Le bitcoin est-il vraiment une escroquerie ?

Jamie Dimon, patron de la JP Morgan, a récemment fait une sortie remarquée dans la presse en qualifiant le bitcoin d’escroquerie.

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Le bitcoin est-il vraiment une escroquerie ?

Publié le 23 septembre 2017
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Par Ferghane Azihari.

Jamie Dimon, patron de la JP Morgan, a récemment fait une sortie remarquée dans la presse en qualifiant le bitcoin d’escroquerie et en lançant, au passage, un avertissement à ses employés. Il a en effet affirmé qu’il licencierait à la seconde tout salarié qui s’aventurerait à trader des bitcoins. « C’est contre nos règles et c’est stupide. Or ces deux choses sont dangereuses ».

Il affirme que « on ne peut pas avoir un business où quelques personnes créent une monnaie à partir de rien et penser que ceux qui l’achètent sont intelligents ».

Argument étrange quand on sait que cette description est valable pour la monnaie officielle des États-Unis qu’est le dollar. Qu’est-ce que la Réserve fédérale, sinon une institution chargée de créer des dollars d’un coup de baguette magique, c’est-à-dire « à partir de rien » ?

Depuis l’abandon de l’étalon-or, les monnaies officielles ne sont plus ancrées à une marchandise rare comme les métaux précieux. Deux poids, deux mesures ? Comment expliquer cette prise de position ? Notons que monsieur Dimon n’en est pas à sa première sortie, comme l’illustre ce petit graphique qui, pour l’instant, nous conduit à être sceptique quant aux capacités prévisionnelles du patron de la JP Morgan à l’égard des cryptomonnaies.

Première hypothèse : le patron de la JP Morgan ne comprend pas ce qui fait la valeur d’un actif (hypothèse inquiétante pour un banquier de sa trempe). Il est vrai que le bitcoin est créé « à partir de rien ». Mais cet aspect de la cryptomonnaie ne préjuge pas de sa valeur.

Rareté et utilité forgent la valeur de marché de tout actif

Comme tout actif, le bitcoin tire sa valeur du marché en fonction de sa rareté et de l’utilité qu’en tirent ses adeptes. La rareté est garantie par le code source inscrit dans le protocole bitcoin. Chacun sait que la quantité maximale de bitcoins ne pourra dépasser 21 millions d’unités. La règle est publique. Les investisseurs savent qu’ils ne seront jamais dupés par des dérives inflationnistes.

Quant à l’utilité, elle est évidemment subjective. Mais l’existence d’une communauté bitcoin atteste que de nombreux individus estiment que la détention de cet actif est profitable. Les détenteurs du bitcoin accordent généralement une attention particulière à son aspect décentralisé, le caractère infalsifiable du registre qui sert à valider les transactions (blockchain) et la taille du réseau qui ne cesse de grandir. Aussi longtemps que cet actif sera soutenu par une large communauté, il continuera à jouir d’un certain degré de liquidité et constituera un moyen d’échange tout à fait respectable.

Bien sûr, le bitcoin n’est pas parfait et sa capacité à s’imposer à une très grande échelle est régulièrement débattue. Mais les arguments soulevés par Dimon pour discréditer le bitcoin n’apportent strictement rien d’intelligent au débat.

Les rentiers du système monétaire actuel ont peur pour leur privilège

Il existe cependant une deuxième hypothèse plus probable pour expliquer les propos de Jamie Dimon. Le patron de JP Morgan redoute sans doute les cryptomonnaies dans la mesure où elles concurrencent un système monétaire dont il est le rentier. Comme de nombreuses cryptomonnaies, le bitcoin constitue un avertissement pour les gouvernements et les banques centrales. Les banques privées qui profitent des largesses des États et des autorités monétaires ont donc intérêt à adopter une posture défensive vis-à-vis de la main qui les nourrit.

JP Morgan, comme de nombreuses banques, profite régulièrement de l’interventionnisme budgétaire et monétaire de l’État fédéral américain. Les banques sont généralement attachées au rôle de prêteur en dernier ressort accordé aux autorités car il leur permet de s’affranchir de la discipline de marché. Chacun sait que ce rôle de prêteur en dernier ressort s’appuie en partie sur la confiance accordée au monopole monétaire des États. Or c’est précisément ce monopole que les cryptomonnaies remettent en cause. Leur succès est proportionnel à la défiance envers les émetteurs traditionnels.

