Répression anti-libérale en Russie

La police russe a interrompu une réunion entre libéraux et procédé à un certain nombre d’arrestations sur des motifs arbitraires.

Par Jean-François Nimsgern.

Cela ne se passe en pas novembre 1917, mais bien en novembre 2017 : la police russe arrête et détient arbitrairement les participants à un forum de réflexion libéral.

Le week-end passé, le 4 novembre, le parti libertarien russe co-organisait la conférence annuelle du forum Adam Smith à Moscou. Au programme, des sujets aussi divers que la privatisation des chemins de fer, le revenu universel, la liberté contractuelle… rien que de purement académique et nullement séditieux. Nulle proclamation unilatérale d’indépendance, nul appel à la révolution, uniquement des libéraux venus débattre entre eux.

Arrestations arbitraires

Ceci n’a pas empêché la police de faire irruption dans la salle au moment de la pause déjeuner, et d’arrêter arbitrairement un groupe de 27 participants, mêlant auditoire et conférenciers, enfermés plusieurs heures dans un bus bondé, puis emmenés pour interrogatoire, officiellement en qualité de témoins dans le cadre d’une enquête pour incitation à l’émeute et terrorisme.

Certains ont été relâchés tard dans la nuit, mais d’autres ont été accusés de participation à une manifestation interdite et risquent une détention administrative de 15 jours. Rappelons tout de même que cette manifestation se tenait dans une salle de conférence privée, aux portes fermées, et non sur la voie publique.

Faire pression pour réprimer

Hier, le 7 novembre, 4 mineurs âgés de 17 ans, qui avaient été arrêtés et relâchés ont été reconvoqués pour interrogatoire ; ils ont pu heureusement se faire assister par les avocats du parti libertarien, car le but était clairement de faire pression sur eux pour les forcer à témoigner contre leurs amis plus âgés.

Cette répression policière d’une conférence académique est absolument scandaleuse.

La France se doit de condamner cette atteinte à la démocratie et au pluralisme politique dont est victime le parti libertarien russe, et l’ensemble des sympathisants libéraux.

Un moyen d’action pourrait être de porter ce fait à la connaissance de l’ensemble des parlementaires membres du groupe d’amitié franco-russe, dont la liste se trouve ici, et de leur demander une protestation officielle de la France.

Manifestons notre solidarité avec les libertariens et libéraux russes.

 

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