Emmanuel Macron sera-t-il le vrai ministre du Budget ?

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Ministère des Finances à Bercy (Crédits : Pline, licence CC-BY-SA 3.0), via Wikimedia.

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Emmanuel Macron sera-t-il le vrai ministre du Budget ?

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 18 mai 2017
- A +

Par Éric Verhaeghe.

Dans le nouveau gouvernement Philippe, il existe une anomalie autour du budget. Officiellement, la règle est celle du recrutement de gens compétents. Or, il existe un domaine qui fait exception à cette règle : les comptes publics.

Macron affaiblit les pare-feux budgétaires

Au ministère du Budget, libellé sous l’appellation Action et Comptes Publics, Emmanuel Macron a retenu Gérald Darmanin, ministre pour la première fois et… juriste de son état. Il pourra difficilement se prévaloir d’une connaissance approfondie des mécanismes budgétaires.

Il bénéficie d’un ministère de plein exercice. Il ne sera donc pas placé sous l’autorité de Bruno Le Maire, qui n’est pas plus expert que lui dans le domaine budgétaire.

Du côté de la Sécurité sociale, la situation sera pire. La ministre de la Santé, qui chapeaute aujourd’hui la direction de la Sécurité sociale, est médecin et n’a aucune expérience de l’aspect budgétaire de la protection sociale.

Techniquement, donc, le dispositif Macron paraît très fragile.

Une centralisation à l’Élysée ?

Le plus probable, donc, si Emmanuel Macron veut assurer la maîtrise des comptes publics comme nos partenaires européens l’attendent, est qu’il recentre le processus budgétaire à l’Élysée et qu’il soit le vrai ministre du Budget.

C’est la meilleure façon, non seulement d’éviter les mauvaises surprises, mais de parer toute tentation du Premier ministre de s’émanciper des arbitrages présidentiels par le resserrage des cordons de la bourse.

Dans la composition du gouvernement se dessine donc une hyperprésidence où les ministres n’auront que très peu de marges de manœuvre.

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  • recrutement de gens compétents…..donc on donne des postes importants et bien rémunérés à des personnes qui ne sont pas vraiment compétentes pour occuper ledit poste…….ils ont bien de la chance ces gens là , ; nous , demandeurs d’emploi , c’est tout juste s’il ne faut pas le bac pour accéder à un poste de femme de ménage……

  • Trés étonnante cette hyperprésidence????

    • @ La hurlette

      Étonnante l’hyperprésidence ou simple retour aux sources des principes de la Vième république: rien ne se décide vraiment hors accord gouvernemental confirmé par l’Élysée.

      C’est la règle d’un exécutif « uni » où un ministre ferme sa gu… ou démissionne, unique solution entre gens aussi différents, si on veut rester crédible.

      C’était déjà vrai sous N.Sarkozy aussi, quand un ministre ne parlait que sous « l’autorité de Nicolas Sarkozy », à placer obligatoirement à toute parole destinée à la presse … à l’exception près de « la France est en faillite! » qui ne valut pas à son auteur une considération démesurée!

  • Une fois de plus, il semble que l’ignorance totale du domaine dont on va devenir ministre est un atout pour le poste.
    Comme si le fait d’être énarque suffisait pour tout (ou presque).
    Exemple type: Sylvie Goulard connait parfaitement l’europe et a de nombreuses relations à l’international. Elle aurait été parfaite pour le Quai d’Orsay. Surtout pas. Il faut la mettre à la défense, à laquelle elle ne connait rien.

    • @ Gerald555

      La plupart des politiciens ont bien moins de « compétences » que de « fréquentations » (carnet d’adresses et 06), ce qui permet au président et/ou premier ministre de « diriger »: c’est le principe-même de la Vième république et un gage de cohérence, dans l’autorité exécutive centrale qui ne tient pas à discuter avec des « électrons libres », encore moins avec des « godillots partisans parasites qui sont là pour approuver »! (Alors la presse ou le peuple?)

      Qui peut encore être naïf depuis 1958?

  • J’ai le même sentiment qu’Eric Verhaeghe, surtout depuis que j’ai entendu le Premier ministre ce matin sur France-Inter. Extrait:

    Patrick Cohen: En économie par exemple est-ce que ce sera le programme d’Emmanuel Macron on celui d’Alain Juppé, que vous souteniez, ou celui de Bruno Lemaire qui voulait 500.000 fonctionnaires de moins et la privatisation de Pôle Emploi?

    Edouard Philippe: Les choses sont claires: le président de la république c’est Emmanuel Macron. […] C’est donc autour de lui et de sont projet que les Français se sont rassemblés pour que notre pays avance. Donc les choses sont parfaitement claires. […] Donc le coeur de son programme, ce sont évidemment ses engagements.

    Interview complète sur
    https://www.franceinter.fr/emissions/le-7-9/le-7-9-18-mai-2017
    Le passage en question commence vers 82′.

  • Il est clair que le ministre désigné n’a pas l’expérience pour gérer seul les enjeux de ce ministère.
    Mais avant l’intervention directe du président de la République n’oublions pas le directeur de cabinet – jérôme Fournel – ex conseiller budgétaire à Matignon – celui qui dit non aux demandes des ministres « dépensiers » – et le premier ministre lui-même.

  • Les commentaires sont fermés.

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