L’école selon le nouveau ministre Jean-Michel Blanquer

Le nouveau ministre de l’Education nationale, Jean-Michel Blanquer, semble vouloir réformer l’ensemble du système scolaire de manière pragmatique.

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Jean-Michel Blanquer by Institut des Amériques(CC BY-ND 2.0)

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L’école selon le nouveau ministre Jean-Michel Blanquer

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 22 mai 2017
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Par Nathalie MP.

Jusqu’à mercredi 17 mai dernier, Jean-Michel Blanquer était le Directeur général du groupe ESSEC. Étant moi-même (très) ancienne élève de cette école, sa nomination comme ministre de l’Éducation nationale dans le gouvernement d’Édouard Philippe a naturellement capté mon attention et suscité ma curiosité.

Un ministre désapprouvé par Najat Vallaud-Belkacem et Jean-Luc Mélenchon

La ministre sortante, Najat Vallaud-Belkacem (NVB), fut l’auteur d’une réforme du collège et d’une refonte des programmes très contestée l’une et l’autre tant elles institutionnalisent le nivellement par le bas des élèves, alors que les classements internationaux nous sont de plus en plus défavorables. Ayant appris qu’elle avait fait une moue spectaculairement dépréciatrice en apprenant le nom de son successeur, j’ai été prise d’un grand élan de sympathie envers le nouveau ministre et j’ai surtout eu l’envie d’en savoir plus sur lui, sur ses idées et sur ses intentions.

Jean-Luc Mélenchon a également fait part de sa totale désapprobation. En expert indépassable des formules et des amalgames qui frappent, il a prestement instrumentalisé le fait d’avoir dirigé une grande école de commerce comme la preuve de la marchandisation du savoir et des élèves qui sera forcément à l’oeuvre, selon lui, avec un tel ministre à l’Éducation nationale – tout en nous livrant au passage son surmoi totalitaire sur l’école dont l’objectif devrait être de « fabriquer » des humains (à son image, j’imagine) :

Si Jean-Michel Blanquer (CV complet ici) est fréquemment associé à la droite – et de fait, il fut directeur adjoint du cabinet du ministre de l’Éducation nationale Gilles de Robien de 2006 à 2007 sous Chirac, puis directeur général de l’enseignement scolaire de 2009 à 2012, soit le numéro 2 de l’Éducation nationale auprès de Luc Chatel, ministre de Sarkozy – il est avant tout un spécialiste reconnu des questions d’éducation.

Suite à sa nomination, les principaux syndicats d’enseignants n’ont certes pas manqué de rappeler qu’il avait participé aux suppressions de postes de l’ère Sarkozy et qu’il était aussi l’auteur des funestes évaluations organisées à l’époque en CE1 et CM2, officiellement pour faire un bilan du niveau des élèves, et officieusement, selon les syndicats,  pour – horresco referens !! – évaluer les professeurs.

Un homme de conviction

Mais dans l’ensemble, de façon plus sérieuse et moins caricaturale que Jean-Luc Mélenchon, ils saluent « un homme de conviction, pragmatique, qui connaît le terrain ». Ils se déclarent « prêts à s’asseoir autour de la table » et pensent que leurs objectifs et ceux du nouveau ministre sont les mêmes :

Faire réussir tous les élèves et diminuer les inégalités avec un vrai souci de l’école de la République et l’idée que tous les élèves sont capables. (Francette Popineau, secrétaire générale du SNUipp, syndicat majoritaire dans le primaire)

Vendredi matin sur France Inter (vidéo ci-dessous, 08′ 52″), Jean-Michel Blanquer a regretté les petites polémiques nées de sa nomination et les étiquettes politiques qu’on veut lui accoler à toute force. Il a réaffirmé qu’il ne s’était jamais engagé en politique et qu’il n’avait jamais milité dans aucun parti. Très en phase avec la philosophie générale d’Emmanuel Macron, il considère qu’il faut se rassembler car « le clivage droite gauche n’a aucun intérêt pour l’école. »

Ce qui l’intéresse, c’est de parler des élèves, et ce qu’il demande, c’est qu’on regarde ce qu’il a fait, ce qu’il a dit et ce qu’il a écrit :

Ce que j’ai fait c’est toujours de me consacrer aux élèves, et notamment les plus défavorisés. Ce qui m’intéresse, c’est d’arriver à la vraie égalité, au vrai progrès et pas me payer de mots.

