Idée reçue : “Le profit c’est mal”

Loin d’être mal, le profit est beau et nécessaire ! Il dénote de la capacité d’un entrepreneur à allouer de façon optimale des ressources. Il permet de rémunérer en partie ceux qui ont choisi le risque comme moteur de leur existence.

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Idée reçue : “Le profit c’est mal”

Publié le 29 mars 2017
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Par Eddie Willers.

Rien ne résume mieux l’esprit anticapitaliste que l’expression “le profit c’est mal” ou toute expression visant à indiquer que le profit est l’alpha et l’omega des maux de notre société.

Première chose à se dire : qu’est-ce que le profit ? Prosaïquement, c’est la différence entre les revenus et les coûts, comptablement nous pourrions l’assimiler au résultat net. C’est la part du résultat qui reste aux actionnaires une fois que tout a été payé : achats de matières premières, salariés, État, banques etc. C’est donc la valeur que la société a su générer pendant l’année écoulée.

Le profit est donc signe de création de richesse nette. Il témoigne d’une bonne gestion des ressources dans le but de satisfaire des clients. Pourquoi donc certains s’érigent contre le fait que les entreprises réalisent des profits “indécents” ?

Le « juste » partage du profit

L’argument sous-jacent à ses récriminations est souvent que le partage de la valeur n’est pas équitable à leur goût. Nous avons le souvenir qu’un ancien président avait présenté sa vision du partage de la valeur il y a quelques années de cela : 1/3 pour les salariés, 1/3 pour l’État et 1/3 pour les actionnaires.

Nos militants anti-capitalistes considèrent donc que le profit n’est qu’un manque à gagner pour les salariés et l’État. Alors que les méchants actionnaires ne font que toucher leurs dividendes (qui ne sont quasiment jamais égaux au profit, soit dit en passant), les salariés sont ceux qui font tourner l’entreprise au quotidien et créent la richesse. Ils sont donc dépossédés de leurs droits par le profit.

Pour comprendre en quoi cette vision est parfaitement absurde, retournons à la genèse d’une entreprise. Au commencement, fut un ou plusieurs hommes (nous simplifierons notre cas en ne considérant qu’il n’y a qu’un homme) doté d’un goût pour l’aventure, et avec une idée maline en tête.

Le capital, c’est capital !

Il est convaincu que son idée ou son produit pourraient avoir une utilité à un certain nombre d’acteurs. C’est le moment de constituer sa société. Pour assurer les premiers mois d’existence de celle-ci, payer les premiers fournisseurs et l’État qui toque à la porte, il va apporter des fonds, le capital de la société.

Comme son nom l’indique, le capital est… capital ! Sans capital, le projet ne peut pas débuter. Pour autant, notre projet n’est pas encore très bien défini, nous ne savons même pas s’il a une chance d’aboutir. En apportant de l’argent à celui-ci, notre entrepreneur peut donc perdre sa mise, le risque est énorme.

Pour autant notre entrepreneur croit en son idée. Il se lance donc ! Seulement pour produire son article/service, il va devoir recourir à l’achat de divers éléments. Thomas Edison avait par exemple besoin de tungstène, de verre, d’acier et d’autres matières premières encore pour produire ses premières ampoules.

Clio ou Ferrari ?

Il arrive alors que le succès soit tel que notre entrepreneur ait besoin de personnes pour l’aider à produire suffisamment face à la demande des clients ! Il va donc proposer à des personnes de s’associer à son projet. Il dispose de deux moyens de les associer à son projet : soit leur promettre une somme fixe versée chaque mois quoiqu’il arrive tant que la société n’est pas en dépôt de bilan, soit leur accorder une part de son capital.

Il a donc le choix entre une Clio qui démarrera tous les matins ou une Ferrari qu’il faut retaper : pas sûr qu’elle redémarre mais si elle redémarre elle peut monter à 200km/h. Certains préfèreront recevoir une voiture banale qui marchera à coup sûr tous les matins, d’autres préfèreront prendre le risque de conduire une voiture de sport qui ne démarrera pas toujours.

L’erreur altermondialiste

Lorsqu’un salarié signe un contrat de travail, il achète également une sécurité. Cette sécurité a un prix, celui de ne pas prendre part aux potentiels profits de l’entreprise.

