Impôts : cet État qui en veut à votre propriété

Dans sa très grande complaisance, l’État qui ne veut que notre bien, et nos biens, ouvre sa base de données « Patrim » d’estimation de la valeur des biens immobiliers. Méfiance…

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Impôts : cet État qui en veut à votre propriété

Publié le 17 mai 2017
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Par Simone Wapler.

L’État qui ne veut que notre bien en veut à nos biens. C’est assez logique, me direz-vous puisque l’État n’a pas d’argent, il n’a que le nôtre.

Parmi les mesures les plus stupides de l’ancien gouvernement, celle de l’idée du prélèvement à la source de l’impôt sur le revenu.

Tout est en place, tout est prêt pour transformer les entreprises en collecteurs de cet impôt direct payé par de moins en moins de monde. Il s’agit d’une mesure irrationnelle, la majorité des gens s’acquittant de cet impôt ayant déjà opté pour un prélèvement mensuel.

« Inutilement coûteux pour les entreprises et l’économie françaises, le prélèvement à la source dégrade notre capacité à exercer pleinement notre contrôle sur l’appareil d’État. Il s’agit d’une mesure anti-démocratique qui exonère davantage les hommes politiques et l’administration de rendre des comptes aux contribuables », estimions-nous l’été dernier.

Un prétexte bureaucratique

Le nouveau président semble vouloir temporiser. Tant mieux.

Le prétexte invoqué est toutefois purement bureaucratique. « Il y aura immanquablement des loupés techniques et je n’ai pas envie de plonger le pays dans l’incertitude totale » a déclaré Macron. Cet énarque doit savoir de quoi il parle. Il pourrait y avoir des bugs, Bercy ne serait pas à 100% prêt, il faudrait plus de temps pour former les agents…

Les protestations des zélés agents du fisc à cet égard sont comiques. Bercy se déclare au taquet sur ce coup. Le ministère a même financé avec notre argent une campagne de publicité pour nous vanter les mérites de la nouvelle méthode pour nous prendre notre argent.

Avec des mignons slogans tels que « L’impôt s’adapte à votre vie ».

Adapter nos vies aux impôts ?

Mmmmmm… c’est plutôt nous qui adaptons notre train de vie aux impôts, il me semble. Sauf évidemment si vous vous appelez Cahuzac ou Thévenoud.

Pour le long terme, la position de Macron et de son gouvernement sur ce sujet n’est pas encore tout à fait tranchée.

En revanche sur l’ISF c’est assez clair : cet impôt sera réformé pour devenir une taxe immobilière de plus, une sorte de méga-taxe foncière. En attendant, cette année encore, il faudra le déclarer si vous y êtes « assujetti » pour reprendre le jargon ad hoc. Heureusement vous n’êtes pas tout seul et vous pouvez éviter la « phobie administrative ».

L’Etat veut vos biens

Dans sa très grande complaisance, l’État qui ne veut que notre bien, et nos biens, ouvre sa base de données « Patrim » d’estimation de la valeur des biens immobiliers.

Une touchante attention. Sauf que la connexion n’est pas anonyme et vous devez donner votre numéro fiscal. Certains professionnels déconseillent donc aux particuliers de se connecter en direct pour y chercher des renseignements. Car si vous doutez sur la valeur d’estimation de votre bien, le fisc sait que vous doutez, vous pourriez donc avoir fait par le passé des estimations hasardeuses et il pourrait être tentant de regarder vos anciennes déclarations…

Mais je ne voudrai pas que vous succombiez à un accès de paranoïa par une si belle journée de printemps.

Pour plus d’informations et de conseils de ce genre, c’est ici et c’est gratuit

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  • En quoi est il stupide qu’un patron paie les impôts sur le revenu de ses employés , à quoi sert il d’ajouter un intermédiaire alors que c’est lui qui paie depuis toujours ?

    • Un patron ne paie pas d’impôts sur le revenu de ses employés ; c’est l’employé lui-même qui paie ses cotisations « salariale » et « patronale » sur son salaire complet. Le fait que le prélèvement soit effectué en amont du versement du solde du salaire (le « net ») n’y change rien.

      • @ Sayo
        Quel est le sens de « l’employé paie la cotisation « patronale »?
        Aucun!
        Le patron (souvent salarié) « tête de Turc », responsable de tout, avec des salariés 100% forcément vertueux, irresponsables, « exploités » au profit du capital et d’actionnaires dégueux: c’est grotesque avec un code du travail, comme chez vous, des syndicats aux adhérents peu nombreux et aux exigences exorbitantes, et des prudhommes …

        Cette (idéo)logique-là n’est plus partagée dans les « pays du nord de l’Union Européenne », ni même de l’est, depuis la « chute du mur »!

        Et si l’étage du prélèvement ne change rien, autant donner à l’employé la somme qui lui revient, finalement!

        Si l’employé devient sous-traitant de son patron, bizarrement, il y a un changement de rôle!

        Et qui interdit à un employé de démissionner et de devenir « patron » de son activité (d’éventuel sous-traitant): il travaillera alors 24 heures sur 24!!!

