Onu : Trump nationaliste, Macron étatiste

Les discours d’Emmanuel Macron et de Donald Trump à l’ONU mettent en évidence leurs divergences sur le concept de nation.

Partager sur:
Sauvegarder cet article
Aimer cet article 0
Emmanuel Macron et Donald Trump, 14 juillet 2017 by Chairman of the Joint Chiefs of Staff(CC BY 2.0)

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

Onu : Trump nationaliste, Macron étatiste

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 26 septembre 2017
- A +

Par Jacques Garello.

Trump est bien Américain : la nation est plus importante que l’État, son souverainisme n’exclut pas l’entente avec les autres nations, ensemble et en harmonie. L’ONU ne sert à rien. Macron est bien Français : les États doivent se fondre dans un supranationalisme incarné par l’ONU. Mais il en oublie « la France seule » du gaullisme, dont il se prévaut volontiers.

La presse française a tout d’abord vanté la chaleur de l’accueil que Donald Trump a réservé à Emmanuel Macron : votre élection est un événement d’importance mondiale, une révolution qui changera bien des choses désormais, et ce que j’ai vécu à Paris le 14 juillet est pour moi inoubliable. Voilà à peu près ce que le renard a déclaré au corbeau.

Trump agressif, Macron rassurant

Puis vinrent les discours à l’Assemblée Générale de l’ONU. Changement de décor : un Trump agressif, belliqueux, menaçant des foudres américaines la Corée du Nord, l’Iran, le Venezuela, Cuba, et critique sévère de l’ONU, de ses coûts et de son inefficacité, mais un Macron rassurant, lyrique, pacifiste, rappelant les options actuelles (et souvent anciennes) de la diplomatie française.

Le divorce est complet sur l’Iran (un pays ouvert et devenu modéré) sur la Syrie (le préalable à un accord est la démission de Bachar El assad) et bien sûr sur la COP 21 (cet accord qui va sauver la planète).

Divergences sur le concept de nation

En fait, les deux discours mettent en évidence les divergences sur le concept de nation. L’Américain souhaite rendre à l’Amérique sa grandeur écornée, comme Reagan il annonce que « l’Amérique est de retour ».

La nation peut compter sur l’État pour défendre ses intérêts, et Trump déclare que c’est le devoir de tout État de penser par priorité aux intérêts de sa nation. En Amérique, l’État est au service de la nation, la souveraineté est celle de la nation.

En France, dans la version Macron, la nation c’est l’État, donc c’est le collège des gouvernants qui est garant de la paix mondiale. Ce collège n’est-il pas l’ONU ? Et notre Président de plaider pour la négociation, pour la compréhension universelle, finalement une ONU qui pourrait ressembler à une vraie Union Européenne, celle dont il a dessiné les contours dans son discours d’Athènes : plus de guerre, plus de frontières. Citoyens du monde, supranationalité humaniste : le rêve au-delà de la réalité. Irénisme contre Cynisme.

Sur le web

Voir les commentaires (8)

Laisser un commentaire

Créer un compte Tous les commentaires (8)
  • « l’Iran (un pays ouvert et devenu modéré)  »

    N’importe quoi.

    • L’Iran reste bien entendu une théocratie musulmane et rien d’autre. les Etats-Unis une ploutocratie religieuse, la France une technocratie sociale internationaliste, et la Chine une dictature rouge… Deux siècles après les Lumières tout cela est un brin déprimant.

    • Quand on lit ensuite que l’accord COP21 va sauver la planète, on soupçonne fortement que l’auteur pourrait bien être en train d’ironiser sur la position de Macron…

  • Bonjour

    On est surtout dans un monde unipôlaire avec l’US dominant et un Macron qui ne peut espérer agir que par la négociation dans l’ONU (la France puissance moyenne de VGE).

  • Macron a tort, la nation, ce n’est pas l’état. Au contraire, c’est l’état qui devrait être au service de la nation, et non le contraire.
    Le malheur veut que l’état soit systématiquement instrumentalisé par l’idéologie de ceux qui sont au pouvoir et qui prétendent incarner la Nation.

  • L’ONU serait une belle et utile idée (qui n’a envie d’un espace pour le dialogue pacifique entre nations?) si elle n’était devenue essentiellement qu’un instrument pour distribuer prébendes et sinécures…

    • @ Hank.R

      L’ONU (/UNO) est essentiellement une ruche diplomatique! Les « apparences » règnent dans ce milieu! Et chaque diplomate n’est qu’un messager, sans beaucoup de pouvoir d’initiative sans l’autorisation de son ministre des affaires étrangères. Que ces diplomates apparaissent comme des glandeurs, de fait, n’est donc en rien étonnant. Les meilleurs pourront apporter des éclaircissements internationaux utiles, sans plus.

  • Les commentaires sont fermés.

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

Le ministre brésilien de l’Économie, Paulo Guedes, a tenu des propos durs envers la France lors d’une réunion des entrepreneurs à Brasilia mardi. En réponse aux critiques de Paris sur la déforestation de l’Amazonie, il a affirmé que l’économie française devient « insignifante » et a déclaré :

« Vous avez intérêt à bien nous traiter, sinon on va vous envoyer vous faire foutre ».

Des propos peu poétiques et diplomatiques, mais qui sont le symptôme d’un problème plus grave : le Brésil se détourne de l’Occident en faveur de la Chine... Poursuivre la lecture

législatives Macron
3
Sauvegarder cet article

Par Franck Arnaud Ndorukwigira.

 

La réalité est là, l’Afrique est la terre convoitée par les grandes puissances. La récente visite sur le continent de Sergueï Lavrov, ministre russe des Affaires étrangères, et celle prochaine en août 2022 d’Antony Blinken, chef de la diplomatie américaine, en témoignent. Une convoitise d’ailleurs qui vient de conduire Emmanuel Macron en Afrique, pour combler le vide des relations entre la France et l’Afrique.

Sauf que la France y va par un chemin sinueux. En critiquant la soi-disant... Poursuivre la lecture

Les Jeux Olympiques devaient être une fête, une sorte de Coupe du monde 1998 bis destinée à faire briller la France et ses élites politiques à l’international. En quelques années de crises politique, sanitaire et économique, le projet pharaonique pour Paris s’est transformé en une épée de Damoclès suspendue au-dessus de la tête d’Anne Hidalgo et d’Emmanuel Macron.

Anne Hidalgo se consacre aux Jeux Olympiques avec application après sa déconvenue spectaculaire à l’élection présidentielle. Bien que réélue à la mairie de Paris en juin 2020... Poursuivre la lecture

Voir plus d'articles