Jawad est relaxé, mais il n’en a pas fini avec la justice

Bien que présentée partout comme une énorme surprise, la relaxe de Jawad n’en était pas vraiment une pour qui avait accès au dossier et suivi tout le procès.

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Jawad est relaxé, mais il n’en a pas fini avec la justice

Publié le 17 février 2018
- A +

Par Nathalie MP.

Ainsi donc, Jawad Bendaoud a été relaxé. C’est ce qu’a annoncé avant-hier (mercredi 14 février 2018) Isabelle Prévost-Desprez, la Présidente de la XVIème chambre correctionnelle du tribunal de grande instance de Paris au terme d’un énorme procès très médiatisé qui a rassemblé pendant trois semaines quelque 140 avocats, 650 parties civiles et trois prévenus : Jawad Bendaoud, Youssef Aït Boulahcen et Mohamed Soumah.

Enjeu du procès : ces hommes savaient-ils qu’ils avaient participé (à des degrés divers) à l’hébergement de deux terroristes du 13 novembre 2015 – dont l’un des cerveaux présumés des attentats –  afin qu’ils échappent à la police ?

Le logeur de Daesh

Le sort de Jawad Bendaoud retient plus l’attention. C’est en effet celui que la France entière a découvert avec stupeur devant les caméras de BFMTV comme le « logeur de Daesh » peu après l’assaut donné par le RAID dans la foulée des attentats du 13 novembre 2015. C’est celui qui est rapidement devenu la risée du web tant ses déclarations « angéliques » – « on m’a demandé de rendre service, j’ai rendu service » – tranchaient avec ses habitudes de petit trafiquant sans foi ni loi et son casier judiciaire lourd comme du plomb (vidéo, 01′ 24″) :

Jawad est aussi celui qui a persisté dans une attitude de pitre irresponsable pendant tout son procès. Entre autres anecdotes très intéressantes sur un rat amateur de fromage qu’il aurait croisé lors de sa mise à l’isolement à la prison de Fresnes, il a cependant gardé le cap sur sa parfaite innocence, allant même jusqu’à déclarer :

Je préfère prendre six ans et que la vérité soit faite plutôt qu’être relaxé et toujours être pris pour un menteur, être interrogé dans la rue.

Il semblerait cependant qu’il ait accueilli sa relaxe avec beaucoup de démonstrations de joie. Poursuivi pour « recel de malfaiteurs terroristes », il risquait six ans de prison et le procureur avait finalement requis quatre ans ferme contre lui. Le parquet a d’ailleurs fait immédiatement appel de la décision de la cour, décision qui a été diversement appréciée par la classe politique, l’opinion publique et les parties prenantes.

Une vie de délits

Interpellé dans le tribunal par un blessé du Stade de France : « Jawad, tiens-toi à carreau ! », il lui a crié en retour : « C’est fini, je ne fais plus rien, je te jure que je me range ! » On peut toujours l’espérer, mais sa condamnation pour blessures mortelles (qui lui a valu 5 ans de prison de 2008 à 2013) ainsi que ses 13 condamnations depuis sa sortie de prison en 2013 ne parlent pas en sa faveur.

Sa vie est une succession de délits au quotidien allant du trafic de drogue à la détention d’armes en passant par des violences aggravées, des faux et usage de faux, de la conduite en état d’ivresse et des violences conjugales. Même le squat qu’il a loué aux terroristes ne lui appartenait pas.

Il en a pris possession de façon parfaitement sauvage quand les détenteurs officiels (des marchands de sommeil du quartier) ont perdu l’autorisation de louer. C’est dire l’état de décomposition sociale qui règne dans ces quartiers.

L’individu semble perpétuellement instable et immature, complètement inconscient de la gravité de ce qu’il fait ou de ce pour quoi il est jugé. Totalement insensible à la souffrance des autres, il semble s’imaginer que ses capacités d’amuseur public lui permettront de se tirer d’affaire à tous les coups.

