Théorie du ruissellement : fausse théorie pour un vrai débat

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By: Clément Chéné - CC BY 2.0

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Théorie du ruissellement : fausse théorie pour un vrai débat

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 8 décembre 2017
- A +

Par Olivier Pasquier.

En sciences économiques, ce ne sont pas les théories qui manquent. Elles sont nombreuses, se contredisent et correspondent à une époque et un contexte. Intéressons-nous à la théorie du ruissellement, on n’a pas fini d’en entendre parler sur les plateaux télé et dans la presse.

Et c’est justement là une partie du problème, dès qu’on quitte les médias, cette théorie est introuvable. Pas de publications universitaires sérieuses, d’études approfondies sur cette mystérieuse théorie. Allez rouvrir vos manuels d’histoire, vous n’en trouverez aucune trace.

La théorie du ruissellement c’est quoi ? C’est une théorie économique d’inspiration libérale selon laquelle, sauf destruction ou thésaurisation (accumulation de monnaie), les revenus des individus les plus riches sont in fine réinjectés dans l’économie, soit par le biais de leur consommation, soit par celui de l’investissement (notamment via l’épargne), contribuant ainsi, directement ou indirectement, à l’activité économique générale et à l’emploi dans le reste de la société.

Théorie qui semble d’une simplicité absolue mais qui en réalité n’est pas vérifiée théoriquement.

De l’Histoire pour y voir plus clair

Dans les faits, il est intéressant d’observer l’Histoire pour y voir plus clair. Derrière cette théorie se cache un véritable débat politique, pas pour savoir si ça ruisselle mais pour tenter de comprendre qui, entre l’État (via ses dépenses publiques) et les investisseurs privés est le plus à même d’investir pour favoriser le progrès et l’intérêt général.

Progrès qui s’avère payant sur le long-terme pour la population. En l’absence de preuve empirique de la validité de la théorie du ruissellement, il convient de procéder à une petite rétrospective historique. Parmi les périodes d’intense développement économique, qui, du public ou du privé réalisait les investissements nécessaires au progrès du plus grand nombre ?

La première période historique concernée est le Second Empire (1852-1870) qui est sans doute le premier régime français à privilégier des objectifs économiques. Avant de devenir empereur, Louis-Napoléon a publié quelques brochures dans ce domaine : sa pensée est à la fois originale et hétéroclite.

Libre-échange et investissements privés

Soucieux d’apporter une réponse aux problèmes sociaux de son temps, il s’inspire du saint-simonisme, qui préconise une société fraternelle en vue du bien commun.

Le libre-échange doit entraîner une prospérité générale et donc une amélioration de la condition ouvrière. Dans cette perspective, il conclut avec l’Angleterre le traité de libre-échange de 1860. Libre-échange et investissements privés caractérisent cette période.

L’État n’est toutefois pas absent de la scène économique et réalise de très importants investissements, au point d’augmenter lourdement la dette publique. Des investissements surtout présents dans le secteur des transports : l’une des principales initiatives de Napoléon III est la révolution des transports. Six grandes compagnies de chemin de fer sont créées, la longueur des voies ferrées est multipliée par cinq.

Le commerce intérieur peut alors s’épanouir dans ce qui apparaît pour la première fois comme un véritable marché national. Des ports déjà relativement importants comme Le Havre, Bordeaux et Marseille sont agrandis, d’autres sont créés, comme Saint-Nazaire. Ils abritent une flotte moderne et nombreuse. Enfin, les villes les plus importantes sont reliées par le télégraphe.

Des banques, moteur de la croissance

Le système bancaire connaît également un fort essor : les banques familiales comme celle des Rothschild continuent de prospérer mais elles sont concurrencées par de grandes banques de dépôt ou d’affaires, comme le Crédit Lyonnais (1863) ou la Société générale (1864).

Elles drainent l’épargne des Français et investissent leurs fonds dans l’industrie et le commerce. Ces banques sont le véritable moteur de la croissance. En organisant le secteur bancaire, l’État assure à chaque Français les financements nécessaires à la réalisation de l’activité économique de son choix.

