Que faire de la SNCF, la société qui vit sur le dos des Français ?

Comment réformer la SNCF, avec ses lourdeurs, ses retraites et son service de piètre qualité ?

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Que faire de la SNCF, la société qui vit sur le dos des Français ?

Publié le 4 mars 2018
- A +

Par Nicolas Lecaussin.
Un article de l’Iref-Europe

Il y a eu beaucoup de bruit autour du rapport Spinetta consacré à la réforme de la SNCF pour son ouverture à la concurrence d’ici 2023. Il n’y avait pourtant pas de quoi. Le rapport confirme en grande partie ce que tout le monde savait, après des dizaines d’autres rapports et des centaines d’articles et de livres. Le gouvernement répond en annonçant la fin des recrutements au statut de cheminot. Cela sera-t-il suffisant ?

La moitié de la pension d’un agent SNCF est payée par les contribuables

L’entreprise publique est sous perfusion en permanence. Le système ferroviaire français représentait en 2016 un coût brut pour les finances publiques, toutes administrations confondues, de 10,5 Md€, auxquels il faut ajouter 3,2 Md€ de subvention d’équilibre au régime de retraite SNCF.

En dépit de ces subventions, le système demeure déficitaire, de l’ordre de 3 Md€ chaque année. La retraite moyenne à la SNCF est de 23 616 €, donc très au-dessus de la moyenne nationale de 14 480 € dans le secteur privé.

Comme il y a environ 270 000 retraités, l’IREF a calculé que les contribuables payent chaque année la moitié de la pension d’un ancien agent (le contribuable verse actuellement chaque année plus de 12 200 € (= € 3 200 000 000 / 270 000 retraités).

Rappelons quelques privilèges accordés – toujours – aux retraités de la SNCF : départ à 55 ans (voire 52 ans), pension calculée en fonction des derniers salaires, cotisations salariales inférieures à celles du droit commun, etc…

Trains vides, en retard et très coûteux

L’entreprise publique a donc mis en place un système extrêmement avantageux grâce à l’argent des contribuables. Pourtant, ces derniers utilisent de moins en moins le train, surtout en province. 90% des voyageurs-km se concentrent sur un tiers du réseau et le coût des « petites lignes » est de 1.7 Md€ pour seulement… 2% des voyageurs. Sur 9 000 km de lignes, environ 4 000 km pourraient être fermées d’ici 2026 en raison de leur « obsolescence ».

Les trains roulent donc largement à perte : la part des recettes provenant de la vente de billets (TER et Transiliens) dans les recettes totales représente 27% en France contre 90% aux Pays-Bas ou au Royaume-Uni. Le taux de remplissage des TER n’est que de 25% contre 42% pour les Intercités.

De plus, le taux de régularité est de 90.3% pour les trains régionaux, loin derrière les Pays-Bas (97.5%), la Suisse (96.8%), l’Allemagne (96.3%) ou la Grande-Bretagne (92.9%) (source ARAFER, 2017). D’où un taux de satisfaction des Français moins élevé que dans les autres pays.

Dans le European Railway Performance Index (2017) qui mesure la qualité du transport ferroviaire en Europe, la France se classe loin derrière la Suisse, le Danemark, la Finlande, l’Allemagne, l’Autriche, la Suède, les Pays-Bas et la Grande-Bretagne.

On remarque dans cette énumération que les meilleurs réseaux ferroviaires se trouvent dans les pays qui ont libéralisé et privatisé le transport par rail. Aujourd’hui, plus d’une dizaine de pays européens ont ouvert le rail à la concurrence. L’un des derniers est l’Italie qui pourrait aussi servir de modèle à la France.

Pourquoi pas le couple franco-allemand dans le ferroviaire ?

Que faire ? Il faut, bien entendu, privatiser la SNCF. Mais qui en voudra ? Puisqu’on parle à satiété du couple franco-allemand, pourquoi ne ferait-il pas équipe dans le domaine du rail ? La Deutsche Bahn a commencé à se réformer dès le milieu des années 1990. Aujourd’hui, un employé de cette société est pratiquement 5 fois plus productif qu’un agent de la SNCF et il faudrait supprimer au moins 40 000 postes en France pour que la SNCF ait la même productivité que la Deutsche Bahn.

Un rapprochement entre les deux sociétés serait souhaitable à condition que la compagnie française accepte de faire de grands sacrifices. Le paradoxe, c’est que la SNCF est présente dans plus de 100 pays dans le monde (la part de l’international c’est 30% du CA), elle est donc à même d’apprécier le profit à tirer de l’ouverture à la concurrence. Il faudrait dans cette optique recourir aux financements privés, notamment dans le transport ferroviaire natinal où jusqu’à présent seuls le fret et le transport international de voyageurs ont été ouverts à la concurrence.

