Les marchés financiers vont-ils pénaliser la France pour l’instabilité politique qui s’annonce ?

Bourse actions (Crédits SimonQ錫濛譙, licence Creative Commons)

Nos créanciers étrangers suivent de très près la campagne présidentielle. Ils espèrent encore un sursaut de bon sens dans la gestion économique de notre pays.

Par Simone Wapler.

Bourse actions (Crédits SimonQ錫濛譙, licence Creative Commons)

Comme vous le savez, cher lecteur, je scrute les éditoriaux de la presse économique et financière anglo-saxonne pour vous avertir dès que les investisseurs étrangers donneront signe qu’il ne veulent plus de la dette française. A ce moment, les carottes seront cuites et il faudra nous convertir à l’austérité très rapidement.

« La main qui donne est au-dessus de celle qui reçoit », avait dit Napoléon Bonaparte dans un contexte similaire. Il voulait dire par là que le vrai pouvoir appartient toujours à celui qui donne l’argent, pas à la politique ni aux armes.

Ne vous y trompez pas, au premier signe alarmant, les investisseurs étrangers vendront la dette française et Mario Draghi à la BCE pourra faire « tout ce qu’il faudra », cela ne suffira plus. C’est un des signes évoqués par Greenspan lors de notre rencontre de la semaine dernière : un jour, des investisseurs pourront décider qu’ils ne veulent plus prendre l’euro et la dette souveraine libellée en euro.

Voici ce que dit un éditorial publié dans The Wall Street Journal et intitulé  « French Political Roulette » :

« Fillon, le vainqueur inattendu de la primaire des Républicains de l’année dernière, s’est présenté comme une version française de Margaret Thatcher, promettant de supprimer 500 000 postes de fonctionnaires, d’économiser 100 milliards d’euros et d’assouplir la réglementation pesant sur les entreprises.

Ceci laisse penser que les électeurs français pourraient devenir sérieux à propos de l’économie alors que le taux de chômage dépasse 10% et qu’une croissance de 1% passe pour une prouesse. Mais nous sommes à une époque de surprises politiques et personne ne peut envisager M. Hamon hors course. On peut en dire autant de Mme Le Pen, qui devance M. Fillon et Macron dans les récents sondages. La sagesse conventionnelle pense que Mme Le Pen plafonnera à environ 27% des voix mais on croyait aussi de telles choses à propos de Donald Trump.

Tout cela pour dire que l’élection la plus imprévisible depuis des décennies va se dérouler en France ».

Les marchés ont horreur de ce qui est imprévisible.

Ceci n’est pas très bon pour l’euro et pour la dette française. Croyez-moi, je ne mets pas un pied à l’étranger sans qu’on ne m’interroge sur l’élection présidentielle à venir et les chances de Marine Le Pen.

Les Français sérieux à propos de l’économie ?

The Wall Street Journal est optimiste. Les Français ne me semblent pas avoir été touchés par la grâce du bon sens économique.  La véritable campagne n’a pas commencé mais déjà tout le monde pointe l’ultralibéralisme sauvage et déchaîné d’un François Fillon.

Dans un pays qui compte 10% de chômeurs, dès qu’on parle de réformes pragmatiques inspirées du succès d’autres pays, notamment l’Allemagne, la Grande Bretagne, ou la Suisse, on entend immédiatement l’objection : « oui, mais si c’est pour avoir des travailleurs pauvres… »

Qu’en est-il vraiment ?

Pourcentage des travailleurs pauvres

Source OCDE : Income Distribution Database  chiffres 2016

Le record du nombre de chômeurs ET le record du nombre de travailleurs pauvres ! Est-ce bien raisonnable sur le plan économique ?

Pour plus d’informations et de conseils de ce genre, c’est ici et c’est gratuit