Onu : Trump nationaliste, Macron étatiste

Emmanuel Macron et Donald Trump, 14 juillet 2017 by Chairman of the Joint Chiefs of Staff(CC BY 2.0)

Les discours d’Emmanuel Macron et de Donald Trump à l’ONU mettent en évidence leurs divergences sur le concept de nation.

Par Jacques Garello.

Trump est bien Américain : la nation est plus importante que l’État, son souverainisme n’exclut pas l’entente avec les autres nations, ensemble et en harmonie. L’ONU ne sert à rien. Macron est bien Français : les États doivent se fondre dans un supranationalisme incarné par l’ONU. Mais il en oublie « la France seule » du gaullisme, dont il se prévaut volontiers.

La presse française a tout d’abord vanté la chaleur de l’accueil que Donald Trump a réservé à Emmanuel Macron : votre élection est un événement d’importance mondiale, une révolution qui changera bien des choses désormais, et ce que j’ai vécu à Paris le 14 juillet est pour moi inoubliable. Voilà à peu près ce que le renard a déclaré au corbeau.

Trump agressif, Macron rassurant

Puis vinrent les discours à l’Assemblée Générale de l’ONU. Changement de décor : un Trump agressif, belliqueux, menaçant des foudres américaines la Corée du Nord, l’Iran, le Venezuela, Cuba, et critique sévère de l’ONU, de ses coûts et de son inefficacité, mais un Macron rassurant, lyrique, pacifiste, rappelant les options actuelles (et souvent anciennes) de la diplomatie française.

Le divorce est complet sur l’Iran (un pays ouvert et devenu modéré) sur la Syrie (le préalable à un accord est la démission de Bachar El assad) et bien sûr sur la COP 21 (cet accord qui va sauver la planète).

Divergences sur le concept de nation

En fait, les deux discours mettent en évidence les divergences sur le concept de nation. L’Américain souhaite rendre à l’Amérique sa grandeur écornée, comme Reagan il annonce que « l’Amérique est de retour ».

La nation peut compter sur l’État pour défendre ses intérêts, et Trump déclare que c’est le devoir de tout État de penser par priorité aux intérêts de sa nation. En Amérique, l’État est au service de la nation, la souveraineté est celle de la nation.

En France, dans la version Macron, la nation c’est l’État, donc c’est le collège des gouvernants qui est garant de la paix mondiale. Ce collège n’est-il pas l’ONU ? Et notre Président de plaider pour la négociation, pour la compréhension universelle, finalement une ONU qui pourrait ressembler à une vraie Union Européenne, celle dont il a dessiné les contours dans son discours d’Athènes : plus de guerre, plus de frontières. Citoyens du monde, supranationalité humaniste : le rêve au-delà de la réalité. Irénisme contre Cynisme.

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