Si l’on doit évoquer une forme de laxisme à son endroit, c’est sans doute plutôt dans son parcours judiciaire avant les événements de novembre 2015.

Pas de preuve de sa culpabilité

Mais dans le cas précis que Mme Prévost-Desprez et ses assesseurs avaient à juger, autant l’instruction préalable que les audiences n’ont pas permis d’apporter les preuves qu’il savait à qui il avait affaire.

Il ressort assez clairement qu’il avait des doutes dont il s’est ouvert à un salarié d’une pizzeria du coin – « ils veulent seulement de l’eau et un coin pour la prière » – mais il est assez concevable que ses activités douteuses tant dans la drogue que dans la location de son squat le poussent à se montrer le moins curieux possible.

La cour, qui n’a pas manqué de souligner la vénalité de Jawad ainsi que sa médiatisation pendant le procès, y compris au détriment de sa défense, a donc prononcé une relaxe, pas par gentillesse pour lui, mais simplement parce que :

Il n’est pas prouvé que Jawad Bendaoud a fourni un hébergement à des terroristes (…) afin de les soustraire aux recherches.

Des complices condamnés

Notons d’ailleurs que les deux autres prévenus, moins pitres et moins médiatisés, donc moins présents dans l’esprit du public, ont été condamnés pour leur part à cinq ans de prison contre quatre requis (Mohamed Soumah) et quatre ans dont trois ferme contre cinq requis (Youssef Aït Boulahcen). Pour eux, la cour a acquis la certitude qu’ils connaissaient la « qualité » de terroristes des hôtes du squat et qu’ils les ont aidés en toute connaissance de cause.

Bien que présentée partout comme une énorme surprise, la relaxe de Jawad n’en était pas vraiment une pour qui avait accès au dossier et suivi tout le procès. L’un des avocats des parties civiles, Gérard Chemla, a expliqué hier sur France Info qu’il avait prévenu ses clients dès avant la lecture du jugement que la cour pourrait trouver le dossier trop faible pour condamner Jawad, leur recommandant de ne pas donner plus d’importance à ce procès qu’il n’en avait.

La justice n’a pas dit son dernier mot

D’une part Jawad Bendaoud a attiré tous les projecteurs sur lui pour des raisons qui n’avaient rien à voir avec sa participation à l’affaire ; et d’autre part, si ce procès est le premier qui se tient à propos des attentats du 13 novembre 2015, il n’est qu’un procès annexe où comparaissaient des prévenus qui, selon les termes de Gérard Chemla :

n’étaient pas dans la boucle avant le 13 novembre et qui vont éventuellement intervenir à partir du 16 novembre (2015) (…) 

La justice n’a cependant pas dit son dernier mot à ce sujet puisque, comme je l’ai signalé plus haut, le parquet a fait appel. Les parties civiles pourraient également déposer des recours. Un nouveau procès aura donc lieu, qui permettra peut-être d’éclaircir les points restés obscurs. Jawad n’en a pas tout à fait terminé avec l’institution judiciaire.

Triomphe de l’état de droit

Mais dans l’état actuel des choses, je trouve finalement rassurant de constater qu’en dépit de la forte médiatisation de l’affaire et en dépit de la pression d’une opinion publique légitimement bouleversée par les attentats que nous avons vécus en 2015 et 2016,  l’État de droit a fonctionné.

Je trouve rassurant de constater que dans notre pays, on est jugé pour des chefs d’accusation précis et seulement ceux-là, même si l’on est par ailleurs un vulgaire petit malfrat particulièrement déplaisant – et à ce titre, il n’est pas impossible que la justice ait à se mêler à plus ou moins brève échéance des affaires de Jawad.

Je trouve rassurant de voir la justice agir dans le calme et le respect du droit, à l’écart des émotions et des préjugés.

