Par Serge Federbusch.
S’il est un ouvrage prémonitoire qui explique parfaitement la situation de sidération politique dans laquelle nous nous trouvons aujourd’hui, c’est bien Le coup d’État permanent écrit par François Mitterrand en 1964, au moment où de Gaulle trustait tous les pouvoirs, appuyé sur un parti-godillot, le RPF, sorte d’En marche de l’époque.
Il est un fait que la Cinquième République intègre parfaitement à la logique électorale démocratique celle du coup d’État, la prise du pouvoir par un individu qui, dans son Olympe élyséen, dieu grec de synthèse, va bénéficier du phénomène majoritaire pour emporter ensuite les autres institutions. L’Assemblée est reléguée au moins un temps en chambre d’enregistrement.
Macron à tout prix
En ce mois de juin 2017, les électeurs, qui ont déjà une tendance naturelle à voter pour un logo, voulaient du Macron, du Macron à tout prix. Les opposants à Jupiter, assommés par la présidentielle et le jeu pervers des médias qui leur disaient qu’un raz-de-marée allait s’abattre sur eux, pour beaucoup ne sont même pas allés voter.
C’est la chambre « Macron-horizon ». On verra des visages nouveaux, certes, mais aussi pas mal de vieux routiers de la politique élus malgré leurs activités douteuses (Ferrand), ou leur ancienneté magouilleuse (Sarnez).
Les électeurs de Macron voulaient un changement pour le changement, un changement de forme sans courir de risques sur le fond. Tancrèdes à la mode Lampedusa, ils ont voté pour que tout change sans que rien ne change. Qu’on reste bien gentiment dans l’Europe sans faire d’efforts pour redresser les comptes, ou alors que ces efforts soient faits par le voisin. Qu’on fasse de l’état d’urgence sans bousculer le vivre-ensemble, qu’on réforme l’administration sans mettre quiconque au chômage.
Macron est le play-boy qu’ils ont envoyé à Merkel pour obtenir quelques années de grâce supplémentaires, que l’État-providence puisse continuer à dilapider. Mais le message de félicitations venu de Berlin, incitant Macron à utiliser sa majorité pour « réformer », nous parle déjà de lendemains qui déchantent, où les électeurs comprendront que ni l’Union européenne ni Macron ne leur épargneront l’austérité.
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Merci à l’auteur pour cet essai de sociologie politique des français qui ont “voté pour que tout change sans que rien ne change”.
Marchons, marchons…
Puisqu’ils n’ont pas voulus se déplacer, parce que “les macrons” allaient tout rafler, il faut que la “fête” continue.
La CSG devra passer de 1,7% à 3,5% pour “dés enrichir” les pauvres retraités dont tout le monde sait qu’ils sont plus riches que certaines catégories de travailleurs jeunes et bien formés et tout et tout.
Et puis, ajoutons y la taxe d’habitation. Comme le jupitérien président veut la supprimer pour 80% des “contributeurs”, demandons carrément que ce soit 100% des propriétaires afin que l’égalité républicaine soit réelle devant l’impôt que seuls 40% des contribuables paient encore.
Seuls les maires, comme avec la taxe professionnelle supprimée par Sarkozy et avec l’accord de monsieur Barouin, le chef de file des candidats LR actuels, feront peut-être des manifestations dans les rue de Paris. Pour boucher les nids de poules dans les centre ville de leurs administrés.
Et comme il faudra bien nourrir toutes ces nouvelles têtes représentatives de la vie politique française, il faut que la TVA augmente de 2%, sur tous les produits crées en France.
La mondialisation anti patriotique demande cela. Avec cette nouvelle assemblée, qui n’est ni de gauche et ni de droite, et pas du centre, il faut que le peuple reste le peuple et que la nouvelle élite “socialiste sans le savoir” applique ce qu’elle a toujours fait: “trahir ses électeurs”.
Après tout, elle dispose de 5 ans de tranquilité pour piller les finances publiques. Et puis, cette majorité présidentielle, ne va pas changer le règlement du jeu électoral qui les a fait “roi”.
Et il faudra ajouter une “féroce” censure envers tous les vrais français qui n’ont que ce pays pour vivre de leur ancien travail ou de leur travail futur à partager avec les nouveaux arrivants autorisés par le président élu. Et chacun du peuple, pourra se souvenir du : “Malheur aux vaincus”.
L’héritage Gaulliste et Mitterrandiste titré par l’auteur est à relativiser s’il est rapporté aux suffrages exprimés du corps électoral et aux anomalies du découpage électoral.
Dans son blog Suisse, Stéphane Montabert nous apporte un éclairage objectif et réel de la situation électorale de la France Macronienne.
Il déclare, je cite « Les Français savent depuis longtemps que le mode de scrutin de l’élection législative n’est qu’une immense magouille. Le découpage en circonscriptions et les règles de maintien pour le second tour n’avaient qu’un seul but: écarter le Front National en laissant à la place une alternance entre la droite et la gauche traditionnelle. Aujourd’hui, le système se retourne contre ses auteurs. La faible participation et le piètre score des formations historiques laisse un boulevard au mouvement du jeune Président, un boulevard parfaitement artificiel. Comment peut-on rassembler plus de deux tiers des sièges – dans l’hypothèse basse – avec moins d’un tiers des suffrages exprimés? 13,4% du corps électoral tout entier? Magie des découpages électoraux!
Et ce sont les mêmes qui viennent critiquer le mode de scrutin de l’élection présidentielle américaine… »