Contre le néopuritanisme, un autre féminisme est possible

Les excès d’un certain féminisme néopuritain vont-ils réussir à intoxiquer les relations hommes-femmes ? Une tribune du think tank Les Affranchies pour penser le féminisme autrement.

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Contre le néopuritanisme, un autre féminisme est possible

Publié le 10 janvier 2018
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Une tribune des Affranchies

Un collectif de femmes a publié dans le journal Le Monde une tribune intitulée : « Nous défendons une liberté d’importuner, indispensable à la liberté sexuelle ». Parmi les signataires on trouve Catherine Deneuve, Élizabeth Levy, Catherine Millet, Sophie de Menton notamment.

Ce sont des femmes qui ont traversé les dernières décennies avec fougue et passion et se trouvent aujourd’hui éberluées par les récriminations puritaines qui ne cessent d’incriminer les hommes.

Sidérées comme elles par une certaine dérive des combats féministes, nous écrivons cette tribune pour joindre nos jeunes voix aux leurs et écrire sans ambages : il n’existe pas un féminisme d’aujourd’hui et un féminisme d’hier.

Des femmes de 7 à 77 ans refusent d’être victimes de la bonne conscience féministe et militent pour être avant tout des personnes libres. Nous les Affranchies, refusons de vivre dans un monde désexualisé, sous le joug d’une sororité mondaine. Nous craignons que sous couvert de briser les codes anciens, certains combats en créent de plus stricts, et dénonçons avec vigueur l’aseptisation des rapports entre les hommes et les femmes.

L’homme n’est pas l’ennemi

Dans  leur sillage nous refusons le sombre tableau de la masculinité  actuellement peint. En refusant celui-ci nous refusons de grimer l’un en grand méchant loup, et l’une en chaperon rouge. Le viol est un crime, et la loi le condamne à juste titre.

La galanterie quant à elle n’en est pas un, tout comme l’évocation sous quelque forme que ce soit d’une attirance d’une personne pour une autre.  Les femmes ont le droit d’apprécier la drague lourde, la caresse déplacée, le texto aguicheur. Tout comme elles ont également le droit de les rejeter ou de les dénoncer.

Mais aucun de ces deux comportements ne devrait être jugé plus moral que l’autre et nous ne sommes pas certaines que la condamnation judiciaire soit la bonne solution par principe, et pour chaque situation.

Car à trop judiciariser ces excès masculins nous validons une lecture des relations homme/femme en termes de bourreau et de victime. Faisons l’effort de ne pas tout mélanger. Faisons le pari d’une société faite de femmes trop conscientes pour n’être, qu’à répétition, des victimes.

Draguer n’est pas violer

La drague a la vie dure ces temps-ci. Enfin, la drague de rue, de café, de bureau, celle qui s’expose au quotidien ; celle qui se cache dans les applications de dating, la télé-réalité, ou les messageries instantanées a le beau rôle. D’un côté on condamne l’audace, de l’autre on célèbre par l’usage et la pratique une sérénade grossière. D’un côté on condamne l’homme qui drague avec insistance dans un bar, de l’autre on fantasme toujours sur les ébats aquatiques de Loana et Jean-Édouard.

Les princesses du XXIème siècle sont des bipolaires capables de rendre n’importe quel homme totalement schizophrène. La tornade de leur libération finira peut-être par mener ces grands dadais un peu paumés à la perte totale des repères de leur virilité. Les rôles sociaux n’ont pourtant pas que de mauvais côtés, ils sont aussi des aiguillons dans la quête de soi.

Vive l’audace féminine !

Si les comportements abusifs et les agressions doivent être condamnés avec force, il est également temps de prendre nos responsabilités, de choisir la société que nous voulons. D’un côté la parole se libère, les différences sont montrées et célébrées pour le meilleur. De l’autre les expositions sont de plus en plus censurées, les films déprogrammés, les lycées renommés pour coller à l’air du temps.

