Macron nous a sortis du bipartisme, et c’est une excellente nouvelle

On doit reconnaître à Emmanuel Macron un mérite : celui de sortir la France d’une prison dans laquelle elle s’était enfermée depuis des décennies : un bipartisme dégénéré.

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Macron nous a sortis du bipartisme, et c’est une excellente nouvelle

Publié le 23 mai 2017
- A +

Par Hervé Gourio.
Un article d’Emploi 2017

Jusqu’à présent, chaque échéance électorale nationale opposait deux groupes de rivaux bien identifiés qui se paraient avec complaisance de l’appellation de « partis politiques ».

En effet leur harmonie était très insuffisante tant sur le plan des programmes de gouvernement que pour leur hiérarchie interne, dans les débats préélectoraux ou après qu’ils ont accédé au pouvoir.

Malgré ces insuffisances, les campagnes électorales donnaient le change avec le concours de tous les médias, heureux d’orchestrer une dramaturgie assez spectaculaire pour attirer un public nombreux. Attrait au demeurant bien surprenant car l’issue du combat était presque toujours la même : le rival du Président sortant était élu.

Pas de bénéfice de la réélection au suffrage universel

Exceptionnellement, les électeurs réélurent le Président sortant mais c’était toujours après une cohabitation, pour déjuger le Premier ministre démissionnaire. Ce fut le cas en 1988 et en 2002.

Ainsi en définitive, aucune politique générale, aucun gouvernement, aucun leader n’a bénéficié depuis 1969 d’une réélection au suffrage universel ou d’une confirmation.

Ceci est la conséquence logique de la médiocrité des gouvernements qui se sont succédé et n’ont pas apporté la preuve de leur réussite. Mais on ne saurait s’en tenir à une conclusion aussi sommaire.

Ni les hommes politiques, ni les citoyens ne sont des imbéciles. Si nos politiques se sont laissés enfermer dans cette prison, c’est qu’ils y avaient intérêt. La situation de la France est en vérité bien banale.

La fin du duopole ?

Les deux grands partis « de gouvernement » ont formé un duopole. Ils se sont succédé au pouvoir sans surprise. Au fond, s’ils rataient une élection, il fallait juste qu’ils conservent toutes les chances de gagner la suivante et de revenir au pouvoir pour profiter de la situation très gratifiante de l’exécutif dans la Vème République.

Au pire, ne pas manquer deux échéances successives. Donc, ne pas entreprendre de changements trop profonds, puisque leurs résultats ne seraient pas visibles avant la prochaine échéance.

Donc faire des mesures catégorielles, des réformes sociétales et de la communication, car c’est rapide et visible. Ce sont des marqueurs, comme on dit, mais quel rapport avec les graves maux dont souffre la France ? Aucun, souvent, mais c’était trop compliqué de s’attaquer à ces derniers. Les réformettes éloignent moins du pouvoir.

Contre les partis devenus rentiers

Pire encore, mais moins apparent peut-être, les élus et, autour d’eux, ceux qui aspiraient à les aider ou à leur succéder dans chaque parti, ont adopté un comportement de rentier caractéristique de celui des mauvaises entreprises.

Celui où plaire au chef est plus important que de gagner de nouveaux clients. Puisque le fonds de commerce est assuré aujourd’hui ou dans cinq ans, ils ne remuent pas trop la barque. Les recettes apprises à l’ENA ou à Sciences Po font l’affaire. Ils attendent patiemment leur tour.

Le traitement que vient d’infliger Macron au Parti socialiste est donc un sacré coup de pied dans cette funeste fourmilière.

Ouverture à la société civile

L’arrivée de candidats de la société civile (c’est-à-dire de citoyens qui ne sont pas aujourd’hui des politiciens professionnels) va – nous l’espérons – changer ces comportements de rentiers, puisque les nouveaux venus n’ont pas encore de rente à défendre.

Certes, il ne faut pas être trop optimiste. La recherche de rente étant inhérente à la nature humaine, la prison peut se reformer dans sa forme habituelle de duopole ou d’une autre manière, pire encore, par le monopole des grands corps pourvus par les meilleurs élèves de l’ENA, à commencer par celui des Inspecteurs des Finances.

