Dans les coulisses des relations entre Macron et les syndicats

Que peut-on retenir de la rencontre d’Emmanuel Macron et des principaux syndicats patronaux et de salariés ?

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Dans les coulisses des relations entre Macron et les syndicats

Publié le 25 mai 2017
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Par Éric Verhaeghe.

Côté scène, les rencontres bilatérales entre Macron et les syndicats se sont bien passées. Côté coulisses, on comprend bien pourquoi : le Président a pris soin de déminer le terrain à la façon « ancienne », en recevant avec une équipe resserrée chaque responsable syndical venu seul. Le format est non seulement inhabituel, mais il est contraire à la tradition syndicale, où l’usage bannit les négociations individuelles. Et pour cause…

Martinez a-t-il tout compris à ce qui lui arrivait ?

Pour Martinez, l’exercice tombait à pic ! Habitué à passer outre les positions de son organisation, le secrétaire général de la CGT a discuté entre quat’zyeux avec l’équipe du président de la République. Plusieurs versions de l’exercice coexistent désormais.

Martinez affirme avoir égrené une liste de revendications (on ne sait pas lesquelles…) qui n’ont pas recueilli l’assentiment du Président. Vraiment ? Si Macron est malin, et il l’est incontestablement, il a bien dû faire son marché dans la liste, histoire d’apaiser son interlocuteur, qui, de fait, l’était en sortant de la rencontre – c’est un signe qui ne trompe pas.

Pour le reste, Martinez a expliqué que Macron était prêt à repousser son calendrier de réformes. Et, dans les minutes qui ont suivi, les conseillers de l’Élysée ont soutenu que Martinez avait mal compris. C’est l’avantage (ou l’inconvénient) des bilatérales sans témoin. Chacun en retient ce qu’il veut. À la CGT, quelqu’un devrait rappeler que les promesses n’engagent que ceux qui les écoutent.

Les Ferracci à la manœuvre

Dans l’ombre, toutefois, un noyau dur est à la manœuvre pour passer par-dessus les épaules velues des militants révolutionnaires de la CGT. Ce noyau est constitué de Marc Ferracci, professeur d’économie et témoin de mariage d’Emmanuel Macron, accompagné de… Pierre Ferracci, le père du premier, patron du cabinet Secafi. Secafi est un grand pourvoyeur de conseils et d’arrangements financiers complexes pour la CGT.

Tiens, une passerelle utile et discrète entre le pouvoir et la CGT ! Pourquoi s’en priver ? Surtout quand le secrétaire général de la CGT ne comprend pas tout ce qu’on lui dit en réunion. Une traduction sur écouteur peut aider.

Comment Macron va « retourner » Mailly

Jean-Claude Mailly, le patron de FO et ami historique du Parti Socialiste, a fait la guerre à Manuel Valls et à la loi Travail. Macron a pour sa part compris tout le parti qu’il pouvait en tirer. Après son discours de sacre devant la pyramide du Louvre, il faut reconnaître que l’humaniste Mailly avait tout pour se laisser séduire.

Côté scène, donc, Mailly explique qu’il ne faut pas aller trop vite dans les réformes, et autres considérations qui font plaisir au petit peuple. Côté coulisses, la musique est différente. Pendant que Mailly faisait de l’esbroufe à l’Élysée, Muriel Pénicaud actionnait une corde qu’on aime à FO : elle recrutait Stéphane Lardy, ancien numéro deux de Mailly passé l’an dernier à l’inspection générale des affaires sociales, comme conseiller à la formation et à l’apprentissage.

Voilà le genre de petit cadeau qui ne se refuse pas. La CFDT ne peut en dire autant…

Avec un homme lige dans la place, les relations avec FO devraient forcément se détendre.

La CFDT restera-t-elle chouchou de la classe ?

Paradoxalement, c’est la CFDT qui a le plus à perdre dans cet exercice de papoti-papota. Sous Hollande, le pouvoir exécutif entretenait des relations quasi-incestueuses avec elle. Une tradition voulait que la concertation avec les syndicats soit limitée à Laurent Berger.