Cette petite mise au point étant faite, le nouveau ministre a pu développer quelques-uns des grands principes qu’il envisage de mettre en oeuvre rapidement : oui, l’autorité des maîtres va de pair avec l’épanouissement des élèves ; oui, les classes bilangues seront rétablies ; oui, le récit national doit être positif mais il doit surtout être chronologique afin de donner des repères, notamment aux plus petits ; et oui, les classes de CP et CE1 seront bien dédoublées dans les zones d’éducation prioritaire dès la rentrée, conformément à la promesse du candidat Macron.

D’après Blanquer, cette dernière réforme n’est pas une lubie, elle correspond à ce qui, dans le passé, a montré de l’efficacité. Il insiste énormément sur la nécessité de faire des expérimentations, de les évaluer et de poursuivre si les résultats sont concluants.

Des réformes fondamentales

Pour lui, il est fondamental de s’intéresser aux enfants dès le plus jeune âge, au moment où le langage et le vocabulaire s’installent, l’objectif étant que tous les élèves sortent du CP en sachant lire, écrire et compter, avec le bénéfice que les professeurs des classes supérieures du primaire et du collège hériteront d’élèves disposant de fondamentaux bien ancrés. Naturellement, cela implique qu’il faudra recruter des enseignants pour ces niveaux de départ, quitte à faire des économies sur une simplification des années lycée et du bac.

Concernant les rythmes scolaires, autre réforme très contestée du quinquennat précédent, Blanquer revendique le plus grand pragmatisme (un de ses maîtres-mots) et une concertation totale entre les mairies et les établissements scolaires. Il insiste sur le fait que le ministère doit apporter du soutien aux acteurs de la communauté éducative, pas les contrôler depuis Paris :

Si j’ai un appel à faire aux professeurs – j’en suis un moi-même, je leur dis : votre créativité, votre volonté d’agir sont libérées. Faites, proposez, l’institution est là pour vous aider.

Dès lors, il importe de libérer le système, en donnant de l’autonomie aux établissements pour recruter et s’organiser, toujours sur la base du pragmatisme et de l’évaluation de ce qui fonctionne et de ce qui ne fonctionne pas.

Jean-Michel Blanquer a développé toutes ses idées dans deux livres parus aux éditions Odile Jacob :  L’école de la vie en 2014 et L’école de demain* fin 2016.

Dans le premier (vidéo ci-dessous, 06′ 23″), il décrypte les enjeux des quatre stades de l’école : la maternelle ou le « métier de vivre », l’école élémentaire ou « un socle pour la vie », le collège ou le passage « du collège unique au collège commun » et le lycée  ou le « lycée de la liberté ». Le titre de l’ouvrage a été choisi afin de montrer l’aller et retour nécessaire entre l’expérience et la connaissance, ainsi que pour transmettre un message d’optimisme dans le fait que notre système n’est pas condamné à rester le « mammouth » en phase terminale qu’on déplore sans trop savoir qu’en faire.

Jean-Michel Blanquer insiste également beaucoup sur les expérimentations scientifiques qu’il a menées avec l’École d’économie de Paris. En particulier, celle qui a cherché à voir comment associer plus étroitement les familles à la scolarité des enfants. Ceci s’est traduit par des réunions avec les parents pour les sensibiliser aux enjeux des devoirs à la maison, aux méthodes d’apprentissage, etc…. Cette implication des parents a eu un impact sur les élèves qui a été mesuré, d’abord dans 50 établissements, puis dans 1300.

Pour Blanquer, il est important d’avoir une vraie méthode scientifique pour évaluer les actions, et une vraie méthode expérimentale pour transformer les essais en les élargissant si ça marche.

Redessiner le système scolaire

Le second livre (voir entretien dans vidéo ci-dessous, 08′ 13″) est un véritable programme ministériel. Élaboré en collaboration avec l’Institut Montaigne, il est si proche des mesures phares d’Emmanuel Macron en matière d’éducation qu’on croirait qu’il a été écrit pour lui.

