Des médias aux Fake News : le rapport paradoxal des Français à l’information

La confiance des Français dans les médias est en baisse. Mais les choses sont plus complexes que cela. Les Français attendent surtout que les médias assument leur rôle démocratique !

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Des médias aux Fake News : le rapport paradoxal des Français à l’information

Publié le 26 avril 2017
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Par Florian Brochard.

Comme chaque année depuis 1987, l’institut Kantar vient de réaliser pour le quotidien La Croix le baromètre de la confiance des Français dans les médias. Et les résultats sont plutôt inquiétants.

L’intérêt pour l’actualité est en effet « très faible pour une année présidentielle ». Seulement 64 % des Français suivent les nouvelles avec intérêt, soit 11 points de moins qu’en 2007.

En outre, les personnes qui suivent l’actualité accordent une crédibilité de plus en plus faible à l’information relayée par les médias. Ainsi, 52 % des interrogés ont confiance dans l’information qu’ils entendent à la radio, ce qui en fait le média le plus crédible (bien que ce résultat soit inférieur de 3 points à celui de l’année précédente). Seuls 44 % des interrogés font confiance aux journaux (– 7 points sur un an), 41 % à la télévision (– 9 points sur un an) et 26 % au Web (– 5 points sur un an).

L’enquête de l’institut Kantar révèle cependant un certain nombre de paradoxes. Si l’intérêt pour l’actualité et la confiance dans les médias baissent, l’audience augmente. Mieux : la diffusion de certains grands journaux se stabilise.

Le risque des « Fake News »

Alors que 73 % des Français disent ne pas avoir confiance dans les informations qui circulent sur les réseaux sociaux, ces derniers prennent pourtant une place grandissante.

Pour 9 % des sondés, les réseaux sociaux constituent même leur source d’information principale pour approfondir l’actualité ; cela représente une progression de 6 points par rapport à l’année précédente ! Les sites et applications mobiles de la presse écrite permettent à 22 % des interrogés d’approfondir l’actualité (+ 7 points sur un an).

Sur Internet, les cadres et les diplômés privilégient les sites et applications mobiles issues de la presse écrite, tandis que les réseaux sociaux sont la principale source d’informations des 18-24 ans et des employés. Or, 83 % des utilisateurs des réseaux sociaux disent y avoir repéré de fausses nouvelles, ou des rumeurs.

Propagation des fausses rumeurs

Un constat qui n’empêche pas la propagation des « fake news » : 39 % des sondés continuent ainsi de croire que l’État a réservé plus de 77 000 logements HLM pour l’accueil de familles de migrants, et 38 % pensent encore que des maires de province font venir des personnes étrangères de Seine-Saint-Denis dans leur ville en échange de subventions. Petit détail qui ne manque pas d’intérêt : les sympathisants du Front national sont les seuls à privilégier les réseaux sociaux comme source d’information.

Les résultats de l’enquête de l’institut Kantar n’impliquent pas pour autant l’avènement d’une ère de l’information « post-vérité ». Interrogée par La Croix, Julia Cagé, économiste des médias, estime au contraire que « les Français sont plus que jamais en demande de faits précis, mais le problème est qu’ils ne savent plus à qui faire confiance ».

Et le sondage semble lui donner raison : 67 % des personnes interrogées jugent que les journalistes ne sont pas indépendants des pressions des partis politiques et du pouvoir.

Le rapport que les Français entretiennent avec les médias s’avère donc plutôt complexe et paradoxal. S’ils semblent y faire de moins en moins confiance, ils manifestent en réalité un niveau d’exigence plus élevé. Preuve, s’il en est besoin, que l’existence des médias indépendants et pluriel est reconnue comme indispensable à la démocratie.

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