Le chouchou de la classe risque de perdre son exclusivité. D’ailleurs, il est sorti de l’entretien en étant paradoxalement l’un des plus réticents sur la méthode.

Le MEDEF ventre à terre

Cette perte de priorité n’inquiète pas le MEDEF. En interne, certains se sont targués, durant l’entre-deux-tours, que le MEDEF se soit transformé en back-office de Macron.

Pierre Gattaz est donc un soutien sans réserve du président de la République et tout disposé à jouer les hussards de la grande œuvre jupitérienne en gestation. Au passage, il a obtenu, semble-t-il, un moratoire sur la mise en œuvre du compte pénibilité.

Le patronat aime les branches

Les amateurs du genre auront noté que les deux autres organisations patronales (la baroque U2P et la CPME) ont plaidé en faveur des accords de branche. La formule continue à surprendre dans la mesure où la branche, contrairement aux idées reçues, ne favorise pas les petites entreprises mais les pénalise.

Parfois, on aime son mal.

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  • Au même titre que pour les partis politiques, n’y aurait-il pas, en France, besoin d’une recomposition ? Bien que j’ai été encarté à la CFDT (membre du CE et/ou des représentants du personnel), j’aurai aimé trouvé un/des syndicats représentatifs non orienté vers une opposition systématique des décisions de la direction ! Généralement sont élus des « grandes gueules » certes qui sont quelques fois utiles mais qui n’ont aucune compétence dans la gestion d’une entreprise… Ce qui abouti à : une société est en difficulté et doit écarter une partie de son personnel donc « ON » fait grève ! Et la société en question est encore plus dans la Mouise ! Par contre il est vrai qu’il faut surveiller les écarts de salaires entre le balayeur de base et le président directeur général (ou celui qui se présente comme tel) peut être mettre en place au niveau des régions un contrôle et une taxation complémentaire sur les entreprises qui abusent (au delà de X fois le salaire le plus bas y compris les sous-traitants). Et imaginer dans le code du travail, une répartition des bénéfices sur les actionnaires (qui sont souvent indispensables), la Recherche & Développement, et le personnel sous forme de primes et sans que les salaires soit modifiés par le fait que le C.A. augmente car il n’est pas possible de réduire ces salaires si le C.A. est en chute ; la répartition de base étant d’un tiers pour chaque, avec une possibilité d’augmenter la part de la R&D (et uniquement la R&D) en fonction du secteur d’activité. … Aujourd’hui, avec des syndicats comme les CGT (CGT & FO) et SUD, il est impossible d’envisager quoi que ce soit sans assassiner tous les patrons (qui ne sont pas tous des bandits de grands chemins) qui ne souhaitent que le bon fonctionnement de leur boite (avec l’ensemble de leur personnel et même avec quelques emmerdeurs notoires).

    • Légiférer sur la répartition des bénéfices manifeste une incompréhension profonde de ce que sont les « bénéfices », et donc de ce qui constitue le fondement du libéralisme : le respect de la propriété privée.
      Je peux vous assurer qu’une réglementation contraignant la répartition du bénéfice ou l’échelle des salaires irait à l’encontre de la liberté d’entreprise, de la prise de risque des investisseurs, de la motivation des dirigeants.
      Bref, ce serait une belle couche socio-democrate de plus, acceptée par une majorité, qui conduirait un peu plus notre pays vers la misère égalitaire…
      Pour en revenir aux syndicats, le concept même de syndicat représentatif est anormal : dans une PME, une TPE, la vision des grandes centrales n’est pas appropriée. Et les TPE et PME constituent de fait l’essentiel dû tissus économique.
      Les syndicats et syndicalistes « rouges » ou « nuisibles à la vie économique et à la société » (synonyme à mon avis) ne devraient pas exister dans un pays civilisé…
      Quand aux branches professionnelles, au 19e siecle, pourquoi pas. Au 21e, non !

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