En 150 pages, ce livre redessine l’intégralité du système éducatif de la maternelle au lycée, en redistribuant les moyens, les pouvoirs et les attributions des différents corps. Mais Jean-Michel Blanquer n’envisage pas cela comme une révolution, comme on le lui objecte souvent,  mais comme :

un modèle éducatif équilibré, mélange réussi de tradition et de modernité, d’épanouissement et de rigueur.

Tout en s’appuyant sur les acquis de l’expérimentation scientifique, ce modèle éducatif tourne autour de quatre grands principes : l’autorité, l’autonomie, les fondamentaux et la hiérarchisation.

Cette dernière notion inquiète la plupart des tenants des pédagogies actuelles car elle implique la formation au sein des classes de « groupes de compétence » dont ils redoutent qu’ils puissent devenir des « groupes de niveau » défavorables aux élèves défavorisés.

Elle implique aussi la mise en concurrence des établissements, notion « commerciale » qui rejoint la critique mélenchoniste citée plus haut. Jean-Michel Blanquer n’est cependant pas dans une logique de privatisation du système mais dans une logique de délégation accrue qui permettrait « d’accomplir mieux le service public en responsabilisant davantage les acteurs. »

Des sites éducatifs hostiles tels que Le café pédagogique estiment que :

La personnalité de l’auteur, son parcours, le soutien de l’Institut Montaigne, ses appuis au sein du ministère font de J. M. Blanquer un ministre potentiel et de son ouvrage un livre programme pour un président soucieux de réduire le budget de l’Éducation nationale et de mettre au pas la machine éducative.

Selon moi, cette critique virulente d’une transformation de l’Éducation nationale dont les mauvais résultats sont de plus en plus préoccupants n’est pas autre chose que le pendant éducationnel de tous les freins qu’on voit se lever contre la réforme du Code du travail alors que le chômage de masse s’installe ou contre la nécessaire mise à la diète de l’État-providence alors que notre dette caracole à presque 100% du PIB.

Jean-Michel Blanquer apparaît vraiment comme quelqu’un de très expérimenté dans le domaine de l’éducation pour lequel il professe passion et enthousiasme. Des qualités qui lui seront infiniment nécessaires pour insuffler un peu de liberté dans les rouages crispés de notre éducation nationale.

Je lui souhaite tout le succès possible, en espérant qu’il aille encore plus loin dans la souplesse et la liberté. Par exemple en mettant fin aux rigidités de la carte scolaire dans l’enseignement public, et en actant un début de fin du monopole de l’Education nationale en autorisant les expériences éducatives les plus variées, destinées à tous les profils d’enfants et de parents, comme cela existe dans les études supérieures à travers toutes les écoles qui se développent de façon autonome parallèlement aux nouveaux métiers que les technologies de l’information font émerger.

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  • Concernant la concurrence, celle-ci est déjà présente. Chaque établissement est conscient de son niveau par rapport aux autres du même secteur. Les professeurs préfèrent aller enseigner dans un établissement non classé Z.E.P. C’est d’ailleurs en Z.E.P que sont envoyés les professeurs tout frais sortis d’I.U.FM, (sauf ceux qui ont eu la chance de pouvoir choisir suivant leur classement). Du coup, ces profs sont dégoûtés. L’I.U.F.M ne prend pas en compte dans la formation effectuée, les cas d’élèves difficiles. Les élèves y sont censés être disciplinés, respectueux et avides de connaissances. En même temps, quand il est question de pouvoir toucher 500€ (voire plus suivant certains) sans travailler, pourquoi se casseraient-ils la tête ?

    • Concurrence pour les profs ; mais pour les élèves ?

    • L’éducation nationale devrait peut-être aller recruter des futurs prof dans les cadres à PôleEmploi certains ont surement des compétences pédagogiques ignorées et avec des expériences de l’industrie ou des entreprises.

