Jérusalem, nœud gordien des Israéliens et des Palestiniens

La décision de Trump méconnaît totalement la fragilité de la coexistence entre Israéliens et Palestiniens à Jérusalem. Elle fait fi de l’impact dévastateur qu’elle va avoir sur un processus de paix déjà moribond.

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Jérusalem, nœud gordien des Israéliens et des Palestiniens

Publié le 8 décembre 2017
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Par Spyros Sofos et Vittorio Felci.
Un article de The Conversation

La reconnaissance de Jérusalem comme capitale de l’État d’Israël par Donald Trump, et l’annonce de la préparation du transfert de l’ambassade américaine de Tel-Aviv dans la Ville sainte sont potentiellement explosifs pour l’ensemble du Proche-Orient.

Même si cette décision constitue tout sauf une surprise – Donald Trump avait annoncé ses intentions durant la campagne électorale américaine –, elle rompt avec la diplomatie traditionnelle de ses prédécesseurs. Depuis l’adoption du Jerusalem Embassy Act of 1995, tous les présidents américains avaient renoncé à transférer l’ambassade des États-Unis à Jérusalem.

La fin d’un consensus

Depuis lors, il existait un consensus outre-Atlantique sur l’idée que la reconnaissance de l’annexion de Jérusalem-Est par Israël et sa désignation comme capitale de l’État hébreu risquaient d’affecter le fragile équilibre des puissances au Proche-Orient, tout en affaiblissant la capacité des États-Unis à promouvoir leurs intérêts dans la région. La diplomatie américaine s’était, jusque-là, montrée très prudente dans l’une des zones du globe les plus sensibles.

Les leaders palestiniens ont condamné cette décision avant même qu’elle soit rendue publique, tout comme les dirigeants arabes de la région. C’est aussi le cas bien au-delà du Proche-Orient. Car celle-ci va suscité un fort ressentiment parmi les Palestiniens dans les Territoires occupés et à Jérusalem même, dans un contexte de blocage du processus de paix depuis deux décennies et de détérioration continue de la vie quotidienne dans les Territoires.

Avant même l’annonce de la décision de Trump, les autorités américaines ont d’ailleurs recommandé aux citoyens et fonctionnaires américains d’éviter de se rendre dans la vieille ville de Jérusalem et en Cisjordanie.

Le centre de gravité du processus de paix

Jérusalem n’est pas seulement une cité historique de première importance pour le judaïsme, l’islam et la chrétienté, c’est aussi une ville clé pour l’identité des Israéliens et des Palestiniens.

Si l’on ajoute à cela la question cruciale du statut de Jérusalem dans le conflit israélo-palestinien, considéré comme l’un des contentieux les plus épineux à régler sur la scène internationale, on comprend mieux pourquoi, aux yeux des experts, la décision de Trump revient à jeter de l’huile sur le feu.

Sur le plan strictement politique, la plupart des Israéliens et des Palestiniens insistent sur le fait que Jérusalem est et doit être la capitale de leur État, et que cela est non négociable. Le statut de la Ville sainte fut d’ailleurs l’un des points d’achoppement dans le processus de paix initié par les accords d’Oslo au début des années 1990. Il fut alors envisagé de contourner cet écueil en renvoyant cette question à la toute fin des tractations entre les deux parties.

Le fait que le processus de paix dans son ensemble ait calé a accru, par contrecoup, la dimension symbolique de la question de Jérusalem pour les Palestiniens.

Jérusalem revêt une dimension symbolique très forte dans l’imaginaire des Palestiniens, d’autant plus que les autres marqueurs de leur identité – le territoire, la gouvernance et l’autodétermination – s’érodent sous le poids de l’occupation israélienne, le blocus de Gaza et la détérioration de la coopération entre Israéliens et Palestiniens.

La stratégie d’Israël

Si le premier ministre Benjamin Netanyahou et son gouvernement ont fait profil bas à l’annonce de la décision de Trump, il est clair que pour les cercles nationalistes en Israël, mais aussi au sein d’une large partie de la population, sa valeur symbolique est très forte.

