Le changement c’est maintenant, de Bertrand Allamel

François Hollande by Parti socialiste(CC BY-NC-ND 2.0)

Le slogan de campagne de 2012 de l’ex-président de la république, Le changement c’est maintenant, est en train de devenir réalité.

Par Francis Richard.

François Hollande a fait preuve, sans le vouloir, d’une étonnante pertinence et d’une éphémère lucidité.

En effet le slogan de campagne de 2012 de l’ex-président de la république, « Le changement c’est maintenant », est en train de devenir réalité. Ce n’est évidemment pas le changement prévu, mais les lignes bougent.

Les techniques de manipulation sémantique du socialisme et d’intimidation de ses adeptes ont fait long feu

Internet, média libre et incontrôlable, a permis avec sa logique virale du buzz, de donner une audience et une visibilité aux intellectuels, auteurs, journalistes jusque-là soigneusement et systématiquement diabolisés ou mis à l’index.

Il ne faut tout de même pas rêver : la droite décomplexée se veut anti-libérale tout en déconstruisant « l’interventionnisme socialiste »… Comprenne qui pourra cette incohérence…

Les partis traditionnels sont morts

Le « vide idéologique » a tué la droite (le « programme innovant » de François Fillon est arrivé trop tard), et les problèmes de « renouvellement idéologique » ont également eu raison de la gauche.

Les néo-populismes montent

– L’antifascisme fantasmé de la gauche a permis au Front National de devenir une réelle force politique. Elle aurait mieux fait d’essayer de comprendre (sans l’approuver) la colère contre les étrangers de son électorat plutôt que de le juger…

– La mansuétude des médias et l’inculture économique entretenue par une Éducation nationale gauchisée ont permis au Front de Gauche, qui, lui, s’appuie sur la colère contre les bourgeois, d’en faire une autre réelle force politique :

Vous gémissiez contre le parti de l’extrême ? Vous en avez maintenant un deuxième. Et celui-ci, rassurez-vous, est vraiment autoritaire et quasiment ouvertement totalitaire.

L’échiquier politique est reconfiguré

La nouvelle gauche d’Emmanuel Macron est une gauche recentrée, sociale-démocrate (ceux qui ne s’y reconnaissent pas s’en vont carrément à l’extrême).

– La droite ne doit pas imputer l’échec de son candidat, François Fillon, à son programme : jusqu’à présent son manque de culture l’a empêchée d’être libérale… Elle doit se mettre au travail.

Conclusion

Le socialisme à la française, celui qui a réussi à mettre le pays par terre en trente ans vit ses dernières heures. Et la droite inculte, qui a loupé le coche en 2017 sur une série de maladresses grossières, va être contrainte de se redéfinir à son tour.

Pour Bertrand Allamel, « la recomposition de la droite passe par un libéralisme conservateur qui devra absolument être documenté. Il lui faudra également […] engager une bataille intellectuelle pour détruire tous les mythes gauchistes persistants et redorer l’idéologie libérale, notamment auprès de la jeunesse. »

La France est en train, avec retard, de résoudre son vieux problème droite/gauche : C’est bien, mais le monde, lui, n’en est plus là…

Bertrand Allamel, Le changement c’est maintenant, Les éditions Libréchange, 134 pages.

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