Le courage des Londoniens

Une fois la stupeur passée, la ville de Londres a repris ses habitudes. Bref, les Britanniques, à leur habitude, ont résolument décidé de garder leur calme et de continuer à vivre normalement. Rassurez-vous, ici, en France, il n’en va pas du tout pareil.

Partager sur:
Sauvegarder cet article
Aimer cet article 0

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

Le courage des Londoniens

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 24 mars 2017
- A +

Par H16.

C’était pourtant le bon moment de l’année, mais parions que nombreux sont ceux qui, au contraire de Macron, n’ont pas eu l’occasion de « penser printemps » ce 22 mars.

Il y eut, d’abord, tous ceux qui, en Belgique, se sont remémorés les tristes événements du 22 mars de l’année dernière. Même si la météo était clémente et si, en effet, un petit air de printemps flottait dans l’atmosphère, leur cœur ne devait pas être trop à l’insouciance que cette saison symbolise souvent.

Il y eut ensuite les victimes et témoins des événements de Londres. Ceux-là n’ont certainement pas profité de tout ce que cette journée d’un printemps tout neuf pouvait apporter.

Une petite frappe djihadiste

Encore une fois dans un schéma qui se fait maintenant de plus en plus répétitif, une petite frappe se sera improvisée djihadiste et, devant la vacuité d’une existence minable parsemée de violence et de condamnations, aura choisi d’en finir avec un suicide par police interposée en emportant dans son geste autant d’innocents que possible.

Remarquablement, une fois la stupeur, le décompte macabre des tués et des blessés passés, la ville de Londres a repris ses habitudes. Bref, les Britanniques, à leur habitude, ont résolument décidé de garder leur calme et de continuer à vivre normalement.

Paniquer et agiter les bras

Rassurez-vous, ici, en France, il n’en va pas du tout pareil. Les politiciens français savent bien ce qu’il faut faire lorsqu’un tel drame se produit : paniquer, agiter ses bras, montrer qu’on existe, qu’on va faire plein de choses et qu’on sert à améliorer la sécurité de ses concitoyens.

Hiatus du moment : Matthias Brefkl, de toute façon pas concerné par les événements, n’aura pu que se contenter d’une petite déclaration que personne ne lui demandait. Vous ne voyez pas qui est Tobias Fukrlr ? Il s’agit pourtant de ce ministre du Tourisme et d’autres choses ennuyeuses qui a récemment été bombardé à l’Intérieur en remplacement d’un Bruno le Roux débarqué pour esclavagisme avoir employé ses filles de 15 et 16 ans comme assistantes parlementaires en stage d’été quand l’Assemblée est fermée. Et pour revenir à Jonnas Mekfrl, parions que si un tel événement devait se produire en France, le petit nouveau trouvera certainement l’une ou l’autre mesure à faire appliquer pour qu’on puisse enfin se rappeler son nom et son prénom.

Annulation des voyages scolaires

En revanche, pendant que Broutas Tekl se déclarait tout pleinement solidaire de la Grande-Bretagne dans son coin, d’autres n’attendaient pas plus pour poser des gestes aussi courageux et lourds de sens que ceux des Londoniens dans la tourmente. C’est ainsi que les différents rectorats de l’Éducation nationale ont courageusement décidé de battre en retraite et d’annuler bien vite les éventuels voyages scolaires prévus dans la capitale britannique : les voyages scolaires pour Londres sont donc suspendus jusqu’à nouvel ordre, après « évaluation du risque par les autorités britanniques » apprend-on auprès du ministère de l’Éducation nationale.

Décision tout à fait cohérente, puisque les élèves de Paris ou de Nice qui devaient aller à Londres se trouvent coincés dans les villes où les attentats perpétrés ont été plus meurtriers, de plusieurs ordres de magnitude, que ceux de Londres. Amis Belges qui avez évité les bombes en mars 2016, surtout, ne vous rendez pas à Londres, il pourrait y avoir des conducteurs gravement djihadisés !

Londres n’est pas Bagdad

Bien évidemment, c’est consternant et tout à fait en ligne avec ce à quoi les autorités françaises nous ont habitué jusqu’à présent.

D’une part, Londres n’est pas Bagdad ou, puisqu’on en est à mesurer le degré de danger des villes, Caracas (en République Démocratique Socialiste Câline et Bolivaresque du Venezuela, la ville la plus dangereuse du monde selon les dernières études). On peut raisonnablement estimer que la situation n’a pas changé depuis ce fatidique 22 mars.