Depuis son annexion en 1980, le gouvernement israélien n’a pas ménagé sa peine dans sa revendication de souveraineté pleine et entière sur Jérusalem. La construction de nouvelles colonies tout autour de Jérusalem visait clairement à insérer totalement la ville au sein du territoire israélien. Dans le même temps, les permis de construire à Jérusalem-Est ont été limités, tandis que l’accès des Palestiniens à la mosquée El Aqsa, édifiée sur les ruines du second Temple juif, faisait l’objet d’une série de restrictions, qui ont finalement été levées.

Non moins importantes sur le plan de la symbolique politique, les fouilles archéologiques menées par Israël tout autour de Jérusalem sont perçues par les Palestiniens comme la volonté de consolider le lien historique avec la Ville sainte.

Au-delà du Proche-Orient

La décision de Trump méconnaît totalement la fragilité de la coexistence entre Israéliens et Palestiniens à Jérusalem. Elle fait fi aussi de la signification que revêt la cité pour l’identité palestinienne et pour ses aspirations nationales, ainsi que l’impact dévastateur qu’elle va avoir sur un processus de paix déjà moribond.

Elle ne va pas seulement endommager le fragile écosystème de Jérusalem, où l’Histoire est une question de vie et de mort, mais avoir aussi un effet d’entraînement bien au-delà. Elle peut déstabiliser encore davantage l’Autorité palestinienne déjà en mal de légitimité et une série de régimes arabes eux-mêmes fragilisés. Sans compter l’hostilité entre Israël et l’Iran, qui risque de croître.

Pour Téhéran, cette décision apparaît tout simplement comme « une violation de l’un des lieux saints de l’islam ». Ajoutée au rapprochement actuel avec l’Arabie saoudite, elle apparaît clairement aux yeux de Téhéran comme la manifestation de l’hostilité de Trump à l’égard de l’Iran.

The ConversationEnfin, elle pourrait renforcer l’assise des mouvements islamistes anti-occidentaux dans le monde musulman, mais aussi au sein même des pays occidentaux. Ces mouvements ont, en effet, toujours accordé à la question de Jérusalem et de la Palestine une place centrale.

Spyros Sofos, Researcher, Centre for Middle Eastern Studies, Lund University et Vittorio Felci, Researcher, Centre for Middle Eastern Studies, Lund University

La version originale de cet article a été publiée sur The Conversation.

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  • Il n’y a jamais eu de volonté de paix de la part des « palestiniens » . il ya aura toujours un sujet de rejet. Le but de ce peuple palestinien et la destruction d’Israël . Leurs enfants sont éduqués à la haine dés le plus jeune age . Israël menace la paix du monde depuis sont origine c’est connu ,est responsable de tous les problèmes du moyen orient qui serait un havre de paix et d’amour pour tous sans lui … Cet érudit spécialiste se fiche de nous . Trump est pour tous ces brillants diplomates et analystes un imbécile ,un fou .IL n’est pas hypocrite lui, et il ne va pas à la soupe!
    Il ne faut pas désespérer Billancourt claironnait Sartre, alors les palestiniens!
    Pour être clair ne suis pas juif, je suis athée et je n’ai aucun intérêt avec les juifs .

    • @Did
      Je crains que vous soyez surtout inconscient de la complexité d’une situation empoisonnée depuis au moins un siècle.

      Pour résumer très sommairement, suite à la multiplication au cours du XIXème siècle et du début du XXème siècle des persécutions et pogroms en Europe centrale et orientale (sans oublier d’autres épreuves, comme le traumatisme légitime créé par l’Affaire Dreyfus) et au génocide perpétré par l’Allemagne nazie, la création de l’État d’Israël apparut comme la seule solution. Que répondre aux survivants de tant d’horreurs que même les riches États-Unis de 1945 refusaient d’accueillir ?

