Pourquoi Matthieu Ricard n’a pas compris Ayn Rand

Pour comprendre le phénomène Ayn Rand, il faut se pencher de manière réfléchie sur sa pensée. Ce que ne fait pas Matthieu Ricard.

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Pourquoi Matthieu Ricard n’a pas compris Ayn Rand

Publié le 18 septembre 2017
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Par Aaron Smith.

Bien qu’Ayn Rand soit quasiment inconnue en France, la sortie en poche, en mars dernier, de La Grève1, la traduction de son roman Atlas Shrugged, a suscité un intérêt soudain pour cet auteur dans les médias français. Plusieurs articles sont parus ces derniers mois dans Le Point et Les Echos, un reportage a été diffusé sur Arte, et on a pu entendre l’essayiste et philosophe Alain Laurent, ainsi que l’écrivain franco-américain Antoine Bello s’exprimer lors d’une émission en cinq volets qui lui a été consacrée sur France Culture cet été.

Une partie de cette couverture médiatique correspond à la réalité et est même plutôt favorable à l’auteur, une autre partie beaucoup moins. Mais une chose est sûre : le phénomène de la popularité de Rand a capté l’attention des Français, et ils essaient de le comprendre.

En réaction, sans doute, à cet intérêt médiatique récent, Matthieu Ricard, auteur, conférencier et moine bouddhiste (NdR : et fils de Jean-François Revel), a publié un court article en anglais sur sa page Linkedln intitulé « Ayn Rand : Is this the right model for a great nation ? » (Ayn Rand est-elle vraiment le modèle à suivre pour une grande nation ?) où il met en garde la large audience dont il bénéficie contre la philosophie de Rand.  L’article de Ricard, dans lequel il reprend les idées du chapitre 25 (« Le phénomène Ayn Rand ») de son livre de 2013 intitulé Plaidoyer pour l’altruisme : la force de la bienveillance, est un parfait témoignage d’incompréhension du phénomène Ayn Rand.

Le problème, avec l’article de Ricard, problème qu’on retrouve hélas dans de nombreux écrits sur Rand, n’est pas seulement qu’il donne une vision déformée de la philosophe et de ses idées, mais qu’il démontre une absence totale de réflexion sincère à l’égard de sa pensée.

L’égoïsme d’Ayn Rand, mal compris

En forte opposition avec Rand, Ricard évoque bien le fait qu’elle prône « la vertu d’égoïsme », mais il n’explique pas la perspective originale dans laquelle se place Rand quand elle parle d’« égoïsme » ni pourquoi elle considère l’égoïsme comme une vertu morale.

Il écrit que Ayn Rand considère l’altruisme comme un vice qui « menace notre survie et nous conduit à négliger notre propre bonheur », mais se garde bien d’expliquer ce qu’elle entend par « altruisme », ou pourquoi elle pense (contre-intuitivement) que l’altruisme est en réalité et paradoxalement incompatible avec la bonté et la bienveillance. Eu égard aux « pauvres, aux malades et aux personnes âgées », il déplore que selon Ayn Rand, « les gens ne devraient pas être obligés de payer des impôts pour subvenir à leurs besoins », et que « cela ne devrait pas être considéré comme un devoir social », sans jamais expliquer pourquoi (ni au nom de quelles valeurs) elle adopte un point de vue aussi controversé.

Les commentateurs qui abordent Rand de la même façon que Ricard dissuadent les lecteurs de s’engager dans une réflexion originale, hors des sentiers battus, les tenant ainsi à distance de la réflexion fondamentale de Rand sur la nature de l’intérêt personnel et de son rapport à la morale. Ils n’aident en rien, par conséquent à comprendre pourquoi Rand a été et est encore une source d’inspiration éthique pour des millions de lecteurs dans le monde.

Qu’est-ce que l’égoïsme rationnel ?

Oui, Rand prône l’égoïsme, ou plus précisément ce qu’elle appelle « l’égoïsme rationnel », qui s’entend comme le respect de valeurs et la pratique de vertus qui sous-tendent et enrichissent la vie de chacun, non seulement dans une perspective à court terme, mais tout au long de la vie.

L’égoïsme rationnel implique que notre existence soit guidée par notre propre jugement, nourrie de nos efforts productifs, et que nous en récoltions les fruits, tant matériels que spirituels. La liste des vertus morales que Rand considère comme essentielles pour une vie égoïste vous surprendra peut-être : y figurent la rationalité, l’indépendance, l’intégrité, la justice, la productivité, l’honnêteté et la fierté.