Je trouve rassurant de voir que le doute bénéficie aux accusés. L’inverse constituerait une grossière inversion de l’esprit de justice.

Alors, laxisme ou justice ? Je pense, mais vous l’avez déjà deviné, que justice a été rendue, compte tenu des informations, des expertises et des témoignages dont disposait la cour. Ça ne fait pas de Jawad un ange.

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  • oui la justice a fait son boulot, ça c’est rassurant, mais la légèreté avec la quelle les médias prennent position sur la culpabilité d’une personne ou insistent sur des faits nuisant à l’image d’une personne est elle navrante.

    • @ jacques lemiere
      Tout à fait d’accord! Ce n’est pas aux journaleux vendeur de scoops et de papiers de dire le « Droit », même si chacun peut « apprécier » individuellement qu’en l’occurrence, le « droit » fut « juste » (ou « moral »), ou pas.
      La Justice officielle est chargée par la loi d’interpréter l’interpréter dans tel cas particulier, mais dans l’esprit du texte, pas selon les réactions du public ou de ses auto-proclamés interprètes « scribouilleurs … ».

  • Comme quoi faire L’Idiot à la TV peut être utile pour influencer la justice

  • Un peu tordu quand même votre raisonnement. Vous écrivez que Jawad Bendaoud a le parfait parcours du délinquant conforté par un serial laxisme judiciaire à son égard. Et vous concluez : « justice a été rendue ». Oui certes. La justice française est comme une horloge arrêtée, elle donne la bonne heure deux fois par jour. Pas de quoi pavoiser cependant…

    • J’ai écrit cet article parce qu’à l’annonce de la relaxe de Jawad Bendaoud, beaucoup d’indignation s’est manifestée sur le fait qu’une fois de plus la justice s’est montrée faible avec les délinquants qui pourrissent la vie des citoyens (en oubliant d’ailleurs les deux autres condamnations). Il m’a semblé qu’il y avait une confusion qui s’était installée entre l’objet de ce procès particulier et la personnalité générale de Jawad (dont on parle beaucoup en raison d’une médiatisation qui n’a en fait rien à voir avec l’affaire jugée).

      Jawad a un profil avéré de délinquant des cités qui pourrit la vie des citoyens, c’est vrai, mais ce n’était pas l’enjeu du procès.
      Pour moi, « justice a été rendue » au regard de cet enjeu (et de cet enjeu seul) qui était de déterminer si les 3 prévenus savaient qu’ils avaient participé à l’hébergement de terroristes recherchés par la police.
      Compte tenu des éléments (témoignages, expertises etc…) dont elle disposait, la cour a prononcé une relaxe et 2 condamnations. On verra ce qu’en pensera la cour qui jugera en appel.

      Mais au-delà de ce procès particulier, bien sûr, la personnalité de Jawad et son parcours judiciaire chargé soulèvent un certain nombre de questions :
      L’incurie de l’Etat (non dénuée d’arrière-pensées électorales) qui a complètement déserté certains quartiers où l’Etat de droit ne prévaut plus, sa politique carcérale qui revient à remettre en liberté les responsables de délits dont les peines de prison sont < à 2 ans, ces délits nombreux et quotidiens étant justement ceux qui empoisonnent la vie des gens (vol de portables, de voitures, cambriolages etc…), sont des réalités qui ne sont pas abordées de front depuis trop de temps.
      La personnalité de Jawad et son parcours soulèvent toutes ces questions. Le laxisme le concernant est à chercher avant son arrestation de nov 2015, et devrait inciter à y répondre.
      Mais comme je disais, ce n'était pas le sujet du procès.

      Donc, pour vous répondre :
      Je ne pense pas que mon raisonnement soit tordu, je pense qu'il y a deux sujets : 1) le procès spécifique qui vient d'être jugé – et dont je parle, et 2) les réflexions que le CV chargé de Jawad peut nous inspirer sur la défaite de l'Etat à faire respecter l'Etat de droit partout en France.

