La bataille du sable : surréaliste, tout simplement

Le sable est partout et il n’en manque pas sur la planète, il n’en manquera jamais.

Par Jacques Henry.

Après le lithium, le nickel et le cobalt, il est intéressant de se pencher sur la « pénurie de sable ». Vous avez bien lu ! En Asie, les entreprises du bâtiment manquent de sable et pour les écologistes qui se sont naturellement emparés de ce problème c’est – pour eux – alarmant pour ne pas dire terrifiant. Il existe trois sortes de sable et ce n’est pas à première vue une denrée rare. Les déserts sont constitués de quantités colossales de sable mais il ne convient pas pour la construction car il est trop fin : les particules de sable ont été érodées par l’action du vent. Celui des plages conviendrait à peu près malgré le fait que le ressac ait également diminué la granulométrie. Il existe néanmoins des plages, des deltas et des estuaires exploités dans le but d’extraire ce sable qui sera ensuite lavé pour éliminer le sel. Reste le meilleur sable, celui des rivières, le sable que les maçons aiment bien travailler.

Dans le lit des rivières et les dépôts sédimentaires des vallées et des plaines, on trouve le meilleur sable propre à la construction. Dans toute l’Asie du Sud-Est, depuis l’Inde jusqu’à la Chine, il y a comme une pénurie de sable de bonne qualité et les entreprises de construction font appel à des fournisseurs qui, aux yeux des protecteurs de la nature, détruisent l’environnement. Dans la région de Mumbay en Inde, les berges et le lit du moindre cours d’eau sont inlassablement fouillés par des castes d’intouchables pour extraire le sable qui sera vendu à bas prix pour assurer la subsistance de la famille. Comme pour le cobalt au Zaïre, les enfants participent à cette occupation qui est effectuée le plus souvent la nuit car cette activité est illégale. Dans le delta du Mékong, c’est pire encore selon des organisations écologistes allemandes affiliées à l’Université de Leipzig. La survie de l’ensemble de l’écosystème fragile de ce delta est menacée comme celle du delta du Gange au Bangladesh.

Le lac Poyang en Chine orientale, la plus grande réserve naturelle d’eau du pays, est carrément soumis jour et nuit à des suceuses gigantesques qui extraient plusieurs dizaines de millions de tonnes de sable chaque année. Les « protecteurs de la nature » sont sur le pied de guerre objectant que ce lac est une importante étape pour les oiseaux migrateurs. Comment va-t-on construire des logements pour faire face à l’afflux continu de migrants en provenance des campagnes depuis qu’un large programme de mécanisation de l’agriculture a été mis en place par le Parti communiste chinois s’il n’y a pas de sable ?

Regardez un building dans une ville où les rues et les autoroutes urbaines ont nécessité du sable, comme les pistes des aéroports. L’édifice a été construit avec du sable, les vitres des grandes baies ont été fabriquées avec du sable et, s’il y a des panneaux solaires sur les toits, il a fallu aussi utiliser du sable. Le sable est partout et il n’en manque pas sur la planète, il n’en manquera jamais. Sauf que c’est un produit sans valeur et le transporter sur de longues distances est économiquement insupportable. Seules des villes comme Singapour ou Hong-Kong peuvent se permettre d’importer du sable pour accroître la superficie habitable de ces « ville-État ». Le sable est devenu un autre domaine de combat pour les écologistes qui se moquent totalement des conditions de vie de centaines de millions de personnes dans la région la plus peuplée du monde et c’est aussi ça qui les dérange, il y a trop d’êtres humains sur la planète. L’horreur.