Oui, Rand s’oppose à l’altruisme, mais « altruisme » ne signifie pas pour elle bonté, bienveillance, compassion ou sollicitude envers autrui, (toutes choses qu’elle considère justes dans un contexte approprié). Par altruisme, elle entend le sacrifice de soi-même aux autres, l’obligation morale de subordonner sa propre vie, ses intérêts et ses valeurs aux autres. Rand considère cet altruisme là comme profondément autodestructeur.

La philosophie d’Ayn Rand frappe par son originalité. Si l’on veut comprendre les idées de Rand, leur popularité, leur signification culturelle et porter un jugement sur elles, il faut commencer par approcher la philosophe sur son propre champ conceptuel, essayer de comprendre dans quelle perspective elle s’inscrit et pour quelles raisons. Il faut donc avoir la volonté d’examiner et de prendre au sérieux les arguments qu’elle fait valoir, ainsi que cela a été réalisé de façon remarquable dans A companion to Ayn Rand récemment publié.

À défaut d’une telle démarche, le « phénomène Ayn Rand » restera, comme le déclare Ricard, « une énigme déroutante » pour les commentateurs, tant aux Etats-Unis qu’à l’étranger.

Sur le web

  1. Ayn Rand, La Grève, Les Belles Lettres, traduction de Sophie Bastide-Foltz.
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  • La seule fois que j’ai eu l’honneur de rencontrer sa Sainteté Mathieu Richard ce fut au salon de la classe affaire d’Air France a Roissy. La seule fois que mes parents ont croisé sa Sainteté le Dalai Lama ce fut dans un palace 5*. En Espagne. Dans ma famille on travaille dur pour tenter de maintenir un certain confort matériel. C’est stupide, il vaut mieux méditer sur le dénuement et communiquer. C’est plus efficace.

  • En revanche je n’ai pas eu la chance de croiser Ayn Rand qui m’inspire depuis le choc de la première lecture, il y a dix ans aux États-Unis. Même si du point de vue littéraire elle fait preuve de lourdeur la portée et la puissance structurante de sa pensée sont révolutionnaires. De la pure pornographie politique pour bobos gauchistes, bien pensants de tous poils, d’où leurs tirs de barrage pétris de mauvaise foi.

    La « Grève », logiquement, finit mal. Nous sommes en chemin vers cet effondrement final. Les mêmes causes produisant les mêmes effets…

  • Au passage Ayn Rand a brillamment démontré la dangerosité et le caractère néfaste des religions et de la spiritualité, comme autant de manipulations intellectuelles au service du pouvoir. Ce fut très courageux dans une Amérique de culs bénis et met à l’honneur l’athéisme « de droite ». L’athéisme de gauche n’existe pas vraiment . Il ne sert qu’à libérer tout l’ espace mental pour la pensée totalitaire de type marxisante. Que les jusqu’aux bouddhistes détestent Rand est absolument logique et normal. Et la rende encore plus convaincante si besoin était.

  • Je pense qu’il l’a très bien comprise, au contraire.
    Du point de vu spirituel l’égoïsme est un manque d’évolution alors comment voulez vous que Matthieu Ricard fasse la promotion Ayn Rand, c’est perdu d’avance !
    (La spiritualité ne nie pas l’égoïsme, ne lui voue pas un culte, ne le combat pas non plus mais vise à le dépasser)
    .
    Que l’on trouve des qualité à l’égoïsme n’est pas étonnant sinon il n’existerait pas.
    On peut lui trouver des tas de défauts également.
    Du point de vue de l’ego, centre de l’égoïsme, tout ce qui lui porte atteinte est néfaste, la spiritualité lui est donc néfaste, vu qu’elle vise à le dépasser.
    .
    Ayn Rand base toute sa pensée sur une frustration d’enfance, celle de voir ses parents spoliés de leur pharmacie par les bolcheviques et d’avoir du quitter la Russie.
    .
    De là a dire que Ayn Rand en prônant les vertus de l’égoïsme est objective, il y a un pas que je ne franchi pas.
    Après chacun voit suivant ses inclinations, tout dépend de quel point de vue on regarde le monde et soi-même, du point de vue de l’ego ou d’un point de vue extérieur.
    Un point de vue extérieur ? eh oui nous ne sommes pas qu’ego (isme).
    welcome.

    • Comme l’indique l’article, « l’égoïsme rationnel » d’Ayn Rand est à contextualiser car il s’inscrit dans le cadre d’un ensemble de valeurs sans lesquelles il aurait effectivement peu de qualités humaines.
      Elle ne prône pas l’égoïsme au sens habituel du terme, car il ne respecte pas ce système de valeurs.

