Poids de l’abstention record : quand il n’y a plus le choix

Ce dimanche, le record d’abstention de 51,3% pourrait bien être encore battu.

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Poids de l’abstention record : quand il n’y a plus le choix

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 18 juin 2017
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Par Aurélia Troupel.1

La contestation politique peut prendre plusieurs visages et agrège une pluralité de messages. Figure emblématique, l’abstention – avec son détournement du politique – est la plus visible. Dimanche 11 juin, avec plus d’un électeur sur deux n’ayant pas participé à la désignation de son député, elle a atteint un nouveau pic.

Avec 51,3% d’abstentionnistes au premier tour, elle a en effet été bien plus importante qu’à la présidentielle mais s’aligne sur les sommets déjà atteints en 2015 lors des régionales (1er tour) et des départementales et reste bien moins forte que pour les dernières européennes (57,6%).

Ce flux et reflux de l’abstention, selon les élections, s’explique par les nombreux facteurs entrant en jeu.

Une pluralité de facteurs

L’importance accordée par les électeurs au scrutin, l’intensité et la qualité de la campagne sont les premiers éléments pouvant être à l’origine de cette variation. Les élections présidentielles sont ainsi plus mobilisatrices que les législatives.

Bien que la campagne ait été en partie éclipsée par les premiers pas suivant l’arrivée au pouvoir d’Emmanuel Macron, les enjeux pour ce premier tour étaient d’autant plus importants qu’il y avait cette idée de revanche à prendre dans les urnes pour les deux grands partis éliminés comme pour La France insoumise (FI) ou le FN qui cherchaient à obtenir le maximum d’élus. Mais les intentions de vote donnant très largement LREM vainqueur, la « gueule de bois » des électeurs et militants et, dans une moindre mesure, « l’usure électorale » (il s’agit de la sixième élection en trois ans) semblent avoir alimenté la démobilisation électorale.

Au-delà de ces effets conjoncturels, existe aussi ce que certains appellent l’abstention sociologique. Les jeunes, les moins diplômés, les classes populaires sont souvent les plus nombreux à ne pas fréquenter les isoloirs. La mal inscription c’est-à-dire le fait de ne pas voter dans son bureau de vote mais dans celui correspondant à son ancienne adresse ou à une autre résidence (parentale, secondaire) rend plus « coûteux » l’acte électoral, quand il n’est pas impossible (cf. le bug sur les listes électorales).

Sujet à variations, même si la tendance générale est plutôt à la hausse, le taux d’abstention est souvent analysé comme un marqueur de l’état de la démocratie. Particulièrement commenté au moment de la proclamation des résultats, il sombre ensuite dans l’oubli jusqu’à constituer, à son tour, un nouveau repère quant à la participation électorale. Pourtant, dans le cas de ce premier tour des législatives, cette abstention record a des répercussions importantes sur la suite du processus démocratique.

Un choix restreint par l’abstention pour le 2e tour

Choisie par une petite minorité d’électeurs, la légitimité de la future Assemblée fait – par avance – l’objet de nombreuses critiques, auxquelles s’ajoute sa teinte presque monochrome d’après les projections et le grand nombre de novices entrant au Palais Bourbon.

Pourtant, dès à présent, entre le 1er et le 2e tour, ce pourcentage élevé d’abstentionnistes a, étant donné le mode de scrutin en vigueur pour les législatives, déjà eu une incidence. Pour la première fois, l’exception est largement devenue la règle.

Pour se qualifier au second tour, les candidats doivent recueillir au moins 12,5 % des inscrits. Avec les départementales (ex-cantonales), ce sont les seuls scrutins à se baser sur les inscrits et non sur les suffrages exprimés. Lorsque le score est calculé en fonction des inscrits, il tient compte de l’ensemble des électeurs effectivement appelés à voter ; inversement, lorsqu’il l’est à partir des suffrages exprimés, les abstentionnistes (comme les votes blancs) sont sortis de l’équation.

En ce sens, les élections basées sur les inscrits seraient donc plus représentatives que celles reposant sur les suffrages exprimés. Elles sont aussi, de fait, plus difficiles pour les candidats dans la mesure où, en fonction de l’abstention, le score à réaliser pour atteindre le seuil de 12,5% des inscrits, est élevé.