Si nous revenons donc à nos revendications alter-mondialistes, prétendre que les salariés ne récupèrent pas une juste part de la création de valeur de la société est une hérésie. Ils récupèrent la part définie qu’ils ont acceptée.

Enfin, comme précisé plus haut, les profits ne tombent pas directement dans l’escarcelle des actionnaires via des dividendes. Les profits de la société servent auparavant à dégager les ressources financières nécessaires pour financer l’acquisition de machines plus performantes qui faciliteront la vie des salariés, améliorer les conditions de travail pour augmenter la productivité.

Une entreprise qui n’investit pas, que ce soit dans des machines ou dans des personnes, est une entreprise qui ne cherche pas à progresser. C’est donc une entreprise qui s’expose à la montée en puissance de concurrents.

Les mauvais résultats pénalisent les salariés

Sans investissement, la société limite potentiellement ses futurs résultats. Si nous nous concentrons sur les salariés, une entreprise dont les résultats sont mauvais ne pourra plus faire face à ses coûts et devra donc arrêter ses recrutements, voire licencier.

Investir peut se faire via de la dette mais celle-ci porte un taux d’intérêt. À l’inverse les profits ne “coûtent” pas puisqu’ils sont la résultante de la capacité de la société à optimiser ses revenus et ses coûts.

Plus les profits sont élevés, plus la société peut investir et donc construire sa croissance future, améliorer les conditions de travail des employés, recruter, affirmer sa présence sur de nouveaux marchés, construire de nouvelles usines, s’ouvrir à de nouveaux marchés etc.

Loin d’être mal, le profit est beau et nécessaire ! Il dénote de la capacité d’un entrepreneur à allouer de façon optimale des ressources. Il permet de rémunérer en partie ceux qui ont choisi le risque comme moteur de leur existence. Enfin, il dégage les ressources dont la société a besoin pour investir, accroître la productivité de ses salariés et assurer sa croissance !

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Voir les commentaires (12)

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  • profit indécent…que voulez vous répondre à ça…
    vous avez en face de vous des gens qui savent ce que doit être le juste profit..
    Une remarque, l’ouvrier dans un usine de voiture fait un travail tout à fait similaire chez renault ou chez peugeot ,en vertu du principe supérieur que à travail égal salaire égal..ils doivent être rémunérés au même niveau!!! leur donner une part du profit éventuel de l’entreprise est injuste selon ce principe… il faut donc que ce soit l’etat qui capte les profits  » indécents » des entreprises qui ont du succès pour les distribuer à tous les ouvriers de toutes les usines..

  • Bonjour à toutes et à tous,
    Excellent papier ! 😀
    Appuyons sur un point fondamental, évoqué mais non développé … Le « profit » est aussi le résultat d’un partage sain entre d’une part l’entreprise et ses acteurs (salariés, actionnaires, dirigeants, fournisseurs) et d’autre part ses clients ! Le client est quelqu’un qui achète volontairement un produit ou un service parce que ceux-ci lui apportent A LUI plus que le prix qu’il les paie.
    Le « jeu à somme positive » des économies modernes consiste clairement à répandre le plus vite possible auprès de tous (et donc à un coût de plus en plus bas) des innovations qui améliorent la vie (biens matériels comme un smartphone ou une automobile, mais aussi services comme santé, loisirs, etc.).
    A ce « jeu », tout le monde est gagnant, y compris les « pauvres » (au moins en France, de nombreux SDF ont des smartphones …). Encore pour s’en rendre compte faudrait-il mesurer la « pauvreté » dans l’absolu (par exemple en sommes exprimées en parité de pouvoir d’achat comparables entre pays) et non en relatif comme aujourd’hui (par rapport au « revenu médian »).
    Dans ce « jeu », plus une entreprise produit des biens et services appréciés par ses clients, plus elle en vend et plus elle fait de « profit », payé volontairement par ses clients parce qu’eux s’estiment gagnants en achetant lesdits biens et services – donc en profitant de leur usage. Les entreprises sont en fait l’unique creuset du « partage » des richesses !
    Amitiés,
    Pierre

  • Merci pour cette analyse Pierre. Et je partage depuis longtemps votre avis sur la notion de « pauvreté »…

  • Excellent article qui replace les choses.
    Un autre terme fleurit dernièrement, celui de super-profit (entendu ce matin de la part de M. Hamon en parlant des banques).
    Là, nous tombons dans une autre notion que les altermondialistes apprécient, celle de profit raisonnable. En effet, pour eux un profit doit être limité à un certain niveau (lequel ? comment le définir ? etc.) sans préciser les modalités de ce dernier. Bref toujours cette tendance à regarder dans l’assiette du voisin et à hurler que ce dernier mange mieux et que ce n’est pas juste, donc il faut le taxer, abject pour moi.