    • @ nibor :

      je crois que vous commettez la même erreur que Ricard : vous n’avez pas lu ou pas compris Ayn Rand.

      Voici ce qu’elle dit de l’altruisme, comment peut-on être contre ?

      « Quel est le code moral de l’altruisme ? Le principe de base de l’altruisme est qu’aucun homme n’a le droit d’exister pour lui-même, que la seule justification de son existence est de servir les autres et que le sacrifice de soi est son plus haut devoir moral, sa plus haute vertu et sa plus haute valeur.
      Il ne faut pas confondre altruisme et bonté, bonne volonté ou respect des droits d’autrui. Ceux-ci ne sont pas des prémices, mais des corollaires, que l’altruisme rend, en fait, impossibles. L’altruisme a pour prémices irréductibles, pour absolu de base, le sacrifice de soi ; ce qui veut dire l’auto-immolation, l’abnégation de soi, le reniement de soi, l’autodestruction ; ce qui veut dire le soi comme étalon du mal, la négation de soi comme étalon du bien.
      Il ne faut pas se cacher derrière des questions futiles, comme de savoir s’il faut ou non donner dix centimes à un mendiant. Ce n’est pas la question. La question est de savoir si on a ou non le droit d’exister sans lui donner ces dix centimes. La question est de savoir si on doit perpétuellement acheter sa vie, dix centimes par dix centimes, auprès de chaque mendiant qui déciderait de vous aborder. La question est de savoir si le besoin des autres est une hypothèque sur votre vie, le but moral de votre existence. La question est de savoir s’il faut voir l’homme comme un animal sacrificiel. Un homme qui a de l’estime de soi répondra « Non ». L’altruisme répond « Oui ».

      • Je reprends votre citation de Rand :

        « Quel est le code moral de l’altruisme ? Le principe de base de l’altruisme est qu’aucun homme n’a le droit d’exister pour lui-même, que la seule justification de son existence est de servir les autres et que le sacrifice de soi est son plus haut devoir moral, sa plus haute vertu et sa plus haute valeur. »

        Il me semble que la partie que j’ai graissée est au cœur du malentendu. Personne n’a jamais défini l’altruisme de cette façon, si ce n’est Ayn Rand. L’altruisme ne consiste pas à faire passer le bonheur d’autrui avant le sien, ou plutôt à subordonné son propre bonheur au bonheur d’autrui. L’altruisme consiste à favoriser le bonheur d’autrui autant qu’il est en notre pouvoir mais sans avoir pour autant à sacrifier le sien. L’altruisme c’est, ainsi qu’on l’entend communément, la capacité à savoir faire preuve de bienfaisance envers autrui. La bienfaisance est un devoir de vertu, mais non un devoir de droit : autrement dit, personne ne peut me contraindre à être bienfaisant envers lui-même ou envers quelqu’un d’autre; je suis la seule personne à pouvoir me contraindre à être bienfaisant envers autrui.

        S’il est vrai que lorsque l’on polémique avec une personne, ou que l’on s’attaque à sa philosophie, il faut prendre les mots dans l’acception qu’elle leur donne; il n’en reste pas moins que ce n’est pas le signe d’un grand philosophe que de s’amuser à changer ainsi leur signification usuelle.

        D’autant que l’on pourrait retourner à Mme Rand le reproche qui est ici fait à M. Ricard. Elle a soutenu que Kant avait prôné l’altruisme au sens où elle l’entend, sauf que c’est totalement faux ! Je suis personnellement philosophiquement kantien, et si Kant avait prôné une telle chose alors je suis la reine d’Angleterre. 😉

        • @ Turing :
          Ne croyais pas que Ayn Rand, comme les socialistes, utilise la technique de l’homme de paille. Elle sait parfaitement ce que c’est que l’altruisme. elle l’encourage même au niveau personnel (il y a un beau passage dans atlas Shrugged sur ce thème d’ailleurs).
          Elle dénonce l’altruisme quand il devient un code moral établi, ce qui est le cas dans nos social démocratie, qui utilisent la dénonciation des possédants (phraséologie de marxiste) et de leur « égoïsme » pour pouvoir les dépouiller plus facilement au nom de l’altruisme d’état.
          Je ne sais pas si je me fait bien comprendre, mais c’est l’altruisme au niveau institutionnel et non personnel que Rand dénonce.
          Sinon, d’accord avec vous sur le jugement excessif de Rand sur Kant.
          Bien cordialement,

          • « Je ne sais pas si je me fait bien comprendre, mais c’est l’altruisme au niveau institutionnel et non personnel que Rand dénonce. »

            Ce qu’elle dénonce c’est le principe politique confondant le droit et la morale, principe au fondement de la religion du Dieu-État, autrement connue sous le nom de socialisme ? Si tel est le cas, je veux bien la rejoindre; mais s’en prendre à l’altruisme comme elle le fait dans le passage que vous avez cité ne me semble pas être le meilleur moyen de lutter contre le socialisme. Accorder à son adversaire le travestissement des mots, c’est déjà lui assurer la victoire.

