Nuit debout pour la cause animale

La vie d’un animal ne vaut pas celle d’un homme, n’en déplaise aux égalitaristes.

Par Elodie Messéant.

Cette semaine, le collectif 269 Life Libération Animale, association antispéciste, a manifesté devant plusieurs abattoirs un peu partout en France.

Entre quelques joutes oratoires qui relèvent, tout au plus, du comique de haute compétition, certains militants clamaient un « Hommage aux victimes de massacre de masse », face à la contre-attaque des agriculteurs à coups de « Sauvez un paysan, mangez un végan ! »

Foncièrement contre toute forme d’exploitation animale, le collectif souhaitait, avant tout, rendre hommage aux animaux considérés victimes de l’horrible exploitation humaine. Et puisqu’ils ne font pas les choses à moitié, bougies, fleurs, minutes de silence et tout le tintouin étaient de sortie.

De l’absurdité des revendications antispécistes

Il ne s’agit pas de critiquer le choix alimentaire propre au véganisme. Quand bien même ce choix n’est pas le mien, je n’ai pas la prétention d’imposer mon point de vue à ceux qui auraient le malheur de ne pas partager mes convictions. Chacun est libre mener le mode de vie qu’il souhaite, tant qu’il ne porte évidemment pas atteinte aux valeurs protégées par la loi.

Il s’agit simplement de pointer du doigt les revendications portées par ces militants capables, visiblement, d’interférer dans le bon fonctionnement d’une entreprise d’abattage des animaux au nom d’une idéologie, l’antispécisme, nécessitant l’intervention des forces de l’ordre. En effet, leur but est de mener, je cite : « Un mouvement de déconstruction de l’industrie de l’exploitation animale. »

Il y a une certaine incohérence dans leur discours que j’aimerais démontrer. En considérant les animaux comme victimes, on les place sur le même plan que les Hommes, à savoir, des êtres dotés de Droits. La méconnaissance de ces Droits implique une faculté d’exiger une juste réparation.

Or, considérer les animaux comme victimes suppose qu’ils peuvent être aussi coupables.

Pour autant, quel est propre de l’animal ? Il n’est pas doué de raison et, par conséquent, il est incapable de mesurer la portée de ses actes et d’y répondre. Ainsi, l’animal est tout bonnement irresponsable. Il ne peut donc être coupable de quelque chose, au même titre qu’il ne peut pas être victime de quelque chose, précisément parce qu’il appartient à l’espèce animale.

À titre d’exemple, dans un procès opposant d’un côté, le propriétaire d’un animal ayant subi des sévices graves et de l’autre, le prévenu, la partie civile est le propriétaire. En effet, l’animal ne s’est pas rendu au commissariat pour porter plainte. C’est donc le propriétaire qui est victime.

Les animaux auront des Droits quand ils seront capables de les réclamer

Dans L’Ethique de la liberté, Murray Rothbard répond à l’argument souvent opposé à l’idée que les animaux, incapables de réclamer et de respecter des Droits, ne sont donc pas en mesure d’en être dotés. Cet argument consiste à placer un enfant, une personne handicapée, sur la même marche qu’un chevreuil précisément parce qu’ils sont tous incapables de demander ces Droits.

À cet argument fallacieux, Rothbard rappelle la distinction fondamentale entre homme et animal. C’est précisément parce qu’un enfant, un handicapé appartient à l’espèce humaine qu’il sera toujours doté de Droits, qu’importe son degré d’irresponsabilité. Quod licet lovi, non licet bovi.

Ce que ne veulent pas voir les partisans de l’antispécisme, eux qui estiment qu’une différence de traitement entre homme et animal, sous toutes ses formes, n’est pas justifiée.

De l’indécence des militants antispécistes

Il y a une forme d’indécence, de non-sens à vouloir « rendre hommage » aux animaux dans les abattoirs, au même titre que l’on allumerait des bougies et poserait des fleurs au pied d’un mur en hommage aux victimes du terrorisme.

La vie d’un animal ne vaut pas celle d’un homme, n’en déplaise aux égalitaristes.  Organiser une mobilisation pour les animaux dont les non-droits auraient, soi-disant, été violés n’a donc aucun sens.

Quand bien même le Code pénal incrimine les sévices graves infligés aux animaux – ce qui est juste – fort heureusement, il ne condamne pas leur abattage systématisé, déjà encadré par la loi, notamment dans le Code rural.

En effet, il n’est pas question ici d’infliger des souffrances par plaisir, mais de nourrir l’espèce humaine. Bien entendu, les conditions d’abattages peuvent vivement être critiquées dès lors qu’elles ne respectent pas les mesures sanitaires, et sont donc susceptibles d’entrainer contaminations et maladies.

Mais ce n’est pas la raison première pour laquelle ces militants se sont mobilisés. Animés par une volonté constructiviste, leur plus grand fantasme serait une société où leurs critères moraux devraient dicter les choix de vie individuels.

Une vision marxiste où l’animal, exploité par l’Homme, s’émanciperait de celui-ci sans être pourtant capable d’exercer et de faire respecter lui-même ses nouveaux droits. Absurde.