      • @Sybarite
        Les élèves ne sont pas en concurrence malheureux ! Ce serait les traumatiser ! Blague à part, les élèves eux-mêmes se demandent leur « notes » lors des remises des évaluations. Je mets des guillemets à notes, parce qu’être noté de 1 à 4 c’est pas vraiment être noté. Sachant que l’élève qui n’a rien fait, rien appris et qui mérite un Zéro pointé aura 1, et que celui qui aura du mal mais qui se donnera la peine de faire toute l’évaluation, répondra juste à une question au moins aura aussi 1. Le « 1 » correspond à « compétence non acquise ». Il est demandé aux élèves de chercher à avoir « 3 » ou « compétence acquise ». Les notes de 0 à 20 ne sont que le reflet du niveau de l’élève à un moment donné. Il n’est en « compétition » qu’avec lui-même. Quand j’étais en BEP en contrôle continu, nous étions notés aussi sur 4 : A ; A- ; B, B-. Les B étaient en rouge. Quand j’avais 100% de bonnes réponses dans j’avais la même note que celui qui aurait eu 15/20. c’est-à-dire A. Je trouvais ce système nul à l’époque car il faussait mon niveau.

        @Jean-M64
        L’EdNat’ a du mal à garder ses profs et à recruter paraît-il. Il se peut que d’ici quelques années, nous ayons le même problème qu’avec les infirmières : une pénurie ! Faudra-t-il aller trouver des profs à l’étranger comme cela est en cours avec les infirmières et certains médecins ? Vu qu’il ne faut même pas 10 sur 20 au CAPES pour être admis à passer l’oral, c’est possible.

  • +1 @l’auteur . Ce ministre est plutôt une bonne nouvelle. Maintenant, nous avons connu un bon nombre de ministres de l’éducation bien intentionnés dont les réformes se sont brisées sur la rétivité obtuse du mammouth…

  • Enfin un ministre qui a une vue pragmatique de l’éducation. Espérons que l’idéologie qui mine l’EN laisse la place à l’efficacité.

  • Ce qui me chiffonne le pllus dans vette présentation du personnage et de son programme, c’est l’appel répété à « l’expérimentation »!!!! Nos enfants deviendraient des cobayes sur lesquels tester telle ou telle méthode pédagogique avant de trouver celle qui fonctionne le mieux? ERt puis, à nouveau cette « égalité » que l’on nous présente comme la panacée en, matière d’éducation!!! Les humains ne sont pas égaux, l’intelligence est variée, la capacité d’apprentissage différente d’un individu à l’autre quand bien même des régles identaiques pour le plus garnd nombre permettent de faire jaillir des indivividus cultivés et aptes à se construire un avenir par la connaissance. C’est cela qu’il faut rechercher en priorité et ensuite trouver par la voie de l’apprentissage et par d’autres méthodes qui fonctionnent sous d’autres cieux le moyen de donner à chacun un métier et de quoi se constituer une vie digne et intérressante.

    • Je ne crois pas qu’il s’agisse de faire des élèves des cobayes mais plutôt d’accepter qu’on ne peut pas élaborer une méthode générale d’enseignement dans un bureau puis la plaquer sur l’ensemble du territoire en s’appuyant uniquement sur un raisonnement théorique. L’idée d’expérimentation indique la possibilité de prendre une initiative nouvelle pour remédier à un/des problème(s) et de voir si ça fonctionne. Cela rejoint, il me semble, ce que vous dites sur le fait que la population des élèves n’est pas homogène et qu’il faut adapter l’enseignement dans le temps et dans l’espace.

    • On ne peut pas progresser sans innover et il n’y a pas d’innovation sans expérimentation. L’expérimentation comporte des risques bien sur mais il n’y a pas d’alternative au progrès. si il y a bien une choses qui explique la situation actuelle de la France c’est bien l’aversion au risque qui conduit à une société bloquée.
      quand à l’égalité c’est bien sur sur un dogme mortifère ayant exactement les même conséquence que le non prise de risque. La seule chose que l’école doit aux élève c’est de mettre tout les moyens disponibles en œuvre pour leur permettre d’acquérir les connaissances nécessaires à leur éducation, rien d’autre.

    • @la hurlette
      Bonjour,

      « Et puis, à nouveau cette « égalité » que l’on nous présente comme la panacée en, matière d’éducation ! »
      L’école est obligatoire pour tous jusqu’à 16 ans. L’égalité est là. Je ne vois pas où on peut (r)ajouter de l’égalité.

