L’entrave à la liberté de circulation, premier pas vers la dictature

Frédéric Bisson-Barrières et barbelés (CC BY 2.0)

Wilhelm Röpke mettait en garde contre la diffusion du nationalisme économique, contre les barrières à l’immigration qui inévitablement dégénèrent vers des totalitarismes nationaux. Sachons l’écouter à nouveau.

Par Patricia Commun.

L'entrave à la liberté de circulation, premier pas vers la dictature
Frédéric Bisson-Barrières et barbelés (CC BY 2.0)

À l’heure où se multiplient aux USA, mais aussi en Europe, les appels à l’entrave de la libre circulation des marchandises, où tombent des décrets fermant les portes de tout un pays à des hommes et des femmes en fonction de leur seule appartenance nationale, il n’est pas inutile de relire le grand économiste ordolibéral allemand Wilhelm Röpke.

Contre le joug nationaliste et collectiviste

Wilhelm Röpke fit partie de ce groupe d’intellectuels allemands qui dut fuir le régime nazi en 1933 et trouva refuge à Istanbul, dans une Turquie qui portait alors un visage plus libéral que l’Allemagne de l’époque. Il rédigea alors un essai sur Les barrières de l’immigration qui parut ensuite en 1950 et dont voici quelques phrases à méditer :

« Le moyen le plus efficace de réduire l’homme à n’être plus qu’un rouage de l’État collectiviste national est de le priver de sa liberté de circulation. Attaché de tout son être à sa nation, il n’en sera que plus facilement mis sous le joug de gouvernements nationalistes et collectivistes.

Il sera prêt à rejoindre ses compatriotes dans le chœur des slogans nationalistes, à ingérer la propagande gouvernementale et à suivre tout chef mystique qui saura exploiter les bas instincts de ces masses enfermées dans les frontières nationales. »

Röpke mettait ainsi en garde contre la diffusion du nationalisme économique, contre les barrières à l’immigration qui inévitablement dégénèrent vers des totalitarismes nationaux.

Sachons l’écouter à nouveau, sachons ne pas céder à la fausse illusion d’un retour à un monde perdu, promis par les multiples sirènes du protectionnisme économique et politique. Et nous souvenir de la leçon laissée par la dictature nazie en Europe : il n’y a qu’un pas entre protectionnisme tous azimuts et dictature totalitaire.

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