      Mais cette création se fonda aussi sur une ignorance – peut-être involontaire au XIXème siècle – capitale et grosse de tous les affrontements ultérieurs : contrairement au slogan sioniste (peut-être de Herzl), « Une terre sans peuple pour un peuple sans terre. », la Palestine n’était pas vide et la création de colonies juives puis de l’État d’Israël allait aboutir à une éviction massive des populations qui vivaient là depuis des millénaires : à juste titre, les Arabes disaient en 1945 qu’ils n’avaient pas à expier, du fait de la création de l’État d’Israël, les crimes perpétrés contre les Juifs en Europe. Comment leur donner tort ?

      Ajoutons à cela le fait que, pour les 3 monothéismes (juif, chrétien et musulman), Jérusalem revêt un caractère éminemment sacré : qu’on partage l’une ou l’autre de ces croyances (je suis pour ma part agnostique mais sais qu’une religion est aussi une civilisation, une culture, etc. qui contribue à structurer maintes sociétés), ce caractère « sacré » est un fait indiscutable même si aucune foi ne saurait légitimer pogroms, nettoyages ethniques ou autres persécutions.

      Bref, personne et tout le monde a à la fois tort et raison et la seule solution est un compromis, inévitablement subtil, ardu, frustrant et très imparfait, dont l’ « Initiative de Genève » [https://fr.wikipedia.org/wiki/Initiative_de_Gen%C3%A8ve] est, à ma connaissance, le meilleur exemple.

      En reconnaissant brutalement Jérusalem comme capitale de l’État d’Israël, M. Trump satisfait la demande de groupes chrétiens étasuniens aussi bornés (lecture littérale de la Bible au lieu de pratiquer l’exégèse) qu’ ignares et intolérants ; mais il valide ainsi une politique du fait accompli cynique d’Israël – que n’approuvent pas tous les Israéliens, ne l’oublions pas ! – parfaitement incarnée par M. Néthanyahou qui consiste depuis des années à violer tous les engagements pris lors de diverses négociations et notamment à expulser les Palestiniens de Jérusalem Est, implanter des colonies de plus en plus massives au-delà des frontières de 1947, rogner les pitoyables lambeaux de la Cisjordanie transformée en une série de bantoustans.
      « Efficace » à court terme, cette politique mène à une impasse à long terme… à moins de génocider tous les Palestiniens ou de leur faire tous quitter la Palestine en espérant que, dans quelques décennies ou siècles, tout le monde s’en sera accommodé : après tout, qui se souvient que l’Irlande du Nord fut une partie de la province de l’Ulster, aussi catholique et irlandaise que le reste du pays, dont la population d’origine fut férocement expulsée voire exterminée par les Anglais, notamment le sinistre Olivier Cromwell ? Qui se souvient que le Nouveau-Brunswick est en fait l’Acadie dont une grande partie de la population francophone fut déportée à des centaines ou des milliers de kilomètres dans des conditions épouvantables pour faire place aux colons anglais ? Aujourd’hui encore, outrage permanent à la mémoire des victimes du « Grand Dérangement », le nom de la capitale du Nouveau-Brunswick est Moncton, de Robert Monckton qui fut l’un des organisateurs du génocide acadien.

      Qu’on se mette à la place des Palestiniens : 3 ou 4 générations d’exilés, réfugiés, déplacés, au mieux de citoyens de seconde ou de troisième zone en Israël ou dans leur propre « pays », la Cisjordanie, voilà le passé, le présent et l’avenir de ces gens-là. Qui peut soutenir qu’ils ont un réel espoir, à savoir une existence dans un endroit où ils soient vraiment chez eux, où ils puissent vivre avec dignité selon des lois qu’ils se seront données ? Qui voudrait rejoindre les Acadiens ou les Tibétains dans la liste des peuples et civilisations disparus dans l’indifférence générale ? Qui ne serait pas rempli de haine et de désespoir dans une telle situation ?