Par exemple en Moselle, Mathilde Huchot, a obtenu 12,52% des inscrits équivalents à 27,3% des suffrages exprimés une fois écartés 52,8% d’abstentionnistes et les 1,3% de votes blancs et nuls. À ces conditions, le nombre de candidats qualifiés pour le second tour peut s’avérer restreint. Afin d’assurer la présence d’au moins deux candidats au second tour, pour garantir le pluralisme politique et laisser du choix aux électeurs, un dispositif de secours a été prévu : le repêchage. Ainsi, s’il n’y a qu’un candidat qualifié, celui qui arrive en seconde position est automatiquement assuré d’être présent au tour suivant.

Le taux particulièrement élevé d’abstention au 1er tour a multiplié cette configuration : dans 68% des circonscriptions, un seul candidat a franchi le seuil de 12,5% et l’autre a été repêché. Dans 14% des circonscriptions, ce sont même les deux candidats qui ont dû être repêchés. Au final, la qualification pour les deux candidats n’a été acquise normalement que dans 18% des circonscriptions. Lors de ce premier tour, l’exception – le repêchage – est donc devenue la règle.

Si les candidats LREM ont le plus souvent obtenu le sésame pour le second tour, les autres formations politiques ont largement bénéficié de ce dispositif : près des deux tiers des candidats LR ou UDI ont ainsi été repêchés, 80% des candidats socialistes et 88,3% des candidats FN et 97% de la FI. Sans qu’elle soit précisément explicitée auprès des électeurs, cette voie d’accès au second tour favorise les candidats les plus populaires, c’est-à-dire ceux rassemblant un vote d’adhésion mais aussi de contestation, comme c’est le cas du FN.

Bien qu’étant a priori hors du jeu politique, ce nombre important d’abstentionnistes, combiné à un seuil de qualification élevé et un nombre de concurrents important, a un impact significatif sur la suite du scrutin. À court terme, sur la sélection des candidats ; à long terme, parce qu’il en va de la crédibilité du scrutin.

Redonner du sens et du poids au bulletin de vote

Pour enrayer l’abstention, plusieurs pistes pourraient être envisagées. Si les débats actuels portent sur un changement du mode de scrutin avec l’introduction d’une « dose » de proportionnelle, il semblerait pourtant plus utile de conférer davantage de pouvoir aux électeurs en redonnant du sens à l’acte électoral et surtout du poids à leur bulletin.

Réfléchir aux outils à donner aux citoyens pour qu’ils s’y retrouvent au moment du choix pour qu’ils se réapproprient les élections pourrait être une première piste à explorer pour lutter contre l’abstention. Savoir pourquoi on vote mais aussi dans quel cadre, en explicitant le rôle et les fonctions des différentes assemblées, en présentant ce qu’il se passerait s’il n’y avait pas de majorité ou au contraire une majorité trop hégémonique, permettrait de clarifier le débat. Comprendre et connaître les tenants et les aboutissants d’un scrutin permet de susciter l’intérêt et donc de mobiliser les électeurs.

Mais le vote est aussi un acte inclusif. Pour insister sur l’appartenance à la « communauté » citoyenne, différents dispositifs pourraient être inventés. Pour les jeunes par exemple, plutôt que de procéder à l’inscription automatique, désincarnée, celle-ci pourrait avoir lieu dans le cadre d’une journée de la citoyenneté organisée dans les lycées. Adossé à un cours sur l’histoire du droit de vote, ce moment républicain pourrait être un moyen de donner de la solennité à leur entrée dans la citoyenneté active. De même, quelques bureaux de vote pourraient être délocalisés et placés au cœur de grandes cités pour favoriser l’intégration des catégories plus populaires. De nouveaux rituels républicains, plus ciblés, pourraient ainsi être imaginés afin d’amener l’ensemble des citoyens à jouir pleinement de leurs droits.

À cette première dimension s’ajoute nécessairement la seconde : (re)faire du vote un acte décisif, ayant un impact. Lorsque les deux candidats ont été repêchés, l’élection devrait être annulée ; en deçà d’un certain seuil (10% des inscrits par ex.), les candidats devraient être éliminés ; le vote blanc devrait être considéré comme un suffrage exprimé.

Plutôt que de changer le mode de scrutin, c’est le calendrier électoral qu’il faudrait corriger. Non pas en mettant les présidentielles et les législatives le même jour, ni ces dernières avant les présidentielles mais plus simplement en supprimant le quinquennat. Depuis que le mandat présidentiel a été réduit à cinq ans, les législatives ont été éclipsées par les présidentielles et les séquences électorales sont beaucoup trop intenses et presque permanentes.