      • Merci pour votre réponse Nathalie. J’avais bien compris vos points. Il n’en reste pas moins que compte tenu de l’état général de la justice, on peut se demander si la justice a vraiment fait preuve de sang froid ou bien de laxisme comme à son habitude

        • @ Val
          En démocratie, la séparation des pouvoirs reste évidemment essentielle: la justice « correctionnelle » n’a pas à juger ni la procédure qui fixe son objet à juger actuel, dans les accusations prononcées par le parquet, encore moins les failles dont le pouvoir législatif ou exécutif aurai(en)t fait preuve.

          La Justice se montre donc là, plus démocratique que la limite (trop?) fragile entre l’exécutif et le « Parquet », en gros, les procureurs et les juges d’instructions dits « magistrature debout ».

      • Non, je pense plutôt que ce procès démontre que la justice ne fonctionne pas et que l’Etat de Droit n’est pas respecté : une relaxe signifie que le dossier était vide ou insuffisant.

        Mais comment le parquet peut-il donc envoyer des gens en préventive et faire tenir un procès super médiatisé qui coûte une blinde en terme d’organisation avec un dossier vide ?

        Le parquet est une partie de la justice (encore plus en France où il n’est pas indépendant) : constater que les composantes du ministère de la Justice ne savent pas travailler (lesquels d’ailleurs : le parquet ou la cour) ne prouve rien sur le respect de l’Etat de Droit, c’est même plutôt le contraire.

        Dans nombre de cas, le tribunal conclut par une relaxe, par des circonstances atténuantes bien venues ou tout simplement ne statue pas … et ce n’est pas uniquement parce que le dossier est vide, c’est nombre de cas de « petite délinquance » . Cela profite quasiment toujours à la défense et cela ne veut absolument pas dire que l’Etat de Droit est respecté.

        Bref : que le parquet se soit pris les pieds dans le tapis sur un des dossier les plus grave n’est pas très rassurant sur l’état de l’Etat de Droit.

        • @ Stéphane Boulots

          Donc vous reconnaissez que ce n’est pas la « Justice » qui a failli!
          Quant au laxisme: quand « d’office », certaines peines ne sont jamais appliquées, il y a de quoi se poser des questions quitte à anticiper et ne plus se ridiculiser en prononçant une condamnation à la prison quand il n’y aura aucune suite, faute de places … et d’argent!

          C’est le système qui n’a plus les moyens de respecter SES règles!

  • Personnellement je très content qu’ un procès médiatisé où la ministre de la Justice intervient pour souhaiter très fortement la condamnation du prévenu se termine par une relaxe. C’est notre liberté à tous qui est sortie grandie de ce procès.

    • Pas d’accord. L’indépendance de la justice n’est pas prouvée parce qu’une décision est prise en opposition au souhait du ministre. Il peut s’agir de contradiction systématique, qui n’a rien de supérieur à l’indépendance.

      • Je dis pas que ça prouve l’indépendance de la Justice, ni que la prise de position de la ministre ait eu une influence sur le jugement. Simplement le procureur est là pour représenter l’Etat au procès , la ministre n’a rien à y faire, donc je ne suis pas opposé à une contradiction systématique de la part des juges dans ces cas d’atteinte à la séparation des pouvoirs. C’est quand même le B A BA de la démocratie !

        • @francis
          Bonjour,
          Le procureur n’est pas là pour représenter l’Etat : il est là pour représenter la Société. Ce n’est pas pareil.
          La Justice est le pouvoir Judiciaire, égal aux deux autres : Législatif et Exécutif. Or, en France, l’Exécutif s’arroge les prérogatives des deux autres. Le Pouvoir Judiciaire est d’ailleurs soumis à l’Exécutif.
          La séparation des pouvoirs est un fondement de la démocratie. Entre les élections pipées et le mélange des pouvoirs accaparés par l’Exécutif, il n’y a pas de démocratie en France.
          Ce procès et la relaxe de J. Bendaoud montre que la présidente du tribunal sait faire ce pour quoi la Société la paie.