Au final, l’étatisme du Second Empire est à relativiser car il sert surtout à organiser le marché et permettre le développement des initiatives personnelles. En misant sur les infrastructures, chaque agent pourra alors librement exercer l’activité économique de son choix.

L’État mobilise ses forces sur l’organisation et non le contrôle du marché. Le Second Empire, un bel exemple de libéralisme économique avec à la clef une élévation globale du niveau de vie des Français. Les investisseurs privés remportent la manche avec un État qui sert de référentiel et non de guide.

Le boom économique des 30 glorieuses

Après le Second Empire, les Trente Glorieuses constituent une autre phase de croissance économique accrue. Juste après la Seconde Guerre Mondiale, la France (mais aussi le reste du monde), connaît un véritable boom économique pendant 30 ans.

Le système mis en application prévoit l’intervention d’un État puissant. L’économie repose sur le marché, mais elle est encadrée et régulée par un État fortement interventionniste. L’État organise des services publics, dont il est propriétaire et qui bénéficient d’un monopole. Il assure un rôle de régulation de l’économie (contrôle des prix, contrôle des changes, régulation du crédit…).

Il met en œuvre les principes keynésiens de réglage de l’activité économique par les politiques budgétaire et monétaire. Il encadre le marché du travail (droit du travail protecteur des intérêts des salariés, fixation d’un salaire minimum…).

Il est propriétaire de grandes entreprises, mène une politique de modernisation industrielle, s’efforce de planifier l’évolution de l’économie. Pour financer ces politiques et assurer une redistribution, il prélève des impôts et cotisations sociales d’un niveau élevé.

L’interventionnisme n’est pas si nécessaire à la croissance

L’objectif de l’interventionnisme étatique est de rechercher l’intérêt général : éviter les crises et les déséquilibres, en particulier le chômage ; protéger les acteurs en position de faiblesse structurelle que sont les consommateurs, les salariés, les personnes en difficulté sociale ; limiter les inégalités ; réaliser des investissements collectifs de grande ampleur (transports, énergie…).

Toutefois, l’efficacité de la combinaison étatisme-libéralisme, globalement vraie, doit être relativisée. Quasiment tous les pays industrialisés d’Europe, ainsi que le Japon, ont connu leurs Trente Glorieuses entre 1945 et 1973 environ, quelle qu’ait été leur organisation économique et politique, tout simplement en raison de la nécessité de reconstruire et développer les infrastructures, du baby-boom, des évolutions technologiques et de la mentalité hédoniste, terreau de la société de consommation.

L’interventionnisme des Trente Glorieuses n’était donc pas le principal moteur de la croissance mais une mise en place d’une économie très encadrée et réglementée, un frein lorsque les mutations économiques des années 80 sont arrivées.

La révolution informatique et des nouvelles technologies peine à se propager en France, en raison notamment des normes et réglementations qui empêchent l’évolution de l’activité économique aux réalités de l’époque (normes mises en place lors des Trente Glorieuses pour répartir la croissance).

Les bienfaits de la concurrence

L’Histoire nous apprend ainsi que le libéralisme économique et la prépondérance des investissements privés est une condition nécessaire au développement économique (et donc au progrès et à l’intérêt général). Un message pour notre temps où il convient de repenser l’intervention de l’État dans l’économie : une concurrence réelle dans les différents secteurs de l’économie est le système le plus à même pour inciter à l’innovation et au progrès technique.

Opter pour le libéralisme économique c’est donc lutter contre les monopoles et oligopoles et ne pas servir les intérêts du grand capital. Frédéric Bastiat disait « Entre un mauvais et un bon économiste, voici toute la différence : l’un s’en tient à l’effet visible ; l’autre tient compte et de l’effet qu’on voit et de ceux qu’il faut prévoir1»

Espérons que le débat public cesse la glorification de l’État, de son interventionnisme et de la puissance publique et anticipe les effets pervers d’un étatisme forcené.