            Le principe de l’altruisme est pourtant simple : je n’ai nul compte à rendre devant mes pairs (i.e. le reste de l’humanité) du caractère altruiste ou non de mes actes. Une telle question concerne uniquement ma conscience morale, mais nullement les autres hommes. Ainsi dans l’exemple ci-dessous d’une personne en danger que je ne vais pas secourir et qui trouve la mort; il se peut que je ne l’aide pas parce qu’à ce moment j’ai mieux à faire de mon point de vue (disons, ne pas arriver en retard à un concert d’un artiste que j’ai peu l’occasion de voir sur scène). Il se peut que la nouvelle de la mort de cette personne ne m’émeuve pas du tout ou, qu’au contraire, le remords me poursuive jusqu’à ma mort; mais dans tout les cas, nul homme n’est en mesure de me juger pour un tel comportement, que ce soit sur le plan moral ou sur le plan juridique, sauf à se prendre lui-même pour Dieu.

            • Mais qui a travesti en premier le mot altruisme si ce n’est le socialisme ?????

              • Rand s’en prend à l’altruisme e nfaisant référence à sa définition, cad celle de l’altruisme travesti, et non de l’altruisme à l’origine, avec lequel elle est d’accord (cf Atlas Shrugged).

              • Je ne le nie pas, et c’est pour cela que j’écrivais : « accorder à son adversaire le travestissement des mots, c’est déjà lui assurer la victoire ».

                Si l’intention, tout a fait louable, est de lutter contre le socialisme et de le réfuter, alors je préfère de loin l’attitude d’un Bastiat dans son pamphlet Justice et Fraternité dans lequel il soutient la fraternité (altruisme, charité, appelez cela comme bon vous semble) mais où il prend également sa défense en refusant que les socialistes ne fassent dire à la fraternité ce qu’elle ne dit pas : nul n’a droit à la fraternité, cette notion n’est pas du ressort de la Loi et de l’État.

        • « L’altruisme ne consiste pas à faire passer le bonheur d’autrui avant le sien, ou plutôt à subordonné son propre bonheur au bonheur d’autrui.  »

          Il me semble pourtant que c’en est bien la définition. Celle que donne l’étymologie. Il s’agit de mettre autrui devant. De préférer l’autre au même, lui à moi.
          Ayn Rand a donc raison dans son interprétation, et vous qui pensez que l’altruisme c’est me préférer moi aux autres sans vouloir pour autant les écraser, mais au contraire les aider, vous tombez dans ce qu’elle exaltait, la vertu d’égoïsme généreux.

        • « Personne n’a jamais défini l’altruisme de cette façon, si ce n’est Ayn Rand. »

          Bin si, à savoir l’inventeur du concept d’altruisme, Auguste Comte. Ayn Rand reprend la définition originelle.

      • En complément de mon commentaire précédent et pour illustrer la distinction entre droit et vertu. Dans un conception strictement kantiennne du droit, il est injuste de condamner une personne pour « non assistance à personne en danger ». Autrement dit, venir en aide à une personne en danger est un commandement que l’éthique m’ordonne mais que le droit (naturel) ne m’ordonne pas. Ainsi, si je ne lui prête pas assistance et qu’il trouve la mort, la société n’a pas à me condamner juridiquement pour ne pas l’avoir aidé à échapper à son triste sort.