          • @ STF
            D’accord +++!
            Il y a la « magistrature debout » (essentiellement le « Parquet » avec le « Procureur » qu’on « dit sous influence, en France ») et les « Juges du Siège » qui ici, ont bien respecté le Droit.

            C’est évidemment le « Debout » qui n’a pas été assez convainquant et qui prend mal les conséquences logiques du jugement!

          • @STF
            OK; c’est plus exact et plus précis

  • Ce raisonnement conforte bien les délinquants qu’il faut se faire passer pour des naïfs… Ça ne me rassure pas du tout personnellement…
    De plus, cela montre que les média ne se concentrent pas sur les vraies affaires et suspects… Et il aurait été intéressant de connaître et se concentrer sur les relations entre les 3 prévenus.
    Mais bon, il faut bien justifier la mise en place des plans d’actions payés par nos impôts pour ces personnes hein 🙂

  • ce type est un parfait délinquant , mais apparement il est plus souvent libre qu’en prison ;

  • Jawad un ange ❓ Ce serait étrange … 😉

    Ponctuellement la décision est juste. Pour le reste, tout ne vient pas de la justice désarmée par les polytocards.

  • Il y a une asymétrie regrettable entre la présomption d’innocence avant le jugement, et la certitude d’innocence affirmée en cas de relaxe, laquelle ne devrait être qu’une reconnaissance de « non-condamnabilité ». En l’absence de clarification quant à la signification réelle d’une relaxe ou d’un classement sans suite, la justice n’est pas plus rassurante parce qu’elle innocente contre le sentiment de l’opinion publique que quand elle condamne contre ce même sentiment.

    • Bonjour MichelO

      J’ai tjs été gêné par le terme ‘présomption d’innocence’ qui est en fait que le principe de la charge de la preuve à l’accusation.
      Malgré tout, quand qqu’un est mise en examen, j’espére que la justice à des faits sérieux à fournir.
      En fait un mise en examen avant le procès n’est ni innocent, ni coupable, il n’est pas encore jugé.

      • Non, il est innocent tant qu’il n’a pas été déclaré coupable. Mais cela n’interdit pas de prendre quelques précautions.

        • Non, là je suis d’accord avec Gillib, il n’est pas innocent par principe, nous n’avons seulement pas déterminé sa culpabilité ni son innocence officielle. Les déclarations du type « le présumé meurtrier a coupé la tête de la présumée victime d’un grand coup de sabre devant 10 présumés témoins » rendent la précaution de langage ridicule et contre-productive pour les cas où, en revanche, il convient de se montrer prudent dans les déclarations. Les Anciens avaient une manière bien plus adaptée de traiter le problème, ils punissaient ultra-sévèrement les faux accusateurs, en général de la même peine que ce que risquait celui qui était accusé à tort.

          • @ MichelO
            Quel beau pays serait la France si tout qui y passait était présumé coupable de quelque chose jus qu’à preuve du contraire!

            C’est grotesque et toxique dans une démocratie! (vous pouvez déjà être condamné par une machine, pour un dépassement de la vitesse limite de 8km/h sur une autoroute désertée, sans autre « délit », ça ne vous suffit pas?)