  • Une bonne base. Il ne faut l’empêcher d’avancer. On croise les doigts pour qu’il réussisse.

  • « ON » constate (depuis des années) la dégradation, par exemple, de l’orthographe ou du calcul mental des élèves en fin de CM2… Oui, il faut expérimenter et utiliser nos enfants comme cobayes sur deux ans des classes primaires et évaluer la performance de l’expérimentation…
    Peut-être qu’une des solutions serait adapter la méthode utilisée dans les centres AFPA (où les animateurs sont des gens qui ont bossés dans la vrai vie), « ON » y fait travailler les stagiaires quasiment toujours en groupes (en binôme, ou groupe de quatre ou de huit) en fonction de l’activité ou de la mission. Cette organisation peut d’ailleurs être conservée dans les classes supérieures.
    Abandonner des enseignements, peut-être philosophiquement super joli mais non applicables et inutile dans la vie réelle (par exemple, la théorie des Ensembles… je suis à la retraite après une vie professionnelle variée et bien remplie, et jamais cela ne m’a servi).
    Apprendre à s’exprimer devant un groupe, expliquer ce que l’on a découvert lors d’une activité, apprendre à travailler en équipe, répartir le boulot sur chaque membre du groupe…
    Apprendre à se servir correctement des SMS et des Twitt en faisant des vrais phrases et en se corrigeant l’orthographe et la grammaire entre élèves le prof mettant à l’honneur celui qui a trouvé la plus grosse faute…
    Inciter à la lecture en panachant les auteurs ne pas hésiter à utiliser des Georges Bayard et des Henri Vernes, (combien de jeunes ont commencé à lire avec les aventures de Bob Morane), apprendre à utiliser une calculette mais aussi à s’en passer …Vous êtes en panne de batterie calculez-moi…

    C’est peut-être aux Prof à utiliser des méthodes nouvelles en le signalant à l’académie qui devrait remonter l’info au ministère.

  • A une époque ancienne, il y avait des classes appelées A’ (prononcez A prime) en seconde et première , dans lesquelles on faisait autant de lettres (français -latin-grec) que les A (section lettres) et autant d »heures de maths et physique que les sections C de l’époque (S aujourd’hui).
    Les idées marxiso-trotskystes de Mai 1968 n’avaient pas encore fait leur travail de sape. On reconnaissait que les élèves n’étaient pas tous égaux en intelligence et qu’il fallait pousser les meilleurs pour leur donner une plus large culture, qui leur serait utile toute leur vie. A cette époque, seule 20% d’une calsse d’âge arrivait au bac, qui était alors un vrai examen, auquel 90% des élèves d’aujourd’hui échoueraient avec les notations d’alors.
    Certes, il n’est pas question de revenir en arrière. mais entre 20% d’une classe d’âge et 80% il y a sans doute un juste milieu; entre un examen qu’on donne et un vrai qui évalue, aussi. Et entre très peu d’apprentis ou beaucoup comme en Allemagne, il y a aussi un juste milieu.
    Quant à niveler par le bas avec en prime une idéologie proto-marxiste de « refaire des hommes nouveaux », comme on l’a fait depuis deux décennies, avec une direction des programmes totalement délirante au Ministère, il y a là tout à jeter.
    Ce qui me rend très prudent par rapport au nouveau ministre, c’est qu’il fut Directeur de l’enseignement scolaire alors que les fous furieux des programmes sévissaient déjà et qu’apparemment, il ne les a pas virés (par mise au placard comme on sait le faire dans les administrations).

  • Je ne crois pas qu’il faille se diriger vers une recherche d’égalité. De plus, cette direction est une facilité pour tomber dans la moraline.

    Pourquoi, si nous étions dans le nivellement par le bas, n’essayons nous pas de revenir à un nivellement par le haut tout court. Enfin, il existe déjà des méthodes qui fonctionne sur de plus petites échelles. Pourquoi ne pas essayer de faire pareil? S’agit-il de mettre un nom sur des lois pour entrer dans la postérité encore?

  • Les commentaires sont fermés.

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