Fessenheim ou comment gaspiller l’argent du contribuable

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Fessenheim ou comment gaspiller l’argent du contribuable

Publié le 27 mars 2018
- A +

Par Sébastien Richet.

Les réacteurs du type de ceux de Fessenheim atteignent leur limite d’âge entendons-nous régulièrement… Pourquoi propager un tel mensonge alors que leur durée de vie est augmentée à 60 voire 80 ans outre-Atlantique ?

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Les décisions américaines s’appuient sur le constat que ces réacteurs vieillissent beaucoup moins vite que postulé à leur construction, comme le démontrent les autorités de sûreté états-uniennes.

De notre côté, l’Autorité française de Sûreté Nucléaire (ASN, organisme indépendant) certifie que les deux réacteurs de Fessenheim peuvent encore tourner au moins 10 ans sans modification profonde. Les frais pour leur prolongement correspondent à deux ans de fonctionnement des réacteurs, ou encore 8 ans (au moins, car on peut envisager une échéance à 60 ans sans problème) de production à coût amorti, donc hyper rentable, pour EDF qui pourrait ainsi financer une partie de son « Grand Carénage », et pour la France qui a bien besoin de cela pour sa balance commerciale.

Eviter les énergies fossiles

En allant au-delà de ces considérations purement financières, la prolongation du fonctionnement des deux réacteurs de Fessenheim éviterait de brûler des énergies fossiles en Europe, particulièrement en Allemagne.

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Les deux réacteurs de 900 MW évitent en effet la consommation annuelle équivalente de 1,4 milliards de mètres-cubes de gaz naturel (plus d’un million de tonnes de méthane), donc évitent la production de plus de 2,8 millions de tonnes de CO2, ou encore 10% des émissions de CO2 de la France pour sa production d’électricité « fossile ». À noter que Fessenheim pourrait alors assumer près de la moitié du développement extensif des véhicules électriques en France.

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L’idée de la compensation des deux réacteurs par l’EPR de Flamanville ne fait pas beaucoup de sens lorsque l’on prend en compte l’évolution à la hausse de la consommation énergétique en France (et en Europe).

Energie renouvelables coûteuses et intermittentes

Quant à l’idée de remplacer les deux réacteurs totalement pilotables par des énergies renouvelables intermittentes (ENRI) qui, par définition, imposent de les compléter par des centrales à gaz chaque fois qu’elles ne produisent pas (soit 80% du temps en moyenne sur la France), celles-ci sont très coûteuses et néfastes pour l’environnement et le climat, sans parler de la pollution visuelle et de l’absence de gestion adaptée des déchets ultimes (solaires et éoliens en fin de vie, c’est-à-dire d’ici 20 ans).

Bref, nous avons deux réacteurs qui évitent près de 3 millions de tonnes de CO2 annuellement, qui sont amortis, qui produisent en fonction des besoins de la France et plus généralement de l’Europe, pour lesquels l’Autorité de Sûreté Nucléaire a donné son accord pour la prolongation de fonctionnement et qui contribuent positivement à la balance des paiements, donc allègent les charges sur les contribuables… et rentabilisent leurs investissement passés : pourquoi donc s’acharner à vouloir les arrêter ?

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  • Arrêtons de raisonner en tonnes de CO2 et parlons un peu d’Euros. Le coût du MW/h de la centrale prolongée, voilà ce qui devrait être la première information sur laquelle fonder une décision !

  • Pourquoi les arrêter ?
    Parce que Fessenheim c’est le marronnier nucléaire des bobos-écolos Français.
    Parce que Fessenheim c’est un tremblement de terre au XIVè siècle que les escrolos s’empressent de projeter sur l’image de Fukushima.
    Parce que dans tous les cas, ce sera pas cher, ce sera l’Etat qui payera.
    Etc, etc, etc . . .

    • @ Gian
      Non, ce ne sont pas les « bobos-écolos Français », le problème de Fessenheim!
      C’est sa construction à 2 km de la frontière d’Allemagne, pays qui a démocratiquement décidé d’arrêter la fabrication d’électricité nucléaire sur son sol qui risque de devenir un problème! (Cattenom et ses multiples incidents, à 8 km du Luxembourg, c’est kif!).

      https://www.google.com/maps/place/68740+Fessenheim,+France/@47.9094093,7.4605594,12z/data=!3m1!4b1!4m5!3m4!1s0x47910b54e86a2c43:0x40a5fb99a393ba0!8m2!3d47.914709!4d7.537626

      Le problème est qu’en prolongeant les centrales (ce qui n’est pas gratuit!), la France reporte le coût du démantèlement de centrales sur les générations suivantes, en plus de la dette.

      Ce coût est encore imprévisible (cfr Brennilis … en chantier depuis 1985 et toujours en cours!)