            • Le contraire de « présumé innocent » n’est pas « présumé coupable ». Là où on parle aujourd’hui de présumé innocent, on devrait parler de personne dont le statut vis à vis d’une éventuelle culpabilité n’est pas encore déterminé, et la traiter comme on traiterait une personne pour laquelle l’issue est la plus favorable possible. C’est assez différent de la présomption d’innocence telle qu’elle est appliquée en France, qui est surtout une présomption d’affabulation pour les victimes…

  • Justice a peut-être été rendue. Qu’avons-nous: un délinquant multi-récidiviste, meurtrier à ses heures, ça n’a pas de rapport avec l’affaire… admettons. Mais ce type loue des biens qui ne lui appartiennent pas, j’imagine que c’est illégal encore qu’il faille s’attendre à tout, en loue un à des terroristes qui tuent 130 personnes, et la justice considère qu’il n’a aucune espèce de responsabilité… Dans cette même logique, si jamais on attrape ceux qui ont fourni les armes, ils seront relaxés s’ils peuvent prouver qu’ils ne savaient pas à quoi elles étaient destinées… Si notre Justice conduit à ce genre d’absurdités criminelles, elle, enfin surtout nous, avons un gros problème…

    • Pas tout à fait. Le trafic d’armes est interdit. Le fait de louer un bien ne l’est pas. Par contre, accaparer le bien d’un autre pour en disposer est illégal.
      Mais l’objet du procès était de déterminer si l’action (légale) de l’individu pouvait être assimilée à un soutient de l’activité illégale des locataires. L’enquête n’a pas pu l’affirmer indubitablement.

      • C’est bien mon point. Si j’ai bien compris, le bien qu’il louait ne lui appartenait pas, donc son action était déjà illégale. Pour reprendre mon exemple, à supposer que je détienne des armes de chasse tout à fait légalement, pensez-vous vraiment que la justice me laissera tranquille si je les prête à une bande de gars dont je déclare ne pas connaitre les intentions et qui les utilisent pour tuer 130 personnes ?

        • @RB83
          Bonsoir,
          « Pour reprendre mon exemple, à supposer que je détienne des armes de chasse tout à fait légalement, pensez-vous vraiment que la justice me laissera tranquille si je les prête à une bande de gars dont je déclare ne pas connaitre les intentions et qui les utilisent pour tuer 130 personnes ? »
          La Justice ne vous laissera pas tranquille avec 130 morts, en plus il s’agit d’armes à feu.
          Légalement, vous ne pouvez pas « préter » d’arme à feu. Vu qu’elles sont soumises soit à déclaration, soit à autorisation, c’est comme si elles n’étaient pas vôtres, même si vous les avez payées vous-même légalement. Il n’y a pas de formulaire de prêt. Même si la Justice ne vous tombe pas dessus pour une tuerie de 130 personnes à l’aide de vos armes, vous aurez assez commis d’impairs juridiques pour être bien sanctionné.
          Cependant, croyez-vous que la Justice ait beaucoup inquiété le loueur de camions, dont l’un a été utilisé par un chauffard pour tuer 86 personnes en juillet 2016 ?

  • La justice n’est absolument pas indépendante. Il est même incroyable qu’il y ait encore des gens qui le croient et l’écrivent! La justice dépend de l’Etat et donc du Politique. (mutations, nominations, promotions obligent).

  • La médiatisation favorise toujours l’action de la force spectaculaire (la police) et non l’action de la justice. Et de l’autre côté, tant les tribunaux que les prisons manquent gravement de moyens et d’argent. Pas la moindre vision politique de réforme… Ou prendre de l’argent d’ailleurs ma bonne dame ? (le gvnmt actuel ne propose rien sur le financement des services publics hormis des panneaux solaires sur le toit des prisons et tribunaux car, je cite « lutter contre le réchauffement climatique ça « rapporte » énormément…). La vraie solution là encore serait de privatiser la justice… mais quel tabou mes enfants. En attendant, toujours plus de police et contrôle, et les bizarres mutations incontrôlées du système judiciaire comme dans le cas Jawad se développent… 140 avocats pour une relaxe…. c’est cher la relaxe.

  • Je suis d’accord avec vous.
    Les félicitations me semblent légèrement inappropriées.
    Cette institution dont il est dit (à juste titre d’ailleurs), qu’elle fait tout de travers parce que frappée d’un biais idéologique, ne mérite aucun satisfecit au motif que, dans une circonstance exceptionnelle donnée, la réitération de ses manquements ne la conduit pas à être en opposition avec la vraie Justice.