      Inversement, l’État d’Israël est un fait qu’on ne saurait remettre en cause à moins de prôner le génocide ou, au « mieux » la « dhimmitude ». Mais, parce que cet État existe et qu’il assure – fort légitimement – une vie globalement digne et prospère aux Israéliens, c’est à ces derniers de comprendre la nécessité d’un vrai compromis permettant aux Palestiniens d’avoir un autre avenir que l’exil, l’humiliation ou la ceinture d’explosifs.

      NB : la place me manque pour évoquer le drame des Chrétiens d’Orient qui furent si longtemps l’un des ferments intellectuels les plus puissants du Proche et du Moyen-Orient ? Presque personne ne s’en soucie réellement.

    • Je suis en accord avec ce que vous dites. Il est clair que les palestiniens ne désirent pas faire la paix, ils veulent la disparition d’Israël, et ne s’en cachent même pas. Il suffit de se rendre dans une école palestinienne, ce que vous entendrez est atterrant. Les extrémistes juifs non plus d’ailleurs, car ils savent ce qui s’y passe. Beaucoup parlent arabe et comprennent ce que les palestiniens disent.
      Il faut quand même faire un petit retour historique pour comprendre. Israël est le berceau du peuple juif, la terre où il s’est constitué. Selon les derniers éléments apportés par l’archéologie, on sait que c’est selon le même processus que pour le christianisme. Au pays de Canaan, une secte a dû se former, ne reconnaissant plus qu’un seul Dieu Yavhe et rejetant les autres Baal, Astarté, etc… dont on retrouve encore des statuettes dans les habitations, le peuple ayant mis du temps à se débarrasser des anciennes divinités. Ce qui donna la religion hébraïque et forma le peuple juif.
      Les Arabes ont envahi en 636 et conquis Jerusalem en 638, puis colonisé le pays. Ce sont donc des envahisseurs et des occupants. Les proprios légitimes sont les juifs!

      • Si je compte bien l’invasion arabe remonte à … ouh la la … ça fait un bail tout de même. Déclarer les Juifs « propriétaires » du pays alors que d’autres y vivent depuis 1400 ans me parait abracadabrantesque. A ce petit jeu il va falloir déménager pas mal de monde rien qu’en Europe.

        • @Synge

          Merci !!! Enfin du bon sens !

          • Vous savez tout c’est évident, bravo!
            Difficile, d’accord de dire cette histoire en peu de ligne. Je ne suis inconscient de rien et je suis tout aussi renseigné que vous, j’évite les poncifs, les vulgates . Vous parlez comme les journalistes… La Palestine nom géographique de cette région n’a jamais désigné un peuple . Elle était peu peuplée. L’invention de la notion de peuple palestinien est une construction soviétique pour séduire les musulmans et attaquer un alliés de l’occident.l Il n’y a jamais eu autant de « palestiniens » depuis la création d’Israël. Le musulmans se fichaient de la Palestine et de Jérusalem avant le retour des Juifs. Encore un poncif: les musulmans sont des citoyens de seconde zone, à tel point qu’un juge musulman a pu de plein droit envoyer un president en prison, il l’avait méritait . Israël est un état de droit cela vous à échappé…Votre méthode relève du mélange.
            Il y a les faits et l’histoire, toujours à remettre à jour.
            J’ai une documentation importante sur ce sujet et je reçois une lettre quotidienne de spécialistes à ce sujet .
            Vos commentaires à ce sujet , sont un peu méprisant . Mais une chose est certaine s’il est plaisant de plaindre les juifs quand ils sont victimes, pour Israël ils n’attendent rien de nous, ils sont prés à ce battre et à mourir.
            Oui il y une vulgate soft antisémite!
            Elle est constituée pour l’essentiel de ce que vos commentaires énoncent .

            • @Did

              On a envie de vous dire que vous ne savez rien, ce qui ferait une moyenne. Mais ce n’est pas ça ; vos affirmations relèvent banalement de la mauvaise foi au service d’une mauvaise cause (écraser des gens plutôt que de rechercher une solution pérenne respectant les deux parties : c’est la quadrature du cercle mais aussi la seule issue viable) qui nie les souffrances actuelles des uns au nom des souffrances passées des autres (l’Histoire montre régulièrement que les anciens opprimés peuvent devenir des oppresseurs sans état d’âme).

