Bruno Roger-Petit, ou la presse subventionnée jusqu’à l’écoeurement

Journalistes au service du politique, media subventionnés, la presse se présente contre toute évidence comme garante de l’indépendance et de l’objectivité.

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Bruno Roger-Petit, ou la presse subventionnée jusqu’à l’écoeurement

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 31 août 2017
- A +

Par Éric Verhaeghe.

Durant la campagne électorale, tous ceux qui ont osé interroger ouvertement les relations de subordination malsaine entre Emmanuel Macron et la presse subventionnée ont fait l’expérience du bannissement. Pourtant, l’entourage de celui qui est devenu Président n’a pas ménagé les pressions outrancières vis-à-vis de tout ce qui ne se montrait pas complaisant à l’égard de leur candidat.

Il n’aura pas fallu trois mois pour que les pots aux roses apparaissent. L’un des éditorialistes les plus courtisans envers le candidat Macron vient d’être nommé porte-parole de l’Élysée.

Cette collusion était bien connue avant même l’élection du Président. Mais il était de fait impossible de l’aborder publiquement sauf à passer pour complotiste, ou fasciste, ou je ne sais quoi de peu enviable.

Étrange destin d’un pays où le déni des évidences atteint parfois des paroxysmes de fièvre paranoïaque.

Challenges, l’un des titres les plus subventionnés au numéro

On notera avec amusement que Bruno Roger-Petit est un habitué de la subvention publique. Dès aujourd’hui, il vit avec l’argent du contribuable pour défendre chaleureusement un Président qu’il avait qualifié, dans l’un de ses éditoriaux, d’intellectuel. Mais hier déjà, il était rémunéré par le contribuable… partiellement en tout cas.

Challenges est en effet l’un des titres les plus subventionnés de France. Au numéro en tout cas. On nous permettra de souligner que cette façon de subventionner la presse constitue quand même une vilaine manie qui instaure, qu’on le veuille ou non, un rapport de subordination de la presse envers les pouvoirs publics au sens large.

On vient d’en avoir une nouvelle preuve avec ce nouveau porte-parole de l’Élysée.

Des subventions pour faire taire la vraie presse?

La subvention à la presse est un cercle vicieux.

La presse subventionnée est ennuyeuse, convenue, courtisane, consensuelle. Elle se croit sérieuse. Mais elle est si rasoir que personne ne l’achète. Sans subvention, elle est condamnée à mourir.

Plus elle est subventionnée, moins elle fait d’efforts pour répondre aux attentes de ses lecteurs, et plus elle est rasoir.

Par un étrange retournement des valeurs, ceux qui ennuient leurs lecteurs et survivent grâce aux subventions du pouvoir se présentent volontiers comme les garants de l’indépendance et de l’objectivité face aux mécréants du Net qui seraient partisans et peu crédibles. Cette inversion des valeurs vient d’être mise en lumière avec férocité par la nomination de Bruno Roger-Petit.

En réalité, la prétendue impartialité de la presse subventionnée est désormais bien expliquée aux Français. Répétons-le : la presse « institutionnelle » est à la solde de ses financeurs, même si elle cherche à la faire oublier par des leçons quotidiennes de bien-pensance.

La collusion systémique entre la presse et le pouvoir

Sur le fond, Chomsky a parfaitement analysé le phénomène à l’un des avatars duquel nous assistons aujourd’hui.

Pour obtenir des scoops, il faut être proche du pouvoir. C’est l’intérêt du secret en politique : il donne de la valeur à ceux qui détiennent l’information. Pour obtenir un scoop auprès d’une personne bien informée, il faut être complaisante avec elle, lui servir la soupe. François Hollande l’avait bien compris.

Donc, le journaliste qui veut des scoops cirent les pompes des puissants. Devient leur porte-parole, en quelque sorte. On appellera ce phénomène, désormais, la loi Roger-Petit.

Bruno Roger-Petit et la fabrique du consentement

Bruno Roger-Petit donne un bel exemple de fabrique du consentement en démocratie libérale, telle que Noam Chomsky l’a astucieusement démontrée. La campagne pour les présidentielles a permis de vérifier le rôle des médias dans la mise en place progressive d’un consensus autour d’une candidature jugée comme seule « démocratique » face à celle de Marine Le Pen parée de tous les oripeaux de l’extrême droite.

Sur le Web.

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  • Ils n’ont même plus le souci de faire semblant. Et certains s’étonnent encore que les Français méprisent les propagandistes se prétendant journalistes…

  • Que proposez vous ?
    Les organes d’information sont partout en collusion avec un pouvoir, que ce dernier soit politique ou économique (même en Suisse pour ce thème). En Allemagne, TV et presse sont pour 92% aux mains d’amis politiquement bien pensants.

    A la limite, c’est bien: ça va réduire la crédibilité des médias (par le même effet que pour les hommes politiques), ça incite les électeurs à chercher d’autres sources, à réfléchir, à s’instruire, et à évoluer…
    Où? dans le net; même si certaines infos y sont douteuses, on a des chances de cerner la vérité.
    Résultat: la politique qui a toujours intérêt à avoir un peuple sot, mal informé et manipulable à souhait, obtient l’inverse du fait de ses excès: recherche de vérité, et exercice de sa liberté de penser!

    Manipuler revient toujours à se tirer une balle dans le pied, à plus ou moins long terme

  • le plus fort c’est que BRP continue de sévir sur radio Classique, ce qui constitue un mélange des genres inacceptable, où est la morale macronnienne ????

  • Dormez tranquille braves Gens, ça va bien se passer…

    Surtout avec la Merdiacratie papier—à parcourir d’un anus distrait?! :-?—subventionnée pour environ…

    1.300.000.000€ /an de subventions diverses et avariées…

    diviser par 22.000 cartes de Presse…

    = 59.000 €/an/carte!

    CQFD

    Dormez tranquille braves Gens, ça va bien se passer…

    PS: merci à l’Auteur de confirmer/infirmer/mettre à jour les chiffres s’il a le temps de la recherche où d’indiquer au moins les URL où les trouver.

  • Avant cette nomination, il fallait convaincre les sceptiques que la presse était aux ordres. Avec B. Roger Petit il n’y a plus débat. Les journalistes servent la soupe aux politiques.

  • la caste des élites !!!
    aller faire un tour à science po a Paris.. .
    cours de politique par qui.. nos élus droite gauche…
    regarder nos spécialiste en économie. .lors de la crise en 2008 qui se justifier que c’était des conneries.. .
    Et maintenant qui fanfaronne ..nous ,nous savons …
    tous ces spécialistes donneurs de leçons terrorisme,banditisme,justice …

  • – Encore 1 titre-choc qui a échappé à beaucoup : Plutôt la presse que les monuments historiques!
    http://maviemonargent.info/plutot-la-presse-que-les-monuments-historiques/
    et aussi le classement des journaux les + subventionnés :
    http://www.actufinance.fr/actu/aides-journaux-subventions-presse-6967604.html#

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