 

 

  1. Ce qu’on voit et ce qu’on ne voit pas (1850), Frédéric Bastiat, éd. Romillat, 1994, p. 177.
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  • Effectivement, comme souvent, la façon de nommer biaise le débat.

    Un autre titre possible aurait été «l’alternative aux riches, c’est l’impôt. Mais vers qui ruisselle-t-il ?»
    Par ailleurs l’exemple chinois est intéressant : par dogmatisme, par copinage, par désir d’afficher une croissance faramineuse, l’investissement public est privilégié bien au-delà du raisonnable, et les Chinois finiront par payer l’addition :
    https://r-login.wordpress.com/remote-login.php?action=auth&host=yvesmontenay.fr&id=76178270&back=https%3A%2F%2Fyvesmontenay.fr%2F&h=
    Et les autres articles sur la Chine

  • Débat inextriquable entre les économistes « de gauche » tenant du « multiplicateur keynésien » grace auquel toute dépense publique (notamment sociale) génère un effet de levier sur la croissance, et économistes « de droite » pour qui la théorie du « ruissellement » assurerait que les revenus des plus riches sont systématiquement réinjectés dans l’économie, l’investissement et la croissance.
    Aucune de ces deux théories n’ayant été réellement démontré, chacun campe idologiquemet sur sa position, l’étatisme l’ayant toutefois emporté au fil du temps si l’on s’en réfère aux 57 % de dépenses publiques actuelles rapportées au PIB.
    Au vu des résultats concrets de cette politique keynésienne, on peut affirmer qu’elle a échoué, ce qui ne légitime pas pour autant ce qui se serait passé dans un contexte économique entièrement libéralisé.
    La bonne question à se poser c’est : quel est le socle de dépenses publiques à partir duquel l’efficacité de l’euro supplémentaire dépensé par l’Etat le serait de manière plus efficace par le secrteur marchand ?
    A vos copies, vous avez 3 heures..

    • Quand vous aurez pris le temps de lire ce site, vous aurez la réponse à votre question, en moins de 3 heures normalement. Si vous l’avez déjà lu, comment est-il encore possible de poser la question ?

    • Gaston79 je suis désolé de vous l’annoncer aussi sèchement mais la vérité est là : vous êtes socialiste. Hélas.
      Cela se lit dans cette « bonne question » que vous voudriez que nous nous posions et que nous rejetons en criant, tel Jacouille, « ça puire Messire ».
      De fait il n’y a aucun socle de dépenses publiques à maintenir, sous entendu socle de la croissance et du bonheur et patati et patata. Ce n’est tout simplement pas le job de l’Etat et ça explique d’ailleurs pourquoi ça ne marche pas.
      Quand à cette histoire de ruissellement, ce n’est pas pour rien que les économistes l’ignorent : c’est juste du baratin pour journalistes ignares.
      Allons cher Gaston79, reprenez vous !

  • inextricable… bien sûr.

  • Le » ruissellement » pris dans son sens le plus simple n’est pas démontré, c’est à dire ?
    Il faut absolument le préciser du point de vue quantitatif sinon le reste est assez difficile à suivre.
    je cite.. ».les revenus des individus les plus riches sont in fine réinjectés dans l’économie. » est ce que ça voudrait dire qu’il existerait une façon que les revenus des plus riches soient en dehors de l’économie..?