L’Allemagne nous l’avons vu est un bon exemple, mais aussi l’Italie, où la réforme a permis d’expérimenter une vraie compétition sur les lignes à grande vitesse qui relient Turin, Milan, Venise, Bologne, Rome et Naples. Les Français seraient sûrement largement gagnants. Mais, malheureusement, le gouvernement ne semble pas vraiment décidé à le faire …

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  • Et la retraite par répartition en général?

    vivre au dépend des autres…

    Il faut surtout remonter aux prémisses qui sont fausses… les missions de service public absurdes de la sncf.

  • Un monde du travail soumis à la concurrence à 100% c’est la loi de jungle généralisée et heureusement que certains secteurs (les fonctionnaires) ne sont pas soumis à de telles règles. Les cheminots ne sont pas des nantis, ils accomplissent un travail difficile, ils ont un plan de carrière, comme d’autres, ils ont droit à une pension de retraite,, comme d’autres. C’est une honte de taper à bras raccourcis sur une catégorie de Français. Que l’auteur de cet article se penche plutôt sur les avantages faramineux des « élites » . Top facile de jeter l’opprobe sur les cheminots. Après eux, à qui le tour.

    • Et les 30 % du chiffre d’affaire de la Sncf réalisés à l’internationale c’est la lutte finale ?

    • vous préférez la loi de la jungle pour certains? la garantie du travail ( pour certains ) est PIRE que la loi de la jungle pour ceux qui en sont exclus.
      les cheminots ne sont pas des nantis en effet , plus exactement, pas tous des nantis,car si la sncf était une société privée certains seraient plus payés, d’autres moins, d’autres auraient été virés ou non embauchés , en général, les conditions de travail seraient différentes, ce qui veut dire meilleures pour certains pires pour d’autres… monde alternatif… mais dans le pays tel qu’il est…les gens ne quittent pas le service public..DONC….pas si mauvais que ça…

      Mais la sncf est une escroquerie intellectuelle car elle ne remplit plus de mission de service public qui fait sens. et des cheminots perturbent le mensonge du service public.

    • La manière dont le contribuable se retrouve contraint par l’Etat de financer les retraites, les grèves, les retards, et les voyages offerts aux cheminots, ce racket-là c’est la loi de la jungle : celui qui tient la position de force fait payer celui qui a gagné honnêtement son argent par ailleurs.

    • Sauf qu’ils touchent en moyenne 2100 euros de retraite à 55 ans quand les autres 1376 à 62. Vous savez ce que le mot égalité veut dire? Il n’y a aucune raison pour que nous payons pour eux!

      • @ Virgile
        C’est toujours la même chose: qu’ils aient une meilleure pension-retraite, tant mieux pour eux! Mais qu’elle ne vienne pas de leurs cotisations mais des contribuables, +/- usager: là, ça déc….!
        Que l’âge de la retraite reste copié sur l’époque des locomotives à vapeur et de l’anthracosilicose qui limitait la durée de la retraite, c’est déjà plus comique!
        Et réformer la SNCF, c’est affronter les syndicats et … paralyser le rail: c’est un choix!

      • Il faut comparer ce qui est comparable. 2100€ si on a fait une carrière complète correctement rémunérée et 1376€ qui comprend la foule des oisifs qui n’ont travaillé que quelques années et ont profité de toutes sortes de prestations sociales durant leur vie active, ce n’est pas réfléchir avec rigueur. Quand à l’âge de départ en retraite elle est possible avant 62 ans pour toutes les catégories professionnelles. Comparer un métier dur, rigoureux, astreignant (les roulants de la sncf) à des petits boulots sans risque, ne demandant aucun qualification, c’est malhonnête intellectuellement. Je le redis il faut comparer ce qui est comparable. Et ne plus être jaloux car la jalousie brouille la vue.