    • Bonjour Eric, Bonjour à toutes et à tous,
      Le « profit raisonnable » est un concept parfaitement ubuesque … Moi, je veux bien qu’on taxe mes « profits déraisonnables » à condition qu’on me rembourse mes « pertes déraisonnables », ce qui est pour l’heure loin d’être le cas … On n’en sort plus …
      D’ailleurs, si le « profit » est « déraisonnable », c’est que les clients sont vachement contents et le chef d’entreprise très compétent et un peu chanceux : donc, tout le monde est content, et il en faut plus …
      Bon, en tant que Business Angel, je dois avoir un point de vue « orienté » …
      Amitiés,
      Pierre

    • Tout à fait d’accord.
      C’est plus généralement le nivellement par le bas qui nous tue. En socialie on est les rois. Plutôt que pousser les gens vers le haut, on descend ceux qui y sont au nom du sacro-saint égalitarisme.

  • Je pense qu’il convient aussi de mentionner l’autre erreur fondamentale des anticapitalistes :
    alors qu’au moyen age l’économie était très largement un jeu à somme nulle ou l’enrichissement des uns se faisait au détriment de l’appauvrissement des autres. Alors qu’aujourd’hui il y a création de richesse et donc gros enrichissement des uns et moindre enrichissement des autres …

    Je pense qu’il convient de faire la différence entre le capitalisme théorique et le système soi-disant capitaliste à l’oeuvre dans le monde. Car du « capitalisme » avec l’argent des autres et qui gagne gagne, qui perd gagne quand même ce n’est pas du capitalisme…

    Bon article 🙂

  • Là où votre démonstration déraille, c’est :

    – quand l’entreprise prend les profits lorsqu’il y en a tandis qu’elle « partage » les pertes avec la collectivité sinon => capitalisme de connivence par exemple, marchés publics mal ficelés etc ….
    – quand le jeu concurrentiel est faussé : position dominante, trusts, ententes etc …
    – quand les entreprises bénéficient d’un monopole (monopole d’activité bancaire par ex), du soutien de l’état et des banques centrales au frais de la collectivité en cas de crise (renflouement, prêt de sauvetage à taux réduit etc. …) sans réelle contrepartie . La collectivité a sauvé les banques à peu de frais pour elles en prenant des risques immenses, leur prête de l’argent sans garanties réelles, tout en les laissant se distribuer les profits sans juste retour.

    • Vous avez raison, dans un marché vraiment libre et concurrentiel, le profit tend toujours vers zéro puisque la concurrence oblige précisément l’entreprise à réduire ses marges pour garder ses clients qui vont toujours vers le mieux disant. Pierre Tarissi a donc parfaitement raison d’ajouter les clients dans l’équation car au bout du compte, c’est eux qui finissent par consommer la totalité du profit,au détriment d’abord des actionnaires (avec la baisse des marges l’entreprises sera peu disposée à distribuer des dividendes) ensuite des salariés (avec la baisse des marges l’entreprise sera peu disposée à les augmenter), enfin de l’Etat (plus de marge, plus d’impôts)..

      • Re-,
        Exactement, gaston79 !
        C’est pour cela que l' »équilibre » en économie libre et créative, n’existe pas : les entreprises sont contraintes à innover ou à disparaître …
        Sauf une méga-entreprise, l’Etat, qui peut se permettre de pratiquer impunément le monopole et la vente forcée de ses prétendus « services publics », pour lesquels il n’y a … ni baisse des coûts ni innovation, mais « toujours plus » de dépense et d’embauches et « toujours moins » de qualité …
        Amitiés,
        Pierre

      • non pas vers zéro…vers une valeur qui ne justifie plus l’activité..

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