    Il me semble que la théorie du ruissellement est plutôt liée au fait que l’enrichissement des uns « profite » in fine aux plus pauvres..
    Cette théorie est plus intéressante en négatif ..Ceux qui l’utilise pense que le rôle d’économie est de « donner » un revenu aux plus pauvres..les mots creux abondent redistribution, interet général… Hors à part eux personne ne pense qu’on doivent donner un revenu aux plus pauvres contre ..rien…ou alors on appelle ça la charité..
    Alors certes on peut s’interroger sur l’intérêt économique et non moral de la charité, ce qui ferait d’ailleurs basculer la charité vers une forme élaborée de « cupidité »..Je t’aide car c’est mon intérêt.
    Je n’y connais rien à l’économie c’est pourquoi j’apprécie assez quand les fondements d’un raisonnement , les termes et les objectifs sont clairs.. Intérêt collectif ou général..désolé je ne vois pas.
    comment mesurez vous cela? c’est forcement nier l’individu c’est
    simplement dire que je peux « sommer les interets » des individus.
    Or le bonheur se mérite.

    Non le développement économique qui ne peut être ramené à un nombre et être non arbitrairement optimisé n’est pas synonyme d’intérêt général.

    Le libéralisme est quand on admet que tout être a le droit de chercher le bonheur à sa façon avant tout plus « moral » me semble t il.
    Si jamais vous ramenez l’intérêt général à une formule mathématique, il se trouvera une dictature qui pourra l’optimiser en bafouant les libertés fondamentales d’ une partie de ses citoyens.

    Le libéralisme permet un développement économique qui respecte les droits des individus. Obtenir un revenu sans rien faire d’utile pour les autres ne fait pas partie du droit des individus.

    • et si vous espérez que je relise pour ajouter de la ponctuation ou corriger les fautes d’orthographe…pas pour moi. Le beau verbe peut cacher les failles logiques. Les miennes osnt à nu.

    • @ Jacques lemiere
      Encore OK!
      Mon avis est de ne pas perdre son temps avec « l’économie » qui est une « science humaine », donc pas une science fiable, trop contingente des comportements et conjoncturelles (origine encore moins claire)!

      Oui, ruissellement: il y en a eu! Par exemple dans les colonies africaines: les missions religieuses venaient y dépenser le prix des dons de riches occidentaux consacrés à « acheter leur ciel »: les missions pourvoyaient au culte, évidemment, mais aussi à l’instruction et aux soins de santé, parfois à l’amélioration de l’efficacité agricole, ou (cas vécu) de la fabrication de briques permettant la construction en « dur »: il y avait donc redistribution positive et efficace en Afrique d’une opulence occidentale sans même nécessité de « libre marché ». Bien sûr que toute « mission » a pour but non pas de « donner un poisson mais d’apprendre à pêcher! »

      L’autonomie d’autrui est plus importante que la dépendance vis-à-vis d’un état étranger: ce n’est pas le raisonnement classique politicien!
      À l’inverse, la centralisation de l’état français ne travaille que pour elle-même!

  • « Ruissellement » est notre traduction de l’expression « trickle-down » délibérément introduite pour ridiculiser une théorie selon laquelle il conviendrait de « laisser les riches pisser sur les pauvres ».
    Il n’est donc pas étonnant que personne ou presque ne s’en réclame dans les doctes milieux de la recherche universitaire. Si l’on veut trouver des travaux contestant l’efficacité économique et sociale d’une fiscalité croissante, il faut chercher plutôt les mots-clés « supply-side » (politique de l’offre) ou « Laffer » ou « flat tax » (en évitant « liberal » qui aux Etats-Unis signifie « socialiste »).
    Et si l’on tient à une analogie hydraulique moins partisane pour caractériser la diffusion spontanée de la fortune, je suggère plutôt « percolation » qui est moins connoté.
    Malheureusement lorsque cette approche de modération fiscale a été mise en oeuvre (Reagan et autres) elle s’est couplée à un surendettement public qui n’a fait que repousser le problème à plus tard. Si l’on veut diminuer durablement les impôts il faut en même temps dégraisser l’Etat donc mécontenter la majorité des électeurs qui croient profiter de la manne: impossible en démocratie.

    • @ mc2
      Il serait bon que les Français ne s’exprime que pour leur vécu personnel!

      Car écrire: « Si l’on veut diminuer durablement les impôts il faut en même temps dégraisser l’Etat donc mécontenter la majorité des électeurs qui croient profiter de la manne: impossible en démocratie »
      C’est littéralement faux: il y a bien des pays qui ne répondent pas à votre description!

