Ready Player One : un déluge coloré de références pop-culture

Ready Player One se base quasi exclusivement sur des références à d’autres univers venus d’autres films classiques, il sera rapidement oublié au profit de ces derniers.

Par Aurélien Chartier.

Nous sommes en 2045, le monde est en ruine et l’humanité passe la majorité de son temps dans l’OASIS, un univers de réalité virtuelle où tout est possible. Le créateur de cet univers, ayant un contrôle total sur celui-ci, meurt en laissant sa propriété au premier joueur arrivant à vaincre un challenge à l’intérieur de l’OASIS.

Ce dernier représentant des milliards de dollars, nombreux sont ceux qui tentent l’aventure. Dont bien entendu, une multinationale dirigée par un PDG maléfique qui entend bien faire de l’univers virtuel un espace publicitaire géant. Rien de bien nouveau comme scénario donc. On reprend la trame de Willy Wonka en le transposant dans un univers à la Tron, avec quelques éléments rappelant Avatar.

Superficiel mais distrayant

Si vous espérez une réflexion sur la condition humaine, sur ce qui est réel ou virtuel, ou encore sur le fait de savoir s’il est possible de tomber amoureux via une interface réelle, vous serez cruellement déçus. Ces thèmes sont rapidement abordés, mais sans approfondissement. En revanche, si vous voulez voir un film présentant une avalanche de références aux années 80 et 90 avec une intrigue pas compliquée à suivre, nous avons ici un candidat parfait.

Ne soyons pas médisants cela dit : la fandom (une sous-culture enthousiaste vis-à-vis d’un univers fictionnel) est fun. Nous sommes nombreux à aimer pouvoir partager des références à tel film ou tel groupe de musique. Mais de là à baser un film de plus de deux heures sur ça, il y a un pas que je ne franchirais pas. D’autant que si certaines références sont relativement connues (la reconstitution très réussie de l’hôtel de Shining), d’autres sont beaucoup plus obscures (la boombox de John Cusack dans Un monde pour nous).

Un film agréable

Difficile de ne pas se sentir légèrement frustré de sentir le film accumuler le plus possible de références, comme s’il s’agissait d’une compétition à qui en repérerait le plus. On se pose aussi vaguement la question de savoir pourquoi des adolescents vivant plus de 60 ans après cette période ont une telle obsession pour Duran Duran et Retour vers le futur. Il semble surtout s’agir de subterfuges pour masquer le manque de profondeur du scénario et le peu de développement de la majorité des personnages. Ces derniers ayant un statut social déterminé par leur capacité à connaître ces références culturelles, on peut dire que la boucle est bouclée.

Malgré tout, le talent de Steven Spielberg rend le film agréable à regarder. Les effets spéciaux sont d’une fluidité remarquable, les scènes d’action particulièrement réussies et le jeu de caméra parvient à suivre tout ça à la perfection. Si les acteurs sont sans aucun doute talentueux, le fait qu’une bonne partie du film se passe dans l’OASIS ne leur permet pas de briller. Les scènes virtuelles sont visuellement superbes, d’une course futuriste à couper le souffle au sein de Manhattan jusqu’à un nightclub géant sans gravité.

Cela ne parvient malheureusement pas à combler la vacuité du scénario qui se fait de plus en plus sentir vers la fin du film. Le film se basant quasi exclusivement sur des références à d’autres univers, il sera rapidement oublié au profit de ces derniers.

  • Ready Player One, film de science-fiction américain réalisé par Steven Spielberg, sorti le 28 mars 2018.