      • Bonjour Stephane12,
        Et si je vous dis que selon ma perception, l’altruisme est de l’égoïsme civilisé et par conséquent reste de l’égoïsme. 🙂
        Ferions nous une action dite altruiste si nous n’en tirions pas satisfaction ?
        On retombe sur l’égoïsme, puisque nous en tirons satisfaction.
        .
        Non la spiritualité bien comprise est autre chose. Elle ne remet pas en cause l’égoïsme mais vise à le dépasser , à le laisser à son rôle naturel, la survie du corps ce que je vais appeler égoïsme basique.
        Mais elle ne vise pas non plus a conforter l’égoïsme exacerbé et maladif, ce qui peut être perçu comme la volonté de détruire l’égoïsme « basique », ce qui est une erreur.
        La maladie de l’Homme réside dans le fait que cet instinct de survie pénètre absolument toutes les strates de notre vie.
        Par exemple vous dites le contraire de ce que je dis, je me suis identifié à mes propos, je me sens remis en cause, je me sens agressé etc..
        Pourtant vous n’avez aucunement remis en cause ma vie physique, seul l’intellect se sent agressé.
        et bien voilà c’est ça la spiritualité, laisser l’égoïsme s’occuper de la sphère vitale et veiller à ce qu’il n’empiète pas toute notre vie.
        Une autre forme de relation et de vie peut ainsi s’épanouir.
        .
        Tant que l’on reste verrouillé sur les contingences de l’ego, on a la vie qu’on mérite, une vie de satisfaction parfois et d’insatisfaction souvent.
        .
        Rand et Ricard ne sont vraiment pas dans le même registre de vision de la vie, chacun regarde de son point de vue.

        • @ nibor : à vous lire (et je suis d’accord sur la plupart des points que vous soulevez), il me semble que vous n’avez pas assez approfondi la pensée de Rand, et que vous en pensez ce que les autres vous en ont dit. Le mieux est de lire Atlas Shrugged, tout est là dedans sur Rand.

          Et votre notion d’ego n’est pas la même que celle de Rand, pour vous, c’est une soif de reconnaissance, pour Rand, c’est simplement le principe d’identité.

          • Re Stephane12,
            Vous avez raison je n’ai pas approfondi Rand et le peu que j’en sais provient d’une émission radio.
            Idem, je n’ai fait que survoler Matthieu Ricard.
            Quelle prétention, alors ?! 🙂
            Pas vraiment. Ce que j’ai pu approfondir le plus, est la nature humaine en général, à travers moi-même et ma relation au monde.
            La nature humaine est ce que nous avons tous en commun.
            Rand étant humaine, à priori :), elle n’échappe pas à la nature humaine, je n’ai pas besoin de la lire en détail pour deviner qu’elle cherche des sophistications pour protéger et pérenniser son ego, sa construction mentale, quelle qu’elle soit.
            C’est en gros l’activité principale de chacun de nous en ce bas monde…
            Je sais Mathieu Ricard dans une démarche inverse, voilà tout.
            Pas besoin de rentrer dans les détails de la sophistication d’Ayn Rand.
            Dans le cas où je ferais erreur à propos d’Ayn Rand, faute de ne l’avoir pas lu, elle serait donc à classer parmi les enseignant spirituels, c’est à dire tenant un discours visant à replacer l’ego au rang de « serviteur » de l’être, ce dont je doute vu ce que j’ai entendu mais qui sait, je pourrais être surpris.
            Ai-je fais fausse route a son sujet ? tient-elle un discours de compréhension de l’ego en vue de minimiser son rayon d’action ?
            .
            Il faut être très profondément révolté, beaucoup remettre en cause ce que nous prenons pour acquis sur nous même, tout questionner, pour que l’ego reste à sa place et laisse de l’espace à autre chose: la conscience impersonnelle.
            .
            Pour moi la notion d’ego est un fourre-tout où je place l’instinct de survie, le principe d’identité, tout ce qui peut faire référence à ce que l’on identifie comme « soi ou « à soi », c’est très vaste, ça aime enfler et c’est très habile à survivre.
            C’est une idée centrale de soi qui apporte stabilité et sécurité dans ce monde incertain.
            Sophistication suprême ,cet ego est évolutif au fil des connaissances.
            .
            L’étape suivante étant l’entrée de la conscience impersonnelle dans la vie.
            Vous voyez bien le conflit que peut ressentir l’ego, s’il est trop présent, voire adulé comme dans notre société, face à cette notion de conscience impersonnelle.
            C’est tout bonnement inaudible, coucou les -1 😉
            .
            Matthieu Ricard se place du point de vu de la conscience impersonnelle qui se révèle lors de la méditation par exemple.
            .
            Il faut être particulièrement lassé par la vie centrée sur l’ego pour tenter d’autres approches de la vie.

            • « Il faut être très profondément révolté, beaucoup remettre en cause ce que nous prenons pour acquis sur nous même, tout questionner, pour que l’ego reste à sa place et laisse de l’espace à autre chose: la conscience impersonnelle. »

              Dans le livre Comment je vois le monde de Einstein, comme réponse à la question Comment juger un homme ?, on peut lire ceci :

              « Je détermine l’authentique valeur d’un homme d’après une seul règle : à quel degré et dans quel but l’homme s’est libéré de son Moi ? »

              Nul besoin de préciser que je partage son opinion. 😉

            • re nibor :

              A moi de vous prendre à votre jeu : vous travestissez le sens du mot EGO, que Ayn Rand prends au sens premier, cad celui du dictionnaire, je cite :
              « Il désigne la représentation et la conscience que l’on a de soi-même. Il est considéré comme le fondement de la personnalité (notamment en psychologie).