      Quel autre pays voit son état gérer 57% de PIB? Non la France n’est ni l’archétype de l’Europe ni de l’Occident, n’en déplaise à votre amour propre national!

      • Bonjour Mikylux:
        Il serait bon que les Français ne s’exprime que pour leur vécu personnel!
        (…)
        n’en déplaise à votre amour propre national! »

        Mauvaise pioche mais ce n’est pas grave.

        Explication de texte:
        La démocratie, dans la mesure où elle implique la dictature de la majorité, tend inexorablement vers l’augmentation de la fiscalité redistributive. Partout, même si cette pathologie s’est aggravée plus rapidement en France qu’ailleurs.

  • Au lieu de débats théoriques, nous avons besoin de constatations. Celles qui ressemblent le plus à la « théorie du ruissellement » (comment peut-on trouver une dénomination aussi méprisante ?) sont « la richesse des uns fait la richesse des autres et en situation de saine émulation, l’exemple est le meilleur encouragement et le plus efficace.
    Bien sûr, il faut ajouter une constatation pratique vaut mille théories. Car pourquoi chercher des explications complexes et des mécanismes économiques sous-jacents pour débattre quand ce qu’il faudrait faire pour que les pauvres deviennent riches est aussi clair ?

  • « C’est une théorie économique d’inspiration libérale. » Ah bon ? Quelle découverte ! Vite, une source pour étayer le propos ! En attendant, on peut convier l’auteur à une lecture critique de cet article :
    https://www.contrepoints.org/2013/05/15/124396-la-theorie-du-ruissellement

    • Ce n’est pas ça le problème, c’est de se demander : est ce que davantage d’argent va faire davantage ruisseler :
      s’il y a 1 milliards de capitaux, vaut il mieux pour l’économie qu’ils soient au main d’une personne ou de 10 personnes ? (voire 100)
      et ça, on a rien pour le vérifier.

  • Le ruissellement ne peut fonctionner que dans une économie capitaliste fondée sur le roc de l’épargne et non pas créditiste fondée sur le sable de la dette.

    Dans le premier cas, l’épargne finance les bonnes idées qui donnent un travail utile, payé avec des vrais sous qui permettent d’acheter des bonnes choses. Le tout au juste prix! C’était le cas depuis le Consulat et jusqu’au 31 juillet 1914.

    Dans le second, la dette enrichit le financier, l’État laisse pousser les mauvaises idées, les innocents sont punis, les responsables mais pas coupables sont récompensés et les contribuables sont facturés. On en est là. Autre effet pervers de la situation actuelle, seul quelques gros acteurs ramassent ce qu’il reste d’épargne publique. C’est ainsi qu’Amazon est côté cent fois sa valeur réelle et bouche l’horizon à la concurrence d’acteurs locaux (Walmart, la Redoute, les centres-villes &c.).

    • Le ruissellement de la consommation des plus riches vers les plus pauvres tel qu’il a été défini par les collectivistes pour servir de base (imaginaire) à leurs critiques des sociétés libres n’existe pas. La consommation ne produit aucune richesse puisqu’elle les détruit par définition. Croire que la consommation crée des richesses est une erreur typiquement collectiviste et socialiste, révélant une incompréhension de l’économie tout à fait caractéristique de leur part. C’est même à ça qu’on reconnaît une théorie socialiste, surtout quand elle cherche à se faire passer pour libérale.

      S’il faut à toute force employer cette terminologie pourtant inutile, on peut éventuellement parler de ruissellement par la production, mais il s’agit tout bêtement d’une reformulation inutile de la loi des débouchés de Say. C’est ainsi que toute production « ruisselle » naturellement sur l’ensemble de l’activité productive d’un pays, et « plus les producteurs sont nombreux et les productions multipliées, plus les débouchés sont faciles, variés et vastes ». Merci JB !