              Pour faire bon poids, vous insinuez, minable et nauséabond procédé, que je suis antisémite, probablement parce que vous êtes familier des tactiques soviétiques auxquelles vous vous référez. Je vous laisse utiliser le style de vos chers classiques : « Traitez vos adversaires de fascistes : le temps qu’ils se défendent, vous aurez tout loisir de leur porter de nouveaux coups ! » (Dimitri Zakharovitch MANOUÏLSKI, 1883-1959). Cette violence – verbale, ici – m’indiffère et dissimule mal votre absence d’arguments honnêtes et sérieux : « La violence, … , est le dernier refuge de l’incompétence. » (Isaac ASIMOV)

  • Pendant deux mille ans, les juifs ont scandé « l’année prochaine à Jerusalem ». C’est dire l’importance qu’ils y attachent.
    Ceux qui ont construit une mosquée sur les ruines du Temple n’ont pas grand chose à voir avec les palestiniens d’aujourd’hui.
    Les arabes ont 50 fois plus de territoires que les israéliens. Ils peuvent laisser quelques km2 à Israel.

    • @Mullerache

       » Les arabes … peuvent laisser quelques km2 à Israel.  » Que vous êtes généreux avec le bien d’autrui ! Faut-il ensuite  » chipoter « , par exemple en rappelant que  » Les Arabes  » sont aussi variés que  » Les Européens « .

       » Pendant deux mille ans, les juifs ont scandé « l’année prochaine à Jerusalem ». C’est dire l’importance qu’ils y attachent.  » Certes : mais ceci abolit-il ipso facto le droit de toutes les populations qui se sont établies en Palestine depuis 2’000 ans (sans compter celles qui étaient là en même temps ou avant les Hébreux : cf. les Philistins) à y vivre selon leurs lois et coutumes ?

      À ce compte-là, il faudrait par exemple déloger de France 99% des habitants vu que les populations d’origine ont été submergées par les Celtes, les Romains, etc. S’il suffit de clamer son attachement à un territoire depuis des décennies, siècles voire millénaires pour avoir le droit de défaire tout ce qui est survenu entre-temps dans ledit endroit, peu de gens vont se sentir en sécurité sur Terre !

      En réalité, il n’y a pas de réponse simple : une occupation peut être effacée au bout de quelques années ou décennies (retour de l’Alsace-Moselle, indépendance recouvrée de la Corée en 1945, etc.) ; mais, quand elle s’est perpétuée pendant des siècles, les choses deviennent pour le moins compliquées : ainsi, les États-Unis se sont essentiellement construits sur un génocide : mais si une tribu indienne revendiquait la propriété du territoire sur lequel on a construit New York ou San Francisco avec le droit de raser tout bâtiment de leur choix et d’expulser tout ou partie de la population y habitant, faudrait-il faire droit à cette demande ?

      Ce qui a changé par rapport au passé c’est que, en dépit de maintes imperfections et contradictions mâtinées de cyniques arrangements, on n’accepte généralement plus aujourd’hui que des peuples puissent être expulsés de chez eux, ce qui est à l’honneur de notre époque. Reste à traiter les question au cas par cas, avec modestie et persévérance : l’affaire palestinienne est un des exemples les plus complexes et douloureux de la nécessité de trouver un compromis… qui sera imparfait par définition.

      • @ Liger
        Désolé mais vous êtes ignorant, ou vous le faites exprès? Les habitants légitimes ne sont pas les arabes qui ont envahi et colonisé Israël en 638. Ce ne sont que des envahisseurs et des occupants. Les proprios sont les juifs selon le droit. Tout bien acquis par la force en chassant son légitime propriétaire n’est que du vol.
        C’est toute la difficulté de ce conflit, car les palestiniens peuvent difficilement reconnaître cela, vu qu’ils y sont depuis des siècles. Le problème c’est l’antisémitisme des musulmans, qui les poussa à attaquer les colonies juives en 1949, alors qu’ils pouvaient très bien vivre au milieu des juifs, comme beaucoup de nos jours qui ont la nationalité israélienne. Cela aurait grandement aidé le développement économique et culturel du monde arabe que cette coopération avec des gens particulièrement instruits et compétents, de plus de la même race car juifs et arabes sont tous deux sémites!