Si la procédure d’inscription électorale vient d’être révisée pour réduire l’abstention, il est urgent d’aller plus loin et d’adopter conjointement des pistes institutionnelles et plus pratiques. Car ce dimanche, le record de 51,3% pourrait bien être encore battu.

Sur le web-Article publié sous licence Creative CommonsThe Conversation

  1.  Aurélia Troupel est maître de conférences en Science Politique, Université de Montpellier.
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  • Quel chef d’entreprise recruterait un représentant avec le dossier type des candidats à la députation ?
    Savoir à qui on a affaire est pourtant un minimum !

  • Entre un gus qui veut me tondre et un autre qui veut me tondre, pas de choix possible. Donc, pour ne pas alimenter la bête, financièrement, chaque vote rapportant quelques Euros au parti, je n’irai pas voter.
    L’abstention est un (non) vote de raison.
    Au demeurant, toute cette histoire montre qu’il n’y a pas besoin de 577 députés et que 300 suffiraient largement.

    • @MichelC
      « Au demeurant, toute cette histoire montre qu’il n’y a pas besoin de 577 députés et que 300 suffiraient largement. »
      2 par départements seraient largement suffisant, economique de surcroît, et un sénateur par département tout autant. Si le compte est pair, alors le président de chaque chambre vote. Leur voix compterait pour « 1 ».

  • « Avec les départementales (ex-cantonales), ce sont les seuls scrutins à se baser sur les inscrits et non sur les suffrages exprimés. Lorsque le score est calculé en fonction des inscrits, il tient compte de l’ensemble des électeurs effectivement appelés à voter ; »
    Lorsque tous les candidats n’atteignent pas 50% des inscrits, ils sont éliminés ! Point barre ! et on recommence avec d’autres. Si les deux meilleurs scores ne dépassent pas 50% des inscrits, personne n’est qualifié pour un second tour. Idem aussi, on recommence avec d’autres. Valable pour toute élection. Après trois ou quatre fois, on peut faire un tirage au sort, par département, de deux personnes sur les listes des inscrits. Pas de repêchage ! Les émiminés sont éliminés, et ne participent pas non plus au tirage au sort. Pour la présiedentielle, on recommence jusqu’à y arriver.
    Les votes pour élire le président et les députés sont aussi pipés l’un que l’autre. Tant que ce sera le cas, il y aura beaucoup d’abstention.
    On pourrait aussi, en cas d’échec à trouver des députés ou des sénateurs, n’en avoir aucun. Et lorsque le gouvernement pond une loi, n’importe quel citoyen peut aller s’asseoir sur un siège de la République, au Séant et/ou à l’Assemblée NATIONALE, et donner son avis. Une fois les sièges remplis, les votes peuvent commencer. Si aucun citoyen ne se déplaçait, le projet de loi irait aux oubliettes.

    • Pas mal de bonne idées dans tout ça l’idéale je pense serait une « élection » par tirage au sort.
      Mais le point le plus important c’est que les élections ne devraient pas être une choses importante parce que l’état ne devrait pas avoir beaucoup de pouvoir ce qui, de fait, rendrait les élections anecdotiques. A la limite elle pourraient être réservées aux retraités afin que les gens en age de produire et de créer ne perde par leur temps à faire de la politique. La principale mission des élus et des gouvernants devrait être de s’assurer que les droits fondamentaux des individus restes inviolés et de s’assurer que le pays puisse répondre à une menace militaire extérieure. Avec un mandat limité et des objectifs clairement établi dans la constitution la composition des élus et des gouvernants n’aurais pas grande importance.

      • Je propose une grille numérotée de 1 à 49, adjointe d’une autre grille de numéros entre 1 et 10.

        Le député disposant de la bonne combinaison de 5 numéros de la première grille et d’un numéro de la seconde remportera le siège.

        Bien entendu, l’enjeu deviendra plus intéressant si le tirage de ces numéros est télévisé, présenté par un mannequin à la voix suave.

        Au demeurant, une petite cotisation de ces députés en devenir de seulement 2€ par participation serait très bien avenue.