              Encore une fois, qui peut être contre l’Ego pris dans son sens premier (et principal) ?

              • Voilà Stephane12, vous mettez le doigt sur le nœud du problème qui rend toute comparaison impossible entre Ayn Rand et Matthieu Ricard.
                .
                Pour Matthieu Ricard, l’ego tel que définit par Rand ou le dico , existe mais demeure une illusion de l’esprit, par conséquent il n’a au fond aucune légitimité lorsque ceci est vu.
                Tant que ce n’est pas vu ,l’ego a au contraire toute légitimité.
                Remettre en cause l’ego est inadmissible, du point de vue de l’ego. La boucle est en général bouclée, l’illusion domine le monde.
                Oui, la spiritualité remet en cause le sens commun et la psychologie aussi, rien de moins ! 🙂
                Pour la psychologie il n’y a rien au delà de l’ego, que le vide et pour la spiritualité il y a la conscience impersonnelle; appelez cela comme vous voulez 😉
                Bon courage ! 🙂

      • Juste pour rebondir sur votre excellent commentaire avec un peu d’humour: Dans les années 60-70, à Normale Sup’, si on n’était pas marxiste c’est qu’on n’avait pas lu ou pas compris Marx, paraît-il…

        • La blague c’est :
          Le marxiste est celui qui a lu Marx. Le capitaliste, c’est celui qui a lu Marx, et qui l’a compris.
          🙂

          • @ Melissa et eole :

            la vrai citation (et non pas une blague) vient de Churchill :

            Un communiste est quelqu’un qui a lu Marx, un anti-communiste est quelqu’un qui a compris Marx.

    • Ce que Ayn Rand dit d’autre sur ce sujet :
      Pourquoi est-il moral de travailler au bonheur d’autrui, mais pas au vôtre ? Si le plaisir est une valeur, pourquoi est-ce moral quand d’autres le ressentent mais immoral quand vous le ressentez ? Si la sensation de manger un gâteau est une valeur, pourquoi est-ce un vice immoral dans votre estomac et, dans l’estomac d’autrui, une vertu que vous devez cherchez à atteindre ? Pourquoi est-il immoral que vous éprouviez du désir, mais moral qu’autrui en éprouve ? Pourquoi est-il immoral de produire une valeur et la garder, mais moral de la donner ? Et s’il n’est pas moral que vous gardiez une valeur, pourquoi est-il moral pour les autres de l’accepter ? Si vous faites preuve d’abnégation et de vertu en la donnant, ne sont-ils pas égoïstes et vicieux quand ils l’acceptent ? La vertu, est-ce de servir le vice ? Le but moral des hommes bons est-il l’auto-immolation au nom des hommes mauvais ?
      La réponse que vous évitez, l’hideuse réponse est : Non, ceux qui prennent ne sont pas des hommes mauvais tant qu’ils n’ont pas gagné la valeur que vous leur donnez. Il n’est pas immoral qu’ils acceptent tant qu’ils sont incapables de la produire, incapables de la mériter, incapables de vous offrir la moindre valeur en retour. Ce n’est pas immoral qu’ils en jouissent, tant qu’ils ne l’ont pas obtenu de plein droit.
      Tel est le fondement secret sur lequel votre conviction repose, l’autre moitié de votre deux poids, deux mesures : il est immoral de vivre de son propre effort, mais moral de vivre des efforts des autres ; il est immoral de consommer le fruit de son travail, mais moral de consommer le fruit du travail des autres ; il est immoral de gagner, mais moral de quémander ; ce sont les parasites qui sont la justification morale de l’existence des producteurs, mais l’existence des parasites est une fin en soi ; il est mal de profiter par accomplissement, mais bien de profiter par sacrifice ; il est mal de créer votre propre bonheur, mais bien d’en jouir au prix du sang d’autrui.
      Votre code divise l’humanité en deux castes et leur impose de vivre selon des règles opposées : ceux qui peuvent tout désirer et ceux qui ne peuvent rien désirer, les élus et les damnés, les passagers et les transporteurs, ceux qui mangent et ceux qu’ils mangent. Quel est le mètre-étalon qui détermine votre caste d’appartenance ? Quelle clé permet d’accéder à l’élite morale ? La clé est l’absence de valeur.
      Quelle que soit la valeur impliquée, c’est le fait que vous ne l’ayez pas qui vous donne un droit sur ceux qui l’ont. C’est votre besoin qui vous donne droit à une récompense. Si vous être aptes à satisfaire vos besoins, votre aptitude vous prive du droit de les satisfaire. Mais un besoin que vous êtes inaptes à satisfaire vous donne un droit prioritaire sur les vies du reste de l’humanité.
      Si vous réussissez, tout homme qui échoue est votre maître ; si vous échouez, tout homme qui réussit est votre esclave. Que votre échec soit juste ou non, que vos désirs soient rationnels ou non, que vous ne méritiez pas votre mauvaise fortune ou qu’elle résulte de vos vices importe peu : c’est votre mauvaise fortune qui vous donne droit à une récompense. C’est la souffrance, quelle qu’en soit la nature ou la cause, la souffrance comme absolu premier, qui vous donne une hypothèque sur tout ce qui existe.
      Si vous soignez votre souffrance par votre propre effort, vous ne recevez aucun crédit moral : votre code considère cela avec mépris comme un acte allant dans le sens de votre intérêt personnel. Quelle que soit la valeur que vous cherchez à acquérir, qu’il s’agisse de richesse, de nourriture, d’amour ou de droits, si elle est acquise par votre vertu, votre code ne considère pas cette acquisition comme morale : vous n’engendrez de perte pour personne, c’est un échange, pas une aumône ; un paiement, pas un sacrifice. Ce que l’on mérite relève du domaine égoïste et commercial de l’intérêt mutuel ; il n’y a que ce que l’on ne mérite pas qui puisse faire l’objet d’une transaction morale, qui consiste en un gain pour l’un au prix d’un désastre pour l’autre. Demander que votre vertu soit récompensée est égoïste et immoral ; c’est votre absence de vertu qui transforme votre demande en un droit moral.
      Une morale qui donne au besoin valeur de créance, tient le vide – la non existence – pour mètre-étalon de la valeur ; elle récompense une absence, un défaut : faiblesse, inaptitude, incompétence, souffrance, maladie, désastre, le manque, la faute, la lacune – le zéro. »
      Ayn Rand, Galt’s Speech, in For the New Intellectual.