D’autre part, on ne peut s’empêcher de noter le contraste saisissant entre le flegme britannique et l’espèce de panique nerveuse qui s’empare des autorités françaises lorsqu’il s’agit de gérer les actes de terrorisme. Non seulement il n’est d’absolument aucune utilité de modifier brutalement les plans de douzaines de lycéens et d’étudiants sous prétexte qu’une ville vient de subir un attentat mais de surcroît, cela revient à admettre ce qui est pourtant une évidence navrante, à savoir que le terrorisme n’est efficace qu’à partir du moment où, justement, on réagit de la sorte.

Décisions malvenues

Autrement dit, ce genre de décision ne fait qu’accorder implicitement du crédit aux actions terroristes en leur allouant un pouvoir de nuisance très au-delà de ce qu’elles engendrent réellement.

Certes, il serait idiot d’en conclure niaisement que « les terroristes ont gagné » devant ce genre de repli en rase campagne de l’administration scolaire française devant un ennemi si méprisable : non, ils ne gagnent rien avec ce genre de froussardises minables. Ces terroristes gagnent bien plus sûrement du terrain lorsqu’on accumule les lois imbéciles, les dérives liberticides et les discours populistes.

Mais il n’en reste pas moins que l’attitude qui consiste à agiter un drapeau blanc et renvoyer prudemment tout le monde dans ses pénates, elles-mêmes pas plus sûres que la destination initiale, montre surtout une réaction à chaud, irréfléchie et gouvernée par la passion mortifère de toute absence de risque et l’obstination au principe de précaution érigé en art de survivre.

C’est plus que grotesque, c’est risible, et cela vous est offert par l’administration française.


—-
Sur le web

Voir les commentaires (3)

Laisser un commentaire

Créer un compte Tous les commentaires (3)
  • Merci H16.

    Oui, il est clair que crier au complot mondial, à l’apocalypse et d’accuser la religion des autres évite que l’on juge les politiciens Français pour leur politique liberticide et nationaliste qui est la cause première du désespoir d’une jeunesse humiliée, infantilisée, parquée que les socialistes utilisent comme épouvantail depuis 1981 afin de diviser pour mieux régner.

  • en attendant , la panique française doit innonder de joie les térroristes , car c’est exactement ce qu’ils veulent : instaurer la peur , infiltrer cette peur dans la vie des autres , au point qu’un simple laché de pétard fait sursauter et s’affoler les citoyens ;

  • « les voyages scolaires pour Londres sont donc suspendus jusqu’à nouvel ordre, après « évaluation du risque par les autorités britanniques » apprend-on auprès du ministère de l’Éducation nationale. »
    Et pourtant, au moins un collège près de chez moi reçoit des correspondants de deux pays frontaliers. Les responsables n’ont-ils pas évaluer les risques pour leurs élèves dans ces pays, à venir en France ? L’EdNat’ n’a-t-elle pas évaluer les risques encourus par ces élèves ?

    « le petit nouveau trouvera certainement l’une ou l’autre mesure à faire appliquer pour qu’on puisse enfin se rappeler son nom et son prénom. »
    Il est vrai qu’on se souvient de Jean « Max » Moulin, surtout pour ses mesures politiques.

  • Les commentaires sont fermés.

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

Par Jérémie Bongiovanni.

Historiquement, l’État s’est peu à peu substitué aux communautés et à l’Église pour proposer l’éducation scolaire. Aujourd’hui, celle-ci est principalement organisée par les administrations publiques.

Les critiques à l’encontre du système éducatif actuel se concentrent sur des questions pédagogiques et le niveau général des élèves alors que la question de l’organisation du système en soi, de son financement et du rôle que l’État doit jouer dans la transmission des savoirs n’est pas abordée. Quid d’un cha... Poursuivre la lecture

Ce deuxième discours prononcé à la Sorbonne marque, cette fois, une grande humilité par rapport à la situation de la France. Le rêve enflammé d’Europe de 2017 fait place à un constat lucide.

https://www.youtube.com/watch?v=sNJv6zoBCzs

 

Un constat lucide

Il est courageux d’exprimer de telles critiques face à un parterre de recteurs d’Académie et de hauts fonctionnaires, en partie responsables du bilan des (cinq) dernières années.

Ce bilan est en effet très modeste : quelques centaines de milliers d’élèves conc... Poursuivre la lecture

Dans ces colonnes, Frédéric Mas a développé comment Emmanuel Macron et Anne Hidalgo espèrent se refaire une santé politique avec les JO, alors que le coût stratosphérique de l’organisation et les retombées économiques sont loin d’être évidents. Nous allons voir que les conditions de sécurité des athlètes et du public ne sont également pas garanties. Il est à craindre que Paris 2024 soit au mieux un fiasco à l’image de l’organisation de la finale de la Ligue des Champions fin mai 2022. Mais l’État ayant... Poursuivre la lecture

Voir plus d'articles