Sur les chemins de France, de Bernard Rio et Bruno Colliot

Découvrez la France par les petits chemins avec un livre richement illustré et commenté.

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Sur les chemins de France, de Bernard Rio et Bruno Colliot

Publié le 22 novembre 2017
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Par René Le Honzec.

Bernard Rio est un habitué des chemins, ceux du trekking en Auvergne comme les chemins creux de Bretagne mais aussi et surtout ceux de la Connaissance. Auteur de plus de cinquante ouvrages, il arpente siècles et millénaires pour inviter ses lecteurs à voir au-delà des apparences de l’actualité médiatique parisienne et pharisienne.

Dans ce superbe livre orné des très belles photos inspirées de Bruno Colliot, Bernard Rio nous entraîne dans une liaison vagabonde à travers la France et l’Histoire, 37 chemins à prendre pour se repaître des beautés si diverses des France qui constituent l’actuel Hexagone. Suivre ces chemins revient à faire l’école buissonnière, à apprendre ou à réviser l’histoire et la géographie des pays ainsi révélés.

Ainsi visite-t-on d’un œil averti la cathédrale de Chartres chantée par Péguy, et son chemin du labyrinthe en pleine Beauce, mais aussi Aigues-Mortes avec Saint Louis, Domrémy avec Jeanne d’Arc, les Cathares avec Montségur, le Val Sans Retour en Brocéliande avec Arthur et Viviane, l’oppidum  gaulois d’Ambrussum où l’autoroute A89 reprend la Via Domitia, le chemin des colporteurs de Prat-de-Bouc, la piste de la Bête du Gévaudan, le chemin pavé  des Moulineaux qui rappelle Germinal, Zola et les 33 millions de tonnes de charbon arrachées à la terre du Nord…

37 chemins donc, qui éveillent souvent des échos de mémoire. Mais les visiter avec Bernard Rio est différent : comme l’écrivait Abélard en commentant la sculpture de Chartres représentant un âne jouant de la lyre : « Il est un âne devant la lyre, le lecteur qui tient un livre et n’en comprend pas le sens ». Avec Bernard Rio, le lecteur comme le marcheur chemine en connaissance de cause. Pour vous encourager à le suivre, Je lui laisse la parole pour définir le chemin…

«  Le chemin est un fil conducteur dans le paysage et l’histoire. Il représente bien plus qu’un axe de communication, il est la charpente de la civilisation depuis que l’homme a entrepris de modeler l’espace, ouvrant des clairières dans les forêts, maillant les champs, clôturant les cultures et desservant les villages. Le chemin de terre et la chaussée pavée appartiennent à une société rurale succédant aux chasseurs-cueilleurs dont les pistes serpentaient par monts et par vaux.

Ces vestiges voyers illustrent les usages et les destinations. Ce sont les traces d’un temps où l’homme marchait à son rythme et traversait les contrées à cheval, en carriole ou à dos d’âne. Les vieux chemins conservent leurs caractéristiques primitives. Tantôt ils dominent les alentours, tantôt ils s’enfoncent dans la terre ?

Tous portent les signes de leurs fonctions. Alors que les habitations qui les jalonnaient ont disparu depuis des lustres, les chemins perdurent comme les strates d’un passé enfoui. Ils sillonnent les plateaux et les vallées. Le randonneur, qui les empruntent aux beaux jours, ignore souvent leur ancienne destination.

Nombre de voies prétendues romaines s’avèrent de chemins gaulois qui parcouraient les campagnes et desservaient les oppidas. Tel tronçon de talus ou de murets s’inscrivait dans un ensemble pérégrin. L’étude d’une carte d’état-major permet souvent de retrouver leur orientation et de les inscrire dans une histoire paysanne, militaire ou religieuse. Le chemin des Dames, au sud de Laon, fut d’abord de plaisance avant d’être une ligne de front.

Le chemin de Saint Seine s’intègre dans une triangulation sacrée incluant les sources de la Seine et le culte de la déesse Sequana. Le passage de Roncevaux ouvre la porte de l’Espagne et une voie intérieure. Jeanne la Pucelle entendit les Bonnes Dames sur le chemin de la fontaine aux Rains, à Dorémy.

Jean Giono célébra la gloire paysanne sur le plateau de Valensole tandis que Louis Pergaux fit l’éloge de l’école buissonnière dans les chemins verts de Belmont ! Savoir où on marche, n’est-ce pas apprendre d’où on vient et peut-être savoir où on va ? le voyageur et le chemin font un couple dont nul archéologue et nul anthropologue ne peuvent dire qui conduit et qui construit l’autre ! L’usage de chemin reste finalement une histoire et une aventure personnelle. »

Bernard Rio, Bruno Colliot, Sur les chemins de France, sentiers d’histoire et de légendes, éditions Ouest-France, 2017.

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