En quatre constats, pourquoi le moins mauvais est Macron

Emmanuel Macron est-il le candidat le plus à même de faire sortir la France de son marasme économique ?

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En quatre constats, pourquoi le moins mauvais est Macron

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 24 avril 2017
- A +

Par Charles Boyer.

Cette tribune est un avis personnel et ne représente pas une opinion de la rédaction de Contrepoints.

La campagne présidentielle a pris une mauvaise tournure, au-delà même de sa teneur inhabituelle en questions personnelles sur les candidats. On peut penser que c’est le fait de l’éclosion du web et des réseaux sociaux comme acteurs principaux de la politique, qui échappe un peu désormais aux canaux traditionnels d’informations.

Comme au Royaume-Uni et aux USA, et on peut supposer que c’est le cas dans la plupart des pays ; désormais, nous sommes entrés dans une phase d’apprentissage assez dense, où ceux qui avaient l’habitude de représenter les canaux de transmission de l’info sont pris au dépourvu et tentent de contre-attaquer maladroitement.

Nous ne sommes qu’au début de ce phénomène, et bien malin qui peut dire où il nous mène (on peut penser que l’essor de la radio et du cinéma nous ont amené un certain type de politique, et à sa suite la télévision. Comme ces technologies vont évoluer très vite, prévoir ce qu’elles donneront dans cinq ou 10 ans relève de l’oracle.

Concernant ici et maintenant, dans ce nouvel âge, quatre constats s’imposent :

Une vraie crise

La France connait une vraie crise qui remet en cause ses modes de vie et, dans une certaine mesure, sa prospérité. Depuis 70 ans, le pays a remplacé le lien social par un État-providence de plus en plus tout-puissant. Du fait entre autres de la démographie, les limites de ce système sont dépassées, créant une angoisse généralisée et palpable, mais souvent mal analysée.

La cause fondamentale de cette crise est le blocage dans des schémas d’organisation devenus des totems intouchables : les partenaires sociaux, l’héritage du Conseil National de la Résistance, le monopole des autorités sur la protection sociale, l’existence d’une nouvelle classe de privilégiés avec, par exemple, leurs régimes spéciaux, l’augmentation constante de l’emploi public, et les corporations et groupes de pression protégés de l’innovation, comme certaines professions, les banques, les entreprises du CAC40 pouvant jouir d’arrangements fiscaux avantageux.

On peut dans ce dernier cas, ou dans celui par exemple des énergies renouvelables, évoquer le capitalisme de connivence ou, comme le nomme Vincent Benard, le  kleptocapitalisme.

De quoi les gens ont peur

Alors que les forces décrites ci-dessus sont en train de lentement déchirer le pays et de miner la confiance des individus, ceux-si semblent en majorité désigner d’autres coupables : soit les minorités visibles et religieuses, soit les actionnaires et la grande-finance-internationale-apatride-suivez-mon-regard. Soit, souvent, les deux.

Les motivations de vote les plus fortes

La motivation la plus forte pour choisir 10 des 11 candidats est une réponse à la crainte ou la défiance envers les minorités, visibles ou religieuses, soit envers les actionnaires et la grande-finance-internationale-apatride-suivez-mon-regard, soit les deux. Ceci signifie que l’élection a pris une nette tournure tribale, et ne laisse rien présager de bon pour la paix et pour notre pays.

Un candidat non principalement tribaliste

Le seul candidat qui échappe à ce phénomène est Macron. Céder au tribalisme, alors que notre pays fait réellement face à une crise grave — et nous nous en rendrons compte quand les taux d’intérêts monteront — serait tenter d’en sortir en installant un climat de lutte entre les tribus peuplant le pays, ce choix compromettant largement cet objectif de sortie de crise. Pour échapper aux forces centrifuges de tous ceux pour lesquels l’essentiel est de désigner des boucs émissaires, le moins pire des candidats était donc Emmanuel Macron.