        • @Virgile

          Si on vous suit, tout individu descendant d’un envahisseur quelconque, fût-ce depuis des siècles, doit être expulsé et le territoire restitué aux descendants (pour autant qu’on puisse les identifier avec certitude) des gens qui furent envahis. Ou faîtes-vous une exception pour les seuls Hébreux/Juifs ?

          Comme vous êtes agressif et discourtois ( » …vous êtes ignorant, ou vous le faites exprès ? « ), je n’hésite pas à écrire ici que votre raisonnement (car je ne m’attaque pas aux personnes) est délirant, infondé et dangereux.

          Par respect du dialogue, je vous livre, à titre d’exemple, cet élément à méditer : les Hébreux étaient-ils les premiers habitants de la Palestine ? Bizarre, de multiples ouvrages fort sérieux parlent de tribus nomades (les Hébreux) venues s’établir après de multiples combats contre les peuples autochtones dans ce qui sera plus tard nommé la Palestine. La Bible – qui n’est pas, sauf erreur, un ouvrage antisémite – décrit clairement ce qui fut une invasion et une colonisation, phénomène historique récurrent en tous lieux et en tous temps qu’il ne faut pas juger selon des critères  » moraux  » inadaptés, mais ceci est une autre histoire. Morbleu, lisez par exemple ce passage de la Bible : « Alors, Josué ordonna aux scribes du peuple : « Parcourez le camp, donnez cet ordre au peuple : “Préparez des provisions, car dans trois jours vous passerez le Jourdain que voici, pour aller prendre possession de la terre que le Seigneur votre Dieu vous donne en héritage.” » (Livre de Josué, chapitre I, 10-11). Allez-vous soutenir qu’il s’agissait d’une grande randonnée pacifique et que ladite terre était vide ? Je vous préviens charitablement que ce sera compliqué : par exemple, Jéricho est la ville la plus ancienne de la Terre (premier établissement 8’000 à 9’000 ans avant J-C : cf. entre autres l’excellent ouvrage de Michel Ragon  » L’Homme et les Villes « )

        • @Virgile

          Faute de temps, je ne poursuivrai pas la discussion dont vous faîtes une discourtoise polémique (« vous êtes ignorant, ou vous le faites exprès? »).

          Vos arguments sont erronés, partiaux et fallacieux : en vérité, d’innombrables peuples et civilisations se sont succédées dans ce qu’on appelle aujourd’hui la Palestine et les Hébreux ne sont que l’un de ces peuples. Le destin exceptionnellement tragique des Juifs… en Europe ne légitime en rien le sort injuste qui est fait aux Palestiniens.

          Pour finir sur une note culturelle et distanciée, je conseille la lecture de  » La Tour d’Ezra  » [ » Thieves in the night « ], excellent roman (mais si réaliste) d’Arthur Koestler (qui était juif et qui fut sioniste avant de prôner une solution à 2 États) qui se passe en Palestine peu avant 1948. Toute la complexité de la situation y est décrite avec une remarquable finesse et une subtile ironie, comme ce propos qu’il met dans la bouche du haut-commissaire britannique : « « Ne trouvez-vous pas, Miss Clark, qu’il y a trop de sainteté dans l’air ? L’atmosphère en est empoisonnée. La sainteté n’est supportable que très diluée, comme les sels de bain. L’essence concentrée est du poison. » »