    • @nibor

      Il me semble que depuis quelques décennies de « frustration d’enfance », la France en particulier, a produit sa société d’assistés d’aujourd’hui et que la plupart trouve cet état de fait normal.

      « Chacun voit suivant ses inclinations » en effet mais et ce « mais » est énorme, les altruistes ont cette propension idéologique et souvent religieuse à imposer cette inclination aux autres.

      Enfin, souvent l’altruisme n’est en fait qu’un égoïsme irrationnel car non reconnu, incompris, inavoué.

      Concernant le bouddhisme, je ne retiendrai que la voie du milieu qui me semble justement faire la part entre cet égoïsme rationnel et irrationnel. Dès que l’on part vers la dévotion pour une entité au point d’en faire une divinité, c’est que l’on cherche à trouver des excuses à ses fautes donc à se déresponsabiliser.

    • L’auteur a raison de critiquer Ricard. Sa critique c’est que Ricard se contente de dire que Rand prône l’égoïsme et s’oppose à l’altruisme. Après bien sûr que l’on peut critiquer Rand. Moi même tout en reconnaissant qu’elle dit des choses intéressantes, je suis critique envers Rand. Je la trouve trop matérialiste. Mais ce qui est insupportable c’est que bon nombre de critiques de Rand la critique en caricaturant sa pensée. En effet, libre aux gens de ne pas être d’accord avec Rand (ce qui est mon cas sur un certain nombre de points) mais la caricaturer pour la critiquer ce n’est pas acceptable. On peut critiquer l’égoïsme rationnel ou le fait qu’elle s’oppose à l’altruisme. Mais on ne peut pas la critiquer sans expliquer ce qu’est pour elle l’égoïsme rationnel ou l’altruisme (deux mots qui ont des sens différents dans sa pensée que dans le sens commun).

      • Rand, matérialiste ?????? critique habituelle des marxistes car elle défends le capitalisme libéral, mais Rand n’est en rien matérialiste, puisque justement, elle a créé son propre courant philosophique !!!