L’auteur de ce texte ne votera pas, pour des raisons déjà souvent expliquées par d’autres, depuis des années, sur Contrepoints.

Voir les commentaires (13)

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Créer un compte Tous les commentaires (13)
  • On croit vraiment rêver. Macron EST le conseiller économique de Hollande et était son ministre de l’économie!
    DONC RESPONSABLE de la catastrophe économique de ce quinquenat: 1,1% de croissance en 2016 et 1 million de chômeurs supplémentaires! Cela ne suffit pas à ce monsieur?
    Non seulement les français ne sont pas capables de se souvenir de qui était Macron il y a seulement 1 an de cela, mais en plus incapables de réfléchir !

    • Et vous suggérez quoi ?

      Les petits candidats : des programmes ridicules ou dangereux, souvent les deux. À part Lassalle qui fait un peu bisounours.

      Le Pen… catastrophe…

      Jean-Luc Mélenchon… catastrophe…

      Ne restent alors que Hamon et Fillon. On peut alors tenir les mêmes propos qu’envers Macron : on sait ce qu’ils ont fait et on a vu les résultats.

      Reste que Macron, dans son discours, est le plus rassembleur, le moins porté à accuser des boucs émissaires. Fillon et Hamon sont proches de Macron à ce niveau, mais Hamon c’est le PS et Fillon avec la crédibilité qu’il a désormais…

  • Pas convaincu, simplement parce que Macron l’a ouverte un peu trop grande sur ce sujet.

  • Le jeunot sans grande expérience politique, quasi-inconnu avant d’arriver à Bercy, à qui une seule mère ne suffisait pas, qui a trouvé subtil (ou effrontément provocateur?) non seulement de se recycler quelques temps dans une banque, mais la plus symbolique qui soit, après avoir eu pour directeur de campagne un des hommes de confiance de l’Israélo-français (cinquième fortune en France) et rallié de nombreux milliardaires et autres fortunés, va donc être président de la ripoublique qui n’a de démocratique que l’appellation, déjà vu ses modes de scrutins aberrants.
    Quoiqu’il en soit les médias s’honoreraient, charte de Munich ou pas, de nous donner les scores par rapport aux inscrits, à défaut peut-être de pouvoir nous les donner par rapport aux Français (de plus ou moins fraîche date) en âge de voter. Sachant que des femmes et des hommes très bien, économico-politiquement cultivés et se dévouant sociétalement quotidiennement ne sont plus ou pas inscrits sur les listes électorales : et que d’autres, satisfait par aucun candidat et/ou programme, utilisent un bulletin blanc pour le dire, mais insensément sans influer sur le ridicule pourcentage des deux « gagnants. .

    En conclusion, et c’est de plus en plus vrai, « Qui trouve rationnelles et louables nos organisations et pratiques sociétales politiques, économiques et a fortiori environnementales, ne l’est guère »

  • Nul n’échappe à son milieu, Macron vient de la banque,Macron roule pour lui même..Ni de gauche ni de droite ,seulement du Milieu….Comment expliquer son financement , inconnu il fut ,d’un coup de baguette magique il devint star !
    Il peut malgré tout sortir la France de son trou , il est le centre du monde, mais est-ce l’intérêt de ses commanditaires?

    • Très bonne question.
      Et s’il est élu, il peut se passer beaucoup de choses, car ce sera lui le président, pas ses commanditaires..
      Aura-t-il assez de force de caractère pour leur tenir tête ou ne sera-t-il que le pantin que vous semblez craindre ?