Le Front national peut rendre ici un grand service en étant un acteur crédible. Mais ce serait un comble si la droite, en principe attachée à la liberté, faisait dans l’avenir moins bien que Macron en ne mobilisant pas pour les diverses élections les dizaines de milliers de simples citoyens réunis au sein du Conseil de la société civile animé par Pierre Danon, et coauteurs du projet de François Fillon. La droite peut, elle aussi, ébranler la prison. Pourquoi ne l’a-t-elle pas fait la première ?

La partie n’est donc pas terminée mais saluons la première étape et souhaitons que tous s’en inspirent pour consolider cette petite révolution.

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  • Ça serait encore bien mieux de nous sortir du « partisme » et de nous, permettre d’élire des « sages » avant tout motivés par l’altruisme.
    Existe-t-il une planète sophocratique ? A défaut un seul mandat une seule fois, dans une vie attribué à la proportionnelle par des électeurs ayant prouvé qu’ils ont un minimum minimorum de culture critique politico-économico-financière nationale et internationale pour réaliser les conséquences potentielles de leurs choix.

    Oh combien ont raison et sont sages ces femmes et ces hommes, plutôt cultivés économico-politiquement , voire mieux encore environnementalement, qui ne sont pas ou plus inscrits sur les listes électorales, alors qu’elles/ils se dévouent quotidiennement d’une façon ou d’une autre altruistement dans l’environnement sociétal où elles/ils vivent ! Pour eux tout çà n’est que tragi-comédie nuisible aux plus défavorisés de France déjà et d’ailleurs.

    • SPRIKRITIK: et de nous, permettre d’élire des « sages » avant tout motivés par l’altruisme.

      Vieux mythe du dirigeant ou du monarque éclairé, 1000 fois déçu.
      Pourquoi ne pas se passer de dirigeants pour dire la loi ? pourquoi ne pas essayer la démocratie, ce fameux « pouvoir du peuple » et faire passer les lois en votation populaire ?

      Le peuple en vrai est globalement libéral sans le savoir, il n’aime pas qu’une bureaucratie l’emmerde, il n’aime pas qu’on le racket, il n’aime pas les corporations, les privilèges et l’aristocratie livrée immanquablement avec un pouvoir centralisé.

  • +1 à l’article.
    « ce serait un comble si la droite, en principe attachée à la liberté etc  » : ce sera un comble car nos « droites » sont en réalité étatistes donc de « gauche » . Pas le moindre parti libéral en vue .

  • Le bi partisme est mort vive le parti unique,…France télévision.
    Le gros défaut de la démocratie est l’élection .comment élire des inconnus et faire le bon choix.je viens de recevoir un tract pour les législatives , type inconnu ,parti inconnu..direct poubelle.
    Seul une élection de proximité à un sens et permet de faire un choix.le bipartisme permet également de faire un choix même si le candidat est inconnu..25 partis de même poids..c’est le loto ou alors on subit la propagande médiatique .,comme c’est le cas actuellement avec l’absence médiatique de tous les opposants à Macron et des louanges 24h sur 24.
    Vivement que le PS et LR se refasse une santé sinon on va tout droit vers la dictature..plutôt, on s’enfonce encore plus profond !

  • Mal barrée, la France est mal barrée.
    Avec pour seuls choix restants, le « centre » ou les « extrêmes » …..
    Quoi quoi l’extrême droite risque de disparaître.
    Et que l’extrême gauche, c’est une gabegie dictatoriale.

    Le seul choix « raisonnable » mènerait aussi à une dictature à parti unique, dirigiste, sous le dictact de l’UE, protecteur des grands financiers, étrangleur de la classe moyenne ….. mal barrée, la France ne semble pas partie pour relever la tête.

    • Le choix entre le centre, l’extrême gauche et l’extrême droite, cela s’appelle du « tri-partisme » …
      C’est ça la sortie du « bi-partisme » ???