  • De nos jours, les altruistes qui se prétendent tels et revendiquent le statut de héros modernes, sont la plupart du temps simplement la troisième personne du triangle de karpman (triangle dramatique), cad le sauveur.
    Dans ce cadre, l’altruisme n’est en fait qu’un narcissisme qui recherche la mise en situation d’assistanat de l’autre …

  • Derrière la complexité apparente de la philosophie d’Ayn Rand, il y a la démonstration du dicton populaire « Charité bien ordonnée commence par soi-même »

    • @ GN :

      Vous n’avez pas compris (car pas lu ?) Rand, et vous prenez le mot égoïsme au sens premier, voire socialiste …

      • @Stephane12
        Ce dicton populaire très ancien n’avait pas de connotation négative, ce sont précisément les socialistes que vous dénoncez qui lui on donné un sens amoral. Comme quoi, leur propagande est très efficace.

    • Il y a de ça : Charité bien ordonnée commence par ce qu’on peut soi-même donner parce que ce sont les richesses qu’on a soi-même créées, et s’arrête là.

  • Peut-on dire à un moine boudhiste « Retourne en Birmanie » méditer sur la compassion et l’altruisme?

  • « aime ton prochain comme toi-même » : tout est là.

  • Travestir un mot c’est l’utiliser « mal » sans en redonner la définition. Rand définit ou redéfinit complètement la notion, c’est le contraire de travestir le mot.
    Si votre problème c’est juste le choix/traduction du mot « Altruisme », pas la peine d’en faire des pages…

    • J’ai l’impression que ce commentaire s’adresse à moi (si ce n’est pas le cas et que je me trompe, oublier ce qui suit).

      Ce n’est pas mon problème, j’ai tendance à faire mien le principe pascalien « je ne dispute jamais du nom, pourvu qu’on m’avertisse du sens qu’on lui donne ».

      Cela étant je m’interroge sur ce qui peut pousser quelqu’un à changer la signification d’un mot à l’encontre de son usage courant. Que diriez-vous si à partir de maintenant je me mettais à dire qu’un chat est un canidé qui aboie d’autant plus fort qu’il est petit ? Pourquoi donc me mettre à appeler un chat ce que tout le monde appelle un chien et à affirmer qu’un chat ne miaule pas ?

  • L’égoïsme peut être vertueux ou vicieux, tout comme la collaboration peut aussi être vertueuse ou vicieuse…
    Je sers mes intérêts, mes intérêts servent la société.
    Je sers mes intérêts, mes intérêts nuisent à la société.
    Je sers la société, cela sers mes intérêts.
    Je Sers la société et cela nuit à mes intérêts.
    Chacun doit avoir le choix et l’assumer en connaissance de cause.
    Ce n’est pas à autrui ou à la société de faire ce choix à ma place sinon on entre dans une logique sacrificielle…

  • Toutes ces réflexions sur l’altruisme sont complètement cycliques et n’ont aucun sens. C’est exactement la question du gateau dans le commentaire au dessus. La base de cette démarche intellectuelle démarre avec le fait qu’autrui a une valeur supérieure à soi même d’où l’obligation de faire dont de soi. Ce ne peut être qu’une ineptie à l’instant ou on considère être à notre tour l’autrui de celui vers qui on fait preuve d’altruisme !

    On peut donc faire altruisme envers soi même si l’altruisme est une nécéssité absolue. Hors ca revient à être parfaitement égoïste. L’altruisme envers un autre est donc une imposture intellectuelle.

    Par contre viser l’altruisme, c’est exactement la démarche qu’on peut entreprendre quand on veut se décharger de toute responsabilité … Il suffit d’inverser les rôles et être en premier l’acheteur de l’altruisme d’un autre, avant même d’être le propriétaire de son égo.

    De plus il s’agit ici d’être assez rationnel: Le simple fait d’être dans la démarche de comprendre si l’altruisme peut être une obligation morale, revient à alimenter mon cerveau pour savoir si cette information m’intéresse, et si en 2nd lieu je la fait mienne ou pas.
    Ayant utilisé deux fois je dans cette phrase, je suis uniquement en train d’alimenter mon égo, démonstration simple du fait que l’égo passe donc en premier.

  • ceux qui critiques l’égoïsme individuel sont souvent ceux qui défendent l’égoïsme collectif qui est encore bien pire. Exemple: les socialistes ou les syndicats de type CGT qui défendent les privilèges des fonctionnaires payé avec l’argent des autres.

  • Bon article, judicieusement complété par les commentaires et extraits de Ayn Rand mis en ligne par Stephane12. J’ajoute que dans une société libre, dans laquelle personne n’a de droit sur la propriété d’autrui, personne n’empêche qui que ce soit d’être « altruiste » et de donner tout ou partie du fruit de son travail à qui bon lui semble. Il n’y a donc pas de débat.

  • charité bien ordonnée commence par soi même

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