      • @Laurent
        Bonjour,
        Le problème vient du fait que les élus (nos nouveaux nobles/aristocrates) au niveau national se foutent royalement de la DDHC de 1789 et de la Constitution qu’ils conchient allègrement.
        – « Art. 2. Le but de toute association politique est la conservation des droits naturels et imprescriptibles de l’Homme. Ces droits sont la liberté, la propriété, la sûreté, et la résistance à l’oppression. »
        Quand on est membre d’un parti qui ne respecte pas l’article 2, et qu’on siège à L’A.N ou au Sénat, on ne peut que finir corrompu puisqu’on se moquent des Droits de tous et de chacun. Et cela amène à :
        – « … considérant que l’ignorance, l’oubli ou le mépris des droits de l’Homme sont les seules causes des malheurs publics et de la corruption des Gouvernements… » préambule de la DDHC 1789.
        – « Art. 16. Toute Société dans laquelle la garantie des Droits n’est pas assurée, ni la séparation des Pouvoirs déterminée, n’a point de Constitution. »

        Une élection reste importante puisqu’on désigne un représentant qu’on charge de notre pouvoir. Ce pouvoir nous ne l’abandonnons pas. Il est censé parler à notre place, pas à la sienne ni même pour lui. Le fait de déisgner un représentant a une contrepartie pour l’élu : il a des comptes à rendre. Ce revers de la médaille est exclu/oublié par notre « aristocratie ».
        Comme le dit « Olivier RCPh » plus bas dans les commentaires, en plus de la majorité des voix [j’ajouterais « des électeurs inscrits »] il faudrait la majorité des départements. On nous montre de belles cartes colorées de bleu et de rouge quand il y a des élections nationales, au moins là elles serviraient à quelque chose de concret.

        • En France il n’y a AUCUNE séparation des pouvoirs, le judiciaire étant sous la mise du ministre de la justice, et le parlementaire de l’exécutif.
          Quant à l’article 2, les élus et les politiciens s’en balancent.

  • Les député et les sénateurs n’ont aucune importance aujourd’hui et les français le savent bien donc ces élections sont de pure forme d’autant que le scrutin majoritaire est là pour tordre la réalité dans le « bon » sens.

  • L’abstention est un acte de résistance.

    La démocratie indirecte n’a aucune validité si elle n’est pas représentative.

    Une « représentation nationale » élue avec moins de 50% de participation (bulletins valablement exprimés en % des inscrits) n’est pas representative. En particulier, elle n’a aucun pouvoir de taxation car il n’est évidemment pas de taxation possible sans représentation. C’est aussi simple que cela.

    Ce n’est pas un problème uniquement français mais européen. Le parlement européen actuel a été élu avec 43% de participation en 2014. Normal, aucun candidat n’a présenté le moindre programme de législature sur lequel se prononcer. Une telle démocratie n’est que de pure façade. Elle n’a aucune réalité.

    Pour relancer la démocratie française et européenne, une seule solution : passer à la démocratie directe. Le peuple décide lui même directement de ce qui le concerne. Le rôle des politiques n’est que de proposer et de mettre en œuvre ce qui a été décidé, en aucun cas ils ne peuvent décider à la place du peuple.

    Cela se passe ainsi en Suisse. Sans aucune surprise, les résultats obtenus sont largement meilleurs que ceux obtenus par les fonctionnaires-politiciens français.

    Il n’y a aucune raison de poursuivre avec un système politique français et européen qui ne fonctionne pas et donne de mauvais résultats. Aucune raison de lui donner les apparences d’une légitimité qu’il n’a plus et ne mérite plus. C’est le message de l’abstention de masse.

    • Découpage éléctoral + Système éléctoral mixte majoritaire (uninominal à deux tours) = moins d’instabilité de gouvernement.

      C’est un système peu fidèle à la « représentativité », en cela qu’il permet de dégager une tendance forte et à empêcher les problèmes qui ont émergé au cours de la IVe république: impossibilité de former un gouvernement, impossible définir un exécutif et une ligne claire (3 gouvernements en 7 ans).

      Aujourd’hui les populistes (de tout poil) nous sermonnent qu’ils veulent revenir vers un système « au plus proche des gens ». L’opinion latente serait que le nombre de vote serait différend de ce qui a été placé dans les urnes.

      Le culte de ce « résultisme » est flagrant sur toutes les couches de la société actuelle.
      Florilège.
      « – Ah bah on est quand même en 2017 quoi!
      – Pourquoi c’est pas immédiat et qu’on ne peut pas commenter ?
      – Les résultats devraient pouvoir être visibles en temps réel ! »

      L’individu veut tout, tout de suite, en quantité industrielle, à l’instant T. Et même dans ses votes qui doivent forcément refléter son état de communion avec Gaïa. On va dire que les temps changent, qu’il faut vivre avec l’air du temps. Quitte à perdre quelques mécanismes intellectuels de défense.