  • Je crois au contraire que En Marche est l’aboutissement du bipartisme à la française.
    En Marche c’est le « Front Républicain », l’UMPS fait parti.
    Il est la quintessence de la crony politique, il est le le havre, le refuge de tous les politiciens de rente qui veulent la continuation du système.
    Mais, l’espoir, est que Macron se trouve là un peu par le hasard des péripéties du quinquennat hollandais et l’effondrement du PS (bien réel) et du LR (bien aidé par la chose judiciaire) et il est possible que Macron se découvre maintenant au pouvoir et se décide à suivre un chemin original et volontaire. (?)
    Mais à vrai dire, je n’y crois pas, et je pense que Macron est politiquement un pur produit du crony capitalisme hexagonal, et philosophiquement un pur produit du socialisme-bobo.

  • Vous dites que l’alternance est due à l’incompétence de nos dirigeants. Je pense au contraire que cela est du à l’incompétence des français.
    Je m’explique. Nombre d’élus avouent en privé qu’ils savent très bien ce qu’il faudrait faire, mais qu’on ne le peut pas, pour des raisons « politiques ». Entendez par ce dernier vocable que 1) tous les français seraient dans la rue 2) qu’ils ne seraient jamais réélus.
    Preuve de ce que j’avance: lorsque Fillon a esquissé lors de la primaire qu’on puisse ne plus rembourser par la sécu les petits bobos de la vie quotidienne et laisser cela aux mutuelles, il y eut un tollé, on parla de « privatiser la sécu », au point que Fillon dut faire machine arrière.
    Alors que la bonne mesure est, évidement, de mettre la sécu en concurrence, ce qui l’obligera à soit se réformer, soit à disparaître.
    Tout politique qui met une telle mesure dans son programme (avec la concurrence pour l’éducation pour faire bonne mesure) recueille 2% des voix à l’élection.
    Comme on dit outre-atlantique, « I rest my case ».

  • « La droite peut, elle aussi, ébranler la prison. Pourquoi ne l’a-t-elle pas fait la première ? »
    Parce qu’elle en a été empêchée par ceux qui voulaient que la même oligarchie et la même technocratie conserve le pouvoir. Du jour où elle a été convaincue que oui, Fillon pouvait vraiment la bousculer, il y a eu un contrat sur sa tête. C’est pourquoi j’ai du mal à être optimiste et suis au contraire persuadé que c’est l’option : « monopole des grands corps pourvus par les meilleurs élèves de l’ENA » qui prévaudra – et prévaut déjà dans la composition du gouvernement et des cabinets.
    Quant à « Celui où plaire au chef est plus important que de gagner de nouveaux clients. » : c’est plus que jamais le cas, il fallait juste miser sur le bon chef, mais beaucoup de gens « sortis de nulle part » espère bien toucher gros juste pour avoir suivi EM assez tôt.

    Au final, d’accord avec reactitude, à part sur la conclusion – je ne sais pas si c’est du PS et de LR qu’on peut attendre un sursaut, mais en tout cas il en faut un.

    • « Du jour où elle a été convaincue que oui, Fillon pouvait vraiment la bousculer, il y a eu un contrat sur sa tête »
      C’est ce que je pense également. ça se confirme dans le positionnement de Baroin, qui n’a absolument aucune colonne vertébrale: où est son programme? (à part son souhait de devenir PM).

  • En marxhe, c’est juste le parti socialiste libéré de son alliance avec l’extrême gauche (pc, verts) qui cherche à s’allier avec un centre. Il cherche juste à droitiser LR pour récupérer l’électorat centriste non-étatique (l’étatique, ils l’ont récupéré). Rien de nouveau, juste de la poudre de perlimpimpin.
    Sinon, rien de pire qu’un seul parti de gouvernement…

  • A la division traditionnelle gauche: droite s’est ajoutée la fracture entre ceux qui s’opposent à la mondialisation et ceux qui l’acceptent.
    L’électorat est désormais fragmenté entre 4 blocs presque égaux.
    Ce n’est bien sûr pas Macron qui est responsable de la fin du bipartisme mais ce lent processus de fragmentation.
    L’élection de Macron en est une conséquence.

