Présidentielle : et si c’était Mélenchon face à Le Pen ?

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Pour notre auteur, il est impératif pour les libéraux de voter Macron ou Fillon pour éviter d’avoir à choisir entre Le Pen et Mélenchon au second tour.

Par Xavier Chambolle.

Il est désormais envisageable que le premier tour du 23 avril débouche sur un duel Mélenchon – Le Pen. Le Front National comme la France Insoumise proposent un programme économique qui s’annonce dévastateur. Sans parler des positions sur les questions européennes. A priori, c’est Mélenchon qui gagnerait un tel duel. Mathieu Blèh a magistralement démontré le danger que constitue Jean-Luc Mélenchon.

Insistons : Jean-Luc Mélenchon se dit humaniste, démocrate, mais il considère le Vénézuela chaviste comme un modèle (pénuries de papier toilette, de lait, de farine, fermetures de radios libres, explosion de la violence, etc.), il tente de réhabiliter Robespierre, il a pleuré la mort de Chávez et de Castro sans formuler aucune critique sérieuse sur ces régimes. Pour Castro, il s’est contenté d’un « Faire des erreurs de gouvernement, c’est à la portée de tout le monde ! ». Autrement dit, c’est un boucher qui vous vend de la salade : il y a anguille sous roche.

Bref, si nous avons un tel résultat au soir du 23 avril, quelles seront les possibles conséquences ? Posons-nous quelques questions.

23 avril 2017, duel Mélenchon / Le Pen : que va-t-il se passer ?

Comment réagiront les marchés internationaux ? Dans quelle mesure cela influencera le cours de l’euro notamment face au dollar US ? Quel sera l’impact sur le cours boursier des entreprises françaises et des investissements étrangers planifiés en France ?

Ce n’est ni de la faute de Le Pen, ni la faute de Mélenchon, mais l’État français est surendetté. L’Agence France Trésor emprunte chaque mois des milliards d’euros. Ils servent à financer l’épicerie de l’État (les salaires, les dépenses courantes) et à honorer ses dettes qui arrivent à échéance, ainsi que les intérêts ; et c’est un problème quand on s’endette pour autre chose qu’un investissement.

La France est surendettée, mais si ce scénario se réalise : la France sera-t-elle en mesure de s’endetter à des taux raisonnables ? Sera-t-elle dans un avenir rapproché en défaut de paiement ? Si elle est en défaut de paiement, ce qui s’est passé en Argentine aura-t-il lieu en France également ? Si oui, à quel moment les banques fermeront leurs portes pour éviter la panique bancaire ? Plus récemment, on se rappelle des Grecs attendant devant les guichets automatiques pour retirer quelques euros et aller acheter de quoi manger.

Avant même que Mélenchon ou Le Pen puissent appliquer leurs programmes, la simple certitude d’avoir l’un ou l’autre aura des conséquences néfastes et potentiellement catastrophiques pour les finances de l’État et indirectement pour l’économie française… et européenne.

A priori, dans le cas d’un tel scénario, c’est Mélenchon qui l’emportera. Sans revenir sur l’article de Mathieu Blèh, certaines questions nous viennent à l’esprit.

7 mai 2017, victoire de Mélenchon : et après ?

Sera-t-il en mesure d’appliquer son programme, au moins de manière partielle ? Autrement dit : sera-t-il en mesure d’avoir une majorité au Parlement et le soutien des fonctionnaires pour appliquer ces réformes ?

Si oui, respectera-t-il ses promesses ?

Rappelons à toutes fins utiles que Mélenchon veut organiser une constituante, comme Chávez au Venezuela. Cette constituante n’est une garantie de rien du tout. Cette VIe République pourrait par exemple être d’inspiration chaviste, comme son programme, comme son positionnement. Nationalisations, pardon, mutualisations, affaiblissement du pluralisme, de la liberté de la presse, contrôle des prix. Les politiques collectivistes et dirigistes n’ont jamais fonctionné. En effet, l’argent des autres vient toujours à manquer et les signaux du marché sont tellement perturbés, en plus d’avoir les mains liées, que l’économie finit immanquablement par être asphyxiée. À la clef : paupérisation, violences et éventuellement pénuries. Prenez n’importe quel pays collectiviste, c’est ce qui s’est passé un jour ou l’autre.

Quand l’argent des Français viendra-t-il à manquer pour financer les politiques clientélistes de Mélenchon et compenser les défaillances du marché amputé, ligoté ?

Que fera Mélenchon face à cet échec programmé ? Peut-être agira-t-il comme Mitterrand en prenant acte de son échec pour passer à autre chose. Peut-être agira-t-il comme Chávez, Maduro, Castro : accuser les autres (le marché avec ses profiteurs, la CIA…). L’Europe sera un bouc-émissaire parfait, avec l’Allemagne à sa tête.

Si nous prenons l’hypothèse Mitterrand, rêvons, choisira-t-il par pragmatisme de mener des réformes d’inspiration scandinave (libéralisation du marché du travail, privatisations, mise en concurrence des services publics, suppression de postes de fonctionnaires, etc.) ? Après tout, ce sont des socialistes qui ont mené ce genre de réformes en Allemagne (Schröder), en Suède, en Nouvelle-Zélande… Mélenchon, pragmatique ? Oubliez cette hypothèse.

Si nous prenons l’hypothèse Chávez, la plus probable, la France glissera-t-elle lentement vers une dictature socialiste ?

Les solutions

Votre petit vote ne pèsera pas grand chose pour éviter cela, mais il va falloir très sérieusement, dès le premier tour, considérer un vote pour Fillon ou Macron, les deux seuls candidats qui ne sont pas des fous dangereux. Glissez le bulletin de vote dans l’urne en vous bouchant le nez s’il le faut. Le statu quo, aussi détestable et décevant soit-il, reste préférable à ces alternatives démagogiques qui ont toujours abouti à des désastres. Le rejet du système, du statu quo, est très fort et largement justifié, mais cela ne fait pas des projets portés par Mélenchon et Le Pen des alternatives à souhaiter.

Marine Le Pen a de fortes de chances de se retrouver au premier, mais peu importe qui elle a en face, il est fort probable qu’elle perde. L’objectif est donc de faire en sorte que Mélenchon ne soit pas l’alternative au Front National.

Si vous avez des proches qui pensent voter Mélenchon ou Le Pen : même si cela semble vain, discutez avec eux, de la manière la plus respectueuse possible (c’est un défi) et essayez de leur montrer les problèmes posés par leur candidat.

Si vous avez des proches qui pensent s’abstenir, essayez de les convaincre de voter pour Macron ou Fillon, car c’est sans doute l’abstention au premier tour qui permettra à Mélenchon de se hisser face à Marine Le Pen pour le second tour.

Finalement, vous devriez réfléchir aux actions personnelles à entreprendre pour vivre au mieux cette période mouvementée qui s’annonce, afin de vous protéger vous et vos proches. Renseignez-vous sur le quotidien des Grecs, des Argentins et des Vénézuéliens au plus fort de leurs crises respectives et tirez-en des leçons.

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