  • De toute façon, il est cuit. Plus personne ne voudra avoir affaire avec quelqu’un qui risque de faire l’objet d’une surveillance quasi permanente de la part de la Police.

  • Ce qui était inquiétant dans ce procès, c’est qu’en cas de condamnation et dans le contexte de dénigrement médiatique systématique des propriétaires, chacun d’entre eux à l’avenir pouvait se retrouver accusé de complicité des méfaits de leur locataire et donner lieu à une spoliation.

  • J. Bendaoud a pris 8 ans en 2008 pour « blessures mortelles » avec un hachoir sur un adolescent de 16 ans. Il aurait donc dû sortir en 2016. Il est sorti en 2013. Soit il est libéré sur parole soit pour bonne conduite. Une fois dehors sa parole n’a pas tenu longtems et sa bonne conduite s’est évaporée. J. Bendaoud a été condamné pour port d’armes aggravé en réunion dont la peine est de 5 ans de prison et de 75000€ d’amende sachant qu’il avait déjà pris la vie d’un adolescent auparavant. En 2015, il aurait dû être derrière les barreaux. Ca fait quelques coucs bien entachés.
    Quanf au procès dont il est question dans l’article, je rejoins Nathalie MP, vu que le procureur est venu avec du vent concernant Bendaoud, ce dernier peut prendre l’air. Ce qui n’est pas le cas de ses deux autres co-accusés.

    • edit:
      « Ca fait quelques couacs… »
      « Quant au procès… »
      Désolé pour ces fautes.
      J’ajouterais que concernant J. Bendaoud, que la Justice connaît, elle a été juste avec lui quand il fallait le laisser dehors. Cela contraste avec les fois où il aurait dû être enfermé, comme le montre son palmarès judiciaire.

  • c est vrai que l.opinion publique a de quoi être vraiment dégoûtée…
    un cursus pareil et il se permet encore de la ramener en.plein tribunal d insulter les gens et finalement relaxe.
    c est du grand n importe quoi!
    il serait temps de sévir …

  • Ce qui est étonnant de la part de la Justice française est que des trafiquants en toute sorte violents comme ce Javad prolifèrent sans qu’une sanction forte et dissuasive leur fasse comprendre qu’il faut changer de route.
    Je propose qu’on les enferme avec Madame Taubira qui leur contera ses préceptes. Au bout d’une heure, soit ils auront envie de se suicider, soit ils violeront leur liseuse.

    • @Filouthai
      Bonjour,
      Au vu de son palmarès, J. Bendaoud est le tyran d’un bout de trottoir. La Justice française le considère, lui et ses semblables, comme des petits chatons (tyraniques) victimes de la Société (de consommation), qu’il faut ménager.
      Comme je l’ai écrit plus haut, J. Bandaoud aurait dû être derrière les barreaux en 2015.
      J’ai été surpris par la décision de la présidente du tribunal de sanctionner plus fort que ne le requérait le procureur pour l’un de co-accusé : 5 ans pour 4 requis. Cela contraste avec ce que l’on voit d’habitude où les accusations sont transformées en condamnations minimisées : par exemple un homicide d’un ado avec une arme, un hachoir, devient « blessures mortelles » ; un viol avec kidnapping et séquestration devient « attouchement sexuel » (je sais, je radote).

  • La justice, l’état de droit, bla-bla
    J’ai en travers de la gorge ce qui s’est passé il y un an pile. L’auto-saisine du PNF (parquet national financier) suite à un article du Monde. En 48 heures ! Puis le déversement de crachats tous les soirs au journal de 20h sur mon candidat. Au « d’état de droit », j’ai plutôt le sentiment de vivre dans une camisole.

