La Guyane, échec d’un paradis étatique

Le département français de la Guyane est emblématique des effets pervers de l’étatisme, de la redistribution, de la planification centrale.

Par Simone Wapler.

La Guyane profite à fond de ce que le jargon technocratique appelle les « transferts fiscaux ».

La Guyane profite d’une redistribution des richesses

Au cas où quelques énarques égarés liraient cet article, la Guyane se situe tout près de l’Équateur, au nord de celui-ci, sur la côte est de l’Amérique du sud. C’est là, à plus de 7 000 km de nos côtes, que l’argent des contribuables français atterrit pour embellir la vie des Guyanais.

Le « transfert fiscal » est de la « redistribution » à l’échelle non plus des individus mais d’une région, d’un département, d’un pays. On prend aux « riches » pour donner à ceux qui le sont moins. Par exemple, les riches Italiens du nord paient pour les malheureux Siciliens.

C’est exactement ce que les Eurocrates réclament, par exemple, pour les pays du sud de l’Europe. On prend aux Allemands pour donner aux pauvres Grecs. Et hop, l’affaire est dans le sac, plus besoin d’austérité et plus de crise de la dette en euro…

Mais revenons à la Guyane.

La Guyane, un paradis d’interventionnisme

C’est un paradis, la quintessence de l’étatisme, de l’interventionnisme. Ce qu’il y a de plus abouti dans ce domaine…

Jugez plutôt :

  • 90% du PIB dépend de l’État et des institutions publiques ;
  • 31% de la population active est fonctionnaire.

Dans la France hexagonale, l’État ne contrôle « que » 57% du PIB et seulement 22% de la population active est fonctionnaire.

La Guyane, c’est bien mieux que la France…

Où va l’argent public ?

Visitons le site de la Collectivité territoriale de Guyane. En cliquant sur les différents liens, vous déboucherez sur ce message laconique :

Notre argent serait-il gaspillé ? Argh, qu’allez-vous penser, mécréant ! Non, une simple erreur d’aiguillage…..

Le Figaro nous rassure totalement sur ce point :

L’économiste Agnès Benassy-Quéré estime que « les transferts considérables de la métropole tirent vers le haut les prix et empêchent la diversification de l’économie guyanaise parce que le système subventionne de la consommation et non pas de l’investissement ».

« Tout l’enjeu est non pas de dépenser moins mais de rediriger l’argent : au lieu de surpayer les fonctionnaires, il faut davantage investir », conclut la présidente déléguée du Conseil d’analyse économique.

L’argent tombe directement du ciel dans la poche des consommateurs qui n’ont pas la chance d’être fonctionnaire.

Un pacte de développement « ambitieux »

Si on investissait tout irait bien. Qui va décider des investissements ?

Le gouvernement bien sûr ! Les Échos nous en disent un peu plus sur un « pacte ambitieux » :

Le ministre de l’Intérieur Mathias Fekl et la ministre des Outre-mer Ericka Bareigts seraient en mesure de poser sur la table des négociations un pacte de développement de la Guyane de quatre milliards sur un peu moins de 10 ans. L’équivalent de 400 à 500 millions d’euros par an.

Le gouvernement va en outre calmer les inquiétudes sur l’avenir du centre médical de Kourou et de l’hôpital de Cayenne, un établissement moderne mais à la trésorerie fragile et en manque d’investissements qui profitera de 20 millions d’euros d’aide.

Enfin, la CTG, dont les finances sont plombées par 8% de croissance annuelle des dépenses sociales, sera épaulée au-delà des 14 millions d’euros déjà dégagés par le fonds de compensation du RSA.

Mais au fait, pourquoi les Guyanais sont-ils mécontents ? Chômage, insécurité, logements sociaux inadéquats…

Si on fait plus de tout ce qui n’a pas marché, ça devrait aller mieux, beaucoup mieux.

  • 100% du PIB à l’État parce que l’État, lui, sait où investir ;
  • 100% de la population active fonctionnaire et donc 0% de chômage.

Encore un petit effort et nous devrions y arriver.

La Guyane est l’illustration parfaite de la « chasse aux subventions » et de la corruption qui se développe dès qu’une économie vit de « l’argent des autres », surtout quand les autres sont lointains, à plus de 7 000 kilomètres.

Pour plus d’informations de ce genre, c’est ici.