          • Vous me semblez très partial également. Entre 636 et 1948, les juifs n’ont pas disparu de la Palestine et de nombreuses générations de juifs ont continué à y vivre. Au début du XXè s, une courte majorité de la population de Jérusalem était juive.
            Regardez le plan de répartition de la Palestine de 1948 : Israël est constituée d’un étroit cordon littoral (sans Jaffa) où les juifs se concentraient déjà, ainsi que de terres désertiques. L’Etat arabe possède les territoires « utiles » les plus importants. Jérusalem et ses environs sont un territoire international. A cause de leur haine antisémite, les arabes de Palestine, cherchant immédiatement à détruire Israël avec l’aide de leurs voisins, se sont condamnés eux-mêmes à la défaite et à perdre de facto de nombreux territoires qui auraient été à eux si ils avaient accepté le plan de partage.
            Je tiens à préciser que je ne suis pas juif, je ne connais aucun juif et je ne suis pas un chrétien fondamentaliste. J’essaie juste d’être objectif.

    • @ Mullerache
      PS : relisant  » Ceux qui ont construit une mosquée sur les ruines du Temple n’ont pas grand chose à voir avec les palestiniens d’aujourd’hui. « , j’attends avec intérêt une argumentation qui remplacerait avantageusement une affirmation péremptoire (et insultante, ne le niez pas) sortie d’une boîte à slogans de l’Irgoun

  • Allez soyons fou : Paris est la capitale de la France. Autre cocasserie : il faut sauver « le processus de paix » .

    • @Pemba
      Ah, que vous avez raison, bien au chaud chez vous en rêvant aux prochaines agapes de Noël. C’est vrai que « le processus de paix », c’est bien compliqué et coûteux, tout ça pour des gens qui vivent bien loin…
      Ceci me fait penser au cri du cœur de Neville Chamberlain après la signature des honteux accords de Munich en 1938 s’exclamant qu’on n’allait pas faire la guerre pour des gens dont on n’avait jamais entendu parler…

      • Cher Monsieur
        Vos interventions sont un peu méprisante, vous semblez tout savoir. Pourtant vos propos tiennent plus de la salade érudite que d’un quelconque résumé sérieux de l’Histoire d’Israël .
        Je pourrais le faire mais Bon…
        Votre prose énoncent tous les poncifs, vulgates qui constituent le « soft antisémitisme »de salon, compagnon de route de l’islamo-gauchisme . Mon inconscience est pleinement consciente de votre appétence à la dhimmitude discursive.
        Un bon juif est juif victime, hélas ils sont prés à se battre et à mourir, ils l’ont prouvé? Ils n’ont pas besoin de nous .
        Entre la démocratie libérale d’Israël et les descendants du grand mufti de Jérusalem interlocuteur d’Hitler, j’ai choisi.
        Votre dévoué inconscient
        Did
        PS:Pour mémoire le peuple palestinien commence à exister seulement dans les années soixante. C’est une construction de la ligue arabe bien conseillés par les soviétiques maitres en manipulation,déstabilisation.

        • @Did

          Je vous renvoie à ma précédente réponse et regrette que vous persistiez à traiter d’antisémite quiconque fait preuve d’esprit critique dans ce conflit empoisonné.

          Je signale aux personnes de bonne foi l’ouvrage de Pascal Boniface  » Peut-on critiquer Israël ?  » qui expose calmement le mécanisme de terrorisme intellectuel adopté par ceux qui prétendent interdire tout débat en traitant d’antisémite qui ne cautionne pas sans réserve la colonisation de la Cisjordanie et autres dérives de ce type.