      Il serait préférable de parler de cercle vertueux plutôt que de ruissellement.

      Evidemment, si la caste politicarde décourage ou fait fuir les riches, ils produiront moins, entraînant les autres, pauvres comme classes moyennes, dans leur déprime productive et l’impact collectif de leur renoncement sera d’autant plus négatif qu’ils disposaient au départ d’une surface financière importante.

      Toute politique collectiviste dépouille les riches de leurs moyens de production pour la transformer en consommation qui, loin de produire, détruit les richesses. C’est ainsi qu’on se retrouve avec 6,5 millions de chômeurs et des montagnes de dettes publiques impayables, après seulement trois ou quatre décennies de stupidité socialiste bornée.

      • @ Cavaignac

        « si la caste politicarde décourage ou fait fuir les riches, ils produiront moins, »

        Attendez, on est plus au conditionnel, c’est votre réalité! Les riches se taillent! Et votre budget est encore loin de l’équilibre malgré cette fiscalité idiote!

  • Jean Roule Du Cable
    9 décembre 2017 at 4 h 05 min

    « L’Histoire nous apprend ainsi que le libéralisme économique et la prépondérance des investissements privés est une condition nécessaire au développement économique (et donc au progrès et à l’intérêt général). »
    Non. Condition suffisante. Pas condition nécessaire. Le formidable développement chinois, sans libéralisme économique, entièrement contrôlé par l’Etat, nous le rappelle à chaque fois.
    Voici donc une démonstration qui fait plouf…
    Elle était pourtant si légère, avec deux seuls malheureux exemples, qui, malgré toute la bonne volonté du monde, paraissent bien insuffisants pour bâtir une théorie générale…
    Comme le rappellent souvent les profs de maths aux élèves distraits : « un exemple ne prouve rien ».
    Si en plus, l’élève distrait en oublie les principes les plus élémentaires de la logique…
    Ca fait quand même beaucoup pour un seul article…

    • Bonjour, merci pour votre analyse. L’absence de libéralisme économique en Chine est à relativiser. Si le pays ne l’est pas officiellement avec un Parti Communiste qui gère la majorité de l’activité du pays, sur le plan officieux c’est très différent. La Chine adhère à un certain nombres des principes du libéralisme avec comme derrière barrière l’accès des entreprises étrangères au marché chinois. Règle qui sera sans doute remise en cause lorsque la croissance ne sera plus à la hauteur de leur espérance. Et l’absence de libéralisme est en train de créer de nombreux problèmes en Chine. Les inégalités y augmentent drastiquement, la politique malthusienne de l’enfant unique crée un grand déséquilibre entre les hommes et les femmes et le traitement social du chômage imposé par le gouvernement ne peut se faire qu’avec une croissance soutenue. Si l’étatisme est de rigueur comme vous le soutenez, il entraînera des problématiques à long-terme.

  • Jean Roule Du Cable
    9 décembre 2017 at 4 h 22 min

    Pour l’homme de la rue, la véracité de la théorie du ruissellement se résume à déterminer si :
    – les pauvres sont plus riches si les riches sont plus pauvres (Etat interventionniste et redistributeur)
    – les pauvres sont plus riches si les riches sont plus riches (libéralisme économique).

    J’ai tendance à croire à la deuxième hypothèse, bien que, contrairement à l’auteur, n’étant pas en mesure de la prouver.
    Et ceci aboutirait, si c’est vrai, au paradoxe suivant : les pauvres tireraient plus de profit d’entrepreneurs qui se soucient, le plus souvent, comme d’une guigne, de l’intérêt général que d’un Etat qui affirme agir pour leur bien-être…

    Les proverbes ne manquent pas pour rendre hommage à cette drôle de situation :
    – qui veut faire l’ange fait la bête
    – l’enfer est pavé de bonnes intentions
    – celui qui te fout dans la merde ne te veut pas forcément du mal, celui qui t’en sort ne te veut pas toujours du bien (pour les amateurs de western spaghetti)…

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