      Les « ultra-pro-nucléaires », sur Contrepoints, font systématiquement l’impasse sur le risque nucléaire, les déchets contaminés et les endroits où les confiner en sécurité et leur coût, et enfin le coût du « démantèlement » ou « déconstruction » (version EDF) des centrales.
      Si, à ce moment-là, EDF est en faillite ou s’y met, qui assumera la suite de la faillite: les éternels « Autres » (Français contribuables) pendant longtemps?
      Une « déconstruction » (version EDF) comporte-t-elle la réhabilitation réelle du site.
      Les réponses à ces questions « à grands coups de cuiller à pot » seront insuffisantes pour convaincre!

      Une petite dernière! Pourquoi les autres pays seraient-ils trop bêtes pour suivre le « génie » français, détenteur de LA seule bonne solution (et, accessoirement, vendeuse de centrales)?

      Alors, OK! L’électricité est moins chère en France… pour le moment! (mais que ce soit le « primum movens », ça ne se dit pas: tout-à-coup, le CO2 est « le challenge », comme si le nucléaire était « vert » et « propre »!)
      Je pouffe!

  • Les émissions de CO2 évitées par le nucléaire, on s’en fout, c’est le soleil qui impacte le climat (on a commencé à le ressentir cet hiver un peu partout dans l’hémisphère nord). Plus de CO₂ dans l’atmosphère est même une bonne chose pour l’agriculture.
    Mais vouloir fermer des centrales nucléaires alors qu’on veut développer la voiture électrique notamment pour réduire nos émissions de CO₂ , c’est totalement incohérent. Il est évident que la recharge des batteries se fera très majoritairement de nuit, il ne faut donc pas compter sur les panneaux solaires. Pas non plus sur les moulins à vent qui produisent de manière erratique. Reste les moyens de production pilotables (nucléaire, thermique à flamme et hydraulique). Or depuis 2010, la capacité de ce parc pilotable a été réduite d’environ 8GW avec la fermeture de plusieurs centrales à charbon ou fioul.
    Si on ferme des centrales nucléaires et que la voiture électrique se développe, il faudra construire de nouvelles centrales à gaz. Pourquoi pas, mais la voiture électrique n’est réellement justifiée que si l’électricité provient peu de centrales à charbon/fioul/gaz.

  • Surtout ils faut arrêtè de prendre la peuples pour des lapereaux de trois de semaine..! Que cela soi de nos élus, ou ces soi-disant ingénieure d’EDF, ou d’Areva, vu que l’EPR ne servirai qu’en pièce de musée pour éduquer les ignorants..?
    Car l’uranium de nos central serre à faire des armes tel que des bombes, des missiles, ou des munition avec de l’uranium appauvrie..!!
    OR, nous pouvons faire des centrales aux Thorium 232, déjà plus abondant que l’uranium, de plus on peut l’utiliser à 100% contre l’uranium quelques pourcents, et il n’y a pas besoin de l’enrichir..!! Donc le Thorium ne peut pas produire de réaction en chaîne…
    Une centrale ne peut s’emballer, elle peut s’arrêter d’elle-même en cas de défaut de refroidissement, et les déchets du thorium ne sont dangereux que de quelques siècle, contre des centaines de milliers d’années pour ceux de nos centrales actuelles… Et le plus les centrale au Thorium peuvent « Incinérer » les déchets des centrales à uranium, y compris le plutonium..!!!!!

    • Par vos propos vous ressemblez bel et bien à un lapereau de 3 semaines ou tout autre jeune animal. Vous avez encore beaucoup de choses à apprendre dans le domaine du nucléaire.
      4 EPR vont démarrer prochainement (en 2018 et 2019) pour démentir vos propos.
      L’uranium des centrales est inutilisable pour faire des armes. Il est nécessaire d’avoir de l’uranium hautement enrichi.
      Pour les munitions à l’uranium, on utilise seulement la forte densité de ce métal et celles-ci fonctionneraient aussi bien avec de l’uranium natureL
      Concernant le thorium, ce combustible miracle n’est pas fissile mais « fertile » il est « équivalent » à l’uranium appauvri cité plus haut. Ces réacteurs nécessitent en quelque sorte une « allumette » faite de matériaux fissiles, (uranium enrichi ou plutonium).
      Les produits de la réaction nucléaire sont très fortement radioactifs.
      En prime vous semblez confondre les différents types de réacteurs à neutrons rapides, centrales à sels fondus et autre…

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Conjugué avec l’arrêt politique des deux réacteurs de la centrale de Fessenheim en 2020 et l’arrêt inopiné pour contrôles techniques de cinq autres réacteurs, le retard de livraison de ce premier EPR en France entraine un risque de sous-capacité de production d’électricité cet hiver.

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