  • Sortir du bi-partisme est-ce une bonne chose ?
    N’oublions pas que le « mono-partisme » conduit à la dictature, car il refuse toute opposition …
    Quant au « bona-partisme », on se rappelle ce qu’il a engendré…

  • Nous n’avons jamais eu d’autres choix qu’entre un parti qui va augmenter les prélèvements obligatoires et un parti qui va augmenter les dettes. Le plus souvent les deux en même temps.
    Je ne pense pas que « En marche » change fondamentalement les choses, il devra affronter sa propre impopularité en en 2022.

  • C’est surtout une non-nouvelle.

    Dans les faits, le monopole de « l’énarchie compassionelle » avait déjà rendu obsolète la segmentation gauche – droite de gouvernement, dépourvue depuis un moment de valeur explicative et opérationnelle et se réduisant à la manipulation de plus en plus caricaturale de totems purement symboliques. Les institutions ne font que s’adapter avec retard aux faits et le nouveau parti qui va se reconfigurer autour de Macron aura au moins le mérite d’une simplification du paysage politique : le parti du « consensus de Paris » s’unifie défensivement au centre pour se consolider et se maintenir au pouvoir malgré ses pertes d’audience importantes au profit des extrêmes et des abstentionnistes. Le parti du « consensus de Paris » pesant 40% à 50% devient ainsi le seul et unique « parti de gouvernement », flanqué de chaque côté par les extrêmes qu’il a si bien nourri toutes ces longues années et qui pèseront entre 25% et 30% chacun.

    Macron Président, la contradiction fondamentale entre « modèle social et fiscal français » d’une part et participation à des systèmes commerciaux et monétaires européens et internationaux déséquilibrés d’autre part, source de chômage de masse et d’envolée de la dette en France, est laissée inchangée. C’est sur cette contradiction fondamentale que s’est fracassée la génération politique précédente. Elle causera l’échec de Macron, les mêmes causes ayant toujours les mêmes conséquences.

    Il est important de noter que ces extrêmes, bien que se détestant férocement, sont d’accord sur l’essentiel : tous deux proposent de résoudre la contradiction fondamentale en conservant voire en accentuant le modèle social et fiscal français et en renonçant à la participation de la France à des systèmes commerciaux et monétaires déséquilibrés en Europe et mondialement. A terme, cette convergence de vues entre extrêmes ne peut qu’être de mauvais augure pour le maintien du « parti de gouvernement » au pouvoir. Si ses nouveaux dirigeants échouent à résoudre la contradiction fondamentale, alors les extrêmes accéderont au pouvoir. Or, Macron, misant sur le vote par défaut plutôt que le vote d’adhésion sur un diagnostic fondé et un programme précis, ne s’est pas mis dans une situation de réussir.

    Plus ça change, plus c’est la même chose. L’énarchie est morte, vive l’énarchie !

  • « aucun leader n’a bénéficié depuis 1969 d’une réélection au suffrage universel ou d’une confirmation » preuve de l’immaturité politique des francais. Sur le sujet à lire: http://www.telos-eu.com/fr/politique-francaise-et-internationale/la-france-est-elle-victime-dune-overdose-de-politi.html
    Le problème c’est que les francais attendent trop des politiciens. Donc à chaque fois, ils sont fortement décus. Ils attendent des politiciens que ceux ci améliorent leur vie. Là où dans d’autres pays, on fait confiance en la responsabilité individuelle pour améliorer sa vie.

    • La france souffre d’une overdose de politique. Voilà le vrai problème. Le problème n’est pas tant le bipartisme que l’overdose politique (je vous conseille de lire le lien que j’ai mis)

    • @jacquessvd

      Votre lien est très intéressant.

      « La responsabilité individuelle pour améliorer sa vie »devrait être à l’évidence la condition minimum pour avancer.

      Précisons néanmoins que dans un contexte de mondialisation et de compétition maximum,il existe des gagnants mais aussi des perdants……. qui n’ont pas forcément manqué d’être responsables……

      Vouloir « améliorer sa vie » est aussi subjectif ne pas l’oublier.

  • « Macron nous a sorti (sic) » J’en ai marre de cette orthographe approximative, devenue incontournable ! Honte à ceux qui démolissent notre si belle langue !!

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