      On a tant d’exemples passés dans les deux sens, difficile à dire à l’avance…

  • Dsans éçu par cet article sans aucun argument. En quoi Macron est-il le meilleur candidat du point de vue libéral ? Cet article ne donne aucun argument.
    En France, les gens ont des aspirations différentes, il est impossible de mettre tout le monde d’accord. La france a besoin de réformes libérales mais des tas de gens n’en veulent pas. Le modèle social français est basé sur une société de privilèges. Les enlever déplaira aux privilégiés. Faire les réformes structurelles nécessaires entraînera une forte opposition. Cela demande du courage. On ne peut pas plaire à tout le monde.
    Il est impossible de mener une politique consensuelle. Et même si c’était le cas je doute que ce soit une politique que la France a besoin. La politique pour redresser la France est une politique qui ldemande des choix forts qui deplairont à bcp de gens.
    Macron dit tout et n’importe quoi pour plaire aux gens. En quoi la France a besoin de cela. Ce mec est vide idéologiquement. Il n’arrête pas de se contredire. Entre les électeurs de gauche modérée ayant voté pour lui pour ne pas voter des extrémistes ( hamon et mélenchon) et les électeurs de droite ayant voté pour lui par dégoût des affaires entourant fillon, il ne pourra pas plaire aux deux camps. Macron mènera la même politique qu’hollande sauf qu’il sera débarrassé de l’aile gauche du ps. Macron est du pur marketing. Ses électeurs l’ont choisi par dépit car ils pensent que c’est le moins pire pas du tout par conviction. Là où le choix de fillon était bien plus un vote de convictions. Macron n’a pas de véritable socle électorale. Une fois au pouvoir ses électeurs l’abandonneront très vite.

  • « l’héritage du Conseil National de la Résistance » faux le modèle social français est un héritage du régime de vichy. Seulement comme ce n’est pas très honorable on a réécrit l’histoire

  • en tout cas , l’élection au 1er tour de macron a donné des ailes au cac 40 , les marchés financiers se frotteraient parait ‘il les mains , les banquier sont contents et merkel aussi , entre autre dirigeant ; ça me laisse un gout amer dans la bouche et autant d’inquiétude pour l’avenir ;

    • Oui , les banques sont contentes car elles savent qu’il ne reviendra pas sur la scélérate loi Sapin 2 qui leur permet de tout vous voler en cas de risque de faillite et qu’il ne reviendra pas non plus sur la liberticide loi du même triste sire qui interdit le paiement en cash de plus de 1000 euros sous le fallacieux prétexte du terrorisme !

  • Macron va t-il revenir sur la scélérate loi sapin 2 qui permet aux banques de tout vous voler , ou de geler vos retraits , si elles risquent la faillite? Ou encore l’interdiction du cash de plus de 1000 euros sous le prétexte fallacieux du terrorisme mais dont le vrai but est de fliquer tout le monde , tout savoir sur vous ,et à terme suppression totale du cash pour empêcher les retraits aux guichets en cas de risque de faillite des banques et également d’instaurer les intérêts négatifs ? Bien sûr que non , qu’il n’ y reviendra pas !
    ne vous trompez pas , macron n’est pas du tout pour les libertés individuelles mais pour la surveillance de masse , il n’est pas du tout votre ami ! Il autorisera les banques à vous voler en cas de crise !

    • Bof, les autres en aurait autant. Macron est un étatiste tout ce qu’il a plus classique inutile de le faire passer pour un monstre, c’est juste un politicien français (et c’est pas beau à voire)

  • Question peut-être naïve de ma part mais: pourquoi n’y a-t-il pas de lien fait entre « certaines professions, les banques, les entreprises du CAC40 pouvant jouir d’arrangements fiscaux avantageux. », les facteurs qui installent un « capitalisme de connivence » et « « les actionnaires » et la grande-finance-internationale-apatride-suivez-mon-regard. » ?

    Je ne dis pas que la banque et la finance sont, seules, les responsables. Evidemment une part non-négligeable du politique fait son boulot également mais les deux ne doivent-ils pas être condamnés avec la même ferveur?

    Déréguler encore davantage ne va-t-il pas renforcer l’influence d’une classe déjà dominante et empêcher une émancipation du plus grand nombre?

    Merci à quiconque pourra m’éclairer.

  • Les commentaires sont fermés.

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casier Législatives coute
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