La révolution numérique est-elle en train de tuer la presse écrite ?

Dans le nouvel univers du buzz, du nombre de caractères restreints, où la Une est aussi importante que l’article, le journalisme est à redéfinir.

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La révolution numérique est-elle en train de tuer la presse écrite ?

Publié le 5 avril 2017
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Par Alexis Camberlyn.
Un article de Trop Libre

La santé de la presse est mesurable à ses ventes : celles-ci sont en décroissance constante. Depuis 2011 la baisse des ventes de quotidiens nationaux atteint 9,65 % alors que les ventes numériques augmentent de 42 % sur la même période.

Ces deux chiffres traduisent une évolution historique, une modification radicale du rapport de l’individu à l’information : la presse écrite, déjà impactée par l’apparition de la télévision, a subi un énième coup de grâce avec la révolution numérique et l’apparition des smartphones.

Progression négative de la diffusion payée

Sur l’année 2016, selon l’Alliance pour les Chiffres de la Presse et des Médias (ACPM), la progression de la diffusion payée (ce qui correspond au nombre moyen d’exemplaires payants diffusés par numéro) est négative.

Le Figaro est le premier journal vendu mais il accuse une baisse de 1,81 % ; même constatation pour Aujourd’hui en France qui subit une baisse de 5,5 %. Le journal le plus impacté est Libération, dont la diffusion est en chute libre : -17 %.

Au-delà des chiffres, la question de la survie de la presse écrite est importante car les habitudes sont en train de se modifier radicalement : le format écrit, matériel, papier, perd de sa pertinence à l’ère du tout numérique.

Progressive individualisation de l’information

Une des modifications les plus notables est l’avènement du smartphone, la prolifération des applications des médias, et des réseaux sociaux. Chaque journal possède aujourd’hui une application mobile : l’idée centrale est de couper les intermédiaires, couper la contrainte temporelle, ce qui la rend toujours plus accessible.

Les notifications du Monde ou du Figaro sont des exemples de cette mutation ; l’information est globale, synthétique, et l’individu peut dès lors recevoir plusieurs notifications de différents journaux.

L’accès aux contenus est facilité ; un téléchargement est un engagement moins fort qu’un achat en kiosque. En outre, à l’heure du numérique, les pratiques s’individualisent : l’ordinateur ou le smartphone remplacent la télévision, les sites internet concurrencent la presse écrite où l’information est personnalisée en fonction de ce que l’on choisit, ou non, de recevoir numériquement.

L’individualisation des pratiques

Un des phénomènes contemporains de nos sociétés est l’individualisation des pratiques, une recherche permanente de singularité qui modifie les comportements. L’information est de moins en moins commune et devient de plus en plus individuelle passant du type familial au type virtuel.

Le système de plateforme permet ce que l’on peut appeler une accélération temporelle, où se distinguent deux catégories de traitement : le temps long et le temps court. Il n’est pas question d’opposer l’un à l’autre, nous sommes juste face à un phénomène de foisonnement de l’information.

La presse écrite quotidienne, nationale et régionale, est ainsi confrontée à un défi majeur : comment continuer à conserver ses lecteurs? L’enjeu est d’autant plus grand qu’il intervient dans un contexte de méfiance, et de critique des médias.

Une défaite des médias dits traditionnels

Le phénomène de « post-vérité » est un marqueur de nos sociétés contemporaines, favorisé par internet . La traque des « complots » est forte sur la toile où de nombreux sites servent à contester la « version officielle» de l’information.

Le piège est d’autant plus grand pour les médias traditionnels que toute contre-attaque de leur part entraîne mécaniquement une levée de boucliers par méfiance.

La vérité n’est plus le but recherché, l’information même fausse peut trouver un écho.

Les « faits alternatifs » sont incarnés notamment par Sean Spicer (directeur de la communication de la Maison-Blanche) qui a développé sa vision de l’information en disant : « je pense que parfois nous pouvons être en désaccord avec les faits ». Sa déclaration est une illustration de cette ère de la « post-vérité ».

Véracité des faits et brouillard des émotions

Désormais est présenté de la même manière une information vérifiée et une information incontrôlée. Nous avançons dans un monde où la véracité des faits est affaiblie par le brouillard des émotions.

Dans ce nouvel univers du buzz, du nombre de caractères restreints, où la Une est plus importante que l’article, le journalisme est à redéfinir. La presse doit alors répondre à ces deux problématiques : un modèle économique à réinventer et une réflexion intellectuelle à renouveler, afin de recréer une certaine solidité et une crédibilité. Aux médias de faire de cette faiblesse momentanée, une force durable.

“J’appelle journalisme tout ce qui aura moins de valeur demain qu’aujourd’hui.” André Gide

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  • C’est un effet du tropisme de dématérialisation./

  • je crois plus simplement que le vrai journalisme se trouve sur la toile maintenant .Les médias traditionnels et spécialement en France sont des médias fonctionnarisés de fait . Fermez le ban .

  • Les commentaires sont fermés.

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