      • @Sayo : pour rappel, c’est bien l’employeur qui paie l’intégralité des charges sociales salariales et patronales. C’est bien lui qui les déclaré et qui fait les virements à l’URSSAf. Et c’est bien lui qui est poursuivi en cas de retard ou d’erreur.
        Que ces charges constituent en réalité le complément de salaire « complet », oui. Mais c’est bien le patron qui paie.
        Il en ira de même pour les impôts…
        La seule solution juste et responsable est bien que le patron paie l’intégralité du salaire et que l’employé se débrouille avec les agences de racket social et fiscal…

        • C’est bien ce que je dis : techniquement, c’est le patron qui effectue le prélèvement sur le salaire et le transmet aux différents organismes ; mais le montant est bien pris sur le « salaire complet » de l’employé, d’où ma remarque sur le fait qu’en réalité, c’est bien l’employé qui paie toutes ces charges.

          Après, je suis parfaitement d’accord pour rendre ces prélèvements plus visibles (donc plus douloureux) pour l’employé, en le laissant accomplir lui-même les démarches de paiement.
          Un citoyen pleinement conscient des sommes qui lui sont soutirées est un citoyen plus attentif à la façon dont elles sont dépensées.

    • Parce que l’intermédiaire de Bercy ne sera jamais supprimé, ce sera en plus.

    • Si l’employé sait qu’on se fout de sa gueule quand on lui dit que « c’est pas cher, c’est l’Etat qui paie » il sera peut-être beaucoup moins docile à la tonte suivante. Mais si c’est le patron qui paie pour l’Etat (même si au final le résultat est le même) il sera complètement déconnecté de ce que lui coûte l’Etat. Ajoutez-y un peu de « simplification de la fiche de paie » et le poisson sera complètement noyé. Une augmentation d’impôts ne sera plus qu’une baisse de salaire, donc la faute du patron, dont chacun sait bien que c’est un salaud, n’est-ce pas…?

      • @ Anagrys

        Quand j’ai travaillé comme « fonctionnaire » contractuel, en France, et que j’ai reçu mon « bulletin de salaire », je n’ai évidemment rien compris à un nombre de lignes débordant sur une seconde page A4. (Délirant!)

        Et je ne me suis intéressé qu’au « brut de brut » comparé au « net en poche », comme tout « salarié, mais déclarant des frais professionnels édulcorant bien mes impôts »!

        Votre combat contre le « prélèvement à la source », qui fonctionne sans problème dans plusieurs autres pays (où l’état n’a pas « honte » du prélèvement), me semble évidemment « d’arrière garde ».

        Mais bon, ça vous regarde même si ça multiplie vos fonctionnaires ce qui crée de « l’emploi », du PIB, du déficit de la balance commerciale et moins de richesse!

        Mais si ça vous plaît …!

        Il faut tenir compte

        qu’E.Macron a compris qu’un « Frexit » n’est pas envisageable (bien trop cher pour la France),

        qu’un rapprochement avec l’Allemagne est souhaité des 2 côtés, donc possible,

        que la France indécrottablement indisciplinée sur les piliers du pacte de stabilité (1997: 20 ans de perdus!), ne sera pas « leader » avant de mettre de l’ordre dans son économie,

        que l’Eurozone ne payera pas pour les Français (pas « sinistrés » sauf par la « politico-administration française)

        que si on peut accepter, peut-être, de modifier les traités, ce ne sera pas sans conditions!

        mais qu’en attendant, la France est seule responsable de son referendum (2005) : « non » détourné en « oui officiel » par son assemblée nationale!

        on sait bien, depuis toujours, que la France veut une Europe à la « française », ce qui n’arrivera pas et qu’on (même la France) ne peut pas ignorer ce qu’on a signé, sauf à quitter le futur « premier cercle européen » dont on parle « sans voile », actuellement!

      • « il sera complètement déconnecté de ce que lui coûte l’Etat »

        Pire. Au Canada, les gens sont joyeux de produire leur déclaration d’impôts car pour la plupart les retenues sur salaires au titre de l’impôt sur le revenu sont systématiquement plus importantes que le montant dû.

        Aussi, chacun reçoit deux chèques (gouvernement provincial et gouvernement fédéral) de remboursement au mois de mai.
        [Détail gouleyant : ce remboursement du trop perçu n’est majoré d’aucun intérêt, tandis que si un individu « doit » quelque chose à l’état ou a la mairie, les intérêts courent dès le jour 1, mais passons.]

        Les gouvernements sont décidément de grand bienfaiteurs, non seulement ils sont honnêtes, avisés et dévoués, mais en plus ils envoient de l’argent aux citoyens ! Une générosité pareille donne foi en la démocratie.

  • pas besoin de passer par le machin  » patrim  » pour estimer un bien ; la plupart des agences immobilières le font gratuitement ;

  • Vous avez raison, le patron devrait tout verser à l’Etat qui se chargera de ponctionner ce qu’il estime nécessaire à l’intérêt général, l’égalité réelle, sa gestion affutée des deniers publics etc…. puis nous reversera ce qu’il estime suffisant à notre existence (de quoi manger et boire… mais pas trop car l’obésité cela coute cher à l’Etat etc…), une sorte de RSA pour salarié.
    Cela constituerai en prime une belle mesure de simplification pour tous.
    En tant que citoyenne , je ne me considère pas comme un « intermédiaire » entre l’Etat et mon employeur.
    Je ne suis pas au service de l’Etat, ce serait plutôt lui qui serait à mon « service » …

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