        • Vous voulez dire, par exemple, comparer avec un mec qui a bossé toute sa vie sur des chaînes de production à l’usine ? Ce ne sont pas forcément les plus fréquents, mais certaines comparaisons seront tout de même éclairantes. Pourquoi le mec qui a bossé à l’usine voit sa pension calculée sur ses 25 meilleures années alors que le cheminot voit la sienne basée sur ses 6 meilleurs mois ? Pourquoi le mec qui a bossé à l’usine doit-il faire du chômage (parce-qu’en général il est sorti de l’usine dans le cadre d’un « plan de sauvegarde de l’emploi », passé 55 ans ils sont les premiers à être poussés dehors) avant de pouvoir toucher sa retraite – de l’ordre de 1376€ en moyenne – quand il en aura l’âge alors que le brave ex-cheminot aura la sienne tranquillement à 55 ans ?
          Vous allez me dire, le mec à l’usine n’a pas les contraintes du « roulant ». Vrai. Parlons des conducteurs de camions alors…?
          Des métiers durs, rigoureux, astreignants, il y en a foule dans le privé aussi. Tous sont soumis au droit commun. Vous avez raison, l’idéal d’égalité serait d’aligner le droit commun sur le droit applicable aux cheminots. Sauf qu’on n’a plus les moyens de se le permettre. Donc l’égalité doit se faire dans l’autre sens. C’est aussi simple que ça.

    • Pas des nantis un peu tout de même (privilège de solidarité des contribuables) surtout si on compare aux agriculeurs, artisans, commerçants et entrepreneurs qui bossent sans compter et en prenant des risques.

  • Tout le temps, toutes ces années où ils auraient pu se réformer, ils n’ont rien fait que de profiter du système, financer leurs privilèges et engraisser leurs syndicats.
    Le jour où la concurrence s’installera, nul doute que c’est elle que je « privilégierai ».

    • @ Gian
       » Le jour où la concurrence s’installera, nul doute que c’est elle que je « privilégierai ». » dite-vous.
      « Le paradoxe, c’est que la SNCF est présente dans plus de 100 pays dans le monde (la part de l’international c’est 30% du CA), elle est donc à même d’apprécier le profit à tirer de l’ouverture à la concurrence » dit l’article!

      Aucune relation de cause à effet? Ou la tentation de combler une partie du déficit grâce aux dividendes d’autres pays?

  • Le gouvernement veut faire croire qu’il réforme alors qu’il ne s(attaque qu’à des détails mais surtout pas aux seules choses qu’il doit réformer!

    • @ Virgile
      Vous connaissez la « CGT Cheminots » et Sud-Rail?

      Un syndicat n’est paradoxalement pas contrarié par des salariés privilégiés mais exige que tous les salariés le deviennent, privilégiés!

  • Encore un article rempli de contre-vérités notamment sur le régime spécial de retraite qui serait un énorme privilège !
    En réalité, les âges de départ de 52 et 57 ans sont tout à fait théoriques, pour avoir une retraite à taux plein, il faut avoir cotisé pendant 42 ans.
    Concernant les fameux 6 derniers mois servant au calcul de la retraite (75% du salaire moyen, idem dans la fonction publique, il faut savoir que les primes et indemnités diverses ne sont pas prises en compte alors qu’elles peuvent représenter 1/3 de la rémunération.
    Etre libéral c’est bien, être aigri c’est autre chose…

    • Alors comment se fait-il, si ce système n’est pas un privilège, d’une part que le contribuable doive en assurer l’équilibre à coups de milliards, et d’autre part que les cheminots ne demandent pas leur rattachement d’urgence au régime général ?

      • @MichelO

        C’est marrant, la comparaison cheminots-services publiques, alors que ce sont 2 systèmes de pension de retraite privilégiée! … Et je suppose que les « facteurs » de La Poste ont toujours droit à leur « prime de chaussures », même en camionnette, qui devient moins indispensable quand on est retraité!

    • Rassuré vous le départ à 65 ans dans le privé est lui aussi tout à fait théorique. je suppose que vous ne trouverez aucun problème à faire basculer les cheminots dans le régime générale si il y a si peu de différence…

  • Il faut dissoudre la SNCF et vendre ligne par ligne au plus offrant. Passer un certain délais les lignes non vendu seront proposé en enchères inversé jusqu’à être données. au final les ligne dont personne ne veut seront simplement fermées.

    • Bien entendu le status des cheminots devra être abrogé dans le même mouvement

      • @ jacques lemiere

        L’hypothèse que la politique patiente en attendant de la concurrence qu’elle fasse pression sur les conditions privilégiées et les rémunérations ne me parait pas incompatible avec le « courage politique » ambiant!

    • Je pense qu’il ne faut pas mélanger les deux sujets que sont les infrastructures et les trains qui y passent. Il est préférable que l’infra reste collective (c’est d’ailleurs constitutionnel), mais les trains peuvent aisément (enfin, jamais si simple que ca) être privés…

  • Les commentaires sont fermés.

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