  • pas d’accord david j.
    j ai toute ma raison.
    c est la justice qui part en sucette.
    je me répète : au vu du cursus il n a rien à faire dehors.
    comme nathalie le dit dans son article c est la justice qui n a pas été raisonnable en amont.
    je maintiens qu il faut le calmer et qu il arrête avec ses crimes delits et infractions en tous genre.

    • @josephine

      A quoi cela sert-il d’avoir toute sa raison dans un pays où les valeurs sont déformées ?

      Pour tout ce qui est de l’intérêt général, il faut revenir à la raison avant d’en traiter les débordements. Hélas, nous sommes en France, pays où l’état traite plus de la moitié de la population par le biais de ses sentiments, émotions, et passions. Des lois liberticides sont érigées au fil du temps, et les mentalités et les opinions sont manipulées. Je dis qu’il faut d’abord revenir à une justice régalienne, loin des politiques, des médias, des bisounours, avant de rendre justice.
      A l’heure actuelle, je pourrais être comparé à un terroriste. Si la justice actuelle devait d’abord sévir…

    • @joséphine
      Bonsoir,
      Certes la Justice aurait dû faire son taff un peu plus tôt.
      Cependant, à remplir les prisons avec des individus qui n’ont pas vraiment à y être (comme les malades mentaux, mis en prison car les lits d’H.P ont été fermés), et remplir accessoirement les caisses de l’Etat, en créant tout un tas de nouvelles lois et peines, pour le remplissage de des caisses, traire et pressurer le citoyen contribuable, les individus qui eux devraient y être derrière les barreaux ont eux des aménégements de peine (assignations à résidence, bracelet électronique) voire même, puisqu’il n’y a pas de place en prison, du sursis.
      Il y a 600.000 lois en France, compilées dans 70 codes (dont le Code Pénal, le Code Civil, le Code de la Route, et bien d’autres). Avec un cette marée noire et blanche de lois, les lois nécessaires sont noyées.
      Voici ce qui a été écrit il y a 228 ans :
      « Art. 5. La Loi n’a le droit de défendre que les actions nuisibles à la Société. » (« défendre », ici, signifie interdire.)

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Par Dora Triki, Alfredo Valentino, and Anna Dimitrova.

Bien que le nombre de décès dus au terrorisme ait diminué de 14 % en 2021, le nombre d’attentats terroristes dans les pays de la région Afrique du Nord et Moyen-Orient (MENA) reste élevé, et en conséquence, le terrorisme demeure une menace importante dans ces pays. Encore récemment, un attentat revendiqué des forces rebelles Houthis du Yémen a eu lieu à quelques kilomètres du site du Grand Prix de Formule 1 d’Arabie saoudite, qui réunissait fin mars l’élite du sport automobile inte... Poursuivre la lecture

liberté d'expression internet
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Il va devenir difficile de distinguer ce qui fait le charme un peu rude des dictatures orientales de la soyeuse bonté des démocraties occidentales : chaque jour qui passe accroît l'évaporation rapide des principes fondamentaux de nos démocraties et tout indique qu'on se dirige vers un monde où penser de travers vaudra sinon mise à mort physique, au moins mise à mort sociale...

Pour étayer ce constat, on pourrait par exemple jeter un œil au dernier bulletin produit par le Homeland Security, l'administration américaine en charge de la sé... Poursuivre la lecture

Pétronin
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Par h16.

S'il faut bien sûr reconnaître qu'être pris en otage est une circonstance éminemment douloureuse, elle permet parfois de mettre le nom de certains dans tous les médias.

Et s'il est vrai que cette médiatisation peut être utile pour permettre un dénouement heureux de la séquestration, il ne faut pas trop se leurrer : dans le cadre de la République française, cette médiatisation permet surtout d'engendrer soutien diplomatique et financier. Eh oui : si, en général, la France se tamponne allègrement de ses ressortissants à l... Poursuivre la lecture

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