Paris-Plages : combien ça coûte ?

Après la Chambre régionale des comptes, c’est à la justice de s’intéresser aux comptes réels de l’opération Paris-Plages.

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Paris-Plages : combien ça coûte ?

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 26 février 2017
- A +

Par Serge Federbusch.

Tout a commencé, judiciairement parlant, par un rapport salé de la Chambre régionale des comptes qui pointe les dysfonctionnements de l’opération Paris-Plages :

 » … la Ville de Paris n’a pas été en mesure de fournir (à la Chambre) une évaluation du coût des éditions de 2009 à 2011. Pour 2012 et 2013, elle a produit un tableau très sommaire (15 lignes) présentant une estimation des coûts, au demeurant plus de deux fois supérieurs aux chiffres communiqués aux membres du conseil de Paris et à la presse. Ce tableau était aussi discordant avec d’autres données émanant des services.

Un écart aussi net paraît s’expliquer partiellement par l’absence de prise en compte, dans les prévisions budgétaires, des charges de rémunération. Mais l’ignorance des coûts effectifs d’une opération aussi emblématique tient surtout à ce qu’ils sont éclatés entre plusieurs directions, aucune d’elle n’étant d’ailleurs chargée d’en établir le bilan financier à la clôture de chaque édition »

Ben tiens, l’essentiel est d’épater le balnéariste citoyen. Tout comme pour Vélib’, Autolib’, le 104 et tant d’autres choses, le coût de l’opération n’est pas clair et compte pour du beurre aux yeux de la mairie.

La Chambre continue en expliquant que, pour réduire le coût apparent de Paris-Plages, la Ville fait supporter directement des prestations par ses cocontractants.

« Des irrégularités dans la mise en œuvre des partenariats : les soutiens financiers apportés par les entreprises partenaires ne donnent pas lieu au versement des sommes mentionnées dans les conventions ni à l’émission de titres de recettes par les services de la Ville. Ils sont systématiquement convertis en achats de prestations par les partenaires. Dans ce cas, les partenaires se substituent à la Ville, d’abord pour commander les prestations pour son compte, ensuite pour régler directement aux fournisseurs les factures que ceux-ci leur adressent. Cette procédure contrevient au principe d’universalité budgétaire et plus particulièrement à la règle de non-compensation des dépenses et des recettes. En faisant prendre en charge par ses partenaires des dépenses destinées à la réalisation de l’événement et en n’enregistrant pas leurs contributions en recettes, la Ville procède à une compensation irrégulière entre recettes et dépenses.

Le bilan financier en est faussé, ce qui renforce l’ignorance par la Ville du coût réel de Paris Plages. La procédure rend aussi presque impossible pour la Ville le contrôle de la réalité de l’exécution des prestations. En effet les devis étant souvent adressés directement à l’entreprise partenaire, celle-ci règle alors les factures sans vérification car elle n’est pas le véritable bénéficiaire de la prestation ni le vrai pilote de l’opération. Les dépenses engagées dans ce cadre souffrent plus généralement d’une déficience de contrôle interne, exposant la collectivité à des risques de dérives. »

Bref, c’est la porte ouverte aux risques de magouilles et autres surfacturations.

Pas étonnant que la police et la justice enquêtent sur les finances de la Mairie de Paris.

Une information judiciaire a été ouverte le 8 décembre pour «favoritisme» et «recel de favoritisme» par le parquet de Paris qui avait lancé, en 2015, une enquête préliminaire, selon une source judiciaire interrogée par l’Agence France-Presse. Les investigations ont été confiées à la brigade de répression de la délinquance économique (BRDE) de la police judiciaire. Mercredi 22 février, une perquisition a été menée dans les locaux de la mairie de Paris.

Encore un mythe qui s’effondre !

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  • Une entreprise qui règle une prestation dont elle n’est pas bénéficiaire, elle fait comment pour passer ça en compta ?
    Ça sent le délit a plein nez.

    Autre point, ce tour de passe-passe permet à la mairie de délivrer des prestations à sa population sans avoir eu besoin de dépenser pour ça : tout bénéf en apparence. Là aussi ça sent la cellule capitonnée a plein nez.

    Cette municipalité n’a vraiment aucune limite. J’avais trouvé la série Baron Noir de Canal+ plutôt cynique et réaliste, mais elle était en fait largement en-dessous de la réalité de nos politiciens…

  • Bah ,qu’une mairie propose une idée, pourquoi pas,mais financer son idée alors que sans aucun doute possible une entreprise privée peut la réaliser et faire des bénéfices est forcément du détournement de fonds….Ou alors ,cette idée est mauvaise….Et elle ne l’est pas puisque c’est un succès !

  • Les commentaires sont fermés.

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