      Pour en revenir au message de l’abstention, celui-ci est trop diffus, trop hétéroclite pour qu’on puisse en dégager une composante majeure. Il s’agit d’épicuriens merguezivores, d’indifférents, de saboteurs, de militants, des gépaltemps… Mais surtout de ceux qui ont subi les quatre premières étapes du deuil, ici politique (choc, déni, colère, tristesse). La suite c’est la résignation.

      La majeure partie des abstentionnistes, sont des résignés.

      Tout est verrouillé. Tout est fait pour qu’une caste sociale continue de reproduire ad nauseam ce qui s’est fait des années de ripoublique durant.

      Tout est fait pour que dans tout les domaines de votre vie, les fers soient si lourds que vous ne vous rendiez même plus compte de leur poids.

      Tout est fait pour que vos moyens d’existence, de production, d’éducation, de culture, d’opinion fonctionnent en vase clos.

      Tout est fait pour que le vote unique émerge.

      Et enfin, tout est fait pour que vous trouviez l’herbe plus verte ailleurs.

      Au fait, bienvenue dans votre nouvelle cellule.

      • @Sine
        Bonjour,
        « Quitte à perdre quelques mécanismes intellectuels de défense. »
        L’Etat, qu’il soit français, ou européen, voire même l’Europe, ne veut pas qu’on se défende. Il ne nous veut pas (trop) intelligent, ni cutlivé car quand on est cultivé et intelligent on a l’esprit critique, on n’avale pas toutes les couleuvres et donc on se défend.
        L’U.E est une entité supra-étatique à but communiste. Le manque de représentativité ne la dérange absolument pas. L’O.N.U a le même but. On pense nos politiciens nuls, parce qu’ils appliquent le plan socialo-communiste. C’est long car la Seconde Guerre Mondiale est encore présente, mais elle se dilue avec le temps.

        « Tout est fait pour que le vote unique émerge. »
        Unique ET obligatoire, comme en Corée du Nord, où il n’y a qu’un seul candidat à l’élection du chef suprême, mais les électeurs ont le choix entre OUI et NON. C’est beau la liberté, en Corée !

        • Petite remarque plus sur la forme que sur le fond, le communisme prêche la disparition des « classes » (on saura qu’au final il n’y en aura que deux, les pauvres et les plus égaux que les autres).
          Je ne pense pas que l’U.E. soit communiste (je n’en suis pas fan pour autant). Elle est plutôt protectionniste et fait plutôt office de chambre de compensation où tout le monde se tire à coup de grenaille pour essayer de tirer la couverture vers soi (même si elle est totalement dépendante d’une certaine entité pour déployer sa stratégie internationale).

          L’ONU a un but différent. Autant l’U.E. est plutôt axée sur le plan économique, autant l’ONU rentre dans la catégorie du soft-power. En faire partie vous fait entrer dans le camp du bien, et montre que votre pays fait partie de la confrérie. Nous ne saurons jamais ce qui se discute dans les antichambres de ses venues (surtout en ce qui concerne les actions menées ou dénoncées , en fonction du prorata de la participation financière et militaire des États).

          Je pense qu’il faut prendre la chose sous un angle plus « novateur ».

          Le monde actuel est colonisé.

          L’empire actuel (l’empire du bien) est dirigé par une entité qui déborde des frontières politiques actuelles. Bien entendu, pour se rendre compte de ce fait, il suffit de regarder par où transitent les flux: financiers (shadow banking bien sûr), militaires (de type op-ex), population (c’est vous c’est nous).
          La seconde guerre mondiale est terminée. Par contre les guerres de conquête (sous couvert du parapluie magique du camp du bien) ont continué. Combien d’États sont tombés durant ces 15 dernières années pour satisfaire cet appétit?

        • Les bobos, soi-disant intelligents et cultivés, démontrent être totalement dépourvus d’esprit critique. Pire, ils ne supportent pas les anti-conformistes à l’esprit libre, qu’ils tentent de faire taire et de censurer!

    •  » Aucune raison de lui donner les apparences d’une légitimité qu’il n’a plus et ne mérite plus. C’est le message de l’abstention de masse.  »

      En Suisse le taux d’abstention lord des votations est presque toujours au delà des 50%.
      On est même plus proche des 60% d’abstention lors d’élections.

  • En Suisse pour valider une initiative, il faut la double majorité à savoir majorité des cantons et majorité des voix.

    Cela s’appelle la démocratie !!

    C’est ce qu’il se passe après qui est plus compliqué !! Car du coup, il y a 26 positions différentes et l’avis des cantons romands diffère souvent des cantons alémaniques ou italiens.

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