          • Qui se prive de critiquer Israël? Personne!
            Par contre vos commentaires ne sont pas de l’ordre de la critique.
            Vous procédez par amalgame et confusion ! Oui les arguments(confus) que vous reprenez quand ils ont pour référence Mr Boniface relève de cette antisémitisme qui s’ignore. Mr Boniface en est un qui ne s’ignore pas(Mr Boniface est de bonne foi comme Mr Généreux l’est en économie, si n’était pas tragique,j’en rirais). Ses arguments pratiquement toujour à charge pour Israël , quand ils sont invalidés par une contre argumentation solide, factuelle, ce monsieur fait intervenir : on ne peut pas critiquer . Et le bien pensant de dire :Ho mais oui. De la tribune de l’Onu, par les « unes » de journaux, de télés, que ce soit juste ou faux Israël est le pays le plus critiqué.Il a le record des actions de l’Onu !
            Alors de grâce! Quand au poncif de la colonisation, je vous invite à faire des recherches impartiales à ce sujet et vous risquez d’être surpris . Vous découvrirez une histoire qui n’ai pas celle que la vulgate médiatique colportée depuis des décennies…Le terrorisme intellectuel au sujet d’Israël? Essayez de défendre ce pays un peu avec des faits,vérifiables,dates, textes,nuances etc, et on vous fait taire. Comme on me faisait taire quand je parlais du communisme, ou quand je parle de l’écologisme idéologique(pléonasme). Oui les gens taisent l’autre comme le chantait Ferré . Moi je critique vos propos et je vous renvoie à ce qu’ils ,ne vous en déplaise( et je le comprend) un antisémitisme de fait . Je l’ai écrit pour vous toucher ! Quand je défendait Solidarnosk , vous auriez vu la qualité des arguments qu’on m’opposait et les jolis noms d’oiseau qu’on m’attribuait… Comme j’ai défendu aussi face à des maoïstes les tibétains(dont vous comparez la situation avec le soi disant peuple palestinien. Pour détail Arrafat et E Saîd étaient égyptiens) .
            Rester debout dans ce pays ça demande autre chose que de suivre platement le camp du bien. La désinformation est à l’oeuvre depuis les soviétiques. Eux partis, elle fonctionne toute seule!
            Ne pas prendre pour monnaie comptante ce que des intellectuels patentés vous servent,ça demande du boulot! De la vigilance … Et on se fait avoir, normal. Chercher encore…

  • Cette terre est celle des Juifs, celle des Chrétiens, avant d’être aujourd’hui, revendiquée exclusivement par l’islam qui en fait, utilise cette terre à des fins religieuses et politiciennes. La réalité c’est le refus de l’islam d’accepter les juifs au Moyen Orient, comme ils auraient refusé d’ailleurs, une terre chrétienne.
    Assez de cette dictature de la pensée qui veut la création d’un 58ème état d’essence islamique, impliquant de fait, la charia et l’intolérance.

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Trump
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Depuis la présidentielle de 2016, il semble que l’establishment médiatique et Washington veulent la peau de Donald Trump coûte que coûte. Ça a lamentablement échoué durant sa présidence et même après avec la commission hyper-biaisée du 6 janvier.

Mais maintenant, le ton monte d’un cran. La semaine dernière, non seulement le FBI est arrivé sans crier gare à son manoir de Floride, mais l’État de New York l’a longuement questionné sur ses pratiques fiscales, soupçonnées frauduleuses.

Sur ce dernier point, il est demeuré muet comme ... Poursuivre la lecture

Le 9 août 2022, pour le compte de l’Iran, La Russie a lancé un satellite d’observation dont l’objet déclaré est, selon les Iraniens, de surveiller les frontières du pays, améliorer la productivité agricole, suivre l’évolution de la déforestation, contrôler l’évolution des ressources en eau et observer les éventuelles catastrophes naturelles qui pourraient frapper le pays.

 

Un satellite iranien de fabrication russe

Ce satellite, baptisé Khayyam (d’après le célèbre poète du XIe siècle, Omar Khayyam, qui était aussi mathémati... Poursuivre la lecture

La France a été pendant 7 siècles environ un acteur majeur dans la région, c’est-à-dire des pays allant d’ouest en est de l’Égypte à l’Iran et du nord au sud de la Turquie au Yémen. Donc des pays presque tous musulmans, à l’exception de moins en moins nette du Liban, et surtout d’Israël.

La France puis l’Angleterre y ont longtemps été très présentes, avant de céder la place aux États-Unis, qui eux-mêmes n’ont gardé une influence, d’ailleurs réduite, que dans certains pays.

Commençons par interroger l’histoire.

 

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