Il est donc normal que les rentiers du système monétaire montent au créneau pour défendre leurs privilèges. Les déclarations agressives contre la concurrence des cryptomonnaies sont dans ces conditions tout à fait rationnelles. Pour les partisans des cryptomonnaies, le mieux à faire est de les ignorer.

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  • Intéressante analyse de l’utilité du BTC.
    …mais il manque des ingrédients essentiels :
    – la rapidité de paiement, en général quelques minutes d’un point à l’autre du globe…peu de banques fournissent ce service (aux particuliers en tous cas)
    – l’anonymat (certes pas absolu, la justice peut chercher et trouver… ou pas ! selon l’habileté de l’utilisateur) ; cela permet à tout un chacun d’acheter sans que sa banque – qui a confiance en elle aujourd’hui ? – sache en temps réel ce qu’il achète, à qui, et à quelle fréquence. Je pense notamment aux usagers de drogues « récréatives » par exemple, et aux toxicomanes, qui sont des malades et non des délinquants. Mais aussi à ceux qui veulent acheter ou payer sans violer la loi, mais simplement avec discrétion.
    – la quasi absence de frais : quelle banque fait des virements et surtout change de l’argent d’une monnaie dans une autre, quasiment gratuitement ? On achète les BTC avec sa propre monnaie, et celui qui les reçoit les change dans la sienne, avec des frais très faibles.
    – la sécurité de ne pas voir ses comptes pillés par les banques: en France et en Suisse, par exemple, au dessus d’un certain montant de dépôt, si la banque fait faillite, elle vous prend « ce qui dépasse » (de 100.000 € en France) pour renflouer se caisses ; c’est la loi (inique)…Le Bitcoin est un placement sûr de ce point de vue.

    • Bitcoin n’est pas anonyme. C’est d’ailleurs son principal défaut : si vous recevez des bitcoins provenant de transactions illégales (sans que vous le sachiez), il est tout à fait envisageable que vous soyez dans l’impossibilité de les utiliser sur un certain nombre de sites.

      Corollaire: tous les bitcoins ne se valent donc pas et le bitcoin n’est donc pas une monnaie fongible par construction.

      • Il y a pas mal de moyens pour résoudre ce problème (à commencer par les mixeurs et les plateformes d’échange) et les dernières modifications de protocole arrangent beaucoup les choses.

        Mais sinon effectivement Btc n’est pas anonyme. Dash ou Monero font un meilleur travail dans ce domaine.

  • Ce qui est sur, c’est que en mettant quelques économie dans le bitcoin, l’état ne pourras pas me le chypré. demander aux gens en Grèce s’ils mettent leur argent a la banque, plus personne n’a confiance. On me aussi demander aux Hindous ce qu’ils pensent des billets de banque monétiser du jour au lendemain ? Et tout se passe dans des démocraties !!!

  • Et dans le même Dimon est en train de recruter des ingénieurs spécialisés « blockchain » !
    https://marketexclusive.com/jamie-dimon-hates-bitcoin-jpmorgan-hiring-blockchain-expert/2017/09/

  • L’auteur de cet article à décharge omet de citer, sans doute volontairement, la raison de la position de JP Morgan qu’il explique pourtant très clairement : La majeure partie des avoirs du Bitcoin servent aujourd’hui à assurer les transactions du marché du crime : prostitution, vente d’armes et de drogue. Acheter et donc investir dans le Bitcoin mène mathématiquement et de manière inéluctable à enrichir les entreprises criminelles. Si vous en avez pas eu de trop de Daesh, et bien continuez donc avec cette monnaie jusqu’aux jour ou des organisations, préalablement grassement enrichies, pointent du nez au grand jour, vous comprendrez ce que j’ai voulu dire… My 2 cents.

    • « La majeure partie des avoirs du Bitcoin servent aujourd’hui à assurer les transactions du marché du crime »
      qu’est-ce que, vous en savez ?

    • Non justement le milieu du crime reste très proche du secteur bancaire, d’ailleurs c’est pour ainsi dire bonnet blanc et « blanc snif » bonnet. Essayez de vous offrir les faveurs d’une entraineuse 3.0 via son adresse en Baise58, pardon, Base58, au travers d’un chibre optique, pardon, fibre optique. J’ai de sérieux doutes. Mais bon, tout est possible, j’ai déjà vu des banquiers se plaindre qu’ils gagnaient trop d’argent.

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