Cachez ce sein que je ne saurais voir, oubliez cette scène où les cuisses s’ouvrent avec trop d’enthousiasme, ne vous revendiquez pas de descendre des Olympe, Simone et autre Marguerite qui ont lutté avec passion hier pour qu’aujourd’hui soit possible.

Et l’on en revient à elles pour conclure. Ces femmes d’un autre temps, érigées en modèles de combattantes, rappelons-nous bien qui elles étaient. Elles ont lutté avec leur plume, mais aussi avec leur habileté, leurs seins et leurs fesses.

Elles ont remporté des combats salutaires et se sont hissées sans passe-droit mais avec ingéniosité à la même hauteur que ceux qui avaient hérité de tous les droits. Elles n’ont jamais voulu être reconnues comme des victimes, elles n’ont jamais voulu avoir davantage, elles ont tout fait pour être considérées simplement comme des individus.

 

Voir les commentaires (17)

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Créer un compte Tous les commentaires (17)
  • Voilà toute la beauté du libéralisme.
    Merci.

  • Merci pour cet article, ça fait du bien de voir qu,être attiré par une femme et lui montrer de façon descente reste normal des fois on se demande si être aujourd’hui Homo c’est pas plus simple

  • Personnellement, je n’ai rien contre les femmes qui me dragueraient lourdement, et je déplore même de ne pas en rencontrer suffisamment qui aient envie de le faire.
    Je peux évidemment comprendre l’exaspération de la personne qui serait importuné quotidiennement.
    Alors plutôt que de se plaindre continuellement de l’être, et si les femmes se mettaient, par mesure paritaire, à agir à l’encontre des hommes de la même manière que ceux-ci vis à vis des femmes.
    Pour les hommes consentants, il y aurait un indéniable effet d’aubaine, et pour les autres, la prise de conscience que trop de drague tue la drague…

  • Qu’est ce qui est le plus choquant pour vous ? Avoir utilisé le slogan « BalanceTonPorc » ou bien que de nombreuses femmes soient restées dans le silence pendant toutes ces années bien qu’elles aient été abusées sexuellement ? Vous préférez avoir été offensés par le mot « porc » qui dénonce, je le rappelle, les pervers qui ont fait subir cette violence à des femmes ou bien justement vivre toute sa vie avec le fardeau d’avoir été victime de viol ? Je pense que ce mot a été assez fort pour que ces femmes puissent dire tout ce qu’elles gardaient secret pendant toutes ces années. Des hommes se sont également exprimés sur les agressions sexuelles que des femmes ont pu leur faire subir. Comme quoi le mot « porc » ne touche pas que les hommes !
    Malgré tout, ce n’est pas pour autant que TOUTES les femmes considèrent que TOUS les hommes sont des porcs. Je me considère comme féministe et ce n’est pas pour autant que je hais les hommes. Au contraire, le féminisme est un mouvement qui vise à égaliser les droits des hommes et ceux des femmes. Et je pense qu’il est totalement possible qu’un homme se dise féministe. Je suis consciente que la drague existe, mais un homme ou une femme qui vous touche la cuisse alors que vous êtes en train de marcher ou quelqu’un qui se frotte à vous dans le métro je ne considère pas ça comme de la drague mais comme du harcèlement. Mme Deneuve ne voit pas d’inconvénient à de « la drague insistante » cependant pour moi, le mot « insistant » me dit déjà que la drague est allée trop loin. Vous dites que l’homme n’est pas l’ennemi mais dans votre article vous écrivez je cite : « Les princesses du XXIème siècle sont des bipolaires capables de rendre n’importe quel homme totalement schizophrène. La tornade de leur libération finira peut-être par mener ces grands dadais un peu paumés à la perte totale des repères de leur virilité. », je ne trouve pas que cela donne une belle image de la femme non plus. Vous prônez ensuite l’audace de la femme mais alors soyez content que des femmes osent prendre la parole, puissent se libérer alors qu’elles vivaient dans la peur !

    • C’est en effet une formidable avancée que désormais les femmes puissent ouvrir la porte d’un commissariat, ou venir dans une émission pour expliquer, sans honte et sans la crainte de ne pas être crues, ce qu’elles ont subi. Que l’on pénalise, sans doute plus pour faire évoluer les consciences, que pour punir des coupables contre lesquels les pouvoirs publics seront in fine impuissants, est indéniablement aussi, une bonne chose.
      Ce qui est redouté, par les Affranchies ou par le « Collectif du Monde », c’est que la médiatisation de ces affaires, par, il ne faut pas se le cacher, des personnes qui n’ont pas votre modération, engendre durablement une société, qui, par effet de balancier, irait bien plus loin que la seule sanction des actes condamnables.
      Il ne faut pas s’aveugler à cet égard sur la dimension politique, la fracture politique, à l’oeuvre derrière ce débat, qui recoupe peu ou prou l’ancien clivage gauche-droite. Il faut donc espérer que ces combats soient sincèrement motivés par le bien-être des femmes, et non pas des agendas politiciens, comme on peut le craindre à la lecture du pedigree des différents signataires.

      PS : on retrouvait, peu ou prou, les mêmes lignes de fractures pour la question de la prostitution, il y a deux-trois ans, où là, le risque de puritanisme était prégnant ; ce sont les mêmes acteurs qui s’affrontent aujourd’hui, la question du retour du puritanisme n’est donc pas à balayer d’un revers de main.

    • les deux me choquent…
      certes pas de la même façon..mais en quoi une injustice en répare une autre?

  • il n’est pas désagréable de se faire gentiment draguer ; ça redonne confiance en soi …..surtout quand on a dépassé la cinquantaine…..

  • en Inde , qui s’y frotte s’y pique ; les femmes entourent leur poignée d’un bracelet muni d’aiguilles bien pointues afin de se munir contre l’approche trop préssantes des hommes .

    • Il fut un temps ou l’épingle a chapeau était l’arme anti-frotteur. Un peu ringard, difficile a trouver, méchant. Un giffle peut faire l’affaire ou une parole exprimée a haute voix genre « Allez vous frotter ailleurs monsieur le dégoutant », je ne doute pas que dans ce cas la solidarité des présents s’exprimera. La mauvaise option est de subir en se taisant.

  • Il faudrait aussi dénoncer le féminisme de façade des Caroline de Haas ou Clémentine Autain qui font profession de cette noble cause, mais nient les harcèlements de rue dans le 9-3, la condition faite aux femmes dans les cités et les attouchements et viols à Francfort ou ailleurs commis par les migrants musulmans.

  • La femme est l’égale de l’homme et tout ce qui la brime, la cache, l’infantilise est condamnable.
    Mais elle reste une femme et l’homme un homme.
    Malheureusement, dans notre société rêvée par certaines (et certains), les sexes devraient être abolis afin d’instituer une société hermaphrodite.
    D’où l’amalgame entre drague lourde et vulgaire, injure, viol, etc… et politesse, galanterie, élégance.
    Laisser passer une femme devant soi, lui tenir la porte, l’aider à enfiler son manteau ou la précéder dans un escalier peuvent être considérer comme humiliant pour certaines femmes.
    Dieu merci, et j’ose espérer la majorité, beaucoup de femmes, ne partagent pas ce rêve!
    Il est intéressant de constater que les féministes les plus enragées assimilent ou font semblant d’assimiler le flirt ou la simple politesse au harcèlement ou même au viol en ne répondant pas aux questions sur le flirt ou la séduction

    • En fait dans l’escalier la galanterie consiste a se positionner pour la rattraper en cas de faux pas, donc la suivre en montant, la précéder en descendant.

      • @ brennec
        ah bon, j’avais appris au contraire que l’homme précède toujours la femme dans les escaliers : à la descente pour la rattraper si elle tombe, à la montée pour épargner sa pudeur, car s’il la suit en montant, elle lui offre le spectacle de ses fesses en mouvement, ce qui peut être gênant ou provocant.

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