élèves à s’orienter davantage vers les bacs technologiques, afin que le bac général ne représente que 30% de l’ensemble des bacheliers. Cela permettrait d’en hausser le niveau, et éviterait les casses massives en première année d’études supérieures.

Introduire une partie plus importante de contrôle continu serait aussi un moyen d’en abaisser les coûts, de rendre plus souple son organisation, et de mieux évaluer les élèves. On pourrait imaginer que les élèves choisissent trois disciplines majeures, qu’ils présentent à l’écrit, et que le reste soit noté pendant l’année.

Enfin, notons que la plupart des élèves de Terminales connaissent leurs affectations dans le supérieur avant le début des écrits. Preuve que les écoles et les universités peuvent sélectionner leurs étudiants sans avoir recours aux résultats du bac. De plus en plus, l’année de Terminale devient une année de concours (IEP, écoles de commerce et écoles d’ingénieur), ce qui ajoute un travail supplémentaire important aux lycéens qui s’y préparent sérieusement. Raison de plus pour introduire plus de contrôle continu.

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